L'essai — Partie VIII

Couples d'images dont l'un prépare l'autre

Légende des blocs

Théorie — l'exposé conceptuel Méthode — les remarques de mise en œuvre Baudelaire — l'application au sonnet Correspondances
§561
· Billard et banc
Théorie

Il est possible, maintenant que nous avons parcouru avec attention le poème de Baudelaire, de chercher si le poète a préparé, au moins rapidement ou de façon rêveuse, une image au moyen d'une autre. Pour établir de tels faits, nous distinguons deux niveaux, à l'intérieur du sens d'un texte d'imagination: le billard et le banc. Le premier constitue le plan du sens que le créateur a désiré voir au sein de l'ouvrage. Le banc apparaît quand le créateur a voulu, au minimum un bref instant ou de façon rêveuse, ne pas gêner l'interprétation d'après laquelle, pour deux images, l'une prépare l'autre. Le banc peut employer du sens de billard, pour s'aventurer plus avant, mais il ne recèle, comme le billard lui- même, aucune illustration dépourvue de butoir. Le caractère difficile à saisir du banc nous mène à l'idée que, vis-à-vis de lui, éventuellement, l'auteur a voulu se faire comprendre non de tout le public, mais d'une partie seulement. Nous tenterons de mesurer le degré de vraisemblance de quelques-uns parmi les jugements de banc et il nous faudra être ainsi capable d'une présentation du sens plus fine que celle fournie dans les paragraphes de l'essai qui ont précédé, puisque jusqu'ici nous obéissions au principe, noté dans la remarque 346M, d'après lequel il est impossible de voir comme divisé, le public.

Méthode

Le créateur, comme être humain, a pu vouloir préparer une idée par une autre. Les hommes poursuivent des fins et, inversement, quelles que soient les vaines images auxquelles en restent les penseurs finalistes, les choses irréfléchies, même prises en masse, ne visent aucun but [30]-[102]-[171]-[172]-[481]-[925]- [926]-[927]. Le préjugé contraire nuit à toute saisie correcte de la mécanique universelle, comme Spinoza l'explique [926]: «…cette doctrine finaliste met la Nature à l'envers. Car ce qui, en réalité, est cause, elle le considère comme effet, et inversement.» Le philosophe d'Amsterdam cherche à faire voir comment les penseurs égarés, à vaine prétention de savoir, distordent le meilleur des reflets que nous ayons du monde [927]: «Si, par exemple, une pierre est tombée d'un toit sur la tête de quelqu'un et l'a tué, ils démontreront que la pierre est tombée pour tuer l'homme…» Quant aux buts que se proposent les hommes, la seule réserve à faire dessus est qu'ils apparaissent quelquefois comme subjectifs, de sorte que le résultat obtenu historiquement diffère beaucoup de ce qui était désiré par le sujet réfléchissant. La chose vient de ce que le penseur individuel connaît mal ses pareils et le cadre où il applique sa volonté [892]-[893]-[894]- [895]-[896]-[897]-[898].

Application à Baudelaire

Au plan du billard, il est certain que Baudelaire a voulu faire penser à un culte, puisque «La Nature est un temple…» inclut cette signification. En revanche il faut recourir au banc, pour affirmer que «La Nature est un temple…» prépare «Il est des parfums…Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.»

§562
· Terrier, nombre de fronts, profil et antre
Théorie

On définit un terrier comme un texte d'imagination de cent fronts au maximum, limité par une série de signes ordinaires d'ouverture puis de clôture, que nul dans le public n'a pu ignorer, parce qu'ils marquent l'intention du créateur de livrer un propos ayant quelque unité de sens, au moins pour la rêverie. Deux choses peuvent constituer un antre. D'abord, c'est un terrier de profil 1. Secondement il ne s'agit que d'un terrier de profil ½, mais compensant une pareille faiblesse au moyen de la possession d'une forme générale connue.

Méthode

On s'attend à ce que la pensée rêveuse du créateur combine avec facilité toutes les images d'un antre, vu que l'étendue faible s'y accompagne d'une pensée qui est continue, ou au moins prise dans une forme célèbre, laquelle procure à l'esprit, comme par avance, des repères.

Application à Baudelaire

Ainsi „Correspondances“, avec son profil ½, est un sonnet, donc obéit à une tradition qui lui prête une forme illustre. Avec seulement 74 fronts le poème n'offre guère prise au soupçon de contenir des images violemment éparpillées, de sorte qu'on est assuré que la pensée rêveuse du créateur a pu y opérer aisément par dérive maints rapprochements, y compris entre des notions en lui relativement éloignées.

§563
· Herse
Théorie

Si, dans leur description de tel ou tel passage d'un antre, deux propositions de billard sont unies au moyen d'une liaison faisant que le tout relève du banc, la proposition d'ensemble forme une herse. «La Nature est un temple…» est une affirmation du poème, qui appartient, de ce fait, au billard. De façon moins littérale “…des forêts de symboles observent l'homme avec des regards familiers” se présente comme une description grossièrement fidèle, ce qui lui vaut de relever aussi du billard. Mais la coordination des propos “"La Nature est un temple…" prépare "…des forêts de symboles observent l'homme avec des regards familiers"” vient se placer dans le banc.

Méthode

La copie des premières apparences du texte s'avère acceptable, pour chaque proposition, vue de manière séparée, mais la supposition que l'une prépare l'autre fait accéder au banc, qui forme un domaine bien différent.

Application à Baudelaire

Les images de la pensée, renvoyant aux objets ou tendances profondes, ne s'accordent pas toujours, ainsi que le notait Colonna [203]: «…la guerre est intérieure et les ennemis familiers et domestiques…»

§564
· Clou et cloutage
Théorie

Dès lors que, dans une herse, une proposition de billard se compose de trois images en combinaison (T, J, Z), elle se nomme une cloison. Si deux images définissent une proposition, comme pour “noblesse oblige”, nous avons la ressource, pour obtenir une cloison, de faire intervenir l'artifice ((), Z, J) ou (J, Z, ()): ((), oblige, noblesse) ou (noblesse, oblige, ()). Pour délimiter, dans une même formule de cloison, la mention de la prise de parti faisant l'unité de cette proposition, nous usons deux fois du symbole ((.)), nommé le clou: (T(.)J(.)Z). Le couple de signes ((.)…(.)) forme le cloutage. Nous adoptons également la notation ((.)existe(.)Dieu), ou (Dieu(.)existe(.)), pour “Dieu existe” [924].

Méthode

La combinatoire des images du texte, dans une cloison, demande souvent un remaniement des mots initiaux, ou de l'ordre dans lequel ils viennent.

Application à Baudelaire

En partant de la séquence «…homme…symboles… observent…» nous écrivons (symboles(.)observent(.)homme).

§565
· Gambe
Théorie

Lorsqu'une herse comprend deux cloisons, elles ont pour signalement (E(.)H(.)F) et (R(.)L(.)S). La herse ainsi constituée se nomme une gambe, laquelle se lit: “(E(.)H(.)F) et le créateur a voulu, au minimum un bref instant, ou dans la rêverie, ne pas gêner l'interprétation d'après laquelle cela prépare (R(.)L(.)S)”. Afin de pouvoir schématiser la gambe, on utilise le col, de symbole général ([[][]]), lu “carton”. C'est une articulation logique synthétisant la cloison gauche (E(.)H(.)F) et celle notée à droite (R(.)L(.)S), de sorte qu'en écrivant la gambe, on place ([[][]]) entre (E(.)H(.)F) et (R(.)L(.)S). Cette forme une fois produite, on la souligne par deux signes (\) et (/) accompagnant l'ouverture puis la clôture de la formule: \ (E(.)H(.)F)[[][]] (R(.)L(.)S)/. Le contenu de la gambe noté de cette façon est le suivant: “(E(.)H(.)F) et le créateur a voulu, au minimum un bref instant, ou dans la rêverie, ne pas gêner l'interprétation d'après laquelle cela prépare (R(.)L(.)S)).” Pour délimiter le signe du col, des marques ('''), les balises, viennent se placer avant et après lui: \(E(.)H(.)F)'''[[][]]'''(R(.)L(.)S)/. Quand on décrit la même chose au moyen du style ordinaire, il s'avère possible aussi de mettre les balises des deux côtés de la mention du col.

Méthode

Il faut rappeler que les cloisons (E(.)H(.)F) et (R(.)L(.)S) appartiennent au billard seulement, alors que le tout de la gambe fait partie du banc. On obtient de cette façon deux propositions qui ont leurs bases dans le billard, les cloisons, et une proposition d'ensemble, qui les combine, au plan, cette fois, du banc: la gambe. De plus, tout ce qui est dans la gambe dépend au premier abord, non des butoirs, mais des pics. Certes, derrière les images, on admet qu'il y a des objets, mais ils ne sont pas directement concernés, parce que dans les textes d'imagination, le créateur n'est pas contraint de procéder à des contrôles objectifs.

Application à Baudelaire

Quand on écrit «parfums», on pense d'abord faire une description de butoirs, car les parfums existent comme des objets qui donnent prise à une recherche portant sur l'olfaction, ou sur leur mécanisme chimique de naissance, à l'intérieur notamment d'un organisme végétal ou animal. Mais avec «Il est des parfums…corrompus…» on est devant l'imagination des pics, vu que Baudelaire semble accorder une valeur morale aux objets en cause. Si on connaît un homme s'appelant “Ulysse”, on utilise la perspective des butoirs, mais quand on se trouve dans le courant d'une tradition qui rassemble peut-être, par le biais de la fantaisie, sous le nom d'Ulysse, le souvenir d'un grand nombre de combattants tenaces et rusés, on se place dans une optique très différente, qui est celle des pics [400]. Leur intérêt ne fait aucun doute, quand il s'agit de chanter une légende, mais pas dans le domaine où sont aperçus des objets ayant une présence constatable pour quiconque possède les connaissances nécessaires à leur approche [400]-[884].

§566
· Toises et rivetage
Théorie

Nous devons, maintenant, décrire la quantité de vraisemblance d'une gambe: sa toise. Ce nouveau comptage restant voisin de ceux des aunes, gradients, arches, manses, filières, arpents, grilles et modules, qui bénéficient déjà du rivetage, nous élargissons ce dernier aux toises et il résulte de là que les quantités de vraisemblance doivent être négligées pour les valeurs inférieures à 1/16. Comme nous avons également la possibilité de chercher, outre une toise ponctuelle, une vraisemblance pour un groupe de gambes, nous étendons le rivetage aux groupes de ce genre, constitués pour un même antre.

Méthode

Les critères numériques de la vraisemblance, qui font ici office d'instruments de mesure, sont issus d'un retour de l'esprit sur les actes les plus ordinaires de l'exégèse, que nous formalisons légèrement.

Application à Baudelaire

Ainsi, la critique voit la distance qui sépare le titre «Correspondances» du mot ultime, «sens», et elle porte ses jugements sur les deux idées, en fonction de cet écart, aussi bien pour apprécier la volonté clairement identifiable du créateur, que pour imaginer ce à quoi pouvait accéder sa rêverie ou sa pensée fugitive. Nous élaborons juste, partant de ces points, la notion d'éloignement intérieur, qui sert à mesurer la vraisemblance de ce qui est voulu clairement par l'auteur, et la notion d'antre, afin de saisir ce que peut la rêverie, ou la pensée rapide à l'extrême, du créateur, devant un ouvrage très compact. 252

§567
· Arrosoir et bretelle
Théorie

Un élément particulier de savoir vis-à-vis d'une gambe, même si manque à son propos tout butoir, constitue un arrosoir ou une bretelle. Quand le point de connaissance touche au créateur, il forme une bretelle; alors que s'il porte sur les attitudes ou opinions courantes de son époque, il est nommé un arrosoir.

Application à Baudelaire

Être au courant du goût de Baudelaire pour la mystification donne une bretelle. Être conscient que son époque aime l'image des "arbres-piliers" fournit un arrosoir.

Méthode

La documentation relative à un génie se concentre fréquemment sur les années où ses ouvrages ont été faits et il ne manque pas de gens pour qui le véritable auteur est la période historique, mais la distinction entre l'individu et le siècle demeure commode, parce que des courants divers animent chaque moment, et que le créateur n'a pu appartenir à tous.

§568
· Couvercle
Théorie

Parfois, l'exégète, lorsqu'il examine un antre, lui reconnaît, sans anachronisme, un thème, qu'on appelle un couvercle. Il doit être présent au long des propos, de sorte que nul dans le public n'ait pu l'ignorer. Comme il existe beaucoup de thèmes possibles, le choix du couvercle s'avère fort large. On choisit de calculer ici la vraisemblance des gambes, d'après le couvercle suivant: “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”.

Méthode

La connaissance de l'histoire joue un rôle important dès lors qu'il faut identifier un thème, puisque la situation du créateur détermine souvent l'esprit de ses ouvrages, même si, fréquemment, il a été formé au moyen de fabrications tendancieuses.

Application à Baudelaire

Les agents d'intérêts divers y expriment un écho d'événements, qu'ils réorganisent par l'imagination, en répondant eux-mêmes à d'autres inventions. De manière voisine, certains chants populaires font résonner deux voix qui dialoguent en des joutes artistiques, où sans arrêt une vision des choses est prolongée ou corrigée par une autre [818]. Les professeurs, aussi, quand ils forment la jeunesse au plan moral, ont pour objectif qu'elle répercutera bientôt quelque chose de leurs idées jusqu'à l'époque suivante. Sur le thème d'un noble fuyant la Révolution, pris dans „le Génie du christianisme“, de Chateaubriand, voici, traduite par Jules Mouquet, la composition qui valut, en 1837, à Baudelaire un premier prix de vers latins, au collège Louis-le-Grand [191]-[652]: «Quand la sinistre Terreur s'appesantissait de toutes parts
Sur les citoyens épouvantés, et que la France pâlissait des veilles de l'inquiétude,
On dit que, pour dérober son cou à la hache de la populace,
Un de ces malheureux s'enfuit du pays de ses pères
Et chercha au milieu des eaux un salut incertain.
En effet, son dernier argent lui procure avec peine
Une petite barque: aux ondes plus favorables du Rhin
Il confie ses uniques richesses, sa femme et ses deux enfants,
En les mettant en dans ce frêle asile.
Le flot donne une maigre subsistance de rares poissons,
Et les eaux pitoyables leur conservent la vie que la terre leur refuse.
Assez souvent, chassé de l'une ou de l'autre rive, il gagne
À coups de rames le bord opposé; plus souvent encore
Il met sa barque à l'abri de la malveillance en l'arrêtant au milieu du fleuve.
Il est repoussé du rivage de sa patrie, comme non Français.
La France bannit ce condamné; comme une mère barbare,
Elle refuse de reconnaître ses enfants, et les chasse de son sein.
Mais dès que la nuit silencieuse avait ramené le calme sur les terres,
Il revenait, en pieuse fraude, dans sa patrie, à la faveur de l'ombre:
Gagnant les rives bien connues, -rives jadis heureuses!-
Il inondait de larmes amères sa terre natale;
Et il arrachait des herbes avec des branchages, puis rassemblant
Ces matières sèches, il y mettait le feu avec une allumette
Enflammée, afin de cuire, cadeaux du fleuve, ses poissons.
Une petite consolation leur reste dans ce grand malheur:
C'est que portés dans le voisinage de la patrie, à travers le fleuve connu,
Ces exilés voient au loin les collines obscures et les châteaux
Si chers de leurs pères, et ils respirent un air qui a peut-être caressé les fleurs aux jardins du pays natal.»

§569
· Tuteur et engrenage
Théorie

Quand se présentent deux images d'un couvercle, qui peuvent servir à repérer un thème attribuable sans difficulté à un second texte, antérieur à l'antre analysé, ou contemporain de lui, ce couple de notions est nommé un tuteur de chacun de ces deux ouvrages, ainsi que du couvercle où il est prélevé. Il n'importe guère, ici, que la même chose arrive pour des œuvres en plus grand nombre que 2. En tous les cas le couple des textes ou l'ensemble plus étendu forme un engrenage.

Méthode

Afin de s'assurer contre la subjectivité de jugement, quant au thème d'un texte, la détermination d'un autre ouvrage, de sens voisin, est utile. L'exégète qui n'arrive point à se critiquer devant une réalisation artistique, trop émouvante pour lui permettre de conserver son objectivité, réussit fréquemment à prendre conscience de sa faute devant un exploit esthétique nouveau, de sens voisin du premier. Il suffit, pour cela, que la seconde réalisation ait moins d'ancrage dans la vie intellectuelle ou émotive de l'interprète, que la première.

Application à Baudelaire

Dans „Correspondances“, le tuteur “"l'imagination", "les arts"” est concevable, d'après le couvercle déjà vu: “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”. Certes, nous devrions, en apparence, rejeter cette forme “"l'imagination", "les arts"”, étant donné que, par définition, tout poème doit contenir ce tuteur, puisque des vers ont nécessairement une relation vigoureuse avec l'imagination et l'art. Donc nous aurions écrit là des mots ne portant aucune indication décisive. Cependant, un art n'est pas les arts, et si Baudelaire s'occupe sans arrêt de son œuvre, ce n'est pas en chaque occasion qu'il se demande tout spécialement et de manière principale, dans le propos qu'il tient, quel rôle jouent les autres arts dans l'imagination qui émeut sa plume.

§570
· Acolytes et gîtes
Théorie

Un antre avec un couvercle donnant un tuteur qui fonctionne bien pour un engrenage, se nomme un gîte. Chaque texte de l'engrenage autre que le gîte constitue pour lui un acolyte. De la sorte „Correspondances“ est un gîte. D'abord, il est possible que le poème suive le thème “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”, qui donc peut servir de couvercle. Ensuite le tuteur “"l'imagination", "les arts"” est reconnaissable comme thème d'une autre poésie, „les Phares“, qui donc est un acolyte de „Correspondances“.

Application à Baudelaire

À l'intérieur de ce poème, Baudelaire note une série de réalisations des arts plastiques, en y percevant «un écho redit», formant une tradition [[1099]] dans l'Index II des poèmes">[[1099]]. De plus, il se réfère à [[1097]] dans l'Index II des poèmes">[[1097]]-[[1098]] dans l'Index II des poèmes">[[1098]]-[[1100]] dans l'Index II des poèmes">[[1100]]: «…un soupir étouffé de Weber…» ainsi qu'à des «Te Deum», et même à «…un appel de chasseurs perdus dans les grands bois!» Il est aussi remarquable que les deux poèmes aient eu, dans l'édition réalisée pour 1857, les numéros IV et VI.

Méthode

C'est aux archéologues qu'on emprunte l'idée qu’il faut constituer une série, dont l'objet étudié au début fait partie. On prend juste l'initiative de restreindre à deux le nombre minimum de textes formant un engrenage. Gehrard écrivait [896]: «Qui a vu un monument n'en a vu aucun; qui en a vu mille en a vu un.» Louis Robert présente ainsi la notion [896]: «C'est en effet un principe essentiel que celui de la série. Une inscription isolée ne livre qu'une partie de son enseignement; elle ne prend son vrai sens qu'au sein d'une série; plus la série est abondante et variée, plus l'inscription devient intéressante.» Ce qui est réalisé individuellement, ou dans un petit groupe, ne se montre objectivement qu'à échelle bien plus grande. Le premier grand préjugé qui empêche le savant de progresser est de voir les choses dépourvues de pensée rechercher un but, et le second vient de prêter exclusivement à tel individu ce qui au fond arrive par un mouvement auquel il appartient [896]-[897]-[898].

§571
· La distance annulée dans un antre
Théorie

Au plan du billard, tout contact entre des notions dépend fortement de l'écart entre ces images, ou de la présence d'un connecteur, mais, lorsqu'il s'agit du sens de banc, à l'intérieur d'un antre, constamment nous supposons que le créateur a été capable de lier ensemble tous les contenus avec intensité, sans qu'il soit besoin, pour justifier une telle intuition, de vérifier la distance concernée, ou la présence des connecteurs éventuels. D'abord, la brièveté de l'antre, deuxièmement sa nette délimitation, enfin le caractère facilement imaginable du sens, qui est simplement la songerie d'une absence d'exclusion portant sur quelque lien entre images, tout cela fait comprendre cette facilité de contact, même dans le cas où les idées en cause viennent de zones diverses, à l'intérieur du texte. Il suit de là que, vis-à- vis d'une gambe, afin de nous passer entièrement de la tâche de mesurer, front après front, l'écart entre les images, nous avons uniquement à chercher si elles appartiennent à un même antre.

Méthode

La distance qui sépare les notions du billard n'est pas fréquemment appréhendée avec netteté par le créateur des temps passés, au moyen du nombre des fronts qui séparent les vues. Or, pour l'exégète, il est profitable de se trouver devant cette absence de préoccupation de l'auteur pour les distances, car cela préserve l'analyse de quelque ruse de l'auteur. En effet il est peu vraisemblable que l'artiste ait volontairement écarté deux mots, dont il voulait rapprocher secrètement le sens, afin de tromper l'exégète là-dessus, puisque n'était pas complètement dégagée, de son temps, cette détermination des contacts de sens au moyen de la distance. L'interprète profite ainsi de cette absence de tromperie, quand il cherche tel ou tel sens ponctuel du billard. Deux facilités nouvelles apparaissent dans le cadre de la détermination des gambes. D'une part au lieu de pourchasser la pensée nettement désirée par l'auteur, l'exégète veut seulement déterminer la rêverie du créateur, vis-à-vis d'une image qu'il se refuse à combattre. D'autre part les distances qui séparent les mots perdent leur importance, puisque l'antre, au grand complet, se voit conçu comme parcouru dans toutes les directions, et sans limitation, par cette rêverie créatrice.

Application à Baudelaire

La forme courte doit faciliter le croisement des nombreuses idées, égaillées dans un texte, de sorte qu'il est facile de comprendre que, pour Asselineau, la méthode suivie par Baudelaire [40]«…explique à la fois le petit nombre et l'excellence de ses ouvrages.»

§572
· Chemise
Théorie

On a quelquefois besoin, pour appréhender une gambe correctement, de recourir à de très légers aménagements du texte. Ces outils de transformation constituent la chemise. Aucun d'eux n'est d'usage obligatoire puisqu'il ne s'agit là que de commodités d'expression. Les trois parties de la chemise sont nommées “terrasse”, “buse”, “sabot”; et on appelle “zinc” l'absence de modification obtenue par le fait de la chemise, aussi bien que n'importe quelle application de ses capacités. Le sabot est l'ensemble des conditions d'usage concernant les changements appliqués à l'œuvre par buse ou terrasse. En premier lieu il faut que toute modification ait été possible dès l'époque de parution de l'ouvrage, dans le milieu où vivait le créateur. Ensuite la critique doit ne pas être capable de rejeter, comme solidaire d'un contresens, le changement opéré.

Méthode

Il reste souvent facile, pour la critique, de pointer l'emploi de mots inconnus à l'époque du créateur, dans les tentatives faites pour donner aux phrases d'une fallacieuse présentation d'un texte, plus de netteté illusoire.

Application à Baudelaire

Mais avant d'accuser l'interprète de suivre une méthode insuffisante, il sera bon de vérifier si l'auteur n'a point, lui-même, dans la période où il a composé l'ouvrage, inventé le mot jugé suspect. Baudelaire, parlant de «chercherie», donne ainsi l'occasion à ses exégètes, d'explorer l'intérêt qu'il portait aux formes de la curiosité intellectuelle ou sensible, même quand elle se nourrit de conceptions fautives [677].

§573
· Tube
Théorie

Dans une même cloison générale (T(.)J(.)Z), un tube consiste dans n'importe laquelle des trois idées T, J ou Z, à cette seule condition qu'elle se réfère au minimum à un front du texte analysé. Le tube se met à exister même dans le cas où, en lui, au moyen de la chemise, quelque légère transformation, vis-à-vis par exemple de quelque front du texte, se montre commode pour éviter toute maladresse dans la description du sens, laquelle, nécessairement, est accomplie à l'extérieur de l'ouvrage commenté. Afin d'identifier soigneusement les tubes mentionnés aux divers points, dans l'écriture de la cloison, des noms différents leur sont donnés: la pique se trouve indiquée à gauche; le gabion au centre; la mèche à droite.

Méthode

Chaque référence aux fronts, réalisée à l'intérieur de la gambe, permet de rappeler constamment l'essentiel des images concernées par elle, dans une situation où le risque d'égarement, au milieu de la diversité du sens textuel global et du formalisme de son analyse, n'est pas mince.

Application à Baudelaire

La représentation, au sein de la gambe, des vocables employés par Baudelaire, possède, malgré l'abondance des conventions qui servent à les noter, le même genre d'utilité, pour l'interprète d'un ouvrage, que les zones d'une carte représentant les parties d'un océan, pour le navigateur, ou les portées musicales pour un chef d'orchestre. D'un point à l'autre de la transposition, chacun d'eux, exégète, capitaine ou musicien, atteint la notion visée par lui «…à travers des forêts de symboles…» Si, pour Baudelaire, les «Correspondances» peuvent être des analogies inspirant le monde artistique, ou autant de signes divins adressés aux hommes, ou des formes de réponses envoyées à Dieu, il ne faut pas non plus, de manière hâtive, exclure absolument qu'elles puissent comprendre maints rapports entre agents humains, voire des relations entre les moyens utilisés lors d'un tel commerce. 255

§574
· Bastaing
Théorie

Un front dans un antre, ou son éventuel remaniement par le biais de la chemise, à l'intérieur d'une cloison, forme un bastaing. En revanche le front cesse d'être un bastaing, quand il se trouve carrément supprimé. Dans une gambe il faut un bastaing au moins par cloison, pour que l'interprète soit assuré de ne pas imaginer un texte autre que l'ouvrage réel qu'il analyse. De là vient qu'il existe au minimum deux bastaings dans une gambe digne de confiance.

Méthode

La notion de bastaing couvre donc simultanément le front du texte, qui se trouve réutilisé dans une cloison, et le résultat de l'éventuelle modification de ce front par le biais de la chemise.

Application à Baudelaire

Concernant (de vifs piliers(.)Laissent(.)sortir de confuses paroles), le changement de «vivants», amenant “vifs”, par le moyen de la chemise, n'empêche aucunement que tous les deux, «vivants» et “vifs”, soient le même bastaing.

§575
· Punaise
Théorie

On peut, au moyen de la buse, dont le symbole (-[]) se nomme la punaise, aménager comme on le souhaite, au plan grammatical, tout point d'une gambe. Le dispositif varie dans le détail, en raison de la multiplicité linguistique, mais, le plus fréquemment, pour chaque mot d'un texte, le moyen est fourni de le rendre plus apte au commentaire, tout en signalant ses transformations. Ainsi en réorganisant une phrase dont le fond est maintenu, on peut aménager tout ce qui est nature, genre, nombre, temps ou accompagnement externe.

Méthode

Il arrive qu'on doive commenter certaines formes de chemise, au lieu de se contenter d'en signaler en passant l'usage, parce que si on utilise plusieurs moyens en, cet emploi simultané risque de brouiller l'entendement.

Application à Baudelaire

Lorsque «homme» devient “Homme” une seule transformation a lieu, mais avec «symboles» devenant “symbolisation”, il s'en trouve deux. En premier lieu on a extrait un substantif d'un autre, puis on est passé du pluriel au singulier. Ce genre d'artifice permet aussi de concevoir “temple(.)symbolise(.)nature” comme sens de «Nature…temple…symboles».

§576
· Économie de signes
Théorie

Lorsque nous utilisons la punaise (-[]), nous la notons en fin de cloison et une seule fois, pour l'ensemble des changements opérés. Même si une modification est vue dans chaque tube, il faut écrire (T(.)J(.)Z-[]). Dans (La Nature(.)est(.)symbolisée par un temple-[]) nous employons la buse, parce que le mot «symboles» est modifié, afin d'obtenir la forme “symbolisée”.

Méthode

La chemise met le comble aux différences opposant cloison, d'une part, et arbitrage, glose, reps, tartan et feutre, de l'autre, puisque le changement des fronts n'avait pas été pratiqué jusqu'ici dans le présent essai.

Application à Baudelaire

Pourtant les cloisons rappellent souvent les gloses. Ainsi rb(Nature~temple) n'est pas incompatible avec (Nature(.)est(.)temple) et un pareil voisinage de sens donne à l'exégète l'avantage de pouvoir employer, pour des buts nouveaux, des contacts entre significations dont il avait longtemps auparavant saisi l'intérêt.

§577
· Tunnel
Théorie

Le premier aspect de la terrasse consiste dans le tunnel, dont le principe réclame que, pour imaginer, plus vivement que d'ordinaire, la situation décrite par un texte, on se donne, à l'occasion, le droit de l'envisager un bref moment comme si on traitait uniquement d'objets indépendants du créateur. Mais on opère de la sorte, sachant au fond que, tout au contraire, pour un texte d'imagination, uniquement le sens est capital, non les objets. En effet il ne s'agit pas de choses de science, pour lesquelles on prouve son objectivité, au moyen de butoirs.

Application à Baudelaire

„Correspondances“ est bien trop loin du constat pour que parler d'une analyse objective de faits, en ces vers, possède un sens autre que de provocation.

Méthode

Pourtant, même concernant les pics, derrière la signification à l'intérieur de la pensée, on doit reconnaître l'importance des objets vis-à-vis des contenus de sens, car il faut une chose pour en avoir l'idée. C'est à tel point que même une fausse représentation a besoin d'un objet représenté [753].

§578
· Radoub
Théorie

Un second moyen de terrasse consiste dans le radoub. Il est formé par quelque ajout, de sens ou de signes absents au départ du texte, réalisé avec pour but de rendre plus aisée l'explication des images de la cloison.

Méthode

Il existe donc la possibilité d'ajouter de la ponctuation, des articles ou du vocabulaire, pour seconder un commentaire, portant sur un détail du texte analysé, qui resterait sinon difficile d'accès.

Application à Baudelaire

Dans “…par le biais d'une réponse des couleurs aux sons…” est surajouté notamment “biais” qui ne figure pas dans „Correspondances“. L'usage d'une lettre capitale quelconque du latin, ou même de plusieurs, convient pour symboliser un radoub. Ces lettres de radoub étant les mêmes que celles employées pour les tubes, fronts ou cases, il faut rester attentif au texte, comme à ce qui lui est ajouté dans le détail, pour bien comprendre l'opération menée dans une gambe, au moyen de la chemise.

§579
· Pignon
Théorie

Un troisième aspect de la terrasse intervient quand nous remplaçons une idée par une autre, qui est voisine mais représentée par un mot de radical bien différent. De la sorte “sacré” peut remplacer «temple», ou “au” être substitué à «de» pour former “au loin”. Une telle sorte de commentaire se nomme le pignon. À l'intérieur de l'expression “\"Dans le temple, l'homme est initié à travers des forêts de symboles" et le créateur a voulu, au minimum un bref instant, ou dans la rêverie, ne pas gêner l'interprétation d'après laquelle cela prépare "Il est des parfums…comme des chairs d'enfants…comme les hautbois…comme les prairies, -Et d'autres…Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens"/”, nous avons écrit “est initié” au lieu de «passe», et de cette façon nous avons fait usage du pignon. Ici «passe» constitue un bastaing, vu que ce front a été juste remanié au moyen de la chemise, afin d'être présenté sous la forme “est initié”. Nous parlons fréquemment de “passer avec succès l'épreuve d'une initiation”, donc le remplacement d'une idée par l'autre peut être accompagné de la prétention à expliciter le propos de Baudelaire. Le souvenir de ¨la Flûte enchantée¨, de Mozart, même si c'est pour, ensuite, le faire varier, nous traverse un bref moment l'esprit.

Méthode

Le comble de l'abstraction est évité dans la chemise, car si la transformation aboutit à un anéantissement de l'idée contenue au sein du front, nous n'enregistrons plus en rien ce front comme bastaing.

Application à Baudelaire

Quand nous admettons que les mots forment autant de symboles, puis usons de ces mots pour commenter un groupe de symboles plus matériels -parfums et couleurs notamment- nous risquons de ne plus nous retrouver dans une telle accumulation de couches logiques, au départ néanmoins distinctes, et c'est encore une façon d'aboutir à «…de longs échos qui de loin se confondent…»

§580
· Rampe
Théorie

On se donne une quatrième forme de terrasse, la rampe, facilitant elle aussi le commentaire, laquelle consiste à changer l'ordre que suivent les mots du texte, à enlever quelque segment ou enfin à emprunter une idée prise dans un endroit de lui, proche ou non des bastaings de la gambe considérée, afin de l'amener en contact bien plus étroit avec une zone décisive pour la signification en cause. Il convient pourtant d'éviter en cela toute déformation capitale du sens présent au départ. Recourir à juste “…comme la nuit et la clarté…” au lieu d'écrire «…comme la nuit et comme la clarté…» est une rampe sûre.

Méthode

Il s'avère trop dangereux, au contraire, d'entrer dans quelque illustration incapable de s'appuyer sur le moindre butoir, cela même avec l'appui d'une bretelle ou d'un arrosoir, vu que l'explication en deviendrait plus épineuse, non plus commode. Les illustrations tiennent dans les cas fictifs mais célèbres artistiquement, ou dans les cas réels, fondés par des recherches historiques, archéologiques ou géographiques.

Application à Baudelaire

De cette manière, «temple» ne peut être nommé ¨Exposition universelle de 1855¨ au nom d'une bretelle que l'exégète abusif voudrait fonder par le savoir effectif touchant l'article de Baudelaire qui porte sur cet épisode célèbre de la vie des arts [714].

§581
· Promontoire
Théorie

Une cinquième forme de terrasse constitue le promontoire. Il s'agit, là encore, d'interpréter un bastaing, mais cette fois en jouant sur deux sens différents du même vocable.

Méthode

Comme le verbe “être” signifie d'un côté “se présenter comme” et de l'autre “exister”, il se prête facilement à l'édification d'un promontoire. “Mars est une planète” signifie “Mars se présente comme une planète”. “Il n'est pas de planète aussi massive que le soleil” possède comme sens “il n'existe pas de planète aussi massive que le soleil”.

Application à Baudelaire

Nous aurons ainsi le moyen d'obtenir “La Nature existe” en partant du segment «La Nature est», situé au premier vers, puisqu'il suffira de transposer à cet endroit la signification “exister” du verbe “être”, utilisée par Baudelaire au neuvième vers, dans «Il est des parfums frais…» 257

§582
· Poussoir
Théorie

L'usage de chacune des cinq formes de terrasse, utilisée avec d'autres ou non, pour un même tube, peut être signalé grâce au symbole ([]-), nommé le poussoir, lequel est alors écrit en fin de cloison, pour qu'il ne gêne aucunement la compréhension de la gambe. User de (T(.)J(.)Z[]-), même si la terrasse n'affecte que la pique T, est, par exemple, assez clair. Avec emploi dans la même cloison de (-[]) et ([]-) l'écriture de (-[]-) peut remplacer la notation (-[][]-), parce que cela permet d'être plus rapide tout en restant aussi net.

Méthode

La déformation imposée à un élément du texte, ou à plusieurs, au cours de l'élaboration des gambes, doit rester fort mince, afin de ne trahir en rien la volonté du créateur; mais en dépit de cette modestie, l'entreprise risque de choquer maints lecteurs, et un avertissement doit être formulé par conséquent sur ce point.

Application à Baudelaire

Dans le but de passer de «Vaste comme» à “qui est vaste comme”, dans (une ténébreuse et profonde unité qui(.)est(.)vaste comme la nuit et comme la clarté-[]-) on ajoute “qui est” au moyen de la rampe, tout en usant du poussoir, qui, en fin de cloison, prévient chaque lecteur à propos du fait que l'exégète demeure conscient de la déformation qu'il fait subir au second quatrain.

§583
· Cabochon et gemme
Théorie

Dans une gambe, il existe deux cloisons et le col. A l'intérieur de chacune des cloisons deux clous, (.) et (.), viennent séparer trois idées ou tubes qui se conjuguent pour former une seule image. Plusieurs éventualités naissent de là, puisque nous ne voyons parfois qu'un seul pion dans chaque tube, alors qu'il en existe plusieurs en d'autres cas. Le clou de gauche se nomme la gemme, tandis que l'autre adopte le titre de cabochon. La pique de la cloison (de vivants piliers(.)Laissent(.)sortir de confuses paroles) est composée de trois pions: «de», «vivants» et «piliers». Ce tube «de vivants piliers», est mentionné avant la gemme, tandis que «Laissent», le gabion, est noté au milieu des clous et avant la mèche «sortir de confuses paroles».

Méthode

Nous assistons, au sein d'une gambe, à un trio de synthèses en activité: une opérée par le col ([[][]]), au plan de l'ensemble de la gambe, donc portant simultanément sur les deux cloisons; plus les deux synthèses réalisées en chacune des cloisons par le gabion, unissant la pique avec la mèche. Une seule forme générale, (T(.)J(.)Z), anime chacune des cloisons de contenu différent, et leur emboîtement leur vient du col ([[][]]), qui vient énoncer que le créateur a voulu, au minimum un bref instant, ou dans la rêverie, ne pas gêner l'interprétation d'après laquelle une cloison prépare l'autre.

Application à Baudelaire

Nous en restons, dans chacune des cloisons, à une interprétation qui ne comprend aucune sorte de lien unissant deux propositions que le texte signale clairement. Par ailleurs chacune des cloisons évite, malgré l'usage possible de la chemise, de changer le sens de billard. De cette manière (symboles(.)observent(.) homme), bien qu'admettant un remaniement partiel de l'ordre initial des idées, conserve le sens de base. Au contraire (La Nature(.)est(.)un ambre) modifie nettement le sens perçu d'emblée, donc ne peut aboutir qu'à des illusions de commentaire. L'exégète, fourvoyé dès le départ, s'écarte du sonnet pour le réinventer vainement, se fait créateur et abandonne sa première tâche, bien qu'il se complaise à mimer encore l'interprète de bonne volonté.

§584
· Houe
Théorie

Une houe consiste dans une gambe qui est rendue complexe par l'existence, à l'intérieur d'elle- même, de particularités difficiles à saisir d'emblée. Tout d'abord, on perçoit dans la gambe une précision sur l'aspiration quelque peu nébuleuse du créateur à observer une rigueur aussi grande que possible, malgré le domaine des textes d'imagination auquel appartient l'ouvrage considéré. Ensuite on présente, là, deux formes différentes à l'intérieur de la même synthèse interprétative: une version dépourvue de passage dans le tunnel, et une avec un pareil traitement. Ces deux versions reçoivent le nom d'avatars. Le premier avatar se présente ainsi: “le créateur, au minimum un bref instant, ou dans la rêverie, aspirant à être cohérent avec l'ensemble du texte commenté, a voulu ne pas gêner l'idée que la proposition… prépare la proposition…” Le second avatar s'énonce de cette manière: “le créateur, au minimum un bref instant, ou dans la rêverie, aspirant à être cohérent avec l'ensemble du texte commenté, a voulu ne pas gêner l'idée que la situation décrite dans…cause celle décrite dans…” Les deux avatars adoptent respectivement comme abréviation le symbole (ᵒ…ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌ…) et le signe (˜*˜…ꞌꞌꞌcauseꞌꞌꞌ…) En cette occasion, (ᵒ) se prononce “lucarne”; et (˜*˜), “cristal”.

Méthode

Il reste à insister sur un point de vocabulaire: “causer” est une manière de “préparer”, donc le second avatar se maintient dans le cadre général fourni au paragraphe 565 pour la gambe: “(F(.)H(.)E) et le créateur a voulu, au minimum un bref instant, ou dans la rêverie, ne pas gêner l'interprétation d'après laquelle cela prépare (R(.)L(.)S)”. Il ne manque pas de réalités observables couramment, auxquelles on applique de la même façon les deux verbes, bien qu'à y regarder avec soin, “causer" apparaît s'adapter particulièrement bien aux descriptions de faits qui ne sont pas dus immédiatement à un être personnel. C'est finalement à l'exégète de choisir, dans le cas venant à être par lui traité, la version qui sied le mieux au sens du passage du texte, scruté à tel ou tel moment précis de son étude interprétative.

Application à Baudelaire

Qu'on observe deux rapports entre idées, prises dans le poème „Correspondances“, qui vont dans un sens et dans l'autre, malgré quelque parenté de fond. Avec \( ᵒla nature(.)est(.)un temple-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌles parfums, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-)/, il est aisé de penser la signification comme venant du fait que le créateur a conçu les objets touchant notre sensibilité comme des fidèles qui chantent des morceaux de liturgie formant une suite d'appels et de réponses. Qu'on examine, à l'opposé, \(˜*˜l'homme y(.)passe(.)à travers des forêts de symboles-[] ꞌꞌꞌcauseꞌꞌꞌles parfums, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[])/. Vient ici à l'esprit la notion que l'artiste, «L'homme» par excellence, cause, par le biais de l'initiation artistique reçue par lui, cette finesse de la pensée qui autorise à percevoir la relation de correspondance des parfums, couleurs et sons. La différence des versions est aussi légère qu'importante.

§585
· Brûlis
Théorie

Un brûlis est formé de plusieurs houes qu'unit un exégète dans le but de construire une interprétation du texte. D'un côté, la rêverie du créateur paraît beaucoup trop vague pour être à même de lui fournir, dans le plus fin détail, une synthèse de ce genre. Mais par ailleurs une telle songerie a été soumise immanquablement à ce penchant ordinaire de l'esprit humain, qui le pousse au rassemblement, parfois extrêmement flou, de ses pensées. Il n'est que dans le cas où le penseur nourrit une profonde hostilité vis-à-vis de certaines idées, qu'il rejette souvent leur unification. Or une pareille chose semblerait étonnante, eu égard au fruit d'un long processus d'élaboration, largement volontaire autant que personnel. Trouver la vraisemblance d'un brûlis revient à déterminer si le panorama que l'interprète a en vue, composé de maintes rêveries pouvant avoir été occasionnées par l'antre, possède réellement les caractères d'une synthèse. Afin de procéder à un premier tri au sein de pareilles fédérations d'images mentales, il convient d'exiger que chaque brûlis ait pour base constante la supposition d'un même couvercle aussi bien que d'un tuteur unique.

Méthode

Comme nous choisissons un couvercle parmi d'autres, qui sont quelquefois également valables, cette image, même si déjà elle possède un sens légèrement synthétique, se borne à représenter une interprétation particulière de l'antre analysé, sans constituer l'aboutissement d'une connaissance approfondie quant au sens du texte.

Application à Baudelaire

Si nous adoptons, pour „Correspondances“, le couvercle décrit plus haut, “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”, nous éviterons, néanmoins, de l'identifier comme le noyau des conceptions de l'auteur, prises dans leur intégralité.

§586
· Rogations
Théorie

Deux questions, appelées “rogations”, permettent d'éprouver la profondeur du lien unissant la houe avec le brûlis. La première demande, qui se nomme la voltige, concerne un bastaing de la première cloison, tandis que la seconde, la requête, porte sur un bastaing de la cloison mentionnée à droite. La voltige se donne sans le tunnel, alors que la requête l'emploie. La réponse que reçoit chacune des questions diffère aussi. La voltige obtient une réponse organisée autour du couvercle, tandis que pour la requête, c'est le tuteur qui est mis à contribution.

Application à Baudelaire

Une affirmation posée avec tunnel est, par exemple, “qu'il existe, parmi les objets, des forêts de symboles”. C'est en apparence plus facile à comprendre que la notion, donnée sans tunnel, proposant que “le créateur conçoit une certaine symbolique d'après l'idée qu'il se fait des forêts”.

Méthode

En usant de l'artifice logique faisant passer ainsi, relativement à un texte d'imagination, de l'idée à l'objet, l'exégète se décharge un moment de bien des complications risquant d'encombrer son propos, et imite quelqu'un se fiant à l'intuition la plus immédiate. Il envisage un créateur décrivant le monde, au lieu d'accepter que cet auteur procure l'image qu'il se fait du monde. De manière analogue, dans un cours de théâtre, lassé de préciser sans arrêt “l'idée que Molière se fait d'Alceste implique celle de la mauvaise humeur”, le professeur finit par nommer le personnage comme s'il existait: “Alceste se montre de mauvaise humeur”. En venir aux objets paraît simple. Kant a même critiqué Platon, pour avoir sous-estimé l'importance d'un tel cheminement, et s'être perdu au milieu de suppositions incertaines [475]. Pourtant, le philosophe de Königsberg a fait le même genre de faute, lorsqu'il a envisagé une forme de pensée ne recelant aucune marque venue de la pression des faits matériels [470]-[471]. On doit, au contraire, apprendre à régler volontairement la pensée d'après les contours des apparences naturelles mieux que n'ont su le faire ceux qui les analysèrent auparavant, et cela sans imaginer qu'existe un savoir absolument dénué d'appui empirique. En dehors de celles issues de l'élaboration historique, donc récentes, les bases d'intelligence qui permettent l'expérience courante, ne viennent pas d'abstractions qui l'auraient précédée, mais de l'espèce, donc de la pression des milieux naturels. En ceux-là vivaient les êtres desquels on descend, et la force des objets matériels de leur environnement ne s'est, ainsi, nullement arrêtée à eux, pour ses conséquences. De nombreux accidents reproductifs ont lieu en toute période marquée par l'existence d'êtres vivants; le filtrage des rejetons, au sein du monde, change, lorsque le milieu filtrant se modifie; et en des temps immenses, les populations en sont renouvelées, chaque fois de manière partielle, donc par étapes [232]-[233]-[234]-[235]-[236]- [237]-[238]-[239]-[240]. De là proviennent les facultés de êtres qui survivent, en particulier. À présent l'illusion d'une pensée qui mentalement ordonnerait les objets, hors de tout façonnement biologique d'elle- même par les choses, est issue de l'ignorance du temps considérable qui fut nécessaire au progressif développement constitué par l'évolution. Ce grave défaut de connaissances, pourtant aujourd'hui largement disponibles, mène certains à imaginer encore la haute abstraction comme immédiat principe des actions présentes de la pensée, alors qu'elle a été obtenue comme résultat biologique largement involontaire, accompagné de modifications historiques plus volontaires [19]-[20]-[21]-[268]-[270]-[474]- [475]-[476]-[500]-[722].

§587
· Voltige
Théorie

La voltige comprend, au fond, les mots: “comment rejoindre le couvercle…en partant de l'idée que représente le bastaing…?” Il est parfois besoin, pour faire comprendre aisément cette question, de transformer très légèrement le bastaing ou encore d'ajouter une précision au sens dit par lui, tout cela en utilisant la chemise. La notion initiale, ou celle obtenue par légère transformation, est nommée le trapèze. On peut le signaler par (.\.), symbole qui est lu “canne”. De cette manière la voltige a pour substance: “comment rejoindre le couvercle…en partant du trapèze…?” La réponse faite à une voltige se donne parfois, elle aussi, avec une aide venue de la chemise. On débute par “c'est que…” et on finit en donnant le couvercle, de façon exacte ou proche quant à ce qui est forme, bien que tout à fait pour le fond.

Méthode

Pour n'importe quel texte, le couvercle procure, au calcul de vraisemblance d'un brûlis au minimum, quelque certitude, à propos de l'unité dont il a besoin.

Application à Baudelaire

“L'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”, couvercle choisi pour „Correspondances“, doit ainsi pouvoir jouer son rôle, concernant une possible voltige de l'avatar sans tunnel \( ᵒ de vivants piliers.\. (.)laissent(.)parfois sortir de confuses paroles-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme y(.)passe(.)à travers des forêts de symboles-[])/. On esquisse la voltige: “comment rejoindre le thème défini au paragraphe 570 "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines"?” Puis on s'avise que le terme «piliers», conçu dans le sens “les piliers de l'art, ses représentants les plus illustres” ferait un bon trapèze ou encore une base correcte de voltige. On a donc maintenant la question entière: “comment rejoindre le thème "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines", en partant du trapèze "piliers"?” La réplique vient aisément: “c'est que de vivants piliers de l'art procurent à "L'homme", nouveau grand artiste sur la scène de l'esthétique, une imagination élaborée dans toutes les disciplines, au moyen de laquelle il saura œuvrer comme s'il avait été marqué par un voyage au travers des forêts de la symbolique.”

§588
· Requête
Théorie

La requête concerne la contribution d'un objet à un autre. La forme de la question utilise le tunnel, et donc mentionne les deux objets, dont le sens est indiqué par des points de suspension: “comment résumer, d'après le contexte, ce que reçoit…de…?” Un premier bastaing possède un sens nommé l'appeau, et son objet constitue le bénéficiaire de la relation. L'appeau n'est pas toujours utilisé dans la houe. De surcroît lorsque nous le trouvons en elle, il se place dans l'une ou l'autre cloison et il arrive que son bastaing soit élaboré avec la chemise. Il nous est loisible de signaler tout appeau grâce au symbole (<>), nommé le sifflet. Les derniers points de suspension, dans l'énoncé de la requête, accueillent la mention du feston, lequel est le sens ayant pour objet la chose dont bénéficie l'objet de l'appeau. Un bastaing dit, au sein de la cloison droite, le feston, mais parfois avec des moyens de présentation que lui donne la chemise. Il est commode, quelquefois, d'employer [.], le symbole du feston, lu “palet”, en un point de la seconde cloison. Terminons la description de la requête par cette déclaration employant le tunnel: l'objet de l'appeau reçoit quelque chose de celui du feston. Abordons maintenant la réponse: elle se réfère largement au tuteur, utilise le tunnel, et se donne par les mots “tout se ramène à quelque chose comme…” Quant au détail de la requête, nous avons fréquemment un large choix d'idées à notre disposition, le principal étant qu'elle rende clair le rôle assumé par le tuteur.

Application à Baudelaire

Voyons de près l'avatar sans tunnel, \(ᵒde vivants piliers(.)laissent (.)parfois sortir de confuses paroles-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme<>y(.) passe(.)à travers des forêts[.]de symboles-[])/. Nous partons de «forêts», dans la cloison lue à droite, puis nous émettons la requête: “comment résumer, d'après le contexte, ce que "L'homme" reçoit des "forêts"?” Nous répliquons par une référence au tuteur: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”.

Méthode

Au moyen de la voltige, puis de la requête, nous éprouvons l'essentiel du sens de la houe, de façon à en rejeter le contenu, dans le cas où, finalement, l'épreuve nous ferait comprendre qu'il présente de nombreuses de faiblesses. Uniformiser de cette façon les procédures de commentaire a certainement quelque chose de fastidieux, mais en dehors d'une pareille simplification, nous devons juger de la vraisemblance des interprétations, tantôt avec un critère, tantôt avec un autre. Il convient donc, une fois de plus, d'imiter empiriquement le mathématicien, dans un domaine autre que le sien, donc en fournissant une adaptation de sa démarche impeccable, aux objets peu clairs que fournissent les textes d'imagination. D'une part le savant axiomatise, parce qu'il énonce les règles importantes de son activité, dans le but d'être à même de les articuler sans redite comme sans contradiction, en échafaudant avec elles des raisonnements. D'autre part il formalise, car il nomme d'une seule façon tout ce qui, sous un certain aspect, se ressemble, parmi des objets divers en apparence, afin de ne procurer qu'une preuve unique à propos d'une idée qui porte sur maints agencements d'objets. Ces deux voies ont le même but: la simplification du contrôle de ce qui arrive dans l'imagination, toujours débordante, au contact des mille reflets du réel qui nous parviennent, sous la pression des objets.

§589
· Chenet et ferrure
Théorie

On imagine, pour chaque houe, deux schémas intuitifs, chargés d'en approfondir un aspect important et donc facile à reconnaître: le chenet et la ferrure, qui en forment les armons. Si on peut donner mille approches de la houe, on en reste pourtant à deux, une seule de chaque sorte, vu qu'il ne faut pas embarrasser l'esprit, mais l'aider, par une application intuitive, à cerner le sens. Le chenet se borne à un commentaire portant sur le point de vue qu'on suppose chez le créateur, au moins dans quelque pensée instantanée ou rêveuse, lorsqu'il envisage, sans tunnel, à l'intérieur de son texte, un sens qui donne l'impression d'en préparer un autre. Pour \(ᵒdes symboles(.)correspondent(.)se-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌles parfums, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-)/, on a le chenet suivant: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que la représentation d'une même forme, interne aux domaines des cinq sens, donnera le sentiment de préparer la notion que les êtres du sensible, ou les impressions qu'ils provoquent à l'intérieur de nous, ont la même série de caractères moraux également possibles”. La réunion de tous les chenets, pour les houes du même brûlis en constitue le fagot. D'un autre côté la ferrure consiste dans un très court schéma intuitif de la houe donnée avec tunnel. Quand on réunit les ferrures, pour les houes du même brûlis, on en forme l'atelier. À titre d'exemple, concernant l'avatar vu à l'instant, \(ᵒdes symboles(.)correspondent(.)se-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌles parfums, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-)/, on a une ferrure “la correspondance des symboles cause les diverses réponses des parfums, couleurs et sons”.

Méthode

Bien que la houe ne doive contenir aucune illustration dénuée de butoir, le chenet en permet, comme la ferrure, parce que les applications de la houe ne sont point astreintes à une discipline aussi forte que celle qui s'impose à l'original. Cela peut se révéler fort utile, car, au moyen du chenet, d'un côté, de la ferrure, de l'autre, on devrait pouvoir munir certaines houes d'exemples à même de favoriser la recherche de plusieurs idées encore inconnues, mais reconnaissables plus tard comme approchant le point de vue d'origine.

Application à Baudelaire

Une difficulté, pourtant, surgit. Qu'on prenne une illustration de fiction, empruntée à un livre, ou qu'elle soit un exemple archéologiquement situable, peu importe: il faudra encore pouvoir en montrer le sérieux. Si on désire ainsi se référer à Swedenborg, pour comprendre l'avatar \(˜*˜des symboles(.) correspondent(.)se-[]-ꞌꞌꞌcauseꞌꞌꞌles parfums, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-)/, il sera impératif de connaître un passage des ouvrages du théosophe allant bien avec le détail du sens alors employé. Il est vrai, au reste, que si on a déjà fourni un grand nombre de citations de livres provoquant aujourd'hui quelque surprise, afin de permettre à tous de se représenter l'ensemble des croyances ayant nourri l'esthétique de Baudelaire, on est dans l'incapacité de préciser ce que lui-même prenait au sérieux, et ce dont il jouait en ses tentatives de charmer tout le public. En considérant les choses avec plus de largeur encore, il faut souligner que si on donne très fréquemment des ouvertures concernant les idées que pouvait atteindre le poète, dans les milieux qu'il connaissait, on fait confiance au lecteur, pour qu'il ne mêle pas de tels aperçus avec les considérations de méthode livrées aussi en ces paragraphes, de temps à autre, mais dans une perspective très différente.

§590
· Palan
Théorie

Le palan d'un avatar concret de houe n'est rien d'autre qu'un ensemble de quatorze déterminations, chacune donnée à un seul exemplaire: texte, complément de l'engrenage, totalité du zinc, brûlis, couvercle, tuteur, fagot, atelier, voltige, requête, feston, appeau, trapèze, avec, pour finir, l'objet du choix de col ([[][]]), “prépare” ou “cause”. L'avatar ainsi déterminé se montre profondément solidaire de son palan, vu que ce dernier en définit de très nombreux aspects. Un tel avatar concret, duquel nous avons cerné le palan, est distingué par le signe final (¨), décrit par le mot “linteau” et il se nomme un vantail. Une pépinière constitue ce qui reste d'un même brûlis, quand nous en conservons uniquement un vantail par houe.

Méthode

Il n'existe nul moyen de fournir à un vantail \(E(.)H(.)Fꞌꞌꞌ[[][]]ꞌꞌꞌR(.)L(.)S)/¨ un autre palan que celui attaché à lui, étant donné que tout vantail possède un seul palan. Une pareille solidarité provoque cette conséquence que, dans la recherche progressive des vantaux les plus capables de mettre au jour les ressorts de l'imagination créatrice, dans un texte, nous devrons modifier, quasi avec toute notion de vantail, celle d'un palan.

Application à Baudelaire

Au cours de la construction des vantaux, même si nous conservons l'engrenage défini auparavant pour „Correspondances“, le plus infime changement de palan, que le reste de la mise au point rendra utile, modifiera le vantail par lui concerné.

§591
· Commensal, conscrit et collègue
Théorie

Deux vantaux de la même pépinière sont l'un pour l'autre des commensaux. De façon voisine, tout chenet forme un conscrit pour les autres chenets du même fagot; et toute ferrure, dans un même atelier, est une collègue pour les autres ferrures. Il est requis, pour bien contrôler le sérieux d'une pépinière, de s'assurer que les commensaux disposent d'une compatibilité mutuelle. Par ailleurs concernant les vantaux de la même pépinière, nulle opposition entre conscrits, d'une part, entre collègues de l'autre, ne doit exister, par cette même raison que le défaut en cause menacerait le tout.

Méthode

On gagne beaucoup à se contenter, au départ, d'une pépinière peu étendue, puisque, dans ce cas, l'esprit en voit mieux les difficultés. La liberté qu'autorise le texte, d'élaborer maintes pépinières, est soutenue par les potentialités de sens. Ainsi du choix est laissé à l'interprète, ce qui fait penser au jeu d'une pièce mobile, dans une mécanique, dû à certains mouvements propres qui n'empêchent pas l'effet d'ensemble, et qui n'en forment d'aucune manière l'aspect le plus visible.

Application à Baudelaire

On aimerait spontanément pouvoir saisir le rapport entre «nuit» et «transports», à l'intérieur de „Correspondances“, et la nouvelle approche, maintenant esquissée, fait entrevoir comment Baudelaire a pu, notamment, préparer, au moyen de ses propos concernant la nuit unie avec le jour, l'idée que les transports de l'esprit et des sens mêlent nos pensées à l'extrême.

§592
· L'élastique mentionne le front de chacun des cordages.
Théorie

Nous recourons à un artifice, dans le but d'en revenir, malgré une application éventuelle de la chemise, aux trois fronts donnant le trapèze, le feston et l'appeau: l'élastique. Sa formulation procure les bastaings responsables de ces trois idées, plus le symbole de chacune: (…(.\.);…[.];…<>). Trapèze, feston et appeau forment, pour chaque vantail, ses “cordages”.

Méthode

En raison de la nécessité d'employer la triade “feston-appeau-trapèze” dans le calcul de toise, il est utile d'en garder le souvenir dans toute sa vivacité. De surcroît une fois remis en place, dans la mémoire de l'exégète, les cordages ne tardent guère à lui procurer la notion de chacun des autres bastaings, dont il retrouve les images presque immédiatement, grâce au sens global du vantail.

Application à Baudelaire

Nous écrivons, en rapport avec l'élastique (paroles.\.;chantent[.]; homme<>), le vantail \(ᵒde vivants piliers(.)laissent(.)parfois sortir de confuses paroles.\.-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌdes parfums² frais…doux…verts…corrompus, riches et triomphants(.)chantent(.)[.] les transports de l'esprit et des sens-[]-)/¨. Ici «homme» représente l'appeau, et «chantent» le feston. L'homme bénéficie du chant des parfums, et la substance d'un tel profit est indiquée par cette brève réponse qu'obtient la requête: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”. D'après le poète, le fait du chant contient, par une sorte d'analogie, l'essentiel des arts, lesquels procèdent largement de l'imagination. Le monde culturel, attiré par un grand artiste nouveau, «L'homme», s'intéresse à quelque chose de plus important que ce personnage, déjà en lui-même surprenant. Parmi les principes de la beauté perçue dans les choses, que les «piliers», ou grands artistes, offrent aux esprits alertes, les Correspondances qui mettent en contact des opposés auraient une place importante. La glorification de l'éveil aux sentiments amoureux serait contrebalancée par l'éloge de l'impression orgiaque d'intensité physique. Le «Qui» du vers ultime, loin de se rapporter aux seuls parfums corrompus, ouvrirait sur le sens de toutes les odeurs plaisantes. Au plan grammatical aucune impossibilité ne se fait jour: «Il est des parfums frais…Doux…verts…Et d'autres, corrompus, riches et triomphants…Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.» Nous aurions un chant faible, doux et frais, pour la naissance du sentiment, puis un autre paroxystique, célébrant ses excès. Dans les deux cas il existerait des «…transports de l'esprit et des sens.» Cette vue paraît légèrement inférieure, logiquement, à l'autre, mais de très peu.

§593
· Boîtier
Théorie

Le pylône, relativement à une pépinière obtenue par un vantail, est l'ensemble des couples faits de cloisons; commensaux; conscrits; collègues; couples d'éléments faits chacun d'une voltige avec la réponse à elle; couples d'éléments faits chacun d'une requête avec la réponse à elle. Admettre une répétition ou quelque défaut de cohérence n'est une faute, dans la description d'un couple de ce genre, que si la chose ne reflète pas ce qui existe dans le texte considéré. Finalement, on appelle “boîtier” toute zone d'un texte recelant quelque chose comme une répétition ou contradiction.

Méthode

Une incohérence, claire autant que nette, s'avère difficile à montrer dans un texte d'imagination, mais il existe des cas où une proximité avec un tel défaut est sensible. En même temps on garde intacte dans l'esprit cette idée facile de l'équilibre dans la division des tâches intellectuelles, faisant que la méthode scientifique manque de charme, comme la fantaisie artistique manque de rigueur.

Application à Baudelaire

On pense à ce qui est avancé dans „Correspondances“ eu égard au temple de Nature qui pourrait contenir de l'encens corrompu. 263

§594
· Ombrage
Théorie

Hormis pour ce qui touche aux éventuels boîtiers d'un texte, il arrive, à l'intérieur de la pépinière d'un vantail, que l'exégète ressente une gêne, que nous décrivons comme l'ombrage. En pareille occasion il nous faut supposer qu'un embarras est ressenti par le créateur devant son texte. Une telle impression vient de ce qui lui reste de sens logique, dans l'état de pensée rapide ou de songerie. Toute situation avec ombrage vient d'éléments du pylône. Il s'agit par conséquent des relations entre deux cloisons; commensaux; conscrits; collègues; ensembles “voltige-réponse”; ensembles “requête-réponse”. Le premier cas est relatif à une complète répétition dans le fond comme dans la forme. L'autre cas vient de ce qui peut être senti comme un manque de cohérence. Chaque fois, c'est l'un seulement des vantaux afférents qui souffre de l'ombrage, lequel demeure toujours unique, là où il a lieu. De ce fait, il est impossible de compter deux fois le même défaut, et nous attribuons uniquement la gêne au vantail dont le trapèze vient en second lieu dans texte. En une même pépinière si deux vantaux formant ombrage possèdent un trapèze identique, le dernier vantail que nous avons admis vient à éprouver seul cette peine de l'ombrage.

Méthode

Nous ignorons comment cerner l'ombrage pour des êtres de forme très différente, comme un vantail et une ferrure. Nous avons peu de force quand nous envisageons l'esprit logique du créateur, dans quelque pensée rapide ou dans la rêverie. Donc il nous faut nous en tenir à des relations à l'intérieur de couples faits de choses très faciles à comparer.

Application à Baudelaire

Le boîtier ne subit pas l'ombrage, puisque le créateur n'en a nullement été gêné, l'ayant placé ouvertement au sein de son texte. Nous le voyons avec les deux passages qui expriment que “le monde forme un temple” et que “l'encens est corrompu”. Si l'auteur a pu vouloir jouer avec la répétition ou la contradiction, pour des motifs artistiques, que pouvons-nous reprocher aux exégètes qui s'intéressent à une semblable possibilité?

§595
· Toise
Théorie

La toise constitue la mesure de vraisemblance de la proposition “l'image du vantail…est passée dans l'esprit du créateur”. On appelle “forages” les critères numériques a •, b•, c•, d•, e•, f•, g•, h•, j•, k•, m•, p•, w• qui autorisent pareil calcul. On inverse le produit mathématique pour obtenir la toise: 1/a •b•c•d•e•f•g• h•j•k•m•p•w•. Les treize forages prennent chacun une dénomination, où chaque lettre distinctive a, b, c, d, e, f, g, h, j, k, m, p, w est suivie du symbole ( •), nommé “lentille”. D'une manière plus détaillée, on leur donne pour appellations: (a•), anse; (b•), maillet; (c•), corbeille; (d•), hameçon; (e•), boulon; (f•), encoche; (g•), pendentif; (h•), escabeau; (j•), bâton; (k•), cisaille; (m•), viaduc; (p•), gibet; et enfin (w•), houle.

Méthode

Aspirant vaguement à montrer quelque rigueur, mais plongé dans la pensée rapide ou dans la rêverie, le créateur ne peut maîtriser le sens détaillé du vantail, et donc il faut un exégète pour décrire ce qui a été ressenti à l'origine.

Application à Baudelaire

Le comptage de la vraisemblance aura pour modèle, comme dans les autres parties de l'essai, les mesures qu'on élaborera pour „Correspondances“, mais avec la perspective d'atteindre le plus haut degré de généralité possible, afin que les procédures mises en place ici aient de l'intérêt pour n'importe quel texte d'imagination.

§596
· Anse
Théorie

L'anse (a•) vaut à deux conditions. D'abord, il faut que chacune des cloisons emploie au minimum un bastaing; puis, que nul bastaing ne soit répété dans tout le vantail. La première demande garantit l'enracinement du vantail dans le texte; la seconde préserve de la redite. Nous obtenons par conséquent a•=2, dès qu'une cloison se présente dénuée de bastaing, d'une part et, par ailleurs, dès qu'un bastaing déjà cité apparaît de nouveau dans le vantail. Si deux répétitions viennent à se produire, l'anse demeure a•=2.

Méthode

En revanche, puisque le bastaing constitue un front, il est impossible qu'un bastaing identique soit repris en deux points différents du même ouvrage. Vu qu'il est une case, tout front est établi en un seul point. Sinon, il n'existerait jamais aucune distance pour séparer deux emplois d'un seul mot. L'inverse, pourtant, se voit dans toute la netteté souhaitable, du fait que dans un long ouvrage, nous avons, pour le même vocable, fréquemment oublié un premier emploi de ce mot, en arrivant au second. Mais dans l'examen des antres et pour ce qui est du calcul présent la distance reste nulle grâce au peu de mots et parce que la pensée consiste juste dans une rêverie touchant ce à quoi le créateur ne veut pas faire opposition, et non en l'expression d'une volonté positive. Pour chacun des critères numériques particuliers a•, b•, c•, d•, e•, f•, g•, h•, j•, k•, m•, p•, w•, notre pensée nous paraît fondée sur la bonne qualité contrastant avec la mauvaise, de sorte qu'il ne sert à rien de compter plusieurs degrés intermédiaires de qualité. De cette façon, la répétition de bastaing dans un vantail constitue un défaut absolu, et peu importe qu'il existe une ou dix répétitions. A l'échelle de la toise complète les choses diffèrent à nouveau. La pensée distingue plusieurs bases de l'invraisemblance, donc il nous faut compter un forage différent pour chaque point. La toise varie ainsi beaucoup, selon qu'un seul forage vaut 2, ou que les treize valent 2. Dans le premier cas elle mérite le niveau ½=0,5 et, dans l'autre, la hauteur négligeable 1/(2)(2)(2)(2)(2)(2) (2)(2)(2)(2)(2)(2)(2)=1/8192.

Application à Baudelaire

Dans le vantail \(ᵒdes correspondances(.)laissent(.)parfois sortir de longs échos-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌdes parfums²…corrompus, riches et triomphants(.)chantent(.)les correspondances de l'esprit et des sens-[]-)/¨, la répétition du bastaing «Correspondances» amène l'anse a•=2.

§597
· Maillet
Théorie

Le maillet (b•) vaut 1 lorsque tous les bastaings de la seconde cloison suivent, dans le texte analysé, ceux employés dans la première. Puisque la notion de fondation, ou de base, constitue l'essentiel du col, il convient de respecter ce que cela implique. En principe ce qui prépare précède ce qui est fondé, ou, ce qui cause précède ce qui est causé, donc il faut une sorte d'antériorité pour les images E, H, F vis-à-vis de R, L et S. On écrit au contraire une valeur d'invraisemblance b •=2 aussitôt qu'un bastaing de la seconde cloison précède, au sein du texte, un bastaing de la première. Si la même chose a lieu plusieurs fois, on en reste à cette valeur 2. Soit le vantail \(ᵒ des forêts de symboles(.)observent(.)avec des regards familiers l'homme-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌde vivants piliers(.)laissent(.)parfois sortir de confuses paroles- [])/¨. Le fait que les mots «vivants», «piliers», «Laissent», «parfois», «sortir», «confuses» et «paroles» viennent, dans le poème, avant «forêts», «symboles», «observent», «avec», «regards», «familiers», «homme», ne favorise guère l'idée qu'une image du genre de celle notée par “…des forêts de symboles observent avec des regards familiers l'homme…” puisse introduire “…de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles…”

Méthode

La méthode analytique permet d'isoler suffisamment les bases formelles de l'insuccès d'une pensée, dans la description des apparences, pour que l'appréciation subjective ou collective mal conçue, parfois indéfiniment discutable, au fond, soit exclue des meilleures idées, grâce aux observations minutieuses des formes.

Application à Baudelaire

Souvent, la forêt se montre dure, mais il faut cela, pour que l'incapable soit écarté, grâce au jugement décelant son manque de valeur. Un moment, le Poliphile de Colonna craint en rêve d'échouer [204]: «…je cheminai tant que je me trouvai en une forêt grande et obscure…Les arbres y étaient si serrés et la ramée tant épaisse, que les rais du soleil ne pouvaient pénétrer à travers…J'allais…avant, puis tout court tournais en arrière…en un côté…en l'autre, les mains et le visage déchirés de ronces, chardons et épines…à chacun pas, j'étais retenu de ma robe qui s'accrochait aux buissons et halliers…en moi n'y eut plus de conseil et ne sus bonnement que faire, sinon me plaindre à haute voix. Mais tout cela était en vain car je n'étais entendu de personne, excepté de la belle Écho, qui me répondait du creux de la forêt…»

§598
· Corbeille
Théorie

La corbeille (c•) vaut 1 s'il n'existe aucun soupçon d'accident ou de falsification ayant frappé le texte analysé, dans ce qui en lui est important pour le vantail considéré. En effet dans le cas d'une telle modification, le sens des cloisons pourrait ne pas avoir été du tout désiré par le créateur. Si la chose survient, il nous faut compter une valeur d'invraisemblance c •=2. Puisque le vantail décrit la rêverie du créateur ou sa pensée conçue à toute vitesse, le danger, au cours de la mesure de vraisemblance, consiste, pour l'interprète, dans une rêverie faite par lui-même parallèlement à celle supposée de l'auteur, qui le priverait d'une partie de son objectivité quant au texte analysé. La corbeille (c•) permet de surveiller ce point, tout comme la combe (å) donnait le moyen de traiter, lors de la mesure de vraisemblance des reps, de la possibilité que l'interprète, à cause de la soif d'étrangeté amenée par ses recherches, ne voie illusoirement une intrusion significative dans le simple résultat d'un accident arrivé au texte.

Méthode

Comme la mesure de l'erreur, dans la détermination des forages déjà cités, est limitée à 2, il ne peut qu'en aller de même ici, pour une raison évidente d'équilibre dans le traitement de toutes les faiblesses des vantaux. Donc, si un accident se double d'une falsification, pour le passage définissant, relativement au vantail, le sens des bastaings, la corbeille reste c •=2.

Application à Baudelaire

Imaginons que le titre «Correspondances», soit remplacé par “Croyances”, du fait d'un accident simple, ou d'un accident plus tard exploité par un faussaire. De toute façon, le poème s'en trouverait aussitôt marqué illusoirement d'ironie, surtout concernant le début: «La Nature est un temple…»

§599
· Hameçon
Théorie

Le niveau 2, pour l'hameçon (d •), est atteint quand existe un usage de notions hautement rationnelles, dans le passage du texte qui fournit les bastaings du vantail. On fait néanmoins abstraction des prouesses de composition artistique: par exemple, si on étudie un poème, des raisonnements à employer pour la versification. Il faut compter, dans le calcul de vraisemblance, qui ne concerne que les textes d'imagination, une quantité d'invraisemblance d •=2 pour sanctionner l'application erronée de la méthode à des ouvrages d'extrême rationalité. En tout autre cas (d •) vaut 1.

Méthode

Ce n'est pas identique, pourtant, d'une part d'évoquer, ou même d'employer, certaines choses qui ont été approfondies avec rigueur, et par ailleurs d'en traiter.

Application à Baudelaire

Sans doute Baudelaire utilise l'excitation des facultés olfactives, étudiées par les physiologistes, mais lui-même ne procure aucune observation directe du nez, de sorte que son activité, dans la conception des parfums, ne peut s'appeler de la physiologie.

§600
· Boulon
Théorie

Le boulon (e•) vaut 1 dès lors que le vantail satisfait un lot de quatre conditions. D'abord, la construction du vantail ne doit envelopper ni anachronisme ni maladresse. Par ailleurs il ne convient pas de substituer à quelque bastaing autre chose ou de fournir une interprétation qui ferait passer un sens nouveau pour celui de billard. Il s'agit dans tous les cas de garantir que le créateur pouvait appréhender le sens des bastaings individuels et la préparation, qui est supposée avoir lieu, d'une cloison par l'autre. Dès qu'une des exigences n'est pas remplie, nous écrivons e •=2.

Méthode

En particulier, il faut veiller à ce que le zinc, conçu au départ dans le but de faciliter l'intégration du sens des bastaings dans les cloisons, ne vienne tout gâter, en prétendant éclairer le sens au moment où il en modifie complètement la teneur. À tout moment une telle défaillance nous menace, puisque c'est aujourd'hui que nous usons du zinc, tandis que le texte vient d'hier.

Application à Baudelaire

L'erreur affecte l'expression \(ᵒ de vivants piliers(.)laissent(.)parfois sortir de confuses paroles-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌles symboles mathématiques(.)observent(.)l'homme avec des regards familiers-[]-)/¨. La référence aux mathématiques pousse à envisager quelque manipulation douteuse du texte, réalisée pour avancer une vision de „Correspondances“ qui semble dénuée de base, si bien que nous écrivons la mesure d'invraisemblance e•=2.

§601
· Encoche
Théorie

L'encoche (f•) ne concerne pas le col ([[][]]). Pour obtenir f •=1 il faut réunir trois conditions, toutes relatives aux deux cloisons, et aucune à l'ensemble du vantail. D'abord, en chacune des cloisons, il ne doit y avoir aucune illustration dénuée de l'appui de quelque butoir et nulle opposition envers quelque lien de sens valable dans le billard. Ensuite chaque relation entre idées que portent des bastaings doit partir d'une sorte d'esquisse, présente au sein du billard. Dès que manque l'une de ces conditions, f •=2 s'impose.

Méthode

On dispose, dans les cloisons, uniquement de contenus de billard. Ce n'est qu'ensuite, au plan du vantail entier, que la pensée arrive dans le banc, donc invente une relation de “préparation”, inconnue dans le billard. L'encoche a pour but de contrôler le sérieux de ce qui est avancé concernant le niveau du billard, pour que l'interprète ne se lance pas dans la description du banc avec une base fausse, de par un mauvais emploi du cloutage (…(.)…(.)…).

Application à Baudelaire

Dans \(ᵒcorrespondances(.)laissent(.) répondre de confus symboles-[]-[[][]]…)/¨, on est devant un sens initial fortement déformé, ce qui entraîne f•=2 parce que, au sein du texte, «répondent» n'est relié suffisamment ni à «confuses» ni à «symboles».

§602
· Pendentif
Théorie

Le pendentif (g•) concerne le col, dont le rôle consiste à élever d'un coup le propos des cloisons, au plan du banc. Pour obtenir g •=1 il faut obéir à trois exigences. La première requiert que le texte, pris au sens du billard, n'offre pas immédiatement de justification à l'idée que la première cloison prépare l'autre. En effet le col symbolise l'exercice de la rêverie menant vers la notion de “préparation”, hors de ce qui est indiqué nettement par le billard, en vertu de la claire volonté du créateur. Au contraire dès que ce dernier a déjà fait part d'une quelconque “préparation” au sein du billard, nous ne pouvons obtenir le cadre nécessaire au col, qui perd sa justification par conséquent, ce qui nous donne g •=2 pour l'ensemble du vantail. La deuxième condition à observer, afin d'obtenir g •=1, est l'absence de condamnation par le créateur de l'idée que ce qui est ici nommé la première cloison introduit l'autre. Il serait incohérent d'avoir un vantail hostile à ce que pense le créateur, puisqu'il doit expliciter certaines idées que cet auteur ne refuse pas, au moins quand il se contente de la pensée rapide ou de la rêverie. Enfin pour atteindre g •=1, la troisième nécessité consiste à exiger que la critique ne puisse aucunement rejeter l'affirmation que la première cloison donne à l'autre une “préparation”. Il suit de là que nous écrivons, pour l'ensemble du vantail, une valeur d'invraisemblance g •=2, aussitôt qu'une de ces trois conditions est négligée. A plus forte raison procédons-nous de même pour une faiblesse plus marquée.

Méthode

Les notions de banc, billard, cloison et col ont été avancées aux paragraphes 561, 564 et 565.

Application à Baudelaire

Dans une confrontation ou comparaison, faite par l'auteur lui-même, il prend soin de fournir ouvertement une base de réflexion à tout le public, et ensuite un prolongement, ce qui amène aussitôt g •=2; et justement cela se passe dans les vers 6 et 8, avec la “préparation” «Comme de longs échos qui…se confondent…» puis la chute: «…Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.»

§603
· Escabeau
Théorie

Le huitième forage est l'escabeau (h •) et ce critère touche à l'ombrage. Écrire h •=1 demande que l'ombrage n'ait pas lieu, concernant le vantail étudié. A l'inverse il faut écrire h•=2 aussitôt que l'ombrage nuit à ce vantail.

Méthode

Cette valeur 2 ne saurait augmenter puisque l'ombrage, pour un vantail, ou bien n'existe pas, ou bien est unique. Il n'est donc pas nécessaire, pour déterminer l'escabeau d'un vantail, une fois devenu clair que ce dernier souffre d'ombrage, de chercher d'autres cas de répétition ou d'incompatibilité, dans lesquels ce vantail serait impliqué d'une manière ou d'une autre.

Application à Baudelaire

Aux vers 8 et 9, la répétition «…parfums…parfums…» est susceptible du commentaire “Il existe des parfums en général, et de surcroît, plusieurs espèces”. L'interprète pense que son rôle consiste à se préoccuper en premier lieu de l'intérêt stylistique de la répétition, puisque nul problème de fond ne se pose.

§604
· Bâton
Théorie

Le bâton (j•) prend le niveau à plusieurs conditions. D'abord, il est nécessaire que tous les bastaings du vantail appartiennent à un même antre, ayant lui-même un couvercle adroitement exprimé. Ensuite on doit être sûr que jamais le vantail ne s'oppose à quelque porte ou aplomb. Si la situation empêche que toutes ces conditions en viennent à être satisfaites, on admet pour (j •) le niveau 2.

Méthode

D'après le paragraphe 6, toutes les parties d'un même texte ont été vues par le même créateur, mais l'intensité de liaison entre les notions employées varie beaucoup, et un antre constitue un espace tellement restreint et encadré, que cette force du lien possède là une garantie.

Application à Baudelaire

Il est facile de se représenter ce qui arrive quand on propose un vantail avec une référence à deux textes différents, par exemple avec des images venant, pour les unes de „Correspondances“, et pour les autres du poème [[1062]] dans l'Index II des poèmes">[[1062]]„J'aime le souvenir de ces époques nues…“ Même si les deux poèmes ont leur place dans le même recueil "les Fleurs du mal" et se font suite, ce n'est pas du même ouvrage que viennent les fronts et il en résulte que l'étroitesse de contact ne se réalise plus, elle qui autorise à penser que l'écart séparant les idées textuelles ne freine aucunement les vues instantanées ou la rêverie portant sur le sens de la réalisation artistique.

§605
· Cisaille
Théorie

La cisaille (k•) vaut 2 aussitôt que le bâton prend lui-même le niveau j •=2. Au contraire avec j•=1, valeur qui suppose un antre avec un couvercle, nous mettons à l'épreuve les capacités du texte à fournir un gîte. Nous cherchons au minimum un acolyte du texte analysé, afin de justifier le statut de l'antre comme gîte. En cas de succès nous écrivons k •=1, mais, aussitôt qu'une défaillance apparaît, nous admettons k•=2.

Méthode

Le couvercle fournissant le tuteur ne s'accompagne pas nécessairement d'autres idées majeures, communes aux acolytes et au texte analysé. Quand un archéologue forme une série, loin de réclamer chaque fois une très forte proximité des pièces retrouvées, il se contente, à l'occasion, de quelques points communs.

Application à Baudelaire

Il est sûr que les poèmes inspirées par les femmes dominent un recueil dont le titre lui-même les mentionne: “les fleurs du mal”. On rendrait ainsi le plus grand service aux historiens, en étudiant avec profondeur une série de portraits féminins issus de ces nombreuses créations baudelairiennes. Cependant, rien d'absolu ne peut être avancé quant au titre de l'ouvrage, puisque le sens pourrait avoir une généralité plus grande: “les cas où la beauté se lie au mal”. Finalement, un jeu de mots nous fait retomber dans l'acception "fleurs-femmes", du fait que “mal” se prononce presque de la même façon que “mâle”, et qu'ainsi “les fleurs du mâle”, ou “les fleurs du mal”, sont les femmes.

§606
· Viaduc
Théorie

Pour ce qui est du onzième forage, (m •), ou viaduc, on trouve m•=2 si le bâton vaut 2. Au contraire avec le bâton 1, le viaduc prend le niveau 1 quand se définissent de manière facile, aussi bien le rapport “voltige-trapèze”, que la relation “requête-feston-appeau”. Dès qu'un obstacle important survient, concernant le trapèze, le feston ou l'appeau, on écrit une valeur d'invraisemblance m •=2; et, pour une défaillance touchant simultanément les trois cordages, m •=2 demeure nécessaire. On a pu se tromper en imaginant de façon maladroite voltige ou requête, mais aussi en comprenant fautivement le texte.

Méthode

Le cadre choisi “comment rejoindre le couvercle…en partant du trapèze…?” pour la voltige, de même que la forme de la requête, “comment résumer, d'après le contexte, ce qu'obtient…de…?” bénéficient d'une largeur potentielle de contenu énorme. Il faut donc avoir envisagé le contrôle du sens de manière fort insuffisante, pour éprouver une difficulté, d'autant plus que la signification figurée permet d'adapter chacune des questions à de nombreuses situations textuelles.

Application à Baudelaire

Le couvercle déterminé plus haut, “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines” concerne l'artiste, donc, s'il est «l'homme» par excellence, il devient facile d'établir une liaison de sens fédérant de nombreux points de „Correspondances“ avec le problème “comment résumer, d'après le contexte, ce que l'homme reçoit?”

§607
· Gibet
Théorie

Le gibet (p•) s'élève à 2 si le bâton n'est pas 1. Si le bâton égale 1, alors le gibet vaut 1 dès lors que le chenet forme un approfondissement du vantail. Si le chenet ne peut être pensé comme une fine interprétation du vantail, nous devons recourir à p •=2.

Méthode

Dérivant du billard, grâce aux deux cloisons, le vantail existe comme application audacieuse du sens initial, ou comme un détournement ayant ses racines là. Puis, en fonction du vantail, nous tentons de formuler un commentaire possible du créateur sur le texte: le chenet. Le gibet p •=1 est accepté si, au fond, quelque chose du contenu de billard peut servir pour aller vers le chenet. Nous voyons comment l'organisation formelle de l'analyse procure l'occasion d'explorer le sens interne à l'ouvrage considéré. Le mouvement est double. D'un côté la construction abstraite demande une application matérielle, pour être bien comprise, ainsi que pour être lavée du soupçon de vanité. D'autre part l'homologie du vantail et du chenet invite à regarder le texte avec plus d'insistance que d'ordinaire, ce qui pousse à y découvrir de nouvelles ressources.

Application à Baudelaire

Examinons d'abord \(ᵒles parfums¹, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌil(.)est(.)des parfums² frais… doux…verts…corrompus, riches et triomphants-[]-)/¨. Bien que le vantail en cause soit légèrement distinct, le chenet déjà choisi au paragraphe 589 convient ici à nouveau: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que la représentation d'une même forme, interne aux domaines des cinq sens, donnera le sentiment de préparer la notion que les êtres du sensible, ou les impressions qu'ils provoquent à l'intérieur de nous, ont la même série de caractères moraux également possibles”. Nous partons de la propriété de “correspondance”, pour arriver à une même potentialité de moralité comme d'immoralité, qui, de surcroît, fait entrevoir une base intéressante pour la synesthésie. Une même organisation interne de l'essence de plusieurs êtres distincts amène leur correspondance, et si un de ces êtres peut avoir de la fraîcheur, tous le peuvent. Si un seul peut se faire admirer triomphant, tous le peuvent. De la sorte nous écrivons m •=1 sans hésitation. Nous pensons ici aux aimables hôtes de l'abbaye de Thélème, qui, possédant un heureux fond et ayant été instruits afin qu'il n'en soit rien perdu, ont la force de s'harmoniser sans obstacle [825]: «En leur reigle n'estoit que ceste clause. "Fay ce que vouldras". Parce que gens liberes, bien nez, bien instruictz, conversans en compaignies honnestes ont par nature un instinct, et aiguillon, qui tousjours les poulse à faictz vertueux, et retire de vice…Par ceste liberté entrerent en louable emulation de faire tous ce que à un seul voyaient plaire. Si quelq'un ou quelcune disoit “beuvons”, tous buvoient. Si disoit “jouons”, tous jouoient. Si disoit “allons à l'esbat es champs”, tous y alloient.» Mais Baudelaire complique le propos de façon étrange, au moyen de la célébration du malaise, qui fait briller une zone du goût moins facile à justifier que celles de l'éclat politique des châteaux abritant une agréable cour [[1130]] dans l'Index II des poèmes">[[1130]]: «…j'ai perfectionné
L'art cruel qu'un Démon en naissant m'a donné…
D'ensanglanter son mal et de gratter sa plaie.»

§608
· Remous
Théorie

Le treizième forage se nomme la houle (w•), et si le bâton vaut 2, la houle prend la hauteur w •=2. Mais quand le bâton est 1, la houle n'adopte le niveau 1 que pour une ferrure constituant une application du vantail. Si, au contraire, la ferrure ne peut être pensée comme une interprétation admissible du vantail, on se résout à noter w •=2.

Application à Baudelaire

Qu'on pense au vantail \(˜*˜les parfums, les couleurs et les sons(.) répondent (.)se-[]-ꞌꞌꞌcauseꞌꞌꞌil(.)est(.)des parfums frais…doux…verts… corrompus, riches et triomphants- []-)/¨. On lira, dans cette optique, la ferrure suivante: “les réponses, unissant les choses matérielles accessibles aux sens, causent les impressions des parfums marqués de fraîcheur, douceur, verdeur, corruption, richesse, triomphe”. Une certaine proximité du vantail et de la ferrure ne peut se nier, de sorte qu'on admet w•=1. Si manque, au contraire, le sentiment qu'on a une telle compatibilité de sens, il convient de se tourner vers w•=2.

Méthode

Avec les deux applications du vantail, chenet d'un côté, ferrure de l'autre, on devrait pouvoir munir certains vantaux d'exemples à même de faciliter l'approche de l'ouvrage qui autorise ces deux perspectives. L'érudit pourrait ensuite s'emparer de telles idées, pour aller voir si quelque texte mal connu, et de l'époque, irait dans le même sens.

§609
· Gabarit
Théorie

Le degré de vraisemblance d'une pépinière forme son gabarit. C'est la vraisemblance de la proposition: “Le créateur, au minimum un bref instant ou dans la rêverie, a voulu concevoir en un tout les vantaux de la pépinière, sans rien abandonner de la cohérence de sa pensée du texte.” Le gabarit est issu des toises, chacune de type (1/a •b•c•d•e•f•g•h•j•k•m•p•w•) et il s'obtient comme le produit numérique de toutes ces valeurs. De cette manière il atteint pour deux vantaux la quantité ((1/a •b•c•d•e•f•g•h•j•k•m•p•w•) (1/a•’b•’c•’ d•’e•’f•’g•’h•’j•’k•’m•’p•’w•’)).

Méthode

Concernant un vantail, sa toise reflète l'éventuel ombrage où il pourrait être impliqué, de sorte qu'à l'échelle de la pépinière, il n'est besoin de nul complément à cet égard, quand est jugé le gabarit. La toise (1/a •b•c•d•e•f•g•h•j•k•m•p•w•) ne peut atteindre le niveau 1 que pour un vantail qui ne souffre pas d'ombrage. Dans le cas opposé aussitôt se justifie l'escabeau h •≠1, ce qui accroît le produit (a•b•c•d•e•f•g•h•j•k•m•p•w•), abaissant ainsi la toise (1/a•b•c•d•e•f•g•h•j•k•m•p•w•), donc le gabarit à son tour, comme produit de toises. C'est l'idéal de l'analyse, que puisse, chaque point ayant été pris en compte auparavant, être gagnée ainsi la connaissance du tout, juste par synthèse de ces points. Il est vrai que d'excellents esprits ont imaginé, au contraire, impossible de séparer diverses parties d'un savoir élevé. En effet beaucoup ont essayé longtemps d'adopter pour modèle ce qui arrive souvent aux parties d'un être vivant, qui périssent une fois laissées hors du tout [30]. Mais un tel jugement paraît avoir manqué d'assiette, d'une part en raison des observations portant sur l'étonnante régénération des vers coupés en morceaux, et par ailleurs du fait de l'enseignement des maîtres horticulteurs, eu égard aux greffons [26]-[27].

Application à Baudelaire

Les vantaux \(ᵒdes vivants piliers(.)sortent(.)de confuses paroles-[]- ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme, le nouvel artiste, prêtre du beau(.)est(.)observé, surveillé, conseillé par des regards, venus de sa propre famille de pensée, occupés de symboles-[]-)/¨ et \(ᵒ la nature(.)correspond(.)à un temple-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌles parfums, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-)/¨ ne s'opposent nullement. Cela donne confiance, pour la constitution d'ensembles plus grands qui demeureraient cohérents.

§610
· Anse 2
Théorie

Avant de constituer une pépinière, montrons quelques faiblesses dont peut souffrir un tel groupe d'interprétations. Examinons d'abord le vantail \(ᵒ“des images(.)combinent(.)leurs effets[]-”ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌ“les parfums¹, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-”)/¨. La première cloison, “des images combinent leurs effets”, ne possédant aucun bastaing, nous en concluons que l'anse (a•) vaut 2, et qu'ainsi la toise intégrale ne pourra dépasser ½.

Application à Baudelaire

La présence, au sein des cloisons, de «Correspondances», «Nature», «temple», «parfums» ou «corrompus»…-les grandes notions du texte- garantit contre l'oubli de l'essentiel, dans les vantaux.

Méthode

Il est piquant de voir que les images, dans le présent calcul, reviennent à des faits, puisque c'est le sens qui nous occupe d'abord.

§611
· Maillet 2
Théorie

Soit le vantail \(ᵒl'homme, l'artiste, prêtre du beau(.)est(.)observé, surveillé, conseillé par des regards, venus de sa propre famille de pensée, occupés de symboles-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌla Nature(.)est(.)un temple-[])/¨. Le maillet (b•) vaut 2, en ce que les bastaings «Nature», «est», et «temple», de la seconde cloison, se trouvent, dans le texte, placés avant le bastaing «homme» de la première.

Méthode

Le vantail examiné contient la supposition téméraire que la combinaison de pions tard venus dans la première strophe introduirait celle de pions employés auparavant. Il n'existe, certes, aucune impossibilité à ce que les choses, au cours de la genèse du poème, donc à l'intérieur de la pensée baudelairienne, aient suivi ce cours. L'auteur a pu mettre son ancien début quelques lignes après l'actuel. Mais nous jugeons ici uniquement de l'état final de la réalisation artistique.

Application à Baudelaire

«Nature», «est», et «temple» sont écrits non seulement avant «homme», cité plus haut, mais aussi avant «symboles», «familiers», «regards» et «observent», sans que cela puisse changer le maillet, qui, aussitôt qu'il n'est pas 1, ne peut valoir que 2.

§612
· Corbeille 2
Théorie

On suppose maintenant que, dans quelques milliers d'années, le sonnet de Baudelaire soit victime d'une falsification inaperçue de nombreux connaisseurs de cette période future. On aurait le texte suivant connu de presque tous: “Analogies//Le monde est un musée où de grands escholiers…” avec la suite des vers fidèle au poème initial. On pense alors au vantail \(˜*˜dans le musée l'homme(.)passe(.) victorieusement son initiation à travers des forêts de symboles-[]-ꞌꞌꞌcauseꞌꞌꞌil(.)est(.)des parfums…comme des chairs d'enfants…les hautbois…les prairies, -et d'autres…comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens-[]-)/¨. Par le biais d'un volume original du recueil "les Fleurs du mal", trouvé à grand peine, lors de fouilles archéologiques, un érudit pourra jeter le doute sur les interprétations ayant cours et il en résultera, pour le vantail imaginé quant à ce rail, une corbeille c•=2.

Méthode

Les textes célèbres ont été beaucoup recopiés ou imprimés, ce qui a pu restreindre le succès des imitations fallacieuses. Il est pourtant, des cas, également, où des inconnus ont réussi à glisser un livre forgé par eux sous le nom d'un auteur illustre. Mais les mots ou les tournures ont eu le temps de changer entre l'époque de l'auteur et celle de l'imitateur, parce qu'une immense gloire, faisant naître l'ambition des faussaires, tarde souvent à naître, ce qui donne aux érudits les moyens de trouver une série d'anachronismes dans un faux.

Application à Baudelaire

Certes, de telles invraisemblances ne se voient que par opposition à une série d'ouvrages bien datés. On saisit l'importance de la constitution du corpus des textes reconnus comme venant de Baudelaire.

§613
· Hameçon 2
Théorie

Supposons qu'un poète décrive la correspondance unissant la contraction de la pupille avec la force des rayons lumineux, et cela en versifiant partiellement un texte que Descartes avait écrit à ce propos [271]: “Le changement dans la grandeur de la prunelle/Modère à propos la force de la vision/Car l'ouverture de l'œil prend moins de rayons/Quand tous offenseraient du nerf une parcelle,/Et la mécanique apaise souvent nos sens/Par suppression du péril qui se fait sentir.” Écrivons un vantail: \(ᵒle changement dans la grandeur de la prunelle(.)modère(.)la force de la vision-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌla mécanique(.)apaise(.) souvent nos sens)/¨. Bien que la signification du vantail combine la science avec la métaphysique, le raisonnement fait voir une base importante de haute connaissance, point qui suffit à justifier un hameçon de niveau d•=2.

Méthode

Les frontières entre les textes d'imagination et ceux de science n'étant pas fermées, l'exégète ne peut entièrement voir clair dans les cas où le calcul de vraisemblance affronte un vantail dont les bases touchent à une situation de genèse d'un savoir exact. Il reste, comme moyen de s'orienter, le fait que, malgré tous les points communs aux différentes activités humaines marquantes historiquement, l'art est davantage du côté de la subjectivité rêveuse, tandis que la science montre surtout le contrôle, par autrui, de ce que chacun a fait.

Application à Baudelaire

La perspective que soit modifié un jour le sonnet „Correspondances“, afin de l'améliorer, demeure très peu acceptable, alors qu'il est usuel qu'un résultat scientifique soit affiné par des gens autres que le découvreur, et souvent longtemps après qu'il a disparu. Ainsi l'homogénéité de tous les corps identifiés chimiquement, sorte de base des correspondances matérielles de ce domaine scientifique particulier, n'a été comprise que par étapes [255]-[256]-[259]-[260].

§614
· Boulon 2
Théorie

Voyons ce qui arrive quand on met “désirs”, au lieu de «paroles» dans un vantail, par exemple avec: \(˜*˜désirs(.)sortent(.)confus-[]-ꞌꞌꞌcauseꞌꞌꞌéchos(.)confondent(.)se[]-)/¨. La substitution revient à s'éloigner du billard, puisqu'il faut remanier vigoureusement le sens initial du passage où les bastaings du vantail, «sortir», «confuses», «échos», «confondent» et «se», ont été pris. On est ainsi amené à noter le boulon e•=2.

Méthode

Le résultat ne peut qu'être aperçu de tout connaisseur du texte réel, ce qui rend presque impossible pour lui cette mésaventure, si fréquente parmi les interprètes, consistant à inventer un ouvrage illusoire à force d'imaginer maintes finesses absentes de l'original.

Application à Baudelaire

Le boulon e •=2 est également justifié vis-à-vis de cette idée: \(ᵒ la nature(.)est(.)un temple-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌdes morts(.)révèlent(.) des paroles[]-)/¨. Certes, un pareil commentaire demeure plein de sens, mais avant d'y songer, il convient d'avouer franchement que la seconde cloison est infidèle au contenu de billard. De surcroît maintes gens, à l'époque de Baudelaire, peuvent compter Delacroix, notamment, au nombre des «piliers»: beaucoup ont vu en lui un génie alors qu'il était en pleine activité. André Ferran observe ce point minutieusement [393]: «Le 6 avril 1845, dans "l'Artiste", Arsène Houssaye avait paru deviner la dominante d'un Delacroix, en même temps que Baudelaire…» Ferran cite même cet admirateur précoce du peintre [393]: «"C'est un grand peintre, écrivait-il, cherchant la poésie des douleurs humaines…" Il le qualifiait de "peintre inquiet", parlant d'avance le langage de la postérité.»

§615
· Encoche 2
Théorie

Soit \(ᵒla nature(.)est(.)l'opposé d'un temple-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'encens(.)est(.)corrompu-[]-)/¨. Ce vantail suppose que nous inversions le sens de la proposition initiale du poème, ceci en admettant pour guide la déclaration faite bien plus avant, aux vers 11 et 13, sur l'encens. Nous imaginons qu'il faille traiter «La Nature est un temple…» comme une antiphrase, de sens profond “la nature est l'opposé d'un temple”. Quelques instants après, un lecteur ayant ainsi procédé jugerait avoir bien fait, en trouvant l'affirmation relative à l'encens. De par cette interprétation, le bastaing «est», issu de «La Nature est un temple…» se voit complété par le radoub “l'opposé d'”, qui évidement contrevient à une liaison de sens du billard, ce qui justifie l'encoche f•=2.

Méthode

Il existe une parenté unissant le boulon avec l'encoche, car dans les deux cas, un contresens est d'emblée sanctionné. Mais l'examen du boulon va jusqu'au plan du vantail entier, alors que l'encoche s'intéresse à une cloison, puis à l'autre, donc à toutes deux mais d'une manière plus restreinte.

Application à Baudelaire

Le sentiment religieux inspirant les mots initiaux «La Nature est un temple…» pourrait s'interpréter comme “la nature est Dieu” par un feutre suggérant “Dieu” en lieu et place de «temple» [928]. Mais le sens “la nature entière est la chose la plus belle dans tout ce qui est pensable” se défend aussi fort bien [15]. L'artiste déclarerait que le réel est son objet. Le départ du sonnet pourrait donc s'entendre par une foi envers ce que souvent l'artiste de l'époque voit comme une vérité, d'après le témoignage de Charles Rivet, qui, de façon amusante, se retourne vers Platon avec le bagage des connaissances obtenues tout récemment [258]-[394]-[736]-[737]-[738]-[739]: «Delacroix n'avait aucun penchant pour ces tentatives d'imitation stérile qui se proposent de faire au spectateur une illusion qu'il faudrait déplorer si elle était possible. Son effort constant, acharné, cherchait à pénétrer par la réflexion, par la mémoire, par le sentiment, par le culte le plus pur du vrai jusques au sein même de la nature. Dans ce travail de son imagination la forme s'altérait parfois; elle perdait la régularité des proportions et des contours. Mais s'il avait réussi à parler à l'âme, à faire courir ce vague frisson qui est comme une chaîne électrique…s'il avait laissé dans le souvenir une de ces impressions qu'on ne peut plus faire taire, peu lui importaient les mépris des critiques; il croyait avoir atteint les plus hautes limites de l'art, être parvenu à l'idéal, avoir parlé la même langue que les poètes, que les grands musiciens.»

§616
· Pendentif 2
Théorie

Soit \(ᵒcomme de longs échos qui de loin(.)confondent(.)se-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌles parfums¹, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-)/¨. Il est évident que, dans le billard, ou sens explicite, Baudelaire a préparé ce qu'on appelle ici la seconde cloison, au moyen de celle qui la précède. De la sorte on écrit le pendentif g•=2, puisque le vantail, au lieu d'introduire une pensée de banc, revient sur celle du billard, au moment d'opérer la synthèse des cloisons. Baudelaire ayant lui-même ouvertement préparé une idée par une autre, il est hors de question de prétendre sortir du billard en raccordant les deux expressions.

Méthode

Il aurait fallu, au contraire, noter “le créateur a voulu explicitement, au sein de ce qui est ici nommé le billard, livrer la préparation d'une image au moyen d'une autre”. On est loin de la forme “le créateur, au minimum un bref instant, ou dans la rêverie, aspirant à être cohérent avec l'ensemble du texte commenté, a voulu ne pas gêner l'idée que la proposition…prépare la proposition…” La faute introduite dans le commentaire pousse à écrire un pendentif g •=2, pour le vantail écrit plus haut, puisque le texte justifie de façon immédiate l'idée que la première cloison prépare l'autre.

Application à Baudelaire

A côté de la préparation des images voulue par un auteur, existe ce legs, des piliers antérieurs, dont bénéficie le dernier arrivé devant les amateurs, sur la scène des arts. Baudelaire devait savoir que maints de ses vers faisaient écho à ceux de Petrus Borel [164]: «Ce long tourment me ronge et me déchire,
M'abîme entier! que le sort m'est cruel!
Même aujourd'hui, riant de mon délire,
Pour retremper mon âme dans le fiel,
Il m'a fait voir un jeune ange du ciel.»

§617
· Escabeau 2
Théorie

À l'échelle de toute une pépinière, l'ombrage vient de la complète répétition ou de la mauvaise harmonisation entre deux cloisons, commensaux, conscrits, collègues, ensembles “voltige-réponse”, ensembles “requête-réponse”, quand n'existe pas de boîtier pour le passage où sont pris les bastaings des vantaux. Soit un premier vantail \(ᵒla nature(.)correspond(.)au temple-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme, l'artiste, (.)est(.)observé, surveillé, conseillé par des regards, de sa propre famille de pensée, occupés de symboles-[]-)/¨. En voici un autre de la même pépinière: \(ᵒde confuses paroles(.)sortent(.)du temple-[]- ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'encens(.)est(.)corrompu-[]-)/¨. Les cloisons (la nature(.)correspond(.)au temple-[]-) et (l'encens (.)est(.)corrompu-[]-) semblent fort peu compatibles, faisant penser que l'un des vantaux souffre d'ombrage, de sorte que l'escabeau h•=2 serait pour lui nécessaire. Mais, au fond il n'en est rien et il faut écrire h•=1, parce que nul vantail, en réalité, ne souffre ici de l'ombrage. En effet le cas est celui d'un boîtier, puisque le créateur a lui-même glissé dans le poème une sorte d'énigme, avec deux affirmations prises dans un rapport difficile à saisir: l'une relative à l'existence du "temple-Nature" et l'autre portant sur la corruption de l'encens.

Méthode

Un vantail ne “profite” pas de l'ombrage, mais il en “souffre”. Cette convention de langage reste sans importance, vu que la présentation du savoir ne se confond nullement avec lui. Platon écrivait à ce propos [735]: «…est-ce que celui qui ne possède rien de plus précieux que ce qu'il a composé ou écrit, passant des heures à le retourner sens dessus dessous, à coller des morceaux les uns aux autres ou à en retrancher, est-ce que sans doute tu n'auras pas le droit de le saluer des noms de poète, de faiseur de discours ou d'auteur de textes de loi?»

Application à Baudelaire

Si le poète ne peut se présenter comme un savant, il chante ce qui arrive [719]: «Oui, les couronnes qui enserrent les chevelures me somment de remplir ma mission divine…»

§618
· Un antre mal défini
Théorie

Écrivons, toujours eu égard au texte de „Correspondances“, le vantail \(ᵒmon esprit tu(.)meus(.)te -[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌles parfums, les couleurs et les sons(.)répondent(.)se-[]-)/¨. Nous envisageons alors qu'un fort exercice de l'imagination obtient quantité de synesthésies. La chose paraît concevable, mais la première cloison vient du poème „Élévation“ et il se réfère précisément au cinquième vers, qui est aussi le premier que nous lisons dans le second quatrain [[1032]] dans l'Index II des poèmes">[[1032]]: «…Mon esprit, tu te meus avec agilité…» Il ne peut exister, dans ces conditions, un seul et unique terrier, puisque les deux poèmes „Élévation“ et „Correspondances“ ont chacun des marques délimitant leur énoncé, mais, et c'est l'essentiel, pas les mêmes. Comme un antre seul et complet doit être un terrier intégral et unique, le tout des morceaux ici présents n'appartient à nul antre. Il résulte de là que le bâton (j •) vaut nécessairement 2. D'après leur définition, les quatre derniers forages, que sont (k •), (m•), (p•), (w•), cisaille, viaduc, gibet et houle, s'établissent au niveau 2 aussitôt que le bâton (j •) vaut lui-même 2. Il s'ensuit qu'une fois compté le bâton (j•), on se trouve devant un produit (j •k•m•p•w•) atteignant ((2)(2)(2)(2)(2))=32. L'inverse de cette quantité s'élève à 1/32, et une telle valeur, en vertu de la règle du rivetage, que le paragraphe 566 a mentionnée, s'avère inférieure au seuil du négligeable. On sait ainsi, dès le moment où le bâton est mesuré, qu'il sera impossible de rattraper le seuil de validité 1/16, pour la toise du vantail considéré actuellement: \(ᵒ mon esprit tu(.)meus(.)te-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌles parfums, les couleurs et les sons(.)répondent (.)se-[]-)/¨.»

Méthode

La première cloison est constituée uniquement de bastaings étrangers au texte de référence, choisi pour notre prétendu vantail, ce qui, évidemment, ôte à ce dernier presque tout sérieux.

Application à Baudelaire

C'est dans „Élévation“ et non dans „Correspondances“ que l'auteur écrit les fronts qui suivent: «Mon», «esprit», «tu», «te», «meus» [[1032]] dans l'Index II des poèmes">[[1032]]. Il est certain que les deux poèmes ont un enchaînement possible, mais cela ne suffit aucunement à leur permettre la formation d'un seul antre, une fois considérés en. Baudelaire les aura composés de manière séparée, puis inscrits côte à côte dans le même recueil, en y percevant les deux fois, mais avec une perspective très différente, l'énoncé indirect de conditions à réunir pour devenir un grand poète.

§619
· Un recueil différent de celui que nous lisons.
Théorie

Soit \(ᵒdes paroles(.)sortent(.)confuses-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌéchos(.)confondent(.)se[]-)/¨. Le bâton (j •) atteint le niveau 1, et le vantail semble tout aussi parfait, au plan intuitif, mais on le trouble de manière volontaire au moyen de la supposition entièrement fictive d'après laquelle Baudelaire aurait mis uniquement „Correspondances“, à l'intérieur du recueil "les Fleurs du mal", comme texte sur le thème de l'inspiration donnée à lui, mais venue des arts autres que le sien. Il est alors impossible de former un engrenage pour le tuteur “"l'imagination", "les arts"”, et donc le sonnet qui nous occupe n'apparaît plus comme un gîte. De ce point suit la nécessité de noter la cisaille k •=2, pour le vantail énoncé plus haut, dans les circonstances imaginaires décrites à l'instant.

Méthode

Si un texte n'est pas un antre, il ne saurait devenir en aucune façon un gîte, mais il ne suffit pas d'être un antre pour atteindre le statut de gîte.

Application à Baudelaire

Maintes parentés, qu'on peut entendre comme autant d'échos, ne sont pas que de fond, et même, des auteurs ou traditions visant des buts très différents peuvent cultiver une même forme, ce qui fait encore un obstacle que doivent franchir les historiens, pour saisir les continuités artistiques. Petrus Borel perçut quelque chose du son et du visuel piquant la sensibilité, qu'on retrouve dans maints textes de Baudelaire [165]: «Des qui vive lointains, des cliquetis, écoute,
Entends-tu ces clameurs du fort à la redoute?
Là, des casques mouvans, des forêts de mousquets,
La herse qui gémit, le bruit des huisseries,
On dirait le donjon semé de pierreries,
À ces feux plus nombreux qu'en de royaux banquets.»

§620
· Malentendu
Théorie

Envisageons \(ᵒla nature(.)est(.)pleine de vivants.\.-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme<>(.)passe(.)à travers des forêts[.]-[]-)/¨. Soit, maintenant, cette voltige: “comment rejoindre l'énoncé "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines", si nous partons de "vivants"?” Le sens du vantail pourrait concerner la survie humaine dans le monde végétal, tandis que la voltige montre l'univers des arts et de l'imagination, avec donc un contraste qui offre une difficulté à l'exégète. Une gêne se produit, et, pour la refléter, nous écrivons le viaduc m •=2. La requête sera: “comment résumer, d'après le contexte, ce que "L'homme" reçoit des "forêts"?” Ce n'est pas “ses moyens de subsistance” qu'il faut atteindre comme réponse, mais “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”. Ici encore l'interprète a l'impression que les attentes qui animent sa recherche ne s'adaptent pas bien au vantail.

Méthode

Comme le viaduc (m •) vaut simultanément pour les deux rogations, nous imaginerions facilement qu'il puisse valoir ((2)(2))=4, mais il se conforme aux mêmes règles que les autres forages, donc ne vaut que 2 au maximum.

Application à Baudelaire

Les «forêts» préparent à imaginer le bien et le mal s'entremêlant, selon une veine courante vers la fin du moyen âge, dont les gens ont été curieux au siècle de Baudelaire, avec le renouveau du mélange "comique-sérieux" en littérature [865]-[866]-[867]: «Puisque les rois sont menteurs
Et les puissants flatteurs,
Que les prélats sont pleins de vaine coquetterie
Et que les membres de la noblesse haïssent l'Église,
Que le clergé est un exemple de vices,
Que les religieux se vautrent dans les plaisirs,
Que les puissants sont dépourvus de charité
Que les marchands manquent à la vérité,
Que ceux qui travaillent sont sans loyauté,
Que les hôtes sont remplis de cruauté,
Les baillis et les juges sans pitié
Et les parents sans véritable amitié,
Les voisins médisants et pleins d'envie,
Les jeunes enfants pleins de malice,
Et ne sont qu'une engeance déloyale et fausse,
Que les seigneurs sont remplis de tricherie,
Que la Fortune sourit aux tricheurs,
Que les voyous gouvernent la communauté,
Qu'on aime mieux le corps que l'âme,
Que les femmes sont les maîtresses de leur mari,
Que sainte Église n'est guère honorée…Je conclus en bonne logique
Que nous sommes proches du moment
Où doit arriver la fin du monde…»

§621
· Mélange de thèmes
Théorie

Il est intéressant de comparer vantail et chenet. D'abord, on examine le vantail seul \(˜*˜des paroles (.)sortent(.)confuses-[]-ꞌꞌꞌcauseꞌꞌꞌenfants(.)confondent(.)se[]-)/¨. Puis, on se tourne vers le chenet “le créateur a voulu, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image des confuses paroles fournisse le sentiment d'introduire la notion de voix d'enfants mêlées”. On saisit pourtant que l'interprétation est abusive, car, dans la seconde cloison, le thème des enfants a été combiné, sans aucune base dans le billard, au thème de la confusion, ce qui pousse à écrire le gibet p•=2.

Méthode

Il n'est pas complètement impensable qu'on ignore le sens profond que le créateur aurait secrètement gardé pour les gens vraiment imaginatifs, mais c'est douteux.

Application à Baudelaire

Le goût de Baudelaire pour la mystification a été l'objet de nombreux témoignages. Pierre Veber s'y est laissé prendre, imaginant que Baudelaire détestait Balzac, d'après cette déclaration étonnante du poète, voulant s'amuser aux dépens d'un autre homme de lettres [617]: «Apprenez, monsieur, que les admirateurs de Balzac se flairent entre eux, à la manière des chiens!» En prenant au sérieux ce genre de facétie, on en arriverait à nier toute valeur aux jugements du poète sur le génie du romancier. Il se peut que Baudelaire, sans le déclarer, imite les insultes qu'il reçoit, pour mieux en comprendre le sens. On le voit souvent, comme tout penseur, varier l'approche des apparences, afin de mieux saisir le réel qui pourrait s'y trouver.

§622
· Inversion du sens de la causalité
Théorie

Voyons quelle houle irait au vantail \(˜*˜les parfums¹, les couleurs et les sons(.)répondent(.).\.se-[]- ꞌꞌꞌcauseꞌꞌꞌchoses infinies(.)ont(.)expansion[.]-[]-)/¨ accompagné de la ferrure “l'infini, avec son incessant et vif développement, cause le fait que les parfums, couleurs et sons se répondent”. Une houle w •=2 est aussitôt écrite, parce que le cours de la ferrure inverse le cours logique du vantail, en mettant l'image de l'infini au départ. Il suffirait, dans la même ferrure, de mieux suivre la pensée du vantail, pour obtenir w •=1, au bénéfice de ce vantail.

Méthode

Comme d'ordinaire, le calcul sert de guide à l'interprète désirant obtenir un vantail de haute vraisemblance. Le formalisme paraît d'abord inutile, mais d'une part il écarte les idées ayant peu de mérite, au fond, et par ailleurs, il invite à reformuler celles dont la défaillance n'est que formelle. De nombreux adversaires de la mesure prétendent qu'elle gâte l'appréciation des choses, alors qu'elle ne fait que renseigner exactement sur des aspects qui échappent à notre intuition. Quand l'amateur de fleurs apprend, grâce au chimiste, la quantité de fer incluse dans les roses, il n'est en rien gêné par un tel savoir, dans le plaisir que lui donne un bouquet.

Application à Baudelaire

Nous tomberions aussi dans l'égarement, avec une ferrure comme: “le fait que parfums, couleurs et sons se répondent cause le développement incessant de l'infini mathématique”. Cette fois, c'est la trop grande abstraction de la ferrure qui en ferait une mauvaise application du sens de billard. 274

§623
· Vantaux d'une pépinière
Théorie

Nous cherchons, dans les paragraphes qui suivent, à établir une pépinière servant d'exemple. Le but n'est pas d'y admettre les meilleurs vantaux ou les plus faciles à défendre, car maints groupes de vantaux pourraient sans doute rivaliser avec la série que notre choix mettrait en avant, et ce aux deux points de vue. Nous avons plutôt comme but d'obtenir, parmi de nombreuses perspectives également possibles, un sens revêtant un très fort intérêt; méritant grâce aux forages un puissant gabarit; et couvrant de grandes zones à l'intérieur de „Correspondances“. Nous usons ici des trapèzes «Correspondances», «Nature», «temple», «piliers», «loin», «Vaste», «répondent». Les vantaux en cause, dans la forme du premier avatar, donnent cette liste: 1°) \(ᵒla nature(.)correspond(.).\.à un temple-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)est(.)observé, surveillé, conseillé par des regards, venus de sa propre famille[.]de pensée, occupés de symboles-[]-)/¨; 2°) \(ᵒ la nature.\.(.)est(.)un temple-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'encens(.) chante(.)les transports[.]de l'esprit et des sens-[])/¨; 3°) \(ᵒdans le temple.\., l'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)est(.)initié aux arts en passant à travers des forêts de symboles-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌil(.)est(.) maintenant, pour lui, un usage plus facile des nuances du sensible pouvant l'inspirer, car il éprouve sans mal, notamment, les gradations des parfums²[.]trouvés au long de son itinéraire, sachant reconnaître ceux comme des chairs d'enfants…comme les hautbois…comme les prairies, ainsi que d'autres comptant parmi eux l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens-[]-)/¨; 4°) \(ᵒde vivants piliers.\.de l'art, esthètes reconnus, (.)laissent(.)parfois sortir de confuses paroles inspiratrices-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)passe(.)haut la main son initiation, à travers des forêts[.]de symboles-[]-)/¨; 5°) \(ᵒde longs échos entendus au loin.\.(.)confondent(.)se[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌune ténébreuse et profonde unité[.]comme la nuit et…la clarté(.)est(.)à ce point vaste que le clair-obscur l'emporte-[]-)/¨; 6°) \( ᵒde par leur essence incompréhensiblement vaste.\.…nuit et…clarté(.)unissent(.)s'-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌdes parfums²… corrompus[.], riches et triomphants, ayant l'expansion des choses infinies…(.)transportent(.)…l'esprit et les sens-[]-)/¨; 7°) \(ᵒ les parfums¹[.], les couleurs et les sons(.)répondent(.).\.se-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌil(.)est(.)des parfums² frais…doux…verts…et d'autres, corrompus, riches et triomphants-[]-)/¨. Nous n'apercevons nul ombrage, qui résulterait de cette pépinière.

Méthode

Lorsqu'une partie uniquement, d'une cloison, est commune à deux vantaux, il n'existe pas d'ombrage, puisque seule une complète redite possède une telle conséquence.

Application à Baudelaire

Dans les vantaux cités à l'instant, nous parlons de «nuit» et de «clarté» en deux cloisons, mais cela ne suffit point à instaurer quelque ombrage, vu que ce n'est pas une cloison entière qui se trouve répétée. Nous avons juste des thèmes auxquels il convient de revenir plusieurs fois, dans le but de comprendre le sens quelque peu substantiel que Baudelaire nous a laissé. La même chose peut se voir dans l'idée commune à «confuses» et «confondent»; et dans celle animant le titre même, «Correspondances», puis «répondent».

§624
· Chenets d'une pépinière
Théorie

Les chenets, relatifs aux sept vantaux définis à l'instant, s'énoncent ainsi: 1°) “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image de la nature physique unie à celle d'un temple, par correspondance mutuelle, donnera le sentiment de préparer la notion que l'homme, nouvel artiste, prêtre du beau, a été observé, surveillé, conseillé par les regards, venus de sa propre famille de pensée, occupés de symboles”; 2°) “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image de la nature physique, unie à celle d'un temple, donnera le sentiment de préparer l'impression que des choses en apparence juste matérielles, comme l'encens, font une base pour l'expression intense de tout l'être, spirituel et physique”; 3°) “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image de l'homme passant à travers des forêts de symboles donnera le sentiment de préparer celle de l'esthète qui réussit à s'orienter dans la profusion matérielle des chairs d'enfants, hautbois, prairies, ambre, musc, benjoin et encens”; 4°) “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image des vivants piliers de l'art, esthètes reconnus, qui laissent parfois sortir de confuses paroles, fournira le sentiment de préparer la notion de l'homme, du nouvel artiste, prêtre du beau, qui voit, en sa propre imagination, ce legs lui servir”; 5°) “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image des longs échos de la beauté, entendus au loin, et qui se confondent, procurera l'impression de préparer cette pensée que le bien et le mal sont à ce point vastes, dans la ténébreuse et profonde unité du monde, que les deux se jouxtent”; 6°) “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que la représentation de l'immensité incompréhensible de ce qui nous entoure, bien et mal notamment, donnera le sentiment de préparer la pensée que la corruption est source d'ivresse”; 7°) “le créateur a envisagé, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image d'une même forme, interne aux domaines des cinq sens, donnera le sentiment de préparer la notion que les êtres du sensible, ou les impressions qu'ils provoquent à l'intérieur de nous, ont la même série de caractères moraux également possibles”. On voit que ce serait gageure de chercher de l'ombrage dans ces chenets, même s'ils interprètent davantage que ne le font les vantaux, le sens de billard.

Application à Baudelaire

Les correspondances résideraient en ceci que, de par des qualités fort voisines, dans le tréfonds des êtres du monde sensible, maints équivalents existent de certains côtés d'eux accessibles à nous, malgré leurs très diverses apparences.

Méthode

La moyenne de 1 vantail pour 2 vers, donc de éléments au sein de la pépinière pour les 14 vers du texte dont ils procèdent, montre une manière consciencieuse de suivre l'ouvrage, sans multiplier inutilement les exemples d'étude; cela en dehors de toute croyance à quelque vertu imaginaire du nombre 7.

§625
· Ferrures d'une pépinière
Théorie

Examinons l'atelier de la pépinière décrite à l'instant, pour ses grandes lignes, afin de voir si au minimum deux parmi les ferrures montreraient de l'ombrage. Leur catalogue se lit ainsi: 1°) “les deux en, nature avec temple, se correspondant, causent l'observation de l'homme, prêtre du beau, par des gens, d'esprit voisin du sien, et occupés de symboles”; 2°) “la nature physique, ayant l'essence d'une construction attribuée à l'esprit, cause le fait qu'un produit matériel élève de manière intense vers le réel entier, spirituel et physique”; 3°) “l'initiation du nouvel artiste cause la saisie par lui de l'abondante diversité du sensible, qu'il aperçoit aller, par de successives étapes, du niveau tendre ou enfantin jusqu'à l'intensité adulte”; 4°) “l'héritage des piliers de l'art cause, dans ce que fait le nouvel artiste, l'usage de symboles élaborés avant”; 5°) “les nombreux échos mêlés du beau, dans leur éloignement, longueur et pluralité, causent la confusion dans une ténébreuse et profonde unité, vaste comme le bien et le mal juxtaposés”; 6°) “l'immensité, dans l'obscur et le clair, le mal et le bien, cause le transport d'ivresse”; et, pour finir, 7°) “la correspondance des parfums¹, couleurs et sons cause la ressemblance de leurs potentialités morales”. Chacun voit combien il est inutile de chercher de l'ombrage dans le tout formé par ces diverses expressions.

Méthode

Le choix des trapèzes comme des festons assure que de nombreuses images du texte sont mises en vedette l'une après l'autre, dans le processus d'évaluation de la vraisemblance d'une pépinière. L'exégète, voulant aider chacun à suivre l'antre, au moment où il enchaîne la compréhension des vantaux, signale au moyen des indices ([]-) et (-[]), l'emploi de la chemise. Ainsi recoupant les enseignements de tels motifs à lui soumis, le spectateur du kaléidoscope de l'analyse peut voir, sans être victime d'ambiguïtés, mille facettes issues de la même figure initiale, qu'est l'ouvrage servant d'exemple pour le calcul de vraisemblance.

Application à Baudelaire

Un des aspects concerne le sort des «parfums» et leur “chant”, qui vient en particulier de l'activité humaine. Le commentateur se demandera ensuite quelle contribution vient de l'élaboration technique des parfums, dans un tel chant. Mais le poème ne distingue nullement les parfums naturels et ceux de l'artisanat ou de l'industrie.

§626
· Premier vantail
Théorie

Le premier vantail, dont la toise reste à établir, se note \(ᵒla nature(.)correspond(.).\.à un temple-[]- ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)est(.)observé, surveillé, conseillé par des regards, venus de sa propre famille[.]de pensée, occupés de symboles-[]-)/¨. L'élastique se présente ainsi: (Correspondances.\.;familiers[.];homme<>). La voltige a pour allure: “comment rejoindre le couvercle "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines", en partant du trapèze "Correspondances"?” On obtient cette réponse: “les arts étant liés par les correspondances, chacun d'eux reçoit une contribution des autres.” Parallèlement à cela, on admet la requête: “comment résumer, d'après le contexte, ce que l'homme reçoit des regards familiers?” Vient aussitôt la réponse: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel.” Le premier armon, le chenet, se décrit par ces mots, déjà vus il y a peu: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image de la nature physique unie au temple, par correspondance mutuelle, donnera le sentiment de préparer la notion que l'homme, nouvel artiste, prêtre du beau, a été observé, surveillé, conseillé par les regards, venus de sa propre famille de pensée, occupés de symboles”. Il s'agit d'une interprétation de «Correspondances

La Nature est un temple…» en lien avec «…L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.» S'il existe un temple, il est possible de penser à un prêtre. Où le trouver? Dans l'homme qui s'intéresse à une symbolique. Le second armon, la ferrure, s'écrit: “les deux en, nature avec temple se correspondant, causent l'observation de l'homme, prêtre du beau, par des gens, d'esprit voisin du sien, et occupés de symboles”. Cela constitue bien une façon possible de comprendre les premiers vers.

Méthode

Il est simplement logique de commencer une pépinière par le début de l'ouvrage.

Application à Baudelaire

On bénéficie dans le cas présent, de cet avantage, nullement requis pour chaque pépinière, que c'est constamment l'homme qui est vu comme obtenant quelque chose, dans la relation citée par toutes les requêtes. Ainsi voir l'homme comme centre absolu de considération, attitude qui est, dans le monde savant, perçue comme le défaut majeur des vaines prétentions au savoir, devient une base très acceptable dans certaines zones de l'art. Si on examine avec attention les trois premiers vers du poème, on voit que «L'homme» n'est pas clairement identifié comme appartenant au monde naturel: il passe à travers lui. Il se pourrait ainsi que l'image, certes défendable bien que donnée par voie fort subjective, de son caractère parfaitement exceptionnel, pointe déjà. Une fois cela envisagé, il devient facile de penser que Baudelaire s'intéresse d'abord à ce qui, au milieu des choses du monde, sert l'homme. Ensuite dès qu'on imagine que l'homme représenté ici est l'artiste, on peut remanier, d'après le sens particulier dès lors gagné, l'interprétation qui vient d'être fournie.

§627
· Toise du premier vantail
Théorie

Montrons la toise 1 de \(ᵒla nature(.)correspond(.).\.à un temple-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)est(.)observé, surveillé, conseillé par des regards, venus de sa propre famille[.] de pensée, occupés de symboles-[]-)/¨. L'anse vaut a•=1, pour deux raisons. D'abord, ses cloisons, “la nature correspond à un temple” et “l'homme, le nouvel artiste, prêtre du beau, est observé, surveillé, conseillé par des regards, venus de sa propre famille de pensée, occupés de symboles”, font voir chacune au minimum un bastaing. Ensuite aucun des bastaings employés dans ces cloisons ne se répète. Le maillet (b•) prend aussi le niveau 1, vu que «homme», «observent», «regards», «familiers», «symboles» se placent, dans le texte, après «Nature», «Correspondances» et «temple». Pour l'ordre suivi par les fronts, au sein de chacune des cloisons, et non pour leur en, il ne revêt aucune importance, lorsqu'il s'agit de trouver cette valeur 1 du maillet. La corbeille c •=1 ne fait aucun doute, car nulle falsification de l'ouvrage, dans ce qui détermine le sens des bastaings, n'est à signaler. Les vers de Baudelaire, en dehors des moyens de la versification, demeurent étrangers au domaine de la haute rationalité, de sorte que l'hameçon d•=1 paraît sûr. Tout au long de son énonciation le vantail demeure sans difficulté d'accès et il ne laisse paraître ni maladresse ni anachronisme, ce qui lui vaut le boulon e•=1. En effet il faut bien une formation à l'esthète, quels que soient les dons naturels qu'il met en lice. De surcroît chaque transformation des bastaings, au moyen de la chemise, reste utile pour comprendre le texte, ne substituant jamais au sens de billard, un autre. L'encoche f •=1 s'avère indispensable, parce que le vantail évite sur chaque point l'illustration, et qu'il interprète les relations entre les images qu'il emprunte à l'ouvrage, sans inventer pour ce faire un texte fictif. D'un côté, «Correspondances

La Nature est un temple…» devient (la nature(.)correspond.\.(.)à un temple-[]-), et par ailleurs «…L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers» devient (l'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau,(.)est(.)observé, surveillé, conseillé par des regards, venus de sa propre famille[.]de pensée, occupés de symboles-[]-). En l'occurrence le pendentif g •=1 s'écrit hors de toute difficulté, puisque l'ouvrage, au sens de son billard, se contente de juxtaposer deux affirmations, gardant le silence vis-à-vis du fondement de la seconde par celle qui la précède. Qui plus est la critique ne dispose d'aucun moyen immédiat pour nier que le contenu de la première cloison prépare celui de l'autre. L'escabeau h •=1 se note sans forte surprise, grâce aux paragraphes 623, 624 et 625 qui ont fait voir que, pour la pépinière analysée, nul ombrage ne se produit. Examinons (j •), le bâton, à présent. Le vantail ne s'oppose à nul emploi des portes ou aplombs: pour "Nature-temple", “édifice comme divin”; pour les «vivants piliers», “animés comme par volonté divine”; pour les piliers offrant des paroles, ainsi que pour les regards venant de symboles ou encore pour les parfums, couleurs et sons qui se répondent les uns aux autres, “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine”; pour l'encens corrompu, “qui semble actif dans le bien et le mal simultanément”. De surcroît les bastaings viennent du même texte. Ce dernier montre un profil ½ et constitue un sonnet. Que penser du couvercle? Il s'avère de signalement aisé: “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”. Le bâton (j •) vaut donc ici 1. Nous voyons la cisaille k•=1 se justifier, en ce que le bâton possède la hauteur 1, et que le poème „les Phares“ se présente, vis-à-vis de „Correspondances“, comme un acolyte, bénéficiant avec lui du thème “"l'imagination", "les arts"”, qui est le tuteur appartenant au couvercle noté plus haut. Le viaduc m•=1 doit être admis, de par le bâton 1 et aussi en fonction du caractère satisfaisant, aussi bien du trapèze que du feston, vus tous deux au paragraphe précédent. Le gibet p •=1 est garanti par le bâton 1, et en ce que le chenet approfondit le vantail. Enfin le vantail examiné admet la houle w•=1, parce que le bâton vaut 1 et que la ferrure consiste dans une application du vantail. En résumé la toise 1=(1/a •b•c•d•e•f•g•h•j•k•m•p•w•) semble justifiée d'après la suite des forages: anse, maillet, corbeille, hameçon, boulon, encoche, pendentif, escabeau, bâton, cisaille, viaduc, gibet, houle. Les valeurs, en effet, prennent les niveaux a •=1, b•=1, c•=1, d•=1, e•=1, f•=1, g•=1, h•=1, j•=1, k•=1, m•=1, p•=1 et w•=1.

Méthode

Il est certain que le créateur est derrière ses phrases, et que, de cette façon, “E prépare F” signifie plus radicalement “le créateur, avec E prépare F”.

Application à Baudelaire

Relativement au thème de l'imagination artistique, une recherche parmi les ouvrages romantiques et symbolistes aurait beaucoup d'intérêt. Il s'agirait alors de trouver la série des poèmes ayant, y compris de manière ténue, ce motif en eux. Cela nous aiderait éventuellement à déterminer s'il existe une articulation profonde de ce thème avec l'idée que le penchant au mal, non chez un homme particulier, mais en tous, est nécessaire [683]-[[1119]] dans l'Index II des poèmes">[[1119]].

§628
· Deuxième vantail
Théorie

Soit l'expression \(ᵒ la nature.\.(.)est(.)un temple-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'encens(.)chante(.)les transports[.]de l'esprit et des sens-[])/¨. L'élastique se lit de cette façon: (Nature.\.;transports[.];homme<>). La voltige a pour allure “comment rejoindre le couvercle "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines", en partant du trapèze qu'est "Nature"?” On obtient cette réponse: “au sein de Nature, les domaines de la sensibilité fournissent les organes des cinq sens et, de même, les êtres qu'on saisit par eux. De là, vient la diversité interne de l'art, qui autorise les parallèles entre les disciplines dérivées, par élaboration, de la source initiale, peinture, musique, notamment, pour la vision et l'ouïe. Cela fait que, pratiquant une discipline, l'artiste profite de ce que son imagination brode autour de maints résultats venus des autres arts.” La requête, par ailleurs, est la suivante: “comment saisir, d'après le contexte, ce que l'homme reçoit des transports de l'esprit et des sens?” La réponse arrive promptement: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”. Le chenet se donne par ces mots: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image de la nature physique, qui est pourtant aussi un temple, donnera le sentiment de préparer la notion que des choses en apparence juste matérielles, comme l'encens, font une base pour l'expression intense de tout l'être, spirituel et physique”. On interprète donc le début de la poésie comme préparant sa fin. La ferrure se donne ainsi: “la nature physique, ayant l'essence d'une construction attribuée à l'esprit, cause le fait qu'un produit matériel engendre une immense activité spirituelle autant que physique”.

Méthode

C'est une opération littéraire de base que de lier commencement et fin d'un même ouvrage, ce qui nous ramène aux talents du poète.

Application à Baudelaire

Il a déjà été vu, dans la remarque 592B, que si on rapporte le dernier «Qui» non pas uniquement aux quatre parfums, «…l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens…» ni même à tous ceux des «…parfums…corrompus, riches et triomphants…» mais à tous les parfums cités, y compris les plus frais, on obtient l'idée que tous chantent les transports, et qu'il y a uniquement une distinction entre les transports les plus violents et les plus doux. Les forces naturelles offrent par leur synthèse les divers parfums, ce qui n'empêche nullement l'observateur attentif de les regrouper en deux classes, dans un second temps de l'analyse: celle de la faiblesse, puis celle de l'excès. L'énergie des forces naturelles, qui semblent infinies au spectateur, fut le sujet d'une composition en vers latins du jeune Baudelaire, au Concours Général de 1837, dont suit ici, dans une traduction de Jules Mouquet, le début [653]: «Sur cette terre italienne où toujours le flot plus voluptueux
Lèche les rivages de Baïes aimés des poètes,
Voici à peine trois cents ans, la nature brusquement changée
Troubla son heureux repos par des prodiges effroyables.

La nuit apaisante avait répandu sa paix qui baigne tout: une fraîcheur
Soufflait doucement sur les terres, et, le long du littoral,
Les gens, si près de la mort, goûtaient un sommeil paisible.
La mer fit un grand bruit, les flots roulèrent longuement
Leurs menaces gonflées; ramassant ses forces, une violente tempête
Fondit sur la contrée; comme consciente, la terre répond
À ce signal, et, secoué par une force secrète,
Tout le rivage mugit dans ses grottes ébranlées.
Voici que le sol craque et s'ouvre en mainte fournaise.
Par les fentes une flamme filtre, qui illumine dans sa course
Prompte les ombres apparues; les rochers s'entrouvrent; un feu
Impatient déborde, et, leurs liens rompus, des flots enflammés
S'étendent au loin dans les campagnes qu'ils sillonnent.» De pareilles forces parcourent l'être humain, et, de toute façon, quelques années plus tard, Baudelaire pensera que si la notion de mauvaise santé fournit les bases pour en comprendre certaines, d'autres ont une clef à rechercher du côté de la volonté du mal [683]-[[1130]] dans l'Index II des poèmes">[[1130]].

§629
· Toise revenant au deuxième vantail
Théorie

Évaluons la toise de \(ᵒ la nature.\.(.)est(.)un temple-[]ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'encens(.)chante(.)les transports [.]de l'esprit et des sens-[])/¨. La quantité adéquate de l'anse, a •=1, se justifie pour deux raisons. Chacune des cloisons du vantail, “la nature est un temple…” et “l'encens chante les transports de l'esprit et des sens”, contient au minimum un bastaing. Nul de ces fronts ne vient plusieurs fois dans le vantail. Le maillet b•=1 paraît indispensable, vu que «Nature», “est¹”, «temple» sont écrits avant «encens», «chantent», «transports», «esprit» et «sens». Nous admettons c •=1 pour corbeille, parce que toute peur de falsification ou de sérieuse altération du poème demeurerait sans raison. L'hameçon (d •) se fixe au plan 1, car, une fois exceptée l'activité de versification, il paraît évident que rien du poème ne touche la science ou la technique fortement rigoureuse. Le boulon e•=1 doit s'imposer, en ce que le rapport étudié semble avoir pu être facilement compris du créateur. L'encoche f •=1 a ses bases en trois faits: le vantail ne comprend pas d'illustration; il ne prend le contre-pied d'aucune liaison de billard; et pour finir, chaque lien de sens proposé dans les cloisons en reste à un développement d'une liaison initiale de billard. Nous voyons de façon claire que «La Nature est un temple…» et «Il est des parfums frais…Et d'autres… Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens» donnent au vantail de quoi servir son élan. Le pendentif g •=1 vient de trois caractères du texte. En premier lieu, compris d'après le billard, le poème ne livre pas de façon très ouverte l'idée que “l'encens chante les transports de l'esprit et des sens” est comme préparé au moyen de «La Nature est un temple…» Deuxièmement le créateur ne rejette pas non plus cette notion. Finalement, la critique ne dispose nullement des moyens d'écarter absolument l'image d'un pareil fondement. L'escabeau h •=1 est sûr, parce que nous avons l'assurance, par le bagage des paragraphes 623, 624 et 625, que la pépinière comprend le vantail discuté comme ne tolérant nul ombrage. En particulier dans la première cloison du vantail précédemment étudié, nous avions “correspond”, alors que dans le vantail nouveau figure “est¹”, ce qui empêche une pleine répétition. Le bâton j •=1 se défend par une série de motifs. D'abord, le poème de Baudelaire se présente comme un ouvrage autonome, avec un titre, des blancs typographiques avant et après; il obéit à une forme reconnue, celle du sonnet; les fronts y sont moins de cent; le profil en est ½. Ensuite le couvercle “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines” résume honnêtement un aspect important de la signification globale des vers. De surcroît les bastaings du vantail figurent bien tous en ces lignes: «Nature», “est¹”, «temple», «encens», «chantent», «transports», «esprit» et «sens». En septième lieu, rien, dans les portes ou aplombs, ne vient s'opposer à l'idée contenue dans le vantail. Avec "Nature-temple" nous avons la porte “édifice comme divin”; pour les «vivants piliers», convient l'expression “animés comme par volonté divine”; pour les piliers offrant des paroles, ainsi que pour les regards venant de symboles ou encore pour les parfums, couleurs et sons qui se répondent les uns aux autres, nous recourons à “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine”. Relativement à l'encens corrompu, nous ajoutons mentalement, au texte, “qui semble actif dans le bien et le mal simultanément”. La cisaille k •=1 se réalise, parce que le bâton vaut 1 et que le poème „les Phares“ sert d'acolyte à „Correspondances“, autorisant le sonnet à prendre le statut de gîte. On accepte un viaduc m•=1, du fait de la quantité 1 du bâton, et grâce aux capacités de la voltige comme de la requête, à obtenir une réponse, chose qui est justifiée au paragraphe 628. Le gibet p •=1 est assuré grâce au bâton 1 et parce que 628 fait voir que le chenet se borne à développer le sens de vantail. La houle est de hauteur w•=1, de par le bâton 1 et parce que 628 nous montre, dans la ferrure, une sorte de reflet approfondissant le sens du vantail. Ainsi le produit avec les forages a •, b•, c•, d•, e•, f•, g•, h•, j•, k•, m•, p•, w• donne ((1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1))=1, ce qui débouche sur la toise 1/a •b•c•d•e•f•g•h•j•k• m•p•w•=1.

Méthode

Comme l'antre accueille des mots peu nombreux, et que ses limites ont des marques évidentes, le créateur est supposé capable d'entrevoir vaguement le texte d'une façon lui permettant d'anéantir la distance qui sépare début et fin, pour lier sans obstacle des images empruntées à ces deux extrêmes.

Application à Baudelaire

De là vient que «La Nature est un temple…» est imaginé à bon droit susceptible de préparer “l'encens chante les transports de l'esprit et des sens”. Tournée vers le divin, la nature ou réalité constitue le seul modèle possible, auquel, de plus, appartient l'homme, avec l'ensemble de ce qu'il a fait. Tout particulièrement est intégré dans cet univers ce que les grands artistes et artisans de luxe ont réalisé au fil des âges, partant de l'état de choses qui existait à leur époque.

§630
· Troisième vantail
Théorie

On tourne à présent les yeux vers un autre vantail: \(ᵒdans le temple.\., l'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)est(.)initié aux arts en passant à travers des forêts de symboles-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌil (.) est(.) maintenant, pour lui, un usage plus facile des nuances du sensible pouvant l'inspirer, car il éprouve sans mal, notamment, les gradations des parfums²[.]trouvés au long de son itinéraire, sachant reconnaître ceux comme des chairs d'enfants…comme les hautbois…comme les prairies, ainsi que d'autres comptant parmi eux l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens-[]-)/¨. Un élastique semble tout indiqué: (temple.\.; parfums²[.]; homme<>). La voltige se note de cette manière: “comment rejoindre le couvercle "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines"?” en partant de l'idée que représente le bastaing "temple"?” Une réponse arrive par ces mots: “c'est que l'initiation dans le temple du beau apprend justement à croiser en un art les idées venues des autres disciplines.” La requête, par ailleurs, est: “comment résumer, d'après le contexte, ce que l'homme reçoit des parfums, quand les uns paraissent comme des chairs d'enfants, comme les hautbois, comme les prairies, alors que les autres ont pour genre celui où se trouvent l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens?” La réplique se formule sans difficulté: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”. Le chenet se plie à une description comme: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image de l'homme passant à travers des forêts de symboles donnera le sentiment de préparer celle de l'esthète qui réussit à se retrouver dans la profusion matérielle des chairs d'enfants, hautbois, prairies, ambre, musc, benjoin et encens”. C'est une façon de lier, par interprétation, le troisième vers et la fin du sonnet. La ferrure s'écrit de la sorte: “l'initiation du nouvel artiste cause la saisie par lui de l'abondante diversité du sensible, qu'il aperçoit aller, par de successives étapes, du niveau tendre ou enfantin jusqu'à l'intensité adulte”.

Méthode

Dans la quête du sens, on doit rester attentif aux tendances, parcourant les millénaires, qui se font un chemin, de la superstition vers l'art, puis jusqu'aux sciences.

Application à Baudelaire

Il ne serait pas aisé de trouver un cas de temple où seraient en usage des parfums distincts, cela en diverses pièces, dédiées à des valeurs différentes. Pour l'organisation générale, on pense à certaines églises ayant des chapelles multiples, chacune dévolue à un certain personnage que le dogme reconnaît comme important. Enfin le beau temple, célébrant des qualités majeures, aurait également la possibilité de représenter d'inquiétantes choses; et c'est bien ce que montre l'encens, d'après les derniers vers. Le contenu des fascinations pour l'animal fait voir ce qui est maudit parmi les hommes, si fréquemment suggéré lors des initiations. Cela donne une bonne partie de la statuaire de l'Égypte, de l'amour baudelairien des chats -et de l'idée portant sur la continuité unissant les êtres vivants [272]-[626]. Comme la beauté supporte des combinaisons parallèles à celles du bien, le poète, si admiratif des femmes, a pu les accabler de mots très durs [[1137]] dans l'Index II des poèmes">[[1137]].

§631
· Toise du troisième vantail
Théorie

Posons la question de la toise obtenue par le vantail \(ᵒdans le temple.\., l'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)est(.)initié aux arts en passant à travers des forêts de symboles-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌil (.)est(.)maintenant, pour lui, un usage plus facile des nuances du sensible pouvant l'inspirer, car il éprouve sans mal, notamment, les gradations des parfums²[.]trouvés au long de son itinéraire, sachant reconnaître ceux comme des chairs d'enfants…comme les hautbois…comme les prairies, ainsi que d'autres comptant parmi eux l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens-[]-)/¨. Nous avons là une anse de valeur a•=1, parce que les cloisons possèdent un bastaing au minimum, et que nul de ces fronts n'est répété. Le maillet b•=1 semble certain, vu que, dans le poème, «temple», «homme», «passe», «travers», «forêts» et «symboles» précèdent “est²”, “parfums²”, «comme», «chairs», «enfants», «comme», «hautbois», «comme», «prairies», «autres», «Comme», «ambre», «musc», «benjoin» et «encens». Nous écrivons la corbeille c•=1, du fait que ne vient aucunement à notre connaissance quelque accident ou falsification du poème. Il convient aussi de noter l'hameçon d•=1, en ce que les vers, hormis pour ce qui touche aux rimes et mètres, ne relèvent ni du plan de la science ni de celui de la technique la plus exacte. Quant au boulon e•=1, il se justifie, du fait que l'idée qu'une initiation rend capable de voir des choses, mal identifiables auparavant, est bien ordinaire pour un esprit habitué au principe théologique de la révélation. L'encoche f•=1 est assurée, parce que, d'abord, le vantail ne recèle aucune illustration; ensuite qu'il prend soin de ne s'opposer jamais à quelque liaison de sens du billard, et, pour finir, en ce que chacune des liaisons de sens proposées, en l'une ou l'autre cloison, est dûment précédée, au sein du texte, de quelque lien de billard. En effet “dans le temple, l'homme, le nouvel artiste” accompagne «La Nature est un temple… L'homme y…» Par ailleurs, “est initié aux arts, en passant à travers des forêts de symboles” interprète «… passe à travers des forêts de symboles…» De surcroît, le segment “il est maintenant, pour lui, un usage plus facile des nuances du sensible pouvant l'inspirer, car il éprouve sans mal, notamment, les gradations des parfums trouvés au long de son itinéraire dans le temple du beau, sachant reconnaître ceux pareils aux chairs d'enfants, ceux comme les hautbois, comme les prairies, ainsi que les autres, comptant parmi eux l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens” reprend «Il est des parfums…comme des chairs d'enfants… comme les hautbois…comme les prairies,
-Et d'autres…Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens…» Le pendentif g•=1 ne saurait se voir opposer un refus, pour trois motifs. D'un côté, le créateur ne cherche pas de façon ouverte à introduire quelque sens relatif à «Il est des parfums…comme des chairs d'enfants…comme les hautbois…comme les prairies,
-Et d'autres…Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens…» au moyen de «La Nature est un temple…L'homme y passe à travers des forêts de symboles…» Qui plus est, le même auteur ne rejette pas cette possibilité. Également la critique ne peut découvrir un biais lui permettant d'écarter de façon absolue cette idée que ce qui est ici nommé la première cloison jette les bases du contenu de la seconde. L'escabeau h •=1 est assuré par le contenu des paragraphes 623, 624 et 625, attestant que le vantail discuté ne tolère, dans toute la pépinière, nul ombrage. Le bâton j•=1 se réalise, grâce aux cinq raisons que voici. La claire détermination du sonnet, avec son profil ½ et la série des 74 fronts, ne fait aucun doute. Le couvercle “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines” résume honnêtement un aspect important de la signification du poème. Ajoutons qu'un tel couvercle se formule sans difficulté. Parmi les cases du poème nous voyons tous les bastaings du vantail ici étudié: «temple», «homme», «passe», «travers», «forêts», «symboles», “est²”, “parfums²”, «comme», «chairs», «enfants», «comme», «hautbois», «comme», «prairies», «autres», «Comme», «ambre», «musc», «benjoin» et «encens». À présent considérons les portes et aplombs. Dans le but de saisir la notion de "Nature-temple" nous employons “édifice comme divin”. Pour les «vivants piliers», convient l'expression “animés comme par volonté divine”; pour les piliers offrant des paroles, ainsi que pour les regards venant de symboles ou encore pour les parfums, couleurs et sons qui se répondent les uns aux autres, nous recourons à “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine”. La porte "qui semble actif dans le bien et le mal simultanément” sert à envisager “l'encens corrompu”. Rien dans le vantail étudié à cet instant ne s'oppose à ces images, ce qui achève la série des cinq raisons qui montrent l'existence d'un bâton j •=1. La cisaille k•=1 est assurée par j•=1 et aussi au moyen de la présence, à côté de „Correspondances“, d'un acolyte, „les Phares“, qui autorise à constituer un gîte. Le viaduc m•=1 nous est acquis par j•=1 et au moyen des rogations, voltige et requête, les deux voyant une réponse venir, comme nous l'avons remarqué dans le paragraphe précédent. Nous acquérons le gibet p •=1 par j•=1 et grâce au chenet interprétant raisonnablement le vantail. La houle w•=1 s'avère nécessaire, du fait de j •=1 et par une ferrure qui développe de façon acceptable le sens du vantail. En tout a •=1, b•=1, c•=1, d•=1, e•=1, f•=1, g•=1, h•=1, j•=1, k•=1, m•=1, p•=1 et w•=1 fournissent de quoi écrire l'inverse de leur produit numérique, (1/a •b•c•d•e•f•g•h•j•k•m• p•w•)=(1/(1)(1)(1) (1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1))=1, résultat qui est la toise cherchée.

Méthode

Fréquemment, l'ennemi aveugle des mesures hait autant qu'elles-mêmes l'énumération lente des conditions à réunir pour y procéder, vu qu'il rejette toute démarche méthodique, certainement pénible mais à portée de tous les êtres doués, afin de mieux exalter ce qui n'est que paresse, où il prétend voir pourtant l'apanage de l'esprit intuitif rare, comprenant immédiatement l'essentiel sans avoir à le chercher.

Application à Baudelaire

En art, il est commun de nommer cette prétendue force, l'intuition, et l'obscurité de son élan initial fait penser aux «forêts de symboles», dont Baudelaire parle. Mais un apprentissage réalisé sans grave difficulté, parce qu'il est effectué par un sujet ayant un esprit agile, au milieu des «regards familiers», dans l'enfance, reste l'absorption d'un enseignement.

§632
· Quatrième vantail
Théorie

Soit le vantail \(ᵒde vivants piliers.\.de l'art, esthètes reconnus, (.)laissent(.)parfois sortir de confuses paroles inspiratrices-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)passe(.)haut la main son initiation, à travers des forêts[.]de symboles-[]-)/¨. Vis-à-vis d'un pareil signalement, l'élastique (piliers.\.;forêts[.];homme<>) est correct. La voltige a pour allure: “comment rejoindre le couvercle "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines", en partant du trapèze qu'est "piliers"?” Vient aussitôt la réponse: “les piliers, grands esthètes, qui, à eux tous, portent l'ensemble des arts, influencent non seulement des artistes de leur propre discipline, mais tel ou tel, apparu en un autre art.” La requête, par ailleurs, est la suivante: “comment résumer, d'après le contexte, ce que "l'homme" reçoit des "forêts de symboles"?” Arrive la réponse: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”. Le chenet appelle une description de ce genre: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image des vivants piliers de l'art, esthètes reconnus, laissant parfois sortir de confuses paroles, fournira le sentiment de préparer la notion de l'homme, du nouvel artiste, prêtre du beau, qui voit ce legs servir sa propre imagination”. La perspective domine d'après laquelle «…de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles…» se lie avec l'affirmation: «…L'homme… passe à travers des forêts de symboles…» La ferrure se note: “l'héritage des piliers de l'art cause l'usage de symboles élaborés auparavant, au sein de ce que fait le nouvel artiste”.

Méthode

Le contenu s'avère identique à celui du chenet, mais la forme avec tunnel rend plus aisée la saisie intuitive, parce que nul détour explicite par une référence à ce que pense le créateur n'a lieu.

Application à Baudelaire

Dans les grandes réalisations venant d'eux, les piliers du beau laisseraient au nouvel artiste de quoi retenir puis combiner maintes images. Si, de cette façon, l'inspiration est soutenue par les multiples arts, les phares aux bords de l'océan du monde ou les piliers qui s'enfoncent dans le ciel et indiquent la beauté facilitent à eux tous, bien que de façon indépendante, le croisement des influences à l'intérieur de chaque dessin, toile, musique, poème, bâtiment, sculpture, pièce de théâtre ou opéra.

§633
· Toise du quatrième vantail
Théorie

On détermine la toise pour \(ᵒde vivants piliers.\.de l'art, esthètes reconnus, (.)laissent(.)parfois sortir de confuses paroles inspiratrices-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌl'homme<>, le nouvel artiste, prêtre du beau, (.)passe(.)haut la main son initiation, à travers des forêts[.]de symboles-[]-)/¨. L'anse adopte la quantité a•=1, parce que les cloisons, “de vivants piliers de l'art, esthètes reconnus, laissent parfois sortir de confuses paroles inspiratrices” et “l'homme, le nouvel artiste, prêtre du beau, passe haut la main son initiation à travers des forêts de symboles”, possèdent au minimum chacune un bastaing que l'autre n'a point; et du fait que nulle répétition de front n'a lieu dans le vantail. Le maillet b•=1 est nécessaire, vu que, dans le poème de Baudelaire, «homme», «passe», «travers», «forêts» et «symboles» se voient précédés par «vivants», «piliers», «Laissent», «parfois», «sortir», «confuses» et «paroles». On écrit la corbeille c•=1, étant donné que nulle crainte de falsification ou d'altération grave de „Correspondances“ n'est justifiée. L'hameçon (d•) se fixe au plan 1, grâce aux idées peu savantes, mais pleines d'imagination, du texte, cela en mettant de côté l'artifice rationnel de la versification. Le boulon e•=1 ne fait aucun doute, car, pour un esthète du XIXe siècle, une préparation du thème de l'initiation du nouveau grand artiste par celui des maîtres précédents ne pose nul problème. L'encoche f•=1 est garantie contre l'erreur, par trois motifs: le vantail ne contient aucune illustration; il ne s'oppose à aucune liaison de billard; et enfin chacune des liaisons de sens proposées dans l'une comme dans l'autre des cloisons, mais nullement à l'échelle du vantail entier, est dûment précédée, au sein des vers, de quelque lien de billard. En effet «…de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles…» et «…L'homme…passe à travers des forêts de symboles…» appartiennent bien au texte. Le pendentif g•=1 se montre nécessaire, lui aussi, par un trio de raisons. D'abord, le créateur ne donne pas lui-même, de manière complètement explicite, le sens d'après lequel «…de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles…» prépare «L'homme…passe à travers des forêts de symboles…» Ensuite, aucun rejet de cela n'est mentionné par l'auteur. De surcroît la critique n'a découvert nul contresens au sein de la supposition de ce lien unissant les images. L'escabeau h•=1 se justifie grâce au fait que le vantail, dans la pépinière choisie, ne souffre d'aucun ombrage, comme il a été vu en 623, 624 et 625. Le bâton (j •) prend le niveau 1, de par trois points. D'abord, parce que tous les bastaings du vantail appartiennent à un même antre: «vivants», «piliers», «Laissent», «parfois», «sortir», «confuses», «paroles», «homme», «passe», «travers», «forêts» et «symboles». Ensuite du fait que le couvercle ne manque pas de netteté: “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”. Troisièmement le vantail ici analysé ne s'oppose nullement aux portes ou aplombs: “édifice comme divin” pour "Nature-temple"; “animés comme par volonté divine” pour les «vivants piliers»; “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” pour les piliers offrant des paroles, ainsi que pour les regards venant de symboles ou encore pour les parfums, couleurs et sons qui se répondent les uns aux autres; et finalement “qui semble actif dans le bien et le mal simultanément” vis-à-vis de “l'encens corrompu”. La cisaille est k •=1, de par j•=1 et du fait que le poème „les Phares“ constitue un acolyte de „Correspondances“. Le viaduc m•=1 se justifie par le bâton j •=1 ainsi que par des rogations couronnées de succès, donnant des relations “voltige-trapèze”, puis “requête-feston” satisfaisantes. Le gibet p •=1 repose sur le bâton j •=1 et sur un chenet qui est un approfondissement du vantail. La houle w•=1 doit beaucoup au bâton j •=1 et à une ferrure qui est un développement du vantail. Les divers contributeurs de la toise, qui s'appellent anse, maillet, corbeille, hameçon, boulon, encoche, pendentif, escabeau, bâton, cisaille, viaduc, gibet, et finalement houle, valent a •=1, b•=1, c•=1, d•=1, e•=1, f•=1, g•=1, h•=1, j•=1, k•=1, m•=1, p•=1 et w•=1, et la vraisemblance obtenue est ainsi: 1=1/a •b•c•d•e•f•g•h•j•k• m•p•w•.

Application à Baudelaire

Pour le cas où Baudelaire aurait poussé l'adhésion aux valeurs de la foi très loin, dans la vue qu'il avait de l'art, on devrait prendre la précaution de se demander si les «piliers» signalés au premier vers ne sont pas des croix. Alain Rey signale qu'au départ une croix est juste un poteau, réalisable selon de nombreuses formes possibles [837].

Méthode

Il faudrait pourtant, afin de suivre une perspective de ce genre, pouvoir définir des critères de valeur, applicables aux suppositions faites quant à l'importance du sens discrètement représenté dans le vocabulaire du créateur, ce qui renvoie au problème de la mesure des intentions de cet auteur.

§634
· Cinquième vantail
Théorie

Voyons à présent \(ᵒde longs échos entendus au loin.\.(.)confondent(.)se[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌune ténébreuse et profonde unité[.]comme la nuit et…la clarté(.)est(.)à ce point vaste que le clair-obscur l'emporte-[]-)/¨. L'élastique se présente de cette façon: (loin.\.;unité[.];homme<>). La voltige a pour allure: “comment rejoindre le couvercle "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines", en partant du trapèze qu'est "loin"?” Nous obtenons cette réponse: “en apparence, les caractères d'un art le portent loin des autres, et cependant le sensible fait leur unité, permettant à tous de renforcer l'imagination pour œuvrer en chacun.” La requête, par ailleurs, est la suivante: “comment résumer, d'après le contexte, ce que l'homme reçoit de la ténébreuse et profonde unité?” Vient aussitôt la réponse: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”. Le chenet appelle une description du genre suivant: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que l'image des longs échos mêlés du beau, entendus au loin, et qui se confondent, procurera l'impression de préparer cette pensée que le bien et le mal sont à ce point vastes, dans la ténébreuse et profonde unité du monde, que les deux se juxtaposent”. Nous partons de l'intuition donnée par le cinquième vers, et nous l'unissons à celle du couple des vers placés juste après, en interprétant “nuit et clarté” par le biais de “mal et bien”, selon une symbolique usuelle. La ferrure se note: “les nombreux échos mêlés du beau, dans leur éloignement, longueur et pluralité, causent la confusion dans une ténébreuse et profonde unité, vaste comme le bien et le mal juxtaposés”.

Méthode

La préparation qui soulage d'une maladie, mais en provoque une autre, pour le médecin comprenant le fait, entre à l'intérieur de ce domaine où le bien jouxte le mal.

Application à Baudelaire

Dans les vers qui suivent, Baudelaire a pu évoquer ce parallèle unissant clair-obscur et “bien-mal” [[1091]] dans l'Index II des poèmes">[[1091]]: «Rembrandt, -triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d'un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement…»

§635
· Toise du cinquième vantail
Théorie

On cherchera maintenant la toise convenant à ce même vantail: \(ᵒde longs échos entendus au loin.\.(.)confondent(.)se[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌune ténébreuse et profonde unité[.]comme la nuit et…la clarté(.)est(.)à ce point vaste que le clair-obscur l'emporte-[]-)/¨. L'anse admet la quantité a•=1, vu que les cloisons, essentiellement “de longs échos entendus au loin se confondent” et “une ténébreuse et profonde unité comme la nuit et la clarté est à ce point vaste que le clair-obscur l'emporte”, possèdent un bastaing au moins, et que nulle redite n'a lieu, dans l'utilisation de chacun. Le maillet b•=1 est nécessaire, parce que, dans le poème, «ténébreuse», «profonde», «unité», «Vaste», «comme», «nuit», «clarté», “est²” sont écrits après «longs», «échos», «loin», «se» et «confondent». Il faut accepter la corbeille c•=1, étant donné que nulle crainte de falsification ou d'altération majeure du poème analysé ne se justifie. L'hameçon (d •) se fixe au plan 1, car, en mettant de côté l'artifice rationnel de la versification, les notions du texte sont peu savantes, mais pleines d'imagination. Le boulon e•=1 ne fait aucun doute, l'aisance de saisie de quelque préparation du rapport “clair-obscur” par celui d'échos ne prêtant guère à discussion. L'encoche f•=1 est garantie contre l'erreur, par trois motifs: le vantail ne contient aucune illustration; il ne s'oppose à aucune liaison de billard; et finalement chacun des liens de sens proposés dans les cloisons, mais nullement à l'échelle du vantail entier, est dûment précédé, au sein du texte, d'un rapport de billard établi entre idées. En effet on se fonde sur les vers 5, 6 et 7. Le pendentif g •=1 se montre nécessaire, lui aussi, par un trio de raisons. D'abord, le créateur ne délivre pas lui-même, de manière complètement explicite, le sens d'après lequel «…de longs échos qui de loin se confondent…» préparerait «…Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté…» Ensuite, l'auteur ne rejette pas un pareil fondement. De plus, on voit difficilement comment la critique trouverait la preuve que la supposition est à écarter. L'escabeau h•=1 est avéré, parce que le vantail ne souffre de nul ombrage, comme il a été vu aux paragraphes 623, 624 et 625. Le bâton (j •) prend le niveau 1 d'après trois points. D'abord, tous les fronts du vantail, «longs», «échos», «loin», «se», «confondent», «ténébreuse», «profonde», «unité», «Vaste», «comme», «nuit», «clarté», “est²” appartiennent à un même antre. De surcroît le couvercle de ce dernier ne se montre pas impénétrable au raisonnement: “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”. Troisièmement ce même vantail n'entretient aucune opposition aux portes ou aplombs: “édifice comme divin”, eu égard au "temple-Nature"; “animés comme par volonté divine” pour les «vivants piliers»; “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” pour les piliers offrant des paroles, ainsi que pour les regards venant de symboles ou encore pour les parfums, couleurs et sons qui se répondent les uns aux autres -et finalement “qui semble actif dans le bien et le mal simultanément” vis-à-vis de “l'encens corrompu”. La cisaille vaut k •=1, grâce au bâton j•=1 et au fait que le poème apparaît comme un gîte. Le viaduc se contente du niveau m•=1, par le fait du bâton 1, et par celui des rapports aisés à comprendre, liant trapèze avec voltige aussi bien que feston avec requête. Le gibet ne s'élève pas au-delà de p•=1, bénéficiaire qu'il est du bâton j •=1, et du chenet à forme d'approfondissement du vantail. La houle vaut w •=1, en vertu d'un bâton j•=1, et de par une ferrure qui en reste à un développement du vantail.

Méthode

On emploie quelque détour en réfléchissant au moyen des forages, mais au fond, juste pour faciliter un commentaire bien rationnel. En d'autres domaines, ce type de processus est souvent appelé “formel” ou “artificiel”. Ces qualifications, qui font sourire, supposent qu'à l'opposé, le “naturel” soit vu comme une chose acquise d'emblée, alors que même l'acte de marcher exige un entraînement. Une faute identique semble commise lorsqu'il est question des “langues naturelles” ou des “entiers naturels”, car une logique particulièrement simple demande aussi un accompagnement pour son initial exercice [241]-[384]-[973].

Application à Baudelaire

On a choisi, par terrasse, d'employer “est²”, pris au neuvième vers, parce que si on avait emprunté “est¹” au premier vers, on aurait dû écrire b •=2 et non b•=1, vu que “est¹” précède «longs», notamment, de sorte que la toise n'aurait pu valoir 1, en définitive. Chaque possibilité, le déplacement de “est¹” comme celui de “est²”, respecte les canons du présent calcul, puisque les deux relèvent d'un usage de rampe, signalé au paragraphe 580 comme licite, mais l'un des choix reflète mieux cette intuition que la référence aux “échos en relation de fusion” prépare l'image du clair- obscur.

§636
· Sixième vantail
Théorie

Décrivons le vantail \(ᵒde par leur essence incompréhensiblement vaste.\.…nuit et…clarté(.) unissent(.)s'-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌdes parfums²…corrompus[.], riches et triomphants, ayant l'expansion des choses infinies…(.)transportent(.)…l'esprit et les sens-[]-)/¨. L'élastique se définit comme: (Vaste.\.; corrompus[.]; homme<>). La voltige a pour allure: “comment rejoindre le couvercle "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines", en partant du trapèze qu'est "Vaste"?” On élabore cette réponse: “le vaste domaine artistique relie par des correspondances internes les disciplines, les plus voisines comme les plus éloignées, de sorte qu'en chacune, l'imagination est soutenue par les influences de toutes.” La requête, par ailleurs, est: “comment résumer, d'après le contexte, ce que l'homme reçoit des parfums corrompus?” Cette réponse doit convenir: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”. Le chenet sera: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que la représentation de l'immensité incompréhensible de ce qui nous entoure, bien et mal notamment, donnera le sentiment de préparer la pensée que la corruption est source d'ivresse”. En tout cela on se repose sur les mots: «…Vaste comme la nuit et comme la clarté…» puis «…des parfums…autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies…Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.» La ferrure prend la forme suivante: “l'immensité, dans l'obscur et le clair, le mal et le bien, cause le transport d'ivresse”.

Application à Baudelaire

Déclarer que le poète ait été capable de sous-entendre un tel jugement, pour concevoir en profondeur son propre texte, ne suppose que le maniement par lui de notions courantes à son époque.

Méthode

La volonté individuelle appartient à un mouvement bien plus grand, tributaire des forces en présence au sein d'une certaine culture, laquelle s'inscrit à son tour dans le devenir universel. Quand nous raisonnons à propos de généralités pareilles, il en va de la formation des images poétiques d'une manière peu différente de celle qui vaut pour les notions en mouvement au sein d'une science, telles que Duhem les a décrites [286]: «La formation de toute théorie physique a toujours procédé par une suite de retouches qui, graduellement, à partir des premières ébauches presque informes, ont conduit le système à des états plus achevés; et, en chacune de ces retouches, la libre initiative du physicien a été conseillée, soutenue, guidée, parfois impérieusement commandée par les circonstances les plus diverses, par les opinions des hommes comme par les enseignements des faits. Une théorie physique n'est point le produit soudain d’une création; elle est le résultat lent et progressif d'une évolution. Lorsque quelques coups de bec brisent la coquille de l'œuf et que le poussin s'échappe de sa prison, l'enfant peut s'imaginer que cette masse rigide et immobile, semblable aux cailloux blancs qu'il ramasse au bord du ruisseau, a soudainement pris vie et produit l'oiseau qui court et piaille; mais là où son imagination puérile voit une soudaine création, le naturaliste reconnaît la dernière phrase d'un long développement; il remonte, par la pensée, à la fusion première de deux microscopiques noyaux pour redescendre, ensuite, la série des divisions, des différenciations, des résorptions qui, cellule par cellule, ont construit le corps du jeune poulet.» L'invention par les grands génies artistiques, au nom ignoré ou connu aujourd'hui, des tours de main successifs grâce auxquels l'histoire, dans ce domaine, s'est bâtie, obéit aux mêmes principes. Il a bien fallu apprendre à siffler avec la bouche, à chanter en canon, à dessiner avec des hachures, à peindre le sfumato, à user d'arcs-boutants, à écrire un sonnet, et à recourir à une clef de voûte. De même la mise au point du tracé au charbon de bois, du mélange des terres colorées, du tambour et de la flûte ont dû exiger beaucoup d'ingéniosité. En outre l'idée recevant pour stimulation les moyens de l'exprimer, il faut se garder soigneusement d'opérer une totale distinction entre les thèmes et l'existence des outils matériels ou intellectuels, comme la perspective avec point de fuite unique, ou le solfège.

§637
· Toise du sixième vantail
Théorie

On cherche à présent la toise du même vantail: \(ᵒde par leur essence incompréhensiblement vaste.\.…nuit et…clarté(.)unissent(.)s'-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌdes parfums²…corrompus[.], riches et triomphants, ayant l'expansion des choses infinies…(.)transportent(.)…l'esprit et les sens-[]-)/¨. La quantité 1 revient à l'anse (a•), du fait que les cloisons possèdent un bastaing au minimum, avec, de surcroît, pas une seule répétition à cet égard: “de par leur essence incompréhensiblement vaste, nuit et clarté s'unissent”, et puis “…des parfums²…corrompus, riches et triomphants, ayant l'expansion des choses infinies transportent l'esprit et les sens.” Le maillet b •=1 est nécessaire, parce que les bastaings de la première cloison, «unité», «Vaste», «nuit», «et», «clarté», sont, dans les vers, placés avant ceux de l'autre: “parfums²”, «corrompus», «riches», «triomphants», «Ayant», «expansion», «choses», «infinies», «transports», «esprit» et «sens». Nous devons noter la corbeille c•=1, étant donné que toute falsification ou altération importante du sonnet de Baudelaire, que nous lisons actuellement, paraît impossible. L'hameçon (d •) se fixe au plan 1, grâce aux images poétiques de rigueur douteuse. Le boulon e•=1 est inévitable, vu que la juxtaposition des contraires, «nuit et…clarté», de même que le mélange des images du mal et de l'infini, se marient bien avec la notion de transport. Enfin parmi ces vues poétiques, les unes paraissent réaliser l'annonce des autres. Trois points amènent l'encoche f•=1: l'absence d'illustration; l'absence d'opposition du vantail à quelque liaison de billard que ce soit; et enfin la possibilité, avec un départ dans le sens initial, de l'élaboration de chaque liaison de sens, interne aux cloisons. En effet «…Vaste comme la nuit et comme la clarté…» appartient aux vers étudiés, tout comme «unité», de même que «Il est des parfums… corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies…Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.» Le pendentif g •=1 est immanquable pour un trio de raisons. Nous avons le fait que le créateur ne déclare vraiment pas de manière ouverte qu'à ses yeux, quelque chose comme le passage «…Vaste comme la nuit et comme la clarté…» prépare cet autre: «Il est des parfums…corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies…Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.» Il n'existe pas, de surcroît, de claire négation d'une pareille liaison de sens. Enfin nous voyons mal comment la critique pourrait affirmer que ce lien est entièrement illusoire. L'escabeau h •=1 est avéré parce que la pépinière ne souffre d'aucun ombrage, comme il a été vu dans les paragraphes 623, 624 et 625. Le bâton (j•) prend le niveau 1 grâce aux trois considérations qui suivent. En premier lieu tous les bastaings du vantail, «unité», «Vaste», «nuit», «clarté», «parfums», «corrompus», «riches», «triomphants», «Ayant», «expansion», «choses», «infinies», «transports», «esprit» et «sens», appartiennent à un même antre. Deuxièmement ce texte possède lui-même un couvercle de grande simplicité: “l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines”. Troisièmement le vantail ne s'oppose à nul emploi des portes ou aplombs: “édifice comme divin”, utile pour comprendre ce qu'est le "temple- Nature"; “animés comme par volonté divine” pour les «vivants piliers»; “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” pour les piliers offrant des paroles, ainsi que pour les regards venant de symboles ou encore pour les parfums, couleurs et sons qui se répondent les uns aux autres -et finalement la porte “qui semble actif dans le bien et le mal simultanément”, vis-à-vis du thème de “l'encens corrompu”. La cisaille vaut k•=1, parce que le bâton prend lui-même le niveau j •=1 et que le texte appartient aux ouvrages qui sont des gîtes. Le viaduc m•=1 est assuré grâce au bâton j •=1 et à des rogations aisées à comprendre, avec les relations “voltige-trapèze” et “requête-feston” se développant hors de toute difficulté. Le gibet prend le niveau p•=1, de par le bâton j •=1, et grâce au chenet disponible, formant un approfondissement du vantail. La houle w •=1 ne fait aucun doute, avec le bâton j •=1 et une ferrure qui se ramène à un développement du vantail. L'inverse du produit numérique des forages vus ici, ou toise (1/a•b•c•d•e•f•g•h•j•k•m•p•w•), montre ainsi une quantité (1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1) (1))=1.

Méthode

On peut espérer que tout ce comptage revienne à observer en détail et ouvertement des processus que le créateur a lui-même suivis intuitivement.

Application à Baudelaire

Le vif mouvement des images dans l'esprit semble capable de provoquer l'attachement à l'aimée, comme celui de l'ivrogne à son breuvage [[1142]] dans l'Index II des poèmes">[[1142]]: «Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon cœur plaintif es entrée…Maudite, maudite sois- tu!

J'ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j'ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.

Hélas! le poison et le glaive
M'ont pris en dédain et m'ont dit:
"Tu n'es pas digne qu'on t'enlève
À ton esclavage maudit,

Imbécile! -de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire!"»

§638
· Septième vantail
Théorie

Décrivons \(ᵒ les parfums¹[.], les couleurs et les sons(.)répondent(.).\.se-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌil(.)est(.)des parfums² frais…doux…verts…et d'autres, corrompus, riches et triomphants-[]-)/¨. L'élastique admet le signalement: (répondent.\.;parfums¹[.];homme<>). La voltige a pour allure: “comment retrouver le couvercle "l'imagination, en chacun des arts, est soutenue par les influences de toutes ces disciplines", grâce au trapèze qu'est "répondent"?” La réplique suivante paraît adéquate: “comme les arts correspondent, ou se répondent, chacun des artistes nourrit son imagination de tous les chefs-d'œuvre.” Voyons maintenant la requête du vantail: “comment résumer, d'après le contexte, ce que l'homme, le nouvel artiste, reçoit en général des parfums¹, alors que nous apprenons que dans leurs particularités ils revêtent des caractères moraux différents et même, pour certains, opposés?” Vient aussitôt la réponse: “tout se ramène à quelque chose comme ‘’"l'imagination", "les arts"‘’, du fait que l'intellect et la sensibilité se tournent vers une rêverie active, laquelle produit, au cours des temps, les arts, en partant d'un rapport intense avec des zones du réel”. Le chenet peut se noter ainsi: “le créateur n'a pu qu'envisager, au moins fugitivement ou dans la rêverie, que la représentation d'une même forme, interne aux domaines des cinq sens, donnera le sentiment de préparer la notion que les êtres du sensible, ou les impressions qu'ils provoquent à l'intérieur de nous, ont la même série de caractères moraux également possibles”. Au huitième vers puis dans les deux tercets nous avons les passages commentés de cette façon. Par le tunnel, moyen plus expéditif, un contenu voisin se note dans la ferrure: “la correspondance des parfums, couleurs et sons cause la ressemblance de leurs potentialités morales”.

Méthode

Dans le paragraphe 589, ainsi qu'en 607B, nous avons déjà employé, pour l'essentiel au moins, le présent chenet. En 630 le feston est constitué de la signification du même vocable qu'ici, mais pour une autre case.

Application à Baudelaire

Notre pensée ressent, avec les choses de l'odorat, des caractères qui se retrouvent par quelque autre sens, la vue, le toucher, l'ouïe, le goût, de sorte qu'il semble exister une correspondance liant tous les êtres du sensible. Ces domaines procurent les images de fraîcheur, douceur, verdeur, corruption, richesse, triomphe, durée ou expansion infinie, transport. Si nous éprouvons le sentiment d'une chose, cela procède sans doute de notre capacité à sentir les objets, aux plans physiologique, social, culturel, historique, mais le phénomène doit également ressortir à l'être nous affectant. De même qu'une phrase musicale, perçue un bref moment, nous revient quelques jours plus tard à l'improviste, provoquant notre surprise, alors que nous regardons un paysage, le minuscule verre d'un alcool de trente années, goûté un court instant, nous arrive comme dans la bouche par surprise, maintes fois. L'organisation commune, interne à des objets, ou un même schéma de notre sensibilité, naturel ou acquis, nous permet un accès à des êtres matériels distincts et engendre la correspondance horizontale. Différentes impressions recèlent des attributs voisins, en raison d'un même fonctionnement général des êtres perçus, ou de notre corps, et la ressemblance paraît venir de mêmes ressources, unissant le sentiment physique aux vues morales. Une couleur, dans le détail d'un tableau, se comporte de la même façon que l'accord musical qui paraît ne pas vouloir nous laisser entièrement le négliger pendant une semaine complète. Les deux, chevillés dans l'âme, semblent posséder «…l'expansion des choses infinies…»

§639
· Toise du septième vantail
Théorie

On doit maintenant déterminer la toise de \(ᵒles parfums¹[.], les couleurs et les sons(.)répondent (.).\.se-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌil(.)est(.)des parfums² frais…doux…verts…et d'autres, corrompus, riches et triomphants-[]-)/¨. La quantité a•=1 sied à l'anse, parce que les cloisons, essentiellement «Les parfums, les couleurs et les sons se répondent» et «Il est des parfums frais…doux…verts…et d'autres, corrompus, riches et triomphants», possèdent un bastaing au moins, et pas le même. Le maillet b•=1 est de rigueur, étant donné que les vocables «est», “parfums²”, «frais», «Doux», «verts», «autres», «corrompus», «riches», «triomphants» se voient précédés par les mots “parfums¹”, «couleurs», «sons», «se», «répondent». On doit écrire la corbeille c•=1, en ce que rien comme une falsification ou altération importante du sonnet étudié n'est intervenue. L'hameçon (d •) s'établit au plan 1, grâce aux images poétiques du texte. Le boulon e•=1 ne peut être mis en doute, car on prête à de nombreux auteurs du XIX e siècle des vues relatives à une communication entre les facettes morales et sensibles de nos impressions, point autorisant ici à fonder “il est des parfums frais…doux…verts…et d'autres, corrompus, riches et triomphants” au moyen de “les parfums, les couleurs et les sons se répondent.” L'encoche f•=1 semble raisonnable, pour un trio de raisons. D'abord, le vantail ne comprend nulle sorte d'illustration. Ensuite pas un seul passage ne s'oppose à une liaison de billard. Enfin chaque lien de sens, intérieur aux deux cloisons, prises de manière séparée, ne fait qu'interpréter une relation de billard déjà présente. Effectivement «Les parfums, les couleurs et les sons se répondent» et «Il est des parfums frais…Doux… verts…et d'autres, corrompus, riches et triomphants» sont essentiellement pris au poème. Le pendentif g•=1 ne soulève aucun doute, puisque trois motifs le favorisent. En premier lieu rien d'explicite ne précise, au sein du poème, quelque chose comme un jugement d'après lequel «Il est des parfums frais…Doux… verts…Et d'autres, corrompus, riches et triomphants» recevrait une base venant de «…Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.» Ensuite, nulle condamnation de cette idée n'apparaît. Finalement, aucune remarque, parmi toutes celles issues de la critique, ne permet de rejeter ce lien de sens. On trouve un escabeau h•=1 parce que les paragraphes 623, 624 et 625 ont fait voir que la pépinière ne souffre de nul ombrage. Le bâton (j •) prend le niveau 1, grâce aux considérations que voici. D'abord, le couvercle se décrit aisément. De surcroît les bastaings du vantail, “parfums¹”, «couleurs», «sons», «se», «répondent», «est», “parfums²”, «frais», «Doux», «verts», «autres», «corrompus», «riches», «triomphants», sont au grand complet dans le même antre. Enfin le vantail ne saurait s'opposer aux portes ou aplombs que voici: d'abord “édifice comme divin”, pour la notion de "Nature-temple"; “animés comme par volonté divine” pour les «vivants piliers»; “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” pour les piliers offrant des paroles, ainsi que pour les regards venant de symboles ou encore pour les parfums, couleurs et sons qui se répondent les uns aux autres -et aussi la porte “qui semble actif dans le bien et le mal simultanément” vis-à-vis de “l'encens corrompu”. La cisaille vaut k •=1, parce que le bâton prend lui-même le niveau j •=1 et que le texte s'avère un gîte. Le viaduc m•=1 se justifie, vu que le bâton (j•) vaut 1, et que les rogations donnent lieu, chacune, sans difficulté, aux rapports “voltige-trapèze” et “requête-feston”. Le gibet adopte la grandeur p•=1, grâce au bâton j•=1 et à un chenet formant un approfondissement du vantail. La houle reste au plan w •=1, vu que le bâton adopte le niveau j•=1 et que la ferrure consiste dans un développement du vantail. L'inverse du produit numérique des forages vus ici, ou toise (1/a •b•c•d•e•f•g•h•j•k•m•p•w•), mérite ainsi le niveau (1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1) (1)(1))=1.

Méthode

Certes, la répétition facilite le rapport de préparation d'un segment du texte par un autre, mais elle ne fait pas tout.

Application à Baudelaire

À l'intérieur de \(ᵒles parfums¹[.], les couleurs et les sons(.) répondent(.).\.se-[]-ꞌꞌꞌprépareꞌꞌꞌil(.)est(.)des parfums² frais…doux…verts…et d'autres, corrompus, riches et triomphants-[]-)/¨, la reprise de «parfums» est accompagnée tout particulièrement de «verts», incitant le public entier à étendre sa réflexion aux aspects du sensible autres que l'odorat, en partant de lui. Au-delà encore le vocabulaire du triomphe, de la richesse, mais aussi de la corruption, vient élargir la référence au sensible, par celle touchant la moralité, ce qui va dans le sens d'un approfondissement de l'image qui accompagne «répondent», puisque la notion de “responsabilité” est évoquée indirectement par ce vocable.

§640
· Gabarit de la pépinière
Théorie

Le gabarit de la pépinière de référence vient du produit numérique des toises que nous venons de calculer. Du fait que toutes les mesures ont pris le niveau 1, le gabarit vaut également ((1)(1)(1)(1)(1)(1) (1))=1.

Méthode

L'interprète qui présente une pépinière, ce à plus forte raison évidemment si elle se montre de vraisemblance 1, doit pouvoir en fournir une vision intuitive. Le doute concernant cet édifice logique paraîtra en effet compréhensible dès lors qu'il échouera dans la tentative de lui trouver une application.

Application à Baudelaire

Partant de l'idée que Baudelaire a décrit, en „Correspondances“, les moyens d'obtenir une réalisation artistique, unissons, dans une très vague intuition, comme celles réalisées à toute vitesse ou en une songerie, les images auxquelles il a laissé une certaine indépendance [Larousse F sur acanthe]: “le bel ordre naturel, que ses difficultés internes élèvent jusqu'au sublime, avec en lui maints apports humains, aide le nouveau grand artiste dans l'initiation qui doit l'éclairer, quant aux symboles apparemment confus. Sa réflexion parcourt ainsi de successives étapes, et d'abord son inspiration est sensible à toute la solennité que donne le monde, dominant les hommes. Elle utilise les frais et doux thèmes, dans le but de peindre la vie, mais la clef en est dans le sentiment excessif de l'adulte. Héritant des grands esthètes, piliers de tous les arts, qui forment un seul ensemble d'échos mêlés, nombreux et prolongés, le grand artiste prend ses bases dans l'immense clair-obscur des arts, choses et sentiments. Leurs correspondances les dotant des mêmes facettes morales, qui se mettent en valeur mutuellement, le nouveau grand artiste apprend à y frayer un chemin, qui, au moyen de références croisées, mène sa réalisation esthétique depuis la fraîche naïveté jusqu'à l'horizon de la sensibilité corrompue qui provoque l'ivresse autant que la déchéance, le succès autant que l'humiliation. Ainsi viennent à se mêler en son jardin le bien et la faute, pour que la beauté sorte de la niaiserie. De la sorte il devient lui-même, pour les âges futurs, un pilier inspirateur, à côté duquel encens, vigne, pavot, acanthe, ortie, chardon et ronce croissent ensemble.” L'analyse menée dans les paragraphes qui précèdent, tout en participant à une réflexion limitée sur les ouvrages déjà faits, doit permettre une maîtrise accrue des tournures cherchées ou craintes dans les textes encore inachevés. Il nous reste à demander aux amoureux de la poésie comme aux connaisseurs des calculs qu'ils nous pardonnent les peines qu'ils auront éprouvées. Saluons, pour clore ce propos, les auteurs, que nous ayons réussi ou non à les citer nommément, dont les idées nous ont permis d'étudier „Correspondances“, ainsi que plusieurs aspects de l'imagination verbale. Rien de ce qui suit n'est objet des index. Comme dans ce qui précède, nous modifions légèrement les règles habituelles de ponctuation. À cet égard signalons aussi que si nous avons toujours gardé l'orthographe originale des auteurs ou traducteurs, nous avons, dans leurs textes, pour le point-virgule, ainsi que pour les deux-points, conservé un seul des deux grands espaces blancs de séparation entre ces caractères et ce qui les entoure.