L'essai — Partie VII

Cohérence

Lecture suivie du sonnet, recherche d'un sens d'ensemble minimal, et présentation de deux interprétations audacieuses concurrentes.

Légende des blocs

Théorie — l'exposé conceptuel Méthode — les remarques de mise en œuvre Baudelaire — l'application au sonnet Correspondances
§481
Théorie

Comme l'oubli, en bien des cas, rend malaisée l'union entre deux idées qui sont dites avec un substantiel éloignement, le projet se forme de suivre un tas de manière si progressive que l'espace ou le temps ne fasse plus beaucoup obstacle au contact entre images. Dans cette optique nous cherchons une approche qui dépasse les clivages entre gloses et reps, évitant ainsi la complication du calcul. Pour ce faire nous élargissons aux tas quelques notions jusque-là employées pour les textes contenus par eux: “critique”, “public”, “origine”, “créateur” et “illustration”. Nous définissons de surcroît le pion comme une idée que le créateur a imaginée à l'origine d'un tas. L'évaluation de la cohérence minimale des pions risquant de provoquer un sentiment d'étroitesse, nous juxtaposons à cette perspective un couple d'illustrations audacieuses, également complètes.

Méthode

Le plus difficile, pour avoir une bonne vue de la vraisemblance des unions entre les images voulues par le créateur, est de maintenir sans arrêt la distinction entre signes, objets et notions. Bien des pratiques nous rendent pénible de séparer clairement tout cela en esprit. D'abord la mémoire se guide sur un signe afin de retrouver telle chose oubliée, comme lorsque nous faisons une croix sur un tiroir. Ensuite nous employons des vocables pour les objets, alors que le mot constitue aussi un objet, comme vibration de l'air. Puis, les idées, qui forment à elles toutes une sorte de parallèle dressé à côté du monde objectif, appartiennent en même temps au domaine de la culture, comme des choses qui varient dans l'histoire.

Application à Baudelaire

Au départ du premier quatrain il faut estimer le rapport de «Nature» à «temple» puis celui de «temple» à «est» et ainsi de suite, afin de chercher une approche lente de la pensée baudelairienne. Nous espérons que cette démarche, prudente à l'extrême, nous fasse détecter quelque signification qui nous avait échappé d'abord.

§482
Théorie

Tout signe flou de reps, loin de parvenir à réellement dire une idée, ne fait que tourner autour, ce qui est une sorte d'évocation, reconnue comme l'action de grever. On oppose “dire” avec quelque symbole donnant clairement la notion, et “grever” qui se fait en un reps, donc vaguement. Ce que N grève reste, même pour qui réfléchit attentivement, bien plus difficile à identifier que la signification «Nature», bien que l'objet en soit un pic, vu que ce monde a été nommé aussitôt «un temple».

Méthode

Il aurait été dangereux, quand on examinait au départ les reps, de séparer en idée le sens, le signe, la chose. On devait en premier lieu souligner la présence de l'intrusion. Pour ce motif, on dut accepter, aux paragraphes 401 et 448, de voir dans le reps le sens avec le signe, sans parler beaucoup de la chose. On avait juste précisé, au paragraphe 440, que le sens ainsi procuré ne pouvait jamais revêtir un caractère abstrait.

Application à Baudelaire

Dans le rail “pfft, l'amélioration de l'humanité c'est du vent”, on emploie un reps dont le pion demeure grevé, tandis que le terme “amélioration” se trouve bien en évidence. Les rumeurs de progrès général, au milieu de souffrances que l'auteur percevait, l'amenaient au doute. Affirmer le monde naturel un temple revient à n'être impressionné par aucune démonstration, à cause de principes encore trop minces relativement au fond absolu des choses. La subjectivité peut donc réclamer son droit et le poète s'abandonner à elle, ou à une pensée juste collective, malgré son admiration pour la science. La production industrielle facilite certaines tâches, et pourtant subsiste le même fonds moral. Si un cheval est lancé dans une course, avec une carriole attachée à lui, ce n'est pas elle qui avance, bien qu'elle soit emportée dans le mouvement de l'animal. Quant au progrès en art, il consiste à unir le culte de la beauté avec le génie de l'époque vécue, mais cela n'entraîne aucune forme de supériorité nette vis-à-vis des autres périodes. Simplement, l'art se renouvelle dans l'expression de son temps [697]-[698]-[715]. Il semble que pour Baudelaire l'action humaine demeure visible par l'image de Plaute [684]-[766]: «L'homme est pour l'homme un loup, non un homme, quand on ne sait pas quel il est.» Le désir intérieur, qui poursuit indéfiniment sa quête ambitieuse mais cultivée, plonge chacun dans l'abîme de la corruption, que symbolisent les plus fines molécules de parfum. Rousseau écrivait [874]: «Tant qu'on desire on peut se passer d'être heureux; on s'attend à le devenir; si le bonheur ne vient point, l'espoir se prolonge, et le charme de l'illusion dure autant que la passion qui le cause. Ainsi cet état se suffit à lui-même, et l'inquiétude qu'il donne est une sorte de jouïssance qui supplée à la réalité. Qui vaut mieux, peut-être. Malheur à qui n'a plus rien à desirer! il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possede. On jouït moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espere, et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux. En effet, l'homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu'il desire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparoit devant l'objet même; rien n'embellit plus cet objet aux yeux du possesseur; on ne se figure point ce qu'on voit; l'imagination ne pare plus rien de ce qu'on possede, l'illusion cesse où commence la jouïssance.»

§483
Théorie

Il existe un miroitement dès que, pour le créateur, un sens de reps grevé dispose d'un analogue possible, instantanément produit mais fort vague, issu d'un terme ou de plusieurs.

Méthode

Pour “son exil fut soudain, crac” la signification “exil soudain” et le sens grevé de “crac” miroitent ensemble. Il s'avère de la plus haute importance de ne pas confondre les divers étages logiques, afin de se retrouver dans ce labyrinthe. Spinoza pointait la différence entre [923]«…le Chien, constellation céleste, et le chien, animal aboyant…» La description schématique de ce cas est possible quand nous évitons, à titre provisoire, la question du rôle de la pensée relativement à ce que nous appelons des choses. Dans cette optique le philosophe d'Amsterdam envisageait d'abord l'animal chien, un objet; la constellation du Chien, un objet; le mot chien, un signe; le mot Chien, un signe; l'idée de l'animal, un pion; l'idée de la constellation, un pion.

Application à Baudelaire

Avec la diérèse, au sein de “expansi-on”, il y a un miroitement du sens «expansion», étant donné que le “i” pourrait conduire aisément à imaginer la vivacité de l'expulsion des parfums.

§484
Théorie

Quand le créateur envisage nettement qu'un pion en introduit un autre, le premier accroche le second. La chose peut se faire indifféremment par négation ou en affirmant -même aussi en interrogeant-et au moyen de l'évocation. Au sein de “la terre ne reste pas fixe” la notion “terre” accroche “fixe”. Pareillement une série de complètes illusions peut bénéficier de très bons accrocs.

Méthode

Parfois existe une importante difficulté dans l'appréhension des textes éloignés de l'interprète par de grands changements historiques. Il faut, vis-à-vis de tels cas, décrire un objet par les vocables d'aujourd'hui, dès lors que les mots venus de l'époque lointaine ne désignent plus, de manière spontanée, la même chose. Cela demande l'adoption d'une optique se développant comme poursuite de ce qu'offrait la vue créatrice, mais demeure très épineux, à cause des ouvrages qui sont parus entre-temps.

Application à Baudelaire

Dans „Correspondances“, «longs» accroche «échos», parce que la représentation a lieu des bruits réfléchis dans les grandes montagnes, forêts ou architectures. Puis «ténébreuse» accroche «unité» en ce que l'incompréhension se voit pour divers phénomènes qui se fondent en un seul. Mais au début «Nature» accroche «temple», ce qui paraît étrange. À son tour en sa propre méditation l'interprète lie de nouvelles idées, en faisant beaucoup d'emprunts au créateur, ce qui ne l'empêche nullement, pour l'humanité, son milieu ou lui-même, d'envisager une illustration croisant plusieurs textes. Il pensera comprendre ainsi l'écho, d'après la référence aux âges de la vie ou à l'union entre corps et âme. Méditant sur un penseur anglais, Delacroix note [263]: «Paley dit avec raison que la décrépitude physique et intellectuelle peut goûter autant de plaisir dans un fauteuil que la jeunesse dans l'orgueil et l'exubérance de la vie.» Wordsworth décrit le parallèle du physique avec le mental, concernant la folie [979]: «Sur deux yeux sauvages, la tête dénudée,
Eut ses cheveux de suie, par le soleil brûlés…
»

§485
Théorie

Si le créateur cerne un même sens possédé par deux autres, dont nul n'appartient à un reps, une infiltration apparaît. Dans «couleurs» et «sons» Baudelaire appréhende la notion “phénomène sensible” et on généralise facilement cela pour davantage de pions. Avec “il a menti ti”, au contraire, on repousse l'infiltration, car il faut chercher un miroitement de “ti”, à cause du reps.

Méthode

Les mathématiques ne se réfèrent pas aux infiltrations, parce qu'on tente de s'y occuper en premier lieu d'objets -apparences tenaces- vus par tous les connaisseurs et non, principalement, de sens. Là on parle d'intersection et ainsi on affirme que 6 appartient à l'intersection de l'ensemble des nombres divisibles par 2 avec l'ensemble de ceux divisibles par 3.

Application à Baudelaire

Les textes d'imagination possèdent une rigidité moindre, parce qu'on demeure incapable de vérifier ce qui arrive aux pics. Avec “répondent” au lieu de «confondent» il aurait été impossible d'avancer que le poète avait commis une faute vis-à-vis de l'objectivité. Il ne reste qu'à discuter la transformation des images, en dehors de toute décision sur les torts du créateur. Concevons un texte préalable au sonnet réel, avec pour cinquième vers “Comme de longs échos qui de loin se répondent…” Dans un tel cas les mots “de loin” auraient signifié “à distance les uns des autres”, car pour obtenir le sens “loin de l'observateur” il aurait fallu mettre “au loin”, dans un tel contexte. Du reste le poète aurait pu noter “Comme de longs échos qui au loin se répondent…” en ayant également douze syllabes pour son alexandrin. Avec l'état effectif «Comme de longs échos qui de loin se confondent…» le vocable «de loin» signifie “loin de l'observateur”. L'usage ordinaire commande un pareil sens et, de plus, au plan physique autant que physiologique, la confusion des sons provient essentiellement de l'éloignement du témoin vis-à-vis de la source des vibrations acoustiques [900]. La sonorité se diffusant de tous les côtés, l'observateur situé dans une seule direction en reçoit une mince part. Cette portion est encore diminuée quand il est loin et par conséquent il cerne difficilement les divers points d'où sont émises les vibrations, le phénomène valant de la même façon pour l'écho et le son initial. De la sorte avec un cinquième vers ayant pour teneur “Comme de longs échos qui de loin se répondent…” la notion à concevoir en “de loin” serait différente de celle qu'on saisit maintenant. Pourtant l'expression possède tellement de souplesse que la signification représentée ne flotte ni dans le premier contexte ni dans le nouveau, bien qu'elle ne soit pas identique dans les deux cas.

§486
Théorie

Miroitement, accroc, infiltration et connecteur garantissent la continuité de sens liant deux ensembles de pions (EFG, JKLMN), avec parfois juste un couple (E, F). D'après les circonstances internes à un passage du tas, nous devons insister davantage sur l'aspect qui assure au mieux le rapport entre les notions. Examinons le tas “beaucoup de bruits, de cris notamment, la troublaient”. Nous admettons un accroc entre “bruits” et “cris”. Mais aussi existe l'infiltration de “sonorité” dans “bruits” et “cris”. Nous choisissons de souligner l'aspect le plus net, chaque fois que le doute survient, concernant deux possibilités à légitimité voisine.

Méthode

Par ailleurs les propositions du texte sur lesquelles se fonde notre vue de ces quatre formes éventuellement présentes -connecteur, infiltration, accroc et miroitement-peuvent être positives, négatives ou interrogatives. Également le vrai, le faux et le possible sont capables de les marquer, bien que cela ne présente aucune importance. Au sein de “la terre circule autour du soleil” les idées “terre” et “soleil” partagent l'infiltration “astre”, que le jugement soit vrai ou faux.

Application à Baudelaire

Quand Baudelaire mentionne des parfums corrompus, la signification «parfums» accroche celle de «corrompus», même si nous ignorons le détail de cette dernière. Il nous et loisible d'imaginer, avec Molière, un homme utilisant ses dupes au moyen d'ententes occultes et de renseignements discrets obtenus à propos de leur santé [539]: «Puisque le Ciel nous fait la grâce que, depuis tant de siècles, on demeure infatué de nous, ne désabusons point les hommes avec nos cabales extravagantes, et profitons de leur sottise le plus doucement que nous pourrons. Nous ne sommes pas les seuls, comme vous savez, qui tâchons à nous prévaloir de la faiblesse humaine. C'est là que va l'étude de la plupart du monde, et chacun s'efforce de prendre les hommes par leur faible, pour en tirer quelque profit. Les flatteurs, par exemple, cherchent à profiter de l'amour que les hommes ont pour les louanges, en leur donnant tout le vain encens qu'ils souhaitent; et c'est un art où l'on fait, comme on voit, des fortunes considérables.» Une conduite habilement dissimulée participe d'un système voisin, comme Dom Juan l'explique, alors qu'il devient brusquement dévot [538]: «C'est un art de qui l'imposture est toujours respectée; et quoiqu'on la découvre, on n'ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement; mais l'hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d'une impunité souveraine. On lie, à force de grimaces, une société étroite avec tous les gens du parti. Qui en choque un se les jette tous sur les bras; et ceux que l'on sait même agir de bonne foi là-dessus, et que chacun connaît pour être véritablement touchés, ceux-là, dis-je, sont toujours les dupes des autres; ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers et appuient aveuglément les singes de leurs actions.»

§487
Théorie

Le brassage, de symbole (- - -), consiste dans un couple d'affaires. Entre les notions E et F, pour obtenir (E- - -F), il faut que le créateur ait pensé quelque infiltration, accroc, miroitement ou connecteur. Par ailleurs il s'avère nécessaire qu'il n'ait pas rendu volontairement malaisée à son public la compréhension de ce rapport. Il en va de même avec des groupes de pions, comme dans (EFGH- - -IJK). Un coutil (E- - -F) ou (EFGH- - -IJK) se forme dès qu'on envisage un brassage unissant juste des pions grevés ou dits. Quand on emploie deux fois un élément de tas, ainsi que dans (expansion- - -expansi-on), pour unir deux sens internes, on mentionne d'abord l'aspect le plus explicite. Avec des coutils de bases moins voisines, tels que (vivants- - -piliers), l'ordre d'écriture est celui des mentions auxquelles ont droit les images dans le tas, bien qu'il reste possible d'omettre quelque pion séparant ceux employés. De toute manière, d'après l'alphabet, la relation (F- - -E) est incorrecte, vu que F est signalé avant E. On lit (E- - -F) “E pointillé F” en se proposant de respecter une coutume analogue pour (EFH- - -RS) et ainsi de suite.

Méthode

Dans “il a couru jusqu'au pont, et de là est revenu, puis s'est endormi jusqu'au jour suivant” le coutil (couru- - -jour) se montre peu vraisemblable. Sans connecteur, nulle relation d'accroc ne saurait donc être prise au sérieux pour une longue distance, même quand la fantaisie perçoit des liens, car ils restent peu sûrs, fonctionnant bien dans un cas et pas du tout une autre fois, alors que la vraisemblance réclame une base ferme. L'interprète doit résister à l'illusion que tout est pensé avec un maximum de liaisons en ce qu'écrit un auteur illustre, comme si un esprit supérieur avait ordonné tout et pensé chaque idée intensément au contact des autres, non pas de façon vague, mais absolument. Saint Augustin, entraînant son lecteur dans l'inquiète subjectivité de sa conversion au christianisme de Saint Paul, ne fonde pas de quoi reconnaître un coutil substantiel (amertume- - -festins) par ces mots [44]: «Je disais, et je pleurais dans toute l'amertume de mon cœur broyé. Et tout à coup j'entends une voix partie de la maison voisine, voix de garçon ou de jeune fille, je ne sais, qui chantait et répétait à diverses reprises: "Prends, lis! Prends, lis!" Et aussitôt, changeant de visage, je cherchai très attentivement à me rappeler si c'était un refrain en usage dans quelque jeu d'enfant; et rien de tel ne me revint à la mémoire…Je me hâtai donc de revenir à l'endroit où Alypius était assis; car, en me levant, j'y avais laissé le livre de l'Apôtre. Je le pris, l'ouvris, et lus tout bas le premier chapitre où se jetèrent mes yeux: "Ne vivez pas dans les festins…"»

Application à Baudelaire

Dans (expansion- - -expansi-on) on laisse apparaître un miroitement, puisque le son "i" ressemble à celui d'une pierre sifflant après avoir été lancée très puissamment. L'image de l'évaporation rejoint celle de l'éjection. Cyrano y a pensé dans le récit d'un voyage céleste [223]: «Je m'étais attaché tout autour de moi quantité de fioles pleines de rosée, et la chaleur du Soleil qui les attirait m'éleva si haut qu'à la fin je me trouvai au-dessus des plus hautes nuées.» L'esprit, qui est de l'ordre des êtres légers, donne un élan même au corps, ce qui explique, d'après le même auteur, comment les gens pouvaient aller d'un astre vers un autre [224]: «Or, en ce temps-là, l'imagination chez l'homme était si forte, pour n'avoir point encore été corrompue ni par les débauches ni par la crudité des aliments ni par l'altération des maladies, qu'étant alors excité du violent désir d'aborder cet asile, et que toute sa masse étant devenue légère par le feu de cet enthousiasme, il y fut enlevé de la même sorte qu'il s'est vu des philosophes, leur imagination fortement tendue à quelque chose, être emportés en l'air par des ravissements que vous appelez extatiques.» Énoch trouva un moyen de voyager de cette façon, en profitant du feu des sacrifices [225]: «Un jour que cette flamme divine était acharnée à consommer une victime qu'il offrait à l'Éternel, de la vapeur qui s'exhalait il remplit deux grands vases qu'il luta hermétiquement, et se les attacha sous les aisselles. La fumée aussitôt qui tendait à s'élever droit à Dieu, et qui ne pouvait que par miracle pénétrer du métal, poussa les vases en haut, et de la sorte enlevèrent avec eux ce saint homme.»

§488
Théorie

Un écrou est formé par une description, autant suivie que sobre, du tas, réalisée par des coutils n'inventant et ne cachant aucune incohérence. Un coutil d'écrou est une gomme, laquelle reçoit aussitôt avec un tel statut, le symbole ({}), lu “râpe”, lequel s'emploie abstraitement pour des formules comme (E{}F) et (EFGH{}IJK).

Méthode

Dans l'exploration de la vraisemblance des interprétations auxquelles donnent lieu maints passages de textes, nous partons de suppositions interprétatives, en nous guidant sur l'imagination appliquée aux essais réalisés par cent manœuvres intuitives très floues. Puis nous repérons les bornes de fonctionnement utiles, comme celles de l'écrou. Nous avons trouvé, là, des notions qui permettent à l'enquête d'aller sans arrêt dans le même sens. Les nombreux exemples venant corroborer la technique donnent confiance pour traiter, dans l'avenir, de plus en plus de choses, parce que, de manière continue, les cas au départ inattendus ont finalement avec docilité pris leur place dans les catégories de faits pour lesquelles un traitement avait été prévu, grâce aux calculs de vraisemblance réalisés à propos des cas les plus en vue. De la sorte nous ne sommes plus aussi enclin qu'au début à rejeter, dès la première difficulté, la procédure maintenant établie. Nous en restons à une technique dépourvue de base complète, mais elle se met à réussir presque chaque fois dans la détermination de vraisemblances nouvelles. C'est donc ressenti comme un progrès vis-à-vis de l'étape antérieure.

Application à Baudelaire

La célébrité du huitième vers pousse à trouver de nombreux critères de vraisemblance, car il faut par leur moyen éclairer sa teneur: «…Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.» Le poète semble avoir pris cela d'incessantes conversations et de nombreuses visites auprès des tableaux qui ont le plus affiné sa réflexion, alors qu'il cherchait attentivement le cachet spécial des grands passionnés [700]: «…pour M. Decamps, la couleur était la grande chose, c'était pour ainsi dire sa pensée favorite. Sa couleur splendide et rayonnante avait de plus un style très particulier. Elle était, pour me servir de mots empruntés à l'ordre moral, sanguinaire et mordante. Les mets les plus appétissants, les drôleries cuisinées avec le plus de réflexion, les produits culinaires le plus âprement assaisonnés avaient moins de ragoût et de montant, exhalaient moins de volupté sauvage pour le nez et le palais d'un gourmand, que les tableaux de M. Decamps pour un amateur de peinture.»

§489
Théorie

Le quota d'un écrou constitue la proportion des gommes vis-à-vis des pions. Le placer à (n-1) gommes pour (n) pions apparaît commode. Il s'agit d'obtenir que tous les différents essais puissent être jugés de façon équitable.

Méthode

Une telle valeur, (n-1)/(n), se fixe d'après l'exemple d'un commentaire simple. En effet avec un tas de (n=2) pions, comme “il souffre”, on les nomme A, B. Vu leur nombre, 2, cela fait 1 couple, (AB), donc il existe (2-1)=(n-1)=1 gomme, concernant 2=(n) pions. Ensuite on ajoute un pion, comme dans “il souffre énormément”. On a maintenant un élément C, dans la suite A, B, C, procurant donc 3 pions. Ici 1 seul couple, (BC), est admis en plus, ce qui fait (AB) plus (BC), donc (1+1)=2 gommes, avec 3 pions (A, B, C). On obtient de la sorte (3-1)=2 gommes, en restant avec une gomme de moins, (n-1), qu'il y a de pions. Comme le processus se répète sans arrêt, pour des tas indéfiniment plus étendus, on garde toujours la proportion de (n-1) gommes vis-à-vis de (n) pions [974].

Application à Baudelaire

Le fait qu'on puisse mettre plus que deux pions, dans une gomme, permet de garder une forte liberté de manœuvre, tout en respectant le quota. Pour «…ténébreuse et profonde unité…» on choisira le trio (ténébreuse{}profonde), (ténébreuse{} unité), (profonde{}unité); ou le duo (ténébreuse{}profonde), (profonde{}unité); ou simplement (ténébreuse…profonde{}unité). La ténèbre a été conçue longtemps comme un attribut de l'enfer, et Baudelaire a aimé se donner une réputation infernale. En particulier il s'est accusé d'avoir été protégé lors d'un examen, comme l'expliquent nos historiens [602]: «Charles Asselineau, après la mort de leur ami, mande à Théophile Gautier qui préparait une notice détaillée sur le poète, mais qui n'a pas utilisé cet élément pittoresque: "Un détail que tu ignores peut-être, c'est que Baudelaire a été reçu au baccalauréat par complaisance, et à titre d'enfant idiot. Il avait été recommandé à Mr Patin en cette qualité par une demoiselle Céleste qui tenait rue du Pot-de-Fer une pension pour les étudiants dévots et catholiques et qui avait, paraît-il, grand crédit auprès des examinateurs. C'est de lui-même que j'ai su cela." Asselineau a pu être, comme d'autres, victime de la légende que se créait Baudelaire.»

§490
Théorie

Les parties E et F d'une gomme (E{}F), ou les zones EFGH et IJK de (EFGH{}IJK), se nomment des nœuds, et le brassage de la gomme concerne la relation qu'ils entretiennent mutuellement. Les pions individuels d'une gomme sont nommés alvéoles dès lors qu'ils possèdent un sens de front ou de reps. Quand l'écrou est de bonne qualité, il ne peut comporter un brassage formant une illustration, car il manquerait alors de sobriété. Dans le même cas une béance, ou omission d'alvéole, ne saurait arriver, du fait que l'écrou manquerait alors de suivi.

Méthode

Nous avons beaucoup tardé à définir la notion de continuité, parce qu'existait le risque de nous faire mal comprendre. Nous mettions en valeur un suivi du texte, alors que nous utilisions le style télégraphique, justement oublieux de cela même. Comme nous étudions maintenant de façon ininterrompue, au long des quatorze vers, le détail du sonnet, il nous paraît que le soupçon de négliger ce poème n'a plus de justification.

Application à Baudelaire

Nous ne gagnons pas toujours à unir beaucoup d'alvéoles, parce que l'esprit néglige alors quelque détail. Avec (symboles{}Qui), (Qui{}l'), (symboles{}observent), (symboles{}avec), (symboles{}regards) nous avons ainsi le temps de remarquer la possibilité que l'auteur ait d'abord imaginé “…l'homme y passe à travers des forêts de symboles qu'il observe avec des regards familiers.” Il aurait ensuite noté l'intérêt poétique de mettre «…L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
»

§491
Théorie

Une alvéole qui emploie un sens de reps -ou encore une partie de lui- est désignée comme rétive. Les formes (Nature{}N), (expansion{}expansi-on) montrent cela. De même font, pour “vis-à-vis du vice restons coi”, les gommes (vis{}vice) et (vis…vis{}vice). Donnons encore (vas ture{}lentement) relativement à “où vas ture si lentement?”

Méthode

En procurant à notre débat quelques phrases d'aujourd'hui, nous leur donnons juste un statut d'éclairages intéressants, comme à tout ce que fournit l'époque de „Correspondances“, et nous avouons qu'une patience plus grande aurait permis de ne renvoyer qu'à des ouvrages publiés en ce temps. 215

Application à Baudelaire

Afin d'expliciter la foule de sous-entendus, que Baudelaire a laissés, nous devons par moments construire, autour de quelques images, dix exemples qui ne viennent pas de lui, dans le but de mieux revenir au tas. Ainsi l'auteur ne décrit pas, dans le sonnet, la corruption qu'il évoque, bien qu'ailleurs il s'explique davantage [702]: «J'ai entendu dire à un poète ordinaire de la Comédie-Française que les romans de Balzac lui serraient le cœur et lui inspiraient du dégoût; que, pour son compte, il ne concevait pas que des amoureux vécussent d'autre chose que du parfum des fleurs et des pleurs de l'aurore.» La senteur fraîche, quand elle reste seule, atteint vite l'insuffisance, donc les quatorze vers pourraient suggérer qu'il faut une sorte d'exploration allant d'un extrême à l'autre, pour que l'art se développe.

§492
Théorie

Dans une gomme sans alvéole rétive, une crise consiste dans une situation où, concernant la première apparition d'une signification dite au sein du tas, le public soupçonne le créateur de vouloir se faire mal comprendre, nuisant ainsi lui-même irrémédiablement à l'intelligence du tas qu'il avance. Le brassage discutable de nœuds dépourvus de reps conduit à cette crise.

Méthode

Un reps étant une intrusion, il pose toujours un problème, au moins léger, mais il n'atteint pas le niveau de la crise, parce qu'il ne dit rien explicitement, donc reste ambigu. Ce vague des images de reps accompagne le fait qu'il n'existe pas d'infiltration pour elles, faute de précision dans ce qui est grevé.

Application à Baudelaire

Inventons une crise pouvant revenir en mémoire aisément au long de nos exercices, avec un rail qui soit un récit commençant par: “Le prince était un dieu…” Cela nous oblige à envisager un sous-entendu interne à “dieu”. En supposant l'idée sous-jacente “être supérieur doté d'un grand pouvoir”, nous obtenons dans les deux pions, “dieu” et “prince”, une infiltration “doté d'un grand pouvoir” ce qui suffit à obtenir le brassage. Puisque nul exemple religieux n'est fourni, nous évitons l'illustration. Au contraire quand nous donnons, vis-à-vis de (Nature{}temple), un sens caché du genre “édifice construit par Dionysos pour ses propres fins”, nous allons beaucoup trop loin dans le détail et atteignons l'exemple interprétatif [525].

§493
Théorie

Une porte consiste dans une idée utilisée à l'époque du tas, et capable de surmonter une crise. Elle doit montrer sa cohérence avec ses pareilles, et eu égard aux vues fournies par le créateur, ainsi que la plus grande simplicité possible.

Méthode

Nous devons avoir ici, avec un risque d'erreur négligeable, un sens minimum qu'auteur et public ont dû ajouter mentalement au sein de quelque alvéole, de manière à établir une infiltration.

Application à Baudelaire

Il existe pourtant des cas où on doute que l'opinion d'un artiste devienne accessible, tant elle semble varier. Claude Pichois fait état de pensées baudelairiennes qui nous placent devant un contraste saisissant, échos très éloignés d'une même forme d'esprit, qu'on appréhende mal. Citant par endroits un socialiste chrétien, le poète note [613]-[674]: «Il est impossible, à quelque parti qu'on appartienne, de quelques préjugés qu'on ait été nourri, de ne pas être touché du spectacle de cette multitude maladive respirant la poussière des ateliers, avalant du coton, s'imprégnant de céruse, de mercure et de tous les poisons nécessaires à la création des chefs-d'œuvre, dormant dans la vermine, au fond des quartiers où les vertus les plus humbles et les plus grandes nichent à côté des vices les plus endurcis et des vomissements du bagne; de cette multitude soupirante et languissante à qui "la terre doit ses merveilles"; qui sent "un sang vermeil et impétueux couler dans ses veines", qui jette un long regard chargé de tristesse sur le soleil et l'ombre des grands parcs, et qui, pour suffisante consolation et réconfort, répète à tue-tête son refrain sauveur: "Aimons-nous!…"» Quelques années avant, l'écrivain demandait [613]-[703]: «Avez-vous éprouvé, vous tous que la curiosité du flâneur a souvent fourrés dans une émeute, la même joie que moi à voir un gardien du sommeil public, -sergent de ville ou municipal, la véritable armée,- crosser un républicain? Et comme moi, vous avez dit dans votre cœur: "Crosse, crosse un peu plus fort, crosse encore, municipal de mon cœur; car en ce crossement suprême, je t'adore, et te juge semblable à Jupiter, le grand justicier. L'homme que tu crosses est un ennemi des roses et des parfums, un fanatique des ustensiles; c'est un ennemi de Watteau, un ennemi de Raphaël, un ennemi acharné du luxe, des beaux-arts et des belles lettres, iconoclaste juré, bourreau de Vénus et d'Apollon! Il ne veut plus travailler, humble et anonyme ouvrier, aux roses et aux parfums publics; il veut être libre, l'ignorant, et il est incapable de fonder un atelier de fleurs et de parfumeries nouvelles. Crosse religieusement les omoplates de l'anarchiste!"» Certes, Balzac nous éclaire sur le milieu du journalisme [64]: «N'avez-vous pas un immense avenir, si vous obéissez aveuglément aux haines de position, si vous attaquez quand Finot vous dira: Attaque! si vous louez quand il vous dira: Loue!» Toubin, qui, aidé par son frère, avait financé en 1848 une feuille révolutionnaire, livre un autre point de vue [616]: «Baudelaire, dans la tête de qui rien n'était inconciliable, fit pieusement hommage d'un exemplaire à l'archevêque et en porta démocratiquement un autre à Raspail…»

§494
Théorie

A l'échelle du tas entier, une porte amène de l'inertie: un sens d'arrière-plan conforme à elle-même. Quand nulle autre menace pour l'intelligence ne se fait jour dans le contexte, la porte reste, malgré cette persistance, inemployée ailleurs que dans la crise surmontée par elle. Partout règne le sens ordinaire des alvéoles, car il suffit en chaque gomme à procurer le brassage.

Méthode

On doit se rappeler que les ouvrages d'imagination doivent être premièrement décrits à leur niveau de subjectivité, individuelle ou collective, même si au milieu des pics restent des butoirs. Quand Cyrano affirme que des êtres de notre satellite naturel sont venus visiter la Terre, et qu'un mathématicien fameux les y a vus, inévitablement on examine au départ le sens des propos, avant de considérer la chose dont il est question [222]: «J'étais de retour à mon logis et, pour me délasser de la promenade, j'étais à peine entré dans ma chambre quand sur ma table je trouvai un livre ouvert que je n'y avais point mis. C'était les œuvres de Cardan; et quoique je n'eusse pas dessein d'y lire, je tombai de la vue, comme par force, justement dans une histoire que raconte ce philosophe: il écrit qu'étudiant un soir à la chandelle, il aperçut entrer, à travers les portes fermées de sa chambre, deux grands vieillards, lesquels, après beaucoup d'interrogations qu'il leur fit, répondirent qu'ils étaient habitants de la Lune et, cela dit, ils disparurent.»

Application à Baudelaire

La notion d'images floues accompagnant le sens principal s'emploie aisément. Si pour le créateur la fraîcheur partage quelque chose avec l'enfance, il semble admettre aussi une transition au vert.

§495
Théorie

Dans une situation où on redoute une crise, après une autre déclarée puis résolue, on se tourne vers la porte déjà inventée, afin de voir si un moyen existerait là d'échapper à un danger voisin. L'aplomb est formé par le contenu, réemployé avec succès, d'une porte utilisée auparavant. La compréhension étant produite, on cesse de prêter au créateur la volonté de nuire absolument à l'intelligence de son propre texte. La signification d'aide reste identique dans la porte et l'aplomb, mais dans le dernier cas on évite la déclaration de toute crise nouvelle. Imaginons une porte “êtres dans lesquels on croit deviner une pensée” concernant “piliers” dans la gomme (paroles{}piliers) avec un rail possédant les mots initiaux “Des paroles s'échappent de piliers vivants…” On discerne que la porte servirait bien à nouveau concernant (piliers{} vivants) et donc il y aurait un aplomb.

Méthode

Devant cette façon pour un auteur de placer dans un texte maintes énigmes, on saisit que l'intuition générale immédiate ne saurait en découvrir l'étendue, ce qui oblige à essayer cent idées au contact de mille cas. Certes, l'abstraction réglée, quand elle parvient à surgir de l'expérience, grâce aux raisons unissant les vues, donne un moyen supérieur d'explorer un objet. Pourtant, on peut imaginer que l'arrivée à ce niveau, où les notions, encastrées à côté de leurs voisines dans un tout, viennent docilement effectuer leur fonction dès qu'on a besoin d'elles, exige auparavant des heures de suppositions, essais, déconvenues, rectifications et nouvelles tentatives.

Application à Baudelaire

Élevé dans un milieu féru d'art, le poète s'est exercé à l'esthétique du mot. Il a disposé «confuses» puis «confondent» en un motif bientôt de retour avec «ténébreuse», «profonde», «Vaste» et «corrompus», semblable au peintre, qui place ici et là du rouge afin que le spectateur en garde un sentiment, ou pareil au compositeur qui procure des thèmes à suivre au fil d'un concerto. Simultanément, rien de cela n'est complètement distinct, et l'image nous vient du parfum se répandant sur de nombreuses choses dans un milieu -jardin, femme, homme, fabrique, campagne ou ville- mais apprécié différemment par les divers connaisseurs, en raison de leurs propres expériences ou formes natives de pensée.

§496
Théorie

Nous classons uniquement les gommes de type (E{}F), et y voyons trois genres: étau, flèche, bond. Chacun des premiers ne possède qu'une seule forme, tandis que le bond profite de trois espèces à lui seul. En tout cinq variétés existent donc pour le type (E{}F). L'étau voit une alvéole rétive liée à autre chose. Ainsi le N et «Nature» sont unis dans (Nature{}N). De manière un peu différente (Comme¹… comme¹… comme²…comme³…comme’¹…comme’²…Comme²{}échos) laisse imaginer que le créateur voulait produire un écho dans le texte [669].

Méthode

De même que la production artisanale ne peut se développer qu'en s'organisant, nous devons guider nos efforts en dénombrant les catégories de gommes, pour mieux comprendre les problèmes que pose chacune. Le modèle des techniques célèbres par leur succès nous mène lentement, au sein des calculs, à fournir une cohérence plus étendue aux traitements essayés. Souvent loin que d'immenses obstacles nous arrêtent d'un coup, de très minces défient les analyses déjà faites et ils peuvent être surmontés par des conventions. Une difficulté se lie à dix autres dont nous gardons le souvenir, et l'ordre presque systématique de pensée se voit lentement par une solution groupée. La simple coordination des objectifs de traitement constitue donc un progrès indispensable de la pensée chercheuse, parce qu'elle rend aiguë la conscience de l'ensemble des acquis, par lesquels une inconséquence verra son cas réglé de manière tâtonnante, bien qu'ajustée aux façons de procéder antérieurement mises à exécution.

Application à Baudelaire

Les façons de réfléchir d'un poète doivent beaucoup aux effets de la mémoire, s'attachant à des jeux de sonorité, donc à des ressemblances pleines de sens. Avoir semé tant de «comme» semble refléter deux fois le dessein créateur, avec une première idée touchant la similitude, puis une intuition qui suggère que l'analogie se répercute partout.

§497
Théorie

La flèche constitue la gomme par excellence, le repère auquel on se fie en cas de trouble, car elle paraît élémentaire. En effet au sein du tas, les deux sens qu'elle unit sont liés par contact entre alvéoles.

Méthode

Dans “elle cueille la fleur” on justifie aisément (cueille{}fleur), puisque “la” ne donne pas un sens de front, comme le style télégraphique, dans “elle cueille fleur”, en témoigne. Il n'existe donc, entre les alvéoles de la flèche, aucune idée possédant une valeur décisive quant au fond.

Application à Baudelaire

Les fleurs, en leur beauté ou parfum, servent parfois la corruption, comme le montre l'usage que Néron en faisait dans la «Maison dorée», au témoignage de Suétone [601]-[943]: «…la demeure était si vaste qu'elle renfermait des portiques à trois rangs de colonnes, longs de mille pas, une pièce d'eau semblable à une mer, entourée de maisons formant comme des villes, et par surcroît une étendue de campagne, où se voyaient à la fois des cultures, des vignobles, des pâturages et des forêts, contenant une multitude d'animaux domestiques et sauvages de tout genre; dans le reste de l'édifice, tout était couvert de dorures, rehaussé de pierres précieuses et de coquillages à perles; le plafond des salles à manger était fait de tablettes d'ivoire mobiles et percées de trous, afin que l'on pût répandre d'en haut sur les convives soit des fleurs soit des parfums; la principale était ronde et tournait continuellement sur elle-même, le jour et la nuit, comme le monde…»

§498
Théorie

La première espèce de gomme à bond est le méandre. On saute là un pion ou plusieurs, mais alors en tout petit nombre, pour aussitôt revenir à eux, au moyen d'autres liens. Par un tel stratagème on évite des alvéoles qui rendraient la description du tas moins nette. Dans “elle a préféré le plus jeune” on traite (préféré{}jeune), (plus{}jeune).

Méthode

Les diverses langues n'adoptant pas le même ordre pour l'énonciation des images, rendre clair ce qu'est un détour s'avère tellement difficile que chacune des nations est tentée de s'attaquer au problème séparément.

Application à Baudelaire

Pour le vers «Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants…» le méandre (frais{}chairs), délaisse «comme», pour affiner ensuite l'analyse par (comme{} chairs) ou (frais{}comme). On remarquera le ton du métaphysicien: «Il est» et non “Il existe”. La conception prétend aller au fondement de quelque chose, ce que la fin du poème confirme, puisqu'elle accomplit une transition de l'innocence vers la corruption. Quant à lui, Ronsard semble avoir pensé que le service de son roi lui facilitait l'accomplissement de ses devoirs [869]: «Soyez mon phare et gardez d'abysmer
Ma nef qui flotte en si profonde mer.
»
Baudelaire a pu se guider, pour la fraîcheur, sur le poète de la Renaissance [868]: «Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
»
Le neuvième vers de „Correspondances“ où on croit entendre “Il est des parfums neufs comme des chairs d'enfants…” rappelle aussi un tableau de Raphaël ¨la Vierge à la chaise¨, qui nous offre, avec deux visages nettement accolés, la fusion des carnations d'un enfant et d'une mère [963]. On imagine la senteur mêlée d'un couple d'éléments rustiques, foin et lait, qui les accompagne.

§499
Théorie

La deuxième forme de bond est constituée du grappin, qui se définit par un connecteur logique, permettant de sauter par-dessus un grand nombre d'alvéoles. Pour “la corruption avait lentement pris en ce milieu bohème une telle profondeur, mais encore mal perçue, qu'elle devait, poussée en avant par les tracasseries de l'hiver, emporter la plus mince lueur de bonté vers les abîmes de la rivalité, creusés par les relations avec les illustres protecteurs, et faire oublier leur amitié première, à ceux qui le formaient”, le grappin (milieu{}le) se justifie, puisque “le” vaut pour “milieu”.

Méthode

Dès que le principal motif d'union rationnelle disparaît, faute notamment d'une grammaire nette, les alvéoles prennent quelque liberté, donc le brassage s'en trouve aussitôt ruiné, par manque d'un rappel intelligible du sens devenu lointain.

Application à Baudelaire

La corruption étend son empire à des milieux très divers, et Saint-Évremond nous étonne par son témoignage personnel sur l'état nobiliaire [886]: «J'ai passé, messieurs, par toutes les conditions; et après une exacte réflexion sur la vie, je ne trouve que deux choses qui puissent occuper solidement un homme sage: le soin d'acquérir et celui de conserver. L'honneur n'est qu'un entêtement de jeunes gens: c'est par là qu'on commence sa réputation quand on est fou, et on la finit par ce qu'on appelle "corruption", sitôt qu'on est sage.»

§500
Théorie

La fronde se présente comme l'espèce ultime du genre à bond, et là c'est un durcisseur qui autorise à franchir de nombreuses alvéoles.

Méthode

Le connecteur logique se forme d'un rappel, comme "ce dont nous parlions au paragraphe initial", tandis que le durcisseur est par exemple une rime unissant les mots qui la contiennent, et par suite les images représentées.

Application à Baudelaire

Ainsi, deux notions dites par des mots en situation de rimer immédiatement l'un avec l'autre, comme dans (prairies{}infinies), composent une fronde, malgré le changement de ton du poème au onzième vers. Les premières fragrances, douces, avaient de faibles moyens de voyager, mais les «autres» ont la portée redoutable, immense “des chausses infinies” [572]. Baudelaire a su envisager le pouvoir sur les consciences qu'ont certains produits [657]-[658]-[960]: «Samuel et la Fanfarlo avaient exactement les mêmes idées sur la cuisine et le système d'alimentation nécessaire aux créatures d'élite. Les viandes niaises, les poissons fades étaient exclus des soupers de cette sirène…Quant à la question des sauces, ragoûts et assaisonnements, question grave et qui demanderait un chapitre grave comme un feuilleton de science, je puis vous affirmer qu'ils étaient parfaitement d'accord, surtout sur la nécessité d'appeler toute la pharmacie de la nature au secours de la cuisine. Piments, poudres anglaises, safraniques, substances coloniales, poussières exotiques, tout leur eût semblé bon, voire le musc et l'encens. Si Cléopâtre vivait encore, je tiens pour certain qu'elle eût voulu accommoder des filets de bœuf ou de chevreuil avec des parfums d'Arabie. Certes, il est à déplorer que les "cordons bleus" d'à présent ne soient pas contraints par une loi particulière et voluptuaire à connaître les propriétés chimiques des matières, et ne sachent pas découvrir, pour les cas nécessaires, comme celui d'une fête amoureuse, des éléments culinaires presque inflammables, prompts à parcourir le système organique, comme l'acide prussique, à se volatiliser comme l'éther.»

§501
Théorie

Le module que possède la gomme n'est autre que la vraisemblance de cette proposition: “dans le passage du tas où se fonde la gomme, le créateur a voulu obtenir la cohérence des alvéoles”. Cette valeur consiste dans 1/γελξ avec, au dénominateur, les rubans ou critères numériques d'invraisemblance: γ, gamma; ε, epsilon; λ, lambda; ξ, ksi.

Méthode

On saisit que le calcul par les rubans est une façon juste régulière de s'assurer que les coutils employés sont bien des gommes. Plus généralement, on cherche, par guidages multiples, à secourir l'intuition, à tout moment éprouvée par des obstacles auxquels il faut remédier au moyen de clauses ou précisions, dont on était deux jours avant complètement incapable. On doit néanmoins comprendre pourquoi reste vivace l'idée qu'une doctrine, conçue loin des interminables essais, puisse traiter de l'expérience ou d'une idée s'y appliquant. Les meilleurs esprits ont souvent bénéficié de générations précédentes ayant mis au point une conception plus tard amplifiée par eux, les rendant capables d'aborder mille affaires en trois lignes. N'ayant pas connu les cent ajustements aux choses pénibles, ou aux cas de figure vexants, qui ont donné leurs propres lumières, et n'ayant pas eu le temps de se heurter à de nouveaux ennuis dans l'immensité du réel foisonnant, ils ont hâtivement conclu, de leur succès effectif, des vues illusoires. D'autres, étrangers à toute connaissance du nombre colossal des observations à réaliser, chères uniquement aux essayeurs, et pourtant mis au courant de résultats impressionnants obtenus devant le concret par impeccable raison, imaginent que la réussite vient juste de la belle supériorité d'une âme bien faite, qui découvre d'un seul coup sans erreur ce qui est caché par l'expérience confuse aux misérables besogneux, à leur avis lamentablement occupés d'objets mesurables.

Application à Baudelaire

Nous comprenons, devant (répondent{}expansion), que ce n'est pas une gomme à très haute vraisemblance, de par le manque de connecteur et la forte distance interne. La pensée de fond semble moins fragile, puisque la notion de réponse accompagne bien l'image de l'expansion. Inversement, si un produit aux infimes parties arrive à s'introduire au sein des nerfs, il change l'esprit, donc les façons de répondre aux questions. Baudelaire notait [718]-[794]: «Edgar Poe dit, je ne sais plus où, que le résultat de l'opium pour les sens est de revêtir la nature entière d'un intérêt surnaturel qui donne à chaque objet un sens plus profond, plus volontaire, plus despotique.»

§502
Théorie

Le ruban initial est la roue, (γ), qui mesure le brassage, ce qui amène γ=2 quand le rapport des nœuds mène à une grave difficulté, sans porte ni aplomb. Au contraire γ=1 se montre nécessaire à deux occasions. D'abord, avec un créateur qui a envisagé miroitement, accroc, infiltration ou connecteur, sans vouloir ponctuellement cacher cette conception à son public. Ensuite lorsqu'une sorte d'énigme grave est mise sur pied, mais qu'on découvre une porte ou un aplomb.

Méthode

Aplomb et porte ne ressemblent pas du tout à une glose d'atténuation, car celle-ci s'avère bien plus modeste, ne réalisant qu'une liaison entre des termes. En dépit de son extrême prudence, la porte suppose des images qui ne sont plus directement prises au tas, mais qu'on doit imaginer comme sous-entendues par lui.

Application à Baudelaire

La représentation des «symboles» qui «observent» empêche de parler de brassage, puisqu'on ignore quel sens peut avoir l'idée. On doit alors chercher une solution qui reste aussi peu novatrice que possible, afin de ne pas substituer un autre texte à l'original, de sorte qu'il s'agit de trouver le moyen d'inventer le moins possible, mais avec efficacité. Pour aboutir on se guide sur la pensée commune des gens cultivés de l'époque, car ils forment le public de l'auteur. Ils parlent d'analogies en maints domaines, comme le montre Joseph Fourier quand il fait l'éloge de l'analyse mathématique [398]: «Elle rapproche les phénomènes les plus divers, et découvre les analogies secrètes qui les unissent.» Le savant poursuit [399]: «…elle suit la même marche dans l'étude de tous les phénomènes; elle les interprète par le même langage, comme pour attester l'unité et la simplicité du plan de l'univers, et rendre encore plus manifeste cet ordre immuable qui préside à toutes les causes naturelles.»

§503
Théorie

Le flux (ε) vaut 2 en cinq situations, toutes relatives aux alvéoles. D'abord, nous obtenons ε=2 si nous prenons comme alvéole quelque autre sens du tas. Ainsi pour (de{}longs échos) ou (Comme de{} longs échos), le flux vaut 2, car il fallait juste (Comme{}longs échos), puisque dans une telle situation «de» n'appartient aucunement aux sens de front et se trouve mis de côté dans le style télégraphique. La deuxième affaire donnant ε=2 voit une gomme qui possède au moins une alvéole dont le sens est emprunté à un reps ayant une manse inférieure à ½. Le troisième cas touche des alvéoles employées, au sein de la gomme, dans une succession différente de l'ordre fourni par le tas. Le quatrième dispositif méritant ε=2 montre des alvéoles distantes au sein du tas, mais utilisées ensemble dans une même gomme, sans connecteur pour justifier cela et donc malgré la suite réglée de l'écrou. Une dernière possibilité de constat ε=2 intéresse l'oubli entier, dans l'écrou, d'une alvéole qui aurait mérité un examen à l'étape considérée.

Méthode

Nous froissons la pensée courante par une définition étroite des alvéoles, et inversement, nous paraissons gaspiller beaucoup de temps à nous occuper de combinaisons peu fréquentes, comme l'usage des reps au milieu des vocables reconnus. Mais d'une part, il nous faut alléger un processus d'analyse déjà très lourd, et par ailleurs, beaucoup de choses ordinaires d'un texte deviennent plus nettes, après enquête sur quelque dispositif rare.

Application à Baudelaire

Le module de (Comme¹… comme¹…comme²…comme³…comme’¹…comme’²…Comme²{}échos) ne vient à l'esprit que par l'examen du reps (Comme¹…comme¹…comme²…comme³…comme’¹…comme’²…Comme²/-¦¦¦¦-/insistance). 220

§504
Théorie

Le pavillon, (λ), mesure la distance de tout ce qui se trouve dans la gomme. Pour le cas d'une continuité de sens on admet λ=1. Si le contact s'avère plus vague, on détermine le nombre (λ) autrement. La réunion entre idées peut avoir été mise là pour être devinée: cela fait 1 possibilité. Ce lien est susceptible de flou dès l'origine: nous avons 1 autre situation pouvant arriver. Ainsi 2 éventualités existent déjà. Il faut y ajouter 1 troisième cas, pour une illusion entière. La certitude, à cet égard, se renforce d'autant que les dizaines (10) de fronts (n) séparent les alvéoles, parce que le risque d'oubli fait diminuer la vraisemblance du lien créateur. En tout λ=2+(1(n/10)) constitue donc la quantité cherchée.

Méthode

Un raisonnement voisin a déjà été fourni au paragraphe 36, tout aussi péniblement. Si d'aventure on pouvait dépasser un jour, au moyen de mathématiques effectives, de telles justifications, il faudrait sans doute revoir les mesures proposées, en ce qu'elles ont été gagnées de manière tâtonnante.

Application à Baudelaire

Examinons la gomme (familiers{}échos). Le familier possède un air d'écho, puisqu'il revient, mais cela n'enlève pas les 2 fronts, «Comme» et «longs», entre les alvéoles: “…L'homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l'observent avec des regards familiers./////Comme (de) longs/////échos qui de loin se confondent…” De là suit une valeur λ=2+(1(2/10))=2+(2/10)=2,2. Baudelaire aspirait à quelque familiarité avec Delacroix, dont il éprouvait le génie comme voisin du sien. Même, il en défend les intérêts en renonçant à le compromettre dans une polémique dangereuse pour ses commandes [716]: «Jamais artiste ne fut plus attaqué, plus ridiculisé, plus entravé. Mais que nous font les hésitations des gouvernements (je parle d'autrefois), les criailleries de quelques salons bourgeois, les dissertations haineuses de quelques académies d'estaminet et le pédantisme des joueurs de dominos?»

§505
Théorie

Le train (ξ) est fixé à 1 dès que nulle crise ou aplomb ne concerne la gomme traitée. Quand le contraire survient, sept cas permettent la quantité ξ=2. Le premier s'offre avec une situation où on a défini un obstacle mais aucune porte. Le deuxième se présente avec une porte qui s'avère opposée au contexte ou incapable de se lier au sens à prolonger. Le troisième vient d'une solution incompatible avec une autre utilisée dans l'écrou. Le quatrième touche la situation où, ailleurs dans l'écrou, et en une affaire semblable, on a refusé tant crise qu'aplomb. Le cinquième cas voit un sens illusoirement proposé comme salvateur, mais qui serait une illustration. Dans le sixième cas on a exclu aplomb et crise, mais on a deux alvéoles à nœud différent, qui sont les termes d'un même heurt à filière 1 ou ½. Avec le septième dispositif on a déclaré une crise ou un aplomb, tandis que nul couple d'alvéoles, prises en des nœuds différents, ne forme les termes d'un même heurt à filière 1 ou ½.

Méthode

Vu qu'un heurt de filière 1 recèle quelque paradoxe, on s'attend intuitivement à le voir provoquer une crise ou un aplomb, même si le détail des affaires mesurées varie. Concernant les autres heurts, la logique a moins de contraintes, puisque déjà pour un conflit atteignant une filière ½ il n'existe qu'une chance sur 2 qu'il soit un réel choc de sens.

Application à Baudelaire

On imagine avec peine (corrompus{}encens) rester incapable de mener à une crise. L'atténuation vb(encens~sens) vb(sens~corrompus) ne constitue pas une solution, mais uniquement un éclairage soigneux obtenu par le biais du contexte. La surprise reste identique à elle-même, toujours aussi étonnante, car on a l'image du parfum d'église revêtant les habits du mal. Certes, Baudelaire s'étant référé aux prairies, on se retrouve devant la vieille opposition entre le premier monde humain et l'invention urbaine, tardive, mais cela ne fait pas un moyen suffisant d'explication. Maints passages bibliques, dans l'un et l'autre sens, reviennent en mémoire. D'un côté [137]: «Je suis le narcisse de Saron, le lis des vallées.» Par ailleurs [127]«…le pays est rempli de sang et la ville est pleine de perversion.» En contraste, on pense aux verts qu'a employés Poussin, dans le ¨Paysage aux deux nymphes¨ [954]. La faiblesse de vendre ses charmes, dans la cité aux mœurs douteuses, évoque l'attirail de la séduction [746]-[[1140]]: «Au milieu des flacons, des étoffes lamées
Et des meubles voluptueux,
Des marbres, des tableaux, des robes parfumées
Qui traînent à plis paresseux,
Dans une chambre tiède où, comme en une serre,
L'air est dangereux et fatal,
Où des bouquets mourants dans leurs cercueils de verre
Exhalent leur soupir final,
Un cadavre sans tête épanche, comme un fleuve,
Sur l'oreiller désaltéré
Un sang rouge et vivant, dont la toile s'abreuve
Avec l'avidité d'un pré.
Semblable aux visions pâles qu'enfante l'ombre
Et qui nous enchaînent les yeux,
La tête, avec l'amas de sa crinière sombre
Et de ses bijoux précieux,
Sur la table de nuit, comme une renoncule,
Repose; et, vide de pensers,
Un regard vague et blanc comme le crépuscule
S'échappe des yeux révulsés.
Sur le lit, le tronc nu sans scrupules étale
Dans le plus complet abandon
La secrète splendeur et la beauté fatale
Dont la nature lui fit don;
Un bas rosâtre, orné de coins d'or, à la jambe
Comme un souvenir est resté;
La jarretière, ainsi qu'un œil vigilant, flambe
Et darde un regard diamanté.
Le singulier aspect de cette solitude
Et d'un grand portrait langoureux,
Aux yeux provocateurs comme son attitude,
Révèle un amour ténébreux,
Une coupable joie et des fêtes étranges
Pleines de baisers infernaux,
Dont se réjouissent l'essaim des mauvais anges
Nageant dans les plis des rideaux;
Et cependant, à voir la maigreur élégante
De l'épaule au contour heurté,
La hanche un peu pointue et la taille fringante
Ainsi qu'un reptile irrité,
Elle est bien jeune encor! -Son âme exaspérée
Et ses sens par l'ennui mordus
S'étaient-ils entr'ouverts à la meute altérée
Des désirs errants et perdus?
L'homme vindicatif que tu n'as pu, vivante,
Malgré tant d'amour, assouvir,
Combla-t-il sur ta chair inerte et complaisante
L'immensité de son désir?
Réponds, cadavre impur! et par tes tresses roides
Te soulevant d'un bras fiévreux,
Dis-moi, tête effrayante, a-t-il sur tes dents froides
Collé les suprêmes adieux?
-Loin du monde railleur, loin de la foule impure,
Loin des magistrats curieux,
Dors en paix, dors en paix, étrange créature,
Dans ton tombeau mystérieux;
Ton époux court le monde, et ta forme immortelle
Veille près de lui quand il dort;
Autant que toi sans doute il te sera fidèle,
Et constant jusques à la mort.
»

§506
Théorie

Le profil d'un écrou n'est autre que le produit composé par les modules de ses gommes ou la vraisemblance de la proposition “le créateur a voulu obtenir la cohérence des alvéoles du tas”. Selon cette perspective on élargit encore la notion de rivetage, dans le but d'exclure tout profil inférieur à 1/16.

Méthode

Une illustration qui ne bénéficie d'aucun butoir est justement de vraisemblance négligeable, vu qu'elle prend trop de risques pour que la critique l'approuve sans défaillance. Avec l'exigence du paragraphe 490, venue de l'aspiration à quelque sobriété, d'exclure des alvéoles toute illustration, la précaution d'éviter chaque illustration dépourvue de butoir est comme prise d'avance.

Application à Baudelaire

Dès le paragraphe suivant, au sens minimum, on ajoutera un couple d'interprétations matérielles du tas, en les conduisant jusqu'au bout, malgré leur extrême fragilité. Elles ne possèdent aucune valeur calculable, ne montrant que la souplesse du poème, qui supporte d'être aperçu, non seulement de plusieurs façons pour chaque ligne, mais aussi d'un bout à l'autre, par le biais d'images différentes et prolongées. Cela fait voir d'une part que l'emploi des nombres ne s'accompagne aucunement de quelque humeur chagrine opposée à l'imagination et par ailleurs qu'on évite la notion d'une illustration dépourvue de butoir, meilleure que toutes les autres, quant à l'ensemble des aspects du texte. Malheureusement, chacun pourra constater qu'une grande part de répétition est nécessaire, puisqu'il faut garder à l'esprit, outre le sens de base, deux points de vue difficiles à saisir et à distinguer, cela pendant cinquante-deux paragraphes. En outre nulle garantie de fidélité aux idées que l'auteur a envisagées n'existe, car une fois le sens minimum écarté, la rigueur se trouve abolie à de nombreux égards.

§507
Théorie

Nous hésitons entre (Correspondances{}répondent) et (Correspondances{}Nature), quant au commencement de l'écrou. «Nature» suit «Correspondances», parmi les fronts, mais cette gomme nous condamnerait à un pavillon de l'espèce λ=2+(1(n/10)), parce que le premier vers souffre d'une coupure vis-à-vis du titre. Même si la faible séparation demande la mesure λ=2+(1(0/10))=2, le module 1/γελξ ne peut, avec λ=2, s'affranchir de 1/λ=½ qui l'accompagne comme son inverse, donc il ne saura dépasser lui-même ½. À son tour le profil de l'écrou sera de maximum ½ puisqu'un de ses modules descendra jusque-là. Heureusement, nous avons le moyen de choisir un écrou différent, avec initialement la gomme (Correspondances{}répondent). La roue γ=1 se justifie, car l'infiltration “réponse”, qui vaut pour «Correspondances» et «répondent», se trouve facilement compréhensible grâce aux marques intérieures des vocables: “respond”, “répond”. La communauté de racine abolissant le risque de béance, le flux ε=1 se montre certain. Le même durcisseur garantit le pavillon λ=1, vu que la distance est annulée par le couplage “respond-répond”. Avec une pareille solidarité nulle crise ne survient, donc le train vaut ξ=1 et il en résulte la formation d'un module 1/γελξ=1/(1)(1)(1)(1)=1 pour la gomme (Correspondances{}répondent).

Méthode

De nombreux écrous étant possibles, relativement à un même tas, nous pouvons en chercher un qui soit de profil maximum, sans trahir la signification originale. Toute la notion d'interprétation d'une œuvre non scientifique vient de ce que tel silence partiel d'un ensemble de signes autorise, sans opposition à lui, plusieurs options. Nous allons vers plus de rigueur en confrontant les profils des multiples écrous nés de là, du fait que les avantages de certains choix se font voir au moyen de quantités numériques.

Application à Baudelaire

Avançons que les grandes réalisations des arts divers ont des liens très forts, et que chacun des plus féconds génies, par ses hauts faits esthétiques, répond aux exploits des autres. -Ou encore: dans le sanctuaire de l'amour idéal qu'est le beau corps féminin universel et abstrait, chaque objet répond à un autre, pour former un ensemble tissé de correspondances.

§508
Théorie

La roue γ=1 de l'étau (Nature{}N) va de soi, puisque le sens du N, qui doit concerner quelque chose comme l'importance, peut être jugé miroiter avec «Nature». Pour le flux, il vaut ε=1 du fait que le reps (N-¦¦¦¦-importance) obtient une manse de valeur 1. Le pavillon λ=1 ne fait aucun doute, étant donné le fort contact des alvéoles. L'absence de crise permet au train de se fixer à ξ=1. On aboutit par conséquent au module 1/γελξ=1/(1)(1)(1)(1)=1/1=1.

Méthode

C'est au paragraphe 448 qu'a été fournie la manse du reps auquel on s'est ici référé pour obtenir le flux de la gomme analysée.

Application à Baudelaire

Toute réalisation artistique vient du choix intelligent de la beauté, au sein de la concrète “nature”. Ce processus, né d'un temps, milieu et personnage, obtient une réalité seconde: «Nature». Elle procure aux hommes une satisfaction que réclame leur imagination. -Ou encore: «Nature» est le corps féminin universel et parfait, le sanctuaire de l'amour idéal, élaboré dans les innombrables rêveries esthétiques.

§509
Théorie

Voyons quel module possède le méandre (Nature{}temple). Sa compréhension rencontre un grave obstacle, donc se déclare ici une crise. La porte se trouve dans l'ajout “édifice comme divin”, prolongeant la notion de «Nature». Cela donne pour le créateur et son public “La Nature, édifice comme divin, est un temple.” L'infiltration “édifice” vaut désormais pour les deux alvéoles, «Nature» et «temple», ce qui fait gagner une roue valant γ=1. Comme nulle béance ne survient, le flux ε=1 paraît justifié. L'effet d'attribution octroie le pavillon λ=1. La présence du heurt de filière 1, rb(Nature–temple) confère le train ξ=1. Ce choc possède un rang t=1 parce que le texte connecte clairement les notions «Nature» et «temple». L'éloignement intérieur atteint s=1 grâce au fort lien grammatical des idées. Les oscillations arrivent à m=1=w en ce qu'il n'existe pas d'échappatoire à ce conflit entre idées. Le tout fait 1/tsmw=1/(1)(1)(1) (1)=1/1 =1. Par ailleurs on évite de parler d'un édifice particulier illustrant le tas, qu'il s'agisse du sanctuaire de Zeus à Dodone ou du temple sis à Dendérah en Égypte [273]-[487]. Des rubans ξ=λ=ε=γ=1 résulte, pour la gomme (Nature{}temple), un module 1/γελξ=1.

Méthode

L'illustration est atteinte quand est dépassé le sens minimum historique nécessaire pour éviter la crise. Aussitôt que nous recourons à un exemple sans butoir, concernant l'origine du tas, un abus apparaît.

Application à Baudelaire

Construit au fil des millénaires, voué à une perpétuelle célébration du beau, «Nature» est un temple idéal qui rassemble tout ce qui existe comme bibliothèques, musées, conservatoires, académies, palais, églises, collections, cabinets de curiosités antiques ou lointaines, expositions, théâtres, opéras, écoles d'art, villes, boutiques de luxe, forteresses. «Nature» naît par deux sources unies: objet et sujet. D'une part existe le réel divin, faisant que le temple du beau se réfère à plus que lui. Par ailleurs l'art sort de l'individu exceptionnel, inspiré, qui, avec son trésor de pensée, découvre son image du réel. -Ou encore, brillant de la gloire symbolisée par N, le corps féminin, universel et de splendeur abstraite, forme un sanctuaire: visage d'ange constituant un fronton et espace merveilleux où célébrer le dieu amour. 223

§510
Théorie

On doit examiner à présent (Nature{}est) et (temple{}où…piliers). Dans la première gomme, (Nature {}est), l'accroc se comprend, l'auteur déclarant juste son intention d'attribuer un caractère au monde naturel, et donc la roue vaut γ=1. Le flux ε=1 est avéré, puisque nulle béance ne se produit. Le pavillon λ=1 se montre sûr, de par le contact intense unissant les alvéoles. L'absence de crise confère au train le niveau ξ=1 et il en résulte un module 1/γελξ=1. La gomme (temple{}où…piliers) repose uniquement sur la notion ordinaire d'un espace au sein duquel un architecte a fait élever plusieurs colonnes, ce qui justifie une roue γ’=1. Le flux paraît d'abord courir un danger, car on saute «vivants», mais du fait qu'on examinera (vivants{} piliers) nulle béance n'a lieu, et donc ε’=1 convient. Le pavillon acquiert la hauteur λ’=1 de par l'étroit contact des alvéoles dans le texte. On reconnaît au train le plan ξ’=1 parce qu'il ne saurait arriver de crise à (temple{}où…piliers). Cet ensemble de raisons permet le module 1/ (γ’ε’λ’ξ’)=1.

Méthode

Apparemment, il n'y a guère d'intérêt à examiner une suite de termes de la même proposition, puisque d'avance on peut juger que l'accroc s'exercera de l'un à l'autre. Mais il importe de ne pas laisser aller son esprit aux élans de cette complaisante certitude, contre laquelle justement retient la méthode générale mise au point. On finirait sinon par juger intuitivement de tout, malgré le code accepté: comme si on mettait l'essentiel entre parenthèses dans un discours écrit.

Application à Baudelaire

Le musée universel, qui est le temple du beau, reçoit chaque grand style ou colonne. L'expression “salle hypostyle”, soutenue par des colonnes, rappelle qu'un style au départ est un pilier [859]. Comme une pointe à écrire est en forme de petite colonne qu'on tient dans la main, on s'est mis à confondre la tige pointue et la colonne, ce qui a donné le mot de sens peu net “style” désignant aussi le type d'expression [852]. Un grand style, installé devant les visiteurs de l'édifice abstrait, s'élève comme un pilier qui rassemble maints fidèles d'un tour de main, fait pour mieux écrire, peindre ou jouer de la musique. Cette colonne sert de frontière, donnant un repère aux nouveaux talents. -Ou encore: les jambes rêvées de la belle femme idéale, sanctuaire de l'amour physique parfait, semblent d'immenses colonnes polies.

§511
Théorie

Le brassage de la flèche (vivants{}piliers) ne se fait pas comprendre aisément, puisque les piliers, en général sont en pierre, métal ou bois durci et inerte, malgré l'exemple d'Ulysse [454]: «La façon de ce lit, c'était mon grand secret! C'est moi seul, qui l'avais fabriqué sans un aide. Au milieu de l'enceinte, un rejet d'olivier éployait son feuillage; il était vigoureux et son gros fût avait l'épaisseur d'un pilier: je construisis, autour…les murs de notre chambre…et, quand je l'eus munie d'une porte aux panneaux de bois plein, sans fissure, c'est alors seulement que, de cet olivier coupant la frondaison, je donnai tous mes soins à équarrir le fût jusques à la racine, puis, l'ayant bien poli et dressé au cordeau, je le pris pour montant où cheviller le reste; à ce premier montant, j'appuyai tout le lit, dont j'achevai le cadre…» Le public saisit mal ce que présente le vers initial de „Correspondances“, donc se trouve prêt à soupçonner le créateur d'avoir irrémédiablement nui à son propre texte. La crise de (Nature{}temple) avait employé la porte “édifice comme divin”, mais cela ne peut guère nous aider ici, en ce que l'image d'une construction est dispensée de la notion touchant le vivant. Nous déclarons ainsi une crise nouvelle, puis trouvons aisément la porte “animés comme par volonté divine” continuant le sens de «piliers». Le passage devient: “La Nature est un temple où de vivants piliers, animés comme par volonté divine…” Avec l'infiltration “animés”, valant pour les deux alvéoles «vivants» et «piliers», le public n'est plus tenté d'accuser le créateur d'avoir dissimulé sa pensée, donc la roue s'établit au plan γ=1 malgré la crise. Le flux ε=1 se justifie, étant donné que les alvéoles gardent l'ordre qu'elles ont dans le tas. De plus, leur très étroit contact suffit à procurer un pavillon λ=1. Dans le cas d'une porte le train ξ=1 se fixe d'après l'existence d'un heurt de filière 1 ou ½ employant comme termes des alvéoles de la gomme situées en des nœuds différents. Vérifions cette vraisemblance de rb(vivants–piliers). L'affirmation du texte ne souffrant aucun doute, le rang de ce choc s'élève à t=1. L'éloignement intérieur parvient à s=1 vu que le rapport grammatical montre une grande puissance. L'oscillation du terme dit à gauche dans la formule, «vivants», se contente du niveau m=2, à cause d'une possible figure littéraire qui menace d'affaiblir le paradoxe. Les piliers auraient de la vie au sens où leur décoration les rendrait vifs, animés. L'oscillation du terme signalé à droite, «piliers», se borne à w=1, car nul moyen ne se voit ici d'échapper au sens problématique. Le bilan 1/tsmw=1/(1)(1)(2)(1)=½ confère de la sorte ξ=1 comme train à notre module, qui s'installe au plan 1/γελξ=1/(1)(1)(1)(1)=1.

Méthode

En situation de crise, le train ξ=1 ne demande pas nécessairement que toutes les alvéoles appartiennent à un heurt 1, ce qui permet de souligner la différence qui sépare heurts et crises, pourtant intuitivement proches.

Application à Baudelaire

À l'intérieur du temple universel de la beauté, la subjectivité du visiteur lui fait voir comme s'adressant à lui, chaque pilier ou style représentant le génie inventeur d'un tour de main admiré. Cette activité, vue au travers de la pensée la plus intensément féconde, mérite le nom de vie. De surcroît cette animation propage son effet quand le nouvel artiste devient à son tour fécond. -Ou encore: dans le sanctuaire idéal du corps féminin abstrait, les jambes immaculées forment des colonnes d'où s'élance la vie.

§512
Théorie

Le problème du brassage, au sein de la gomme (piliers{}Laissent…sortir) se résout par le sens figuré. On parle couramment de persiennes qui laissent passer un peu de jour, donc la roue γ=1 s'avère tolérable de par un accroc. Comme «parfois» s'insère immédiatement après «Laissent» et avant «sortir», aucune béance ne vient ruiner le commentaire, ce qui autorise le flux ε=1. Le pavillon vaut λ=1 car il existe un puissant contact entre les nœuds. L'absence de crise confère ξ=1 pour valeur de train à cette relation, et le tout débouche sur un module 1/γελξ=1.

Méthode

Le danger qui menace l'interprète, dans la reconnaissance d'une crise, quand la supposition d'une figure de style permet d'expliquer le passage délicat, vient de ce qu'on risque de confondre fond et surface. Il se peut même qu'un amusement du créateur étant alors pris au sérieux, on soit en présence d'un contresens, avec pourtant la meilleure volonté. Mieux vaut donc réserver l'appellation de crise, ou celle de heurt, pour des endroits que le public remarque immédiatement comme difficiles, au lieu de s'attarder sur ceux qu'il saisit d'emblée.

Application à Baudelaire

Le visiteur du temple s'imagine qu'au sein de chaque grand style ou colonne de la beauté, un artiste précédent s'adresse à lui, et que de son esprit vient à s'écouler de façon libre le contenu de l'inspiration. D'après cette idée, que le novice développe, le génie du passé, ayant fait naître un tour de main fameux, n'impose nullement une leçon avec régularité, mais abandonne à leurs forces diverses images, dans une confidence née de l'heureuse rencontre. -Ou encore: dans le corps féminin idéal, sanctuaire de l'amour physique, les colonnes parfaites que sont les jambes expriment le désir.

§513
Théorie

En considérant la roue que possède la flèche (parfois{}sortir), on détermine rapidement un accroc, donnant γ=1 puisque nulle incompréhension ne frappe l'idée que parfois quelque chose surgit d'un point donné. Le flux prend la hauteur ε=1 en ce que nulle béance n'apparaît. La relation grammaticale nette confère le pavillon λ=1. L'absence de crise permet de noter ξ=1 pour le train, et de là vient à se former un module 1/γελξ=1. Au contraire en supposant la gomme (parfois{}toujours) et l'impossibilité de trouver une porte, on obtiendrait γ=ξ=2 avec un module ne pouvant dépasser 1/γελξ=1/(2)(1)(1)(2)=¼.

Méthode

La réflexion paraît valable qu'à tout moment, une difficulté savante repose sur un problème d'objets, comme dans l'expression “la rotation effective du soleil autour de la terre”, alors qu'une crise a pour fondement une affaire de compréhension des alvéoles, et qu'une figure de style concerne un jeu avec un sens bien saisi. On a donc trois niveaux: celui des apparences matérielles contrôlables; celui des images désaccordées; celui où la forme l'emporte.

Application à Baudelaire

Le visiteur du temple universel, voué à toute la beauté, est sous l'impression d'un hasard qui se montre favorable quand son esprit voit subjectivement que d'un grand style vient à lui une inspiration précieuse. Un événement inattendu attire la pensée vers une façon d'écrire une strophe. Un rayon de soleil tombe sur un détail révélant une pratique surprenante du peintre. Les bruits de la rue font découvrir un ressort inconnu dans les façons de combiner plusieurs instruments et voix dans une cantate. De circonstances inopinées ressortent des effets. Les idées, parfois attrapées au vol par le collectionneur, interprète, amateur ou artiste, lui font éprouver ce qui sort des grands tours de main. -Ou encore: dans le sanctuaire du corps féminin idéal et abstrait, la célébration demande beaucoup de patience, et «parfois» seulement, le désir s'élance. 225

§514
Théorie

La flèche (confuses{}paroles) mérite une roue γ=1, en ce que l'image de la confusion accroche, sans difficulté de compréhension locale, celle des paroles. Le flux vaut ε=1 puisque nulle béance ne survient. Le pavillon s'élève au plan λ=1 de par une relation grammaticale aussi étroite que possible. L'absence de crise octroie le train ξ=1, et de là vient le module 1/γελξ=1. Au contraire avec (paroles{} confondent), le pavillon serait λ’=2+(1(17/10))=2+1,7=3,7 parce que 17 fronts viennent faire obstacle au souvenir, entre «paroles» et «confondent»: “…de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles;/////(L')homme y passe (à) travers (des) forêts (de) symboles Qui l'observent avec (des) regards familiers. Comme (de) longs échos (qui) (de) loin se/////confondent…Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.” Certes on peut chercher un durcisseur entre «confuses» et «confondent», mais aller jusqu'à le penser assez effectif pour unir «paroles» à «confondent» semble téméraire.

Méthode

La pensée glane des observations de ce genre, au cours de la mise au point d'une technique: un ensemble de savoirs certains, concernant les apparences d'un même objet, obtenu en dehors de la démonstration. Influencé par modèles et circonstances, l'esprit en arrive à des repères grossiers, puis, après cent échecs et rectifications, il franchit le pas vers un système vaguement unifié. On entrevoit, dans une pareille situation, de très nombreuses raisons partielles, qui se complètent en un flottant panorama, où manque l'économie de moyens nécessaire à l'aisance des applications et enseignements.

Application à Baudelaire

Les paroles constituent des intuitions précieuses, que le visiteur du sanctuaire universel voit subjectivement comme sorties d'un grand style. Elles ne sont pas de contenu simple, puisque l'art s'exprime dans l'interprétable, non dans la rigueur. D'abord, le pilier conduit vers la beauté, mais il ne s'adresse qu'aux meilleurs, et on pourrait s'y tromper, tant l'ordre manque de netteté. Ensuite au lieu d'un sens, pour chaque tour de main, il en existe plusieurs, qui restent à débrouiller. Troisièmement chacune des images que semble procurer la colonne reste confuse. -Ou encore: dans le temple idéal de l'amour physique parfait, merveille corporelle féminine abstraite, le désir exprimé dans la célébration garde quelque chose d'indéchiffrable.

§515
Théorie

Le méandre (sortir{}paroles), dans la simplicité de son image constitutive, offre une garantie pour la roue γ=1. La gomme complémentaire (confuses{}paroles), déjà traitée, octroie le flux ε=1, puisque nulle béance n'a lieu. Un fort lien grammatical confère le pavillon λ=1. L'absence de crise permet le train ξ=1, et donc se forme le module 1/γελξ=1. Avec “…de vivants piliers laissent parfois des paroles sortir…” on aurait une inversion des alvéoles dans (paroles{}sortir), cela dans un contact supérieur des notions.

Méthode

Presque chaque modification du texte original, utile pour l'exploration du sens, amène la perte de telles ou telles idées qui, dans chacun des cas, n'étaient pas directement concernées par la recherche menée.

Application à Baudelaire

Le visiteur fécond du temple de la beauté universelle imagine des paroles que lui versent les colonnes, et cette inspiration que le nouvel artiste prend au contact du grand style, conduit son effort. Il se développe, récitant par cœur les vers admirés, copiant les toiles, notant les thèmes entendus au concert. -Ou encore: dans le parfait sanctuaire corporel féminin, idéal et abstrait, au cours de la célébration de l'amour physique, s'exprime le désir.

§516
Théorie

Quand on se trouve devant la gomme (piliers{}paroles), il s'avère tentant d'accuser le créateur d'avoir simultanément procuré une série de notions et nui à leur intelligence. La signification “animés comme par volonté divine” contenue dans la porte utilisée pour (vivants{}piliers) ne suffit pas ici, car les paroles ne se bornent pas à une animation et demandent de l'intelligence. Donc l'aplomb envisagé ayant un flou trop grand, on déclare une crise nouvelle concernant (piliers{}paroles). La porte “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” résout aussitôt la crise. Une fois mise dans le prolongement de «piliers», on obtient “…de vivants piliers, donnant l'impression de la pensée, comme par volonté divine, laissent parfois sortir de confuses paroles…” Cette porte, qui s'avère conforme au tas et en harmonie avec les autres portes déjà employées, permet l'infiltration “donnant l'impression de la pensée” au sein de chacune des alvéoles de la gomme: «paroles» et «piliers». Comme on cesse de soupçonner l'auteur d'avoir dissimulé sa pensée, la roue γ=1 est désormais nécessaire. La séparation des alvéoles ne produisant aucune béance, de par le connecteur logique, le flux vaut ε=1. Les mêmes vertus grammaticales octroient un pavillon λ=1. Pour une gomme de crise, le train se fixe d'après la filière du heurt apparenté, ici rb(piliers–paroles). Son rang arrive au plan t=1 parce que le texte relie dans une affirmation nette la notion des paroles à celle des colonnes. L'éloignement intérieur atteint s=1 grâce au lien de syntaxe qui surmonte la distance des termes. L'oscillation du terme dit à gauche de la formule parvient jusqu'à m=1 en ce que, dans un contexte où il est question du temple, aucune échappatoire au sens choquant de l'expression employée par le poète n'est autorisée par l'image des «piliers». L'oscillation du terme signalé à droite se hisse à w=1 du fait que «paroles» souligne une forte gêne de la pensée. La filière parvient donc à 1/tsmw=1/(1)(1)(1)(1)=1, ce qui mène vers le train ξ=1. À son tour ce dernier point du module permet d'écrire 1/γελξ=1/(1)(1)(1)(1)(1)=1/1=1.

Méthode

La disposition du tas joue un rôle important pour les différences qui séparent une porte d'un aplomb, puisque si la substance des images est voisine, uniquement l'ordre dans l'énonciation départage les deux. Quant à l'inertie, tout le tas est envahi par elle, mais en arrière-plan de l'intelligence.

Application à Baudelaire

Un style semble parler au novice fécond, parce que l'excitation de sa fantaisie lui représente un génie intensément révéré pour son tour de main, comme lui procurant directement une inspiration. Le nouvel artiste, collectionneur ou interprète va tourner auprès de la colonne célébrée, puis, lentement voir se former en lui quelque démarche propre, fruit de l'énergie subjective intense, ainsi que d'une longue familiarité avec d'autres façonnages de la splendeur. Si le don accompagne la vocation ou le métier, l'entretien illusoire, mille fois interrompu et repris, aboutit au dépassement de la simple imitation, et une réalisation originale survient. -Ou encore: dans le temple de l'union charnelle, corps féminin idéal et abstrait, les colonnes parfaites que sont les jambes témoignent pour le désir.

§517
Théorie

Avec la flèche (homme{}y), un accroc donne la roue γ=1, puisque songer que l'homme se trouve quelque part ne saurait devenir un obstacle aux notions les plus nettes. Le flux ε=1 tire une garantie du fort contact logique des alvéoles. Cette même liaison étroite confère au pavillon le niveau λ=1. Le train ξ=1 ne fait aucun doute, puisque nulle crise ne s'avère possible. Un module 1/γελξ=1 se dégage d'un tel panorama. Au contraire “La Nature est un temple/////où (de) vivants piliers laissent parfois sortir (de) confuses paroles; (L')/////homme passe à travers des forêts…” n'aurait fourni qu'un pavillon λ=2+(1(8/10))= 2,8 à (homme{}temple), puisqu'on dénombrerait 8 fronts entre les alvéoles: «où», «vivants», «piliers», «laissent», «parfois», «sortir», «confuses», «paroles».

Méthode

Le but général de l'écrou exige qu'on suive de façon rigoureuse un texte d'imagination, pour déterminer sa cohérence. Parce que celle-ci demande partout d'explicites contacts ou rappels de sens, elle semble incompatible avec l'obtention de nombreuses gommes à forte distance interne, de sorte qu'il faut demander aux rubans (ε) et (λ) de signaler à l'interprète maladroit combien l'oubli favorise la discontinuité.

Application à Baudelaire

L'homme dont Baudelaire fait état est l'artiste, l'interprète, le collectionneur, fidèle agissant au sein du temple de la splendeur. Il s'avance aux limites de l'édifice multiséculaire, non seulement afin d'admirer un détail, mais également pour déposer son offrande: poème, tableau, symphonie, article composé sur quelque lecture, visite ou concert. La religion du beau revêt mille aspects de toutes celles déjà vues dans le monde, mais les adorateurs passionnés à l'extrême appartiennent à l'ensemble de ceux qui reconnaissent correctement les valeurs esthétiques de toutes les nations. -Ou encore, l'homme s'active dans le sanctuaire universel de l'amour physique: le corps féminin idéal et abstrait.

§518
Théorie

Concernant (homme{}passe…travers), la roue vaut γ=1 puisque «homme» accroche “passe… travers” de façon aisée à comprendre. Le flux prend le niveau ε=1 en ce que «à», l'idée omise, n'est pas un sens de front, et qu'ainsi nulle alvéole n'est oubliée dans l'écrou. Le pavillon atteint λ=1 en raison du rapport grammatical, net malgré l'omission déjà signalée. Aucune menace de crise ne se faisant jour, le train s'élève de son côté à ξ=1. De cette manière la vraisemblance de la gomme se fixe à 1/γελξ=1. Au contraire si on mesurait la vraisemblance de (homme{}esprit), il faudrait, bien que cette relation ait de l'intérêt, admettre un flux ε’=2, car nul connecteur n'en unit les alvéoles distantes. Le résultat serait que le module ne pourrait se hisser au plan 1, du fait que sa hauteur 1/γ’ε’λ’ξ’=1/(γ’)(2)λ’ξ’ resterait incapable d'obtenir une valeur dépassant ½. À ce défaut s'ajouterait un pavillon élevé à cause de l'écart entre les notions.

Méthode

Pour des alvéoles très éloignées d'une part, et privées de connecteur par ailleurs, leur séparation importante fragilise beaucoup la mémoire, donc la possibilité de liaison. Le calcul doit inventer, par conséquent, un moyen de refléter cette base concrète.

Application à Baudelaire

L'amateur, interprète, collectionneur, mécène ou artiste, cherchant où il sacrifiera le mieux, traverse avec émotion le temple de la splendeur dans un geste de culte. Il voit aussi les nombreuses offrandes accumulées depuis des millénaires. On se représente cet apprenti choisissant auprès de quel style, de quel pilier, au milieu de quels autres dons, il déposera le fruit de tant d'efforts personnels. Ces brillants témoignages de sa foi grossiront l'immense réflexion sur les choses les plus hautes, dans le réceptacle des merveilles: cénacle, bibliothèque, académie, palais, église, conservatoire, ville, opéra, exposition, musée à l'échelle du monde. -Ou encore: le visiteur du sanctuaire de l'amour physique universel passe dans le corps féminin abstrait de beauté idéale.

§519
Théorie

Concernant la flèche (travers{}forêts), la roue γ=1 se défend aisément puisque dans la notion de «travers», on trouve sans mal un accroc vis-à-vis de «forêts». Pour déterminer le flux, on écrit “(L')homme y passe (à) travers (des) forêts (de) symboles…” Comme on saisit l'essentiel du texte, la série «à», «des», «de» ne doit rien aux sens de fronts, et ainsi nulle alvéole n'a été oubliée dans (travers{}forêts), ce qui justifie ε=1. Le pavillon λ=1 réussit à mettre l'évidence de son côté, grâce au rapport grammatical étroit entre les alvéoles. Le train vaut ξ=1 du fait que nulle crise ne met en péril une bonne compréhension du tas. Il suit de ces valeurs, γ=ε=λ=ξ=1, que le module s'élève à 1/γελξ=1. Au contraire pour (à{}forêts) et (à travers{}forêts) on aurait ε=2, grandeur qui donnerait une vraisemblance 1/γελξ=1/γ(2)λξ, condamnant tout l'écrou à ne pouvoir dépasser un profil ½.

Méthode

La fixation de la distance par le style télégraphique ne conserve que les mots indispensables pour que soient vues mentalement les images permettant une bonne compréhension. L'isolement des fronts a profité de l'exclusion par filtrage, des notions peu décisives au plan abstrait. Comme on devait, à cause de maints obstacles aux télécommunications, en rester à l'essentiel, pour mieux le transmettre, on a élu dans les messages, juste ce qui ne pouvait être ôté sans provoquer de graves erreurs, quant aux marques des jugements confiées aux systèmes découverts pour l'information de gens lointains.

Application à Baudelaire

L'artiste ou connaisseur avance au milieu du temple ou autour, car il cherche ce qui lui convient. Le culte se déroule à plusieurs endroits, et on peut donc aller de l'un à l'autre, de sorte qu'une traversée du bâtiment devient compréhensible. Chaque fois qu'il se présente, le visiteur ne demande pas exactement la même chose, mais la forêt d'offrandes disposée là suffit à toutes les exigences. Le fidèle d'une cathédrale a ses préférences lorsqu'il cherche un siège accueillant, d'après les tableaux qui ornent les parois, la sonorité au moment des hymnes, les nuances des vitraux, l'arrangement des colonnes. Il en va de même dans «Nature», à l'office de la splendeur. Les plus féconds poètes, dessinateurs, musiciens désirent porter leurs offrandes là où l'inspiration leur est venue, afin d'honorer le style ayant été le principe de leur épanouissement, le modificateur de leurs facultés, ou ce qui les a rendus vraiment intelligents, à force de compréhension intime, se retournant simultanément ou plus tard en talent extérieurement constatable. -Ou encore: l'adorateur du corps féminin idéal et abstrait, sanctuaire de l'union physique universelle, traverse la forêt des organes aimés, en y cherchant le plaisir absolu de ses rêveries profondes.

§520
Théorie

La gomme (forêts{}symboles) donne l'impression d'un sens figuré décrivant un groupe serré de symboles, donc maints objets évocateurs réunis à proximité les uns des autres. Ainsi n'existe aucune flagrante incohérence ou dissimulation de contenu, et la roue γ=1 est méritée. Le flux vaut ε=1 puisque la notion «de», ici omise, ne saurait posséder le statut de sens de front, ce qui pousse à reconnaître que nulle alvéole n'a été oubliée. Le pavillon s'élève à λ=1 en raison du contact net des images citées. La fixation du train exige que nous examinions la filière de rb(forêts–symboles), parce que l'expression «forêts de symboles» est soupçonnée de nourrir heurt et crise. Le rang t=1 se justifie par une solide relation grammaticale. L'éloignement intérieur s=1 bénéficie de la même liaison étroite. La figure de style concernant «…une grande quantité d'objets longs et serrés…» affaiblit la notion d'ensemble, donc m=2 prévaut [841]. La seconde oscillation prend la hauteur w=1, car elle n'autorise pas ce genre d'équivoque salvatrice. En tout une filière 1/tsmw=1/(1)(1)(2)(1)=½ se fait jour. Cette valeur ½ du choc de sens aboutit au train ξ=1 et au module 1/γελξ=1/(1)(1)(1)(1)=1/1=1.

Méthode

Les tours littéraires en usage constant facilitent le jugement de brassage, vu que leur caractère surprenant se trouve atténué par un effet de coutume. Cependant, il faut remarquer le flou de la pensée qui accompagne la chose, heureusement convenable pour les textes d'imagination.

Application à Baudelaire

Les offrandes apportées au cours des visites par tous les différents esthètes, depuis tant de siècles, dépôts laissés en l'honneur de la beauté, constituent les «forêts de symboles» de «Nature», le temple du beau. Pour le novice l'ensemble des objets constitue un forum, qui observe ce que le fidèle juste initié par un premier essai apportera [841]. Chaque don ou sacrifice, poème, tableau, symphonie, met en relation la pensée de son auteur avec de futurs génies à inspirer. Le symbole prend là son activité: quand le matériel renvoie à du spirituel [853]. -Ou encore: le visiteur du sanctuaire de l'amour idéal se promène au milieu de cinquante symboles corporels féminins universels, dont quelques-uns ont été beaucoup célébrés: chevelure comme un jardin avec ses allées merveilleuses, immenses yeux humides, joues rondes, lèvres ardentes, dents éclatantes, épaules prometteuses, taille contrastant avec les hanches, courbes délicates et havre de plaisir.

§521
Théorie

Le rapport (symboles{}Qui l'observent) provoque une menace de crise, puisque l'homme devrait observer la riche symbolique présente autour de lui, plutôt que l'inverse. Heureusement, l'aplomb “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” autorise le public à prolonger le sens de «symboles» juste assez pour établir une infiltration “donnant l'impression de la pensée” présente simultanément au sein des nœuds «symboles» et «Qui l'observent». Cela permet de faire cesser le soupçon que le créateur aurait irrémédiablement nui à l'intelligence du tas, justifiant donc une roue γ=1. Les alvéoles, qui respectent l'ordre textuel, octroient un flux ε=1. Le pavillon λ=1 s'avère impératif, en ce que «symboles» et «observent» ont un sûr lien pour deux raisons. D'abord, le sens intuitif «symboles
Qui l'observent
»
s'impose davantage que l'autre, “forêts qui l'observent”. Ensuite quand on imagine que ce sont les «forêts» qui «observent», il faut accepter que des «symboles» peuplent ces bois, et donc la première idée revient. Une gomme d'aplomb doit bénéficier d'un heurt de sens voisin, avec une filière 1 ou ½, pour obtenir que le train soit le meilleur possible. Relativement à rb(symboles–observent), le rang arrive à t=1, par ce même lien qui a été discuté à l'instant. L'éloignement intérieur prend le niveau s=1, de par cette liaison qui surmonte la distance mutuelle des notions, déjà faible à première apparence. L'oscillation du terme, dit par le membre gauche de la formule, vaut m=1 car le sens propre s'impose. L'oscillation du terme, signalé par le membre droit, se hisse à w=1 pour une raison analogue. Ainsi la filière s'élève à 1/tsmw=1/(1)(1)(1)(1)=1, et donc le train ξ=1 se montre sûr, de sorte que la gomme d'aplomb mérite la vraisemblance 1/γελξ=1.

Méthode

Les portes doivent être bien plus générales que les illustrations données ci-après. Au départ on cherche un sens minimum, tandis qu'ensuite on fournit deux versions très douteuses, dont le seul point commun avec la première n'est autre que l'objectif de commenter le tas entier, au lieu de saisir juste un exemple de quelques lignes.

Application à Baudelaire

Les offrandes, procurées par les artistes d'avant sont autant de symboles efficaces. Le service de l'esthétique se rend par l'inspiration, donnée avec respect au novice doué, ainsi prémuni contre le danger de la stérilité, grâce au trésor du temple [845]. Recevant l'inspiration des modèles illustres, l'apprenti, désormais plein de fécondité, imagine que les âmes géniales du passé l'observent et l'aident, inquiètes pour l'avenir du beau, lui fournissant le point initial pour élaborer un air, tableau ou poème. -Ou encore: le visiteur conçoit, dans le sanctuaire de l'amour physique universel, chacun des aspects du corps féminin abstrait et idéal, comme le surveillant de près, afin de voir s'il est capable de la tendresse promise ou des exploits physiques attendus.

§522
Théorie

En examinant la roue de (symboles{}avec…regards familiers), on soupçonne une volonté nette de masquer la signification. Mais une fois l'aplomb “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” ajouté dans le sens de «symboles», une infiltration “donnant l'impression de la pensée” unit bientôt les nœuds «symboles» et “avec…regards familiers”. Le sentiment de comprendre le tas est produit, ce qui anéantit aussitôt la velléité d'accuser le créateur d'avoir irrémédiablement nui à l'intelligence de son propre texte. Une fois rétablie toute la confiance vis-à-vis de la cohérence du passage mis en cause, la roue doit être déclarée valoir γ=1. Le flux ε=1 s'acquiert par deux faits. D'abord (symboles{}Qui l'observent) empêche la béance au sein de l'écrou, en utilisant «Qui», «l'» et «observent», trois alvéoles qui paraîtraient sinon avoir été ici oubliées. Par ailleurs «des», qui manque aussi, n'appartient nullement aux sens de front. Pour en arriver maintenant au pavillon, chacun voit aisément qu'il atteint le niveau λ=1 en raison de la forte continuité de sens unissant les nœuds. Le train d'une gomme d'aplomb se fixe d'après la filière du heurt qui lui ressemble. Ici rb(symboles–regards) présente le niveau t=1 si les regards sont attribués aux symboles. En supposant que ce sont aussi les forêts qui regardent, la première impression demeure, les forêts étant composées de symboles. Comme l'expression «Qui l'observent avec» ne fait pas obstacle au rapport d'attribution examiné à présent, l'éloignement intérieur vaut s=1. L'oscillation du terme dit à gauche de la formule adopte la hauteur m=1 car aucune échappatoire au choc de sens n'est offerte par «symboles». L'oscillation du terme signalé à droite s'élève à w=1, en ce que l'image des «regards» semble ne pas éviter le choc, étant prise au sens propre. Il suit de là une filière 1/tsmw=1/(1)(1) (1)(1)=1. On a donc, pour la gomme d'aplomb, le train ξ=1, avec en tout le module 1/γελξ=1.

Méthode

Si on réussit à trouver un aplomb ayant l'avantage de simplifier l'explication, mais trahissant légèrement le tas, il faut être circonspect, en ce qu'on gâterait vite l'effort d'analyse, même si le principe d'économie reste fort utile quand il est appliqué sans perte de substance.

Application à Baudelaire

Le fidèle du temple conçoit, devant l'offrande laissée par un autre, que l'âme de cet interprète, artiste ou mécène le regarde, le protège, lui prodigue des conseils [847]. Le symbole réussi, glorieux pour des temps immenses, est ressenti subjectivement comme familier, parce que l'admirateur a côtoyé depuis longtemps vingt âmes de ce genre, dans les poèmes, tableaux et musiques du même courant artistique. Cet effet vient de ce que les divers génies appartiennent à des familles d'esprit, ayant beaucoup de caractères propres quant aux formes d'intelligence. -Ou encore: l'amoureux imagine chacun des attributs de la splendeur universelle comme signe à lui adressé. Contemplant sa maîtresse, il rêve à l'idéale beauté, pensant la bouche un jardin rempli de roses et le buste l'intérieur du sanctuaire [[1001]]: «Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
Dont les panneaux bombés et clairs
Comme les boucliers accrochent des éclairs;
Boucliers provoquants, armés de pointes roses!
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
De vins, de parfums, de liqueurs
Qui feraient délirer les cerveaux et les cœurs!
»

§523
Théorie

Le passage d'un quatrain à l'autre manque d'un rappel de sens, donc fait craindre une coupure de la continuité du poème. La roue γ=1 de (regards familiers{}Comme…longs échos) est acquise parce que nulle crise ne survient, «Comme» affaiblissant la signification. Il existe une parenté de contenu très légère entre les images, puisque toute familiarité relie des proches, gens de la même famille ou grands amis, et ainsi mène à voir les uns “comme” les autres. Placées dans l'ordre du texte, sans béance, les alvéoles confèrent le flux ε=1. Le point final de la première strophe détruit l'espoir d'une cohérence d'accès facile, ce qui mène vers un pavillon de type λ=2+(1(n/10)). Heureusement, le manque de front entre les alvéoles permet d'obtenir seulement λ=2+(1(0/10))=2. L'absence de crise provoque le train ξ=1, donc le module adopte la hauteur 1/γ ελξ=1/(1)(1)(2)(1)=½.

Méthode

Il suit de là que le profil sera tout au plus ½ et non 1, puisqu'il est formé par l'inverse du produit γελξ, et qu'on sait maintenant qu'une de ces grandeurs atteint le niveau 2.

Application à Baudelaire

Le fidèle du beau éprouve un sentiment étrange, lorsqu'il contourne les piliers, allant déposer son offrande si durement acquise au milieu de cent épreuves. Il reçoit l'impression que des regards viennent se poser sur lui, en provenance des autres objets donnés pour «Nature», le temple universel. Autour de lui dans le conservatoire, cénacle ou musée à l'échelle du monde, les yeux imaginaires lui sont connus, en ce que leur préoccupation est identique à celle qui le poursuit: obtenir, à l'occasion d'une réalisation esthétique majeure, la gloire populaire, écho immense [838]-[845]. Le bruit de la foule se montre analogue aux regards issus de l'ensemble des prouesses artistiques, vu qu'il en procède. -Ou encore: l'âme de l'esthète amoureux sent qu'un œil éveillé dans le sanctuaire de l'union charnelle, idéal corps féminin abstrait, veille sur lui dans un milieu où résonnent cris et soupirs échappés à l'instant de la célébration, comme de nombreux échos qui se mêlent.

§524
Théorie

Voyons (Comme¹…comme¹…comme²…comme³…comme’¹…comme’²…Comme²{}échos). Le sens «échos» fournit un reflet de l'insistance des «comme» et «Comme», donc parler de miroitement n'éloigne pas de la raison, ce qui amène la roue à une hauteur γ=1. Le flux ε=1 se justifie par trois motifs. D'abord, le premier «Comme» est relié à «échos» dans le cinquième vers: «Comme de longs échos qui de loin se confondent…» Ensuite, le reps contient divers éléments qui ont une soudure interne, par le durcisseur constitué de la ressemblance vocale. Enfin la gomme laisse voir un sens de reps identique à celui trouvé dans la formation de manse 1 (F-Comme¹…comme¹…comme²…comme³…comme’¹…comme’²… Comme² /-¦¦¦¦-/S-insistance). Le pavillon, en raison des mêmes arguments, vaut λ=1. L'absence de crise détermine le train ξ=1. En tout le module qui se fait jour prend le niveau 1/(γελξ)=1.

Méthode

C'est au paragraphe 458 que nous avons obtenu la manse du reps utilisée ici pour servir de référence. Il faut remarquer aussi que tout le sens de reps n'est pas composé avec du sens de front, mais que dans le sens de reps il existe du sens de front, ce qui suffit à maintenir la solidarité unissant contenu et forme, supposée dans la remarque 37M, concernant des objets moins difficiles à observer. Nous acceptons, par conséquent, la présence d'un front au minimum dans tout ensemble de signes composant un reps.

Application à Baudelaire

Le visiteur du temple «Nature», où est célébré le culte du beau, doit apercevoir en tout point des correspondances, éprouvées d'après la signification du «comme». La traversée de l'édifice, à proximité de tous les piliers, a lieu sur un air dont le rythme se marque dans la répétition de tous les «Comme» et «comme», rumeur populaire de gloire, qui renvoie l'écho matériel des offrandes de l'esprit [838]: “Comme¹…comme¹…comme²… comme³…comme’¹…comme’²…Comme²…” -Ou encore: la musique chantée par le sanctuaire féminin d'universelle beauté, corps abstrait où se joue l'amour idéal, est celle des cris et soupirs échappés au moment de la célébration. La même sonorité au long du poème symbolise cette répétition des extases pourtant uniques.

§525
Théorie

Avec la gomme (échos{}loin) on se trouve devant une flèche, car les idées «qui» et «de» n'appartiennent aucunement aux sens de front. La roue γ=1 se gagne par un accroc aisé à comprendre. Le flux ε=1 bénéficie du fait que pas une seule alvéole n'a été omise. Le pavillon λ=1 ne se discute guère, vu que la notion «loin» est liée à «échos» grammaticalement. Le train ξ=1 paraît évident, puisque nulle crise ne menace. En tout se justifie aisément le module 1/γελξ=1. Au contraire avec (échos{}sans réflexion sonore) on aurait une crise, laquelle, avec un manque de porte donnerait γ=ξ=2, donc 1/(2)(2)=¼ pour le maximum possible de vraisemblance locale.

Méthode

Il paraît certain que l'écrou d'un poème, ne touchant pas les artifices de la versification, reste insuffisamment profond, mais il est déjà important de régler de moindres affaires, en reportant à plus tard le traitement de problèmes fréquemment jugés inaccessibles.

Application à Baudelaire

Les multiples échos représentent les clameurs des foules, répandues en l'honneur des artistes ou connaisseurs [834]-[835]. Même si le peuple, trop éloigné pour cela en raison de ses activités ordinaires, ne reconnaît pas immédiatement les grandes réalisations, peu de temps va s'écouler avant que la gloire, au départ née dans un milieu étroit, en vienne à se diffuser largement, pour s'unir à un courant majeur et largement indistinct, dans les âges qui suivent. -Ou encore: le soupir général de joie, exprimé dans la célébration qui surgit du sanctuaire féminin idéal et universel, réunit tous les cris échappés aux femmes de grande beauté physique, même lors de circonstances très différentes, donc lointaines.

§526
Théorie

Un accroc garantit la roue γ=1 de la gomme (échos{}se confondent), puisque l'audition courante du phénomène d'écho assure la compréhension de l'idée. Le flux ε=1 se montre certain, en ce que nulle béance n'existe, grâce au lien (échos{}loin) examiné juste avant, et au fait que les notions «qui» et «de» n'appartiennent pas aux sens de front. La relation grammaticale puissante livre un pavillon λ=1. Une crise s'avérant impossible à définir pour les circonstances, le train ξ=1 reste la seule issue pour le ruban ultime, avec pour conséquence le module 1/γελξ=1. Au contraire (échos{}sans bruit) aurait introduit un paradoxe, donc une menace de crise, avec l'éventualité d'une absence de porte, deux affaires qui par leur conjugaison auraient provoqué un résultat d'ensemble ne pouvant dépasser 1/γελξ=1/(2)ελ(2)=¼.

Méthode

Il apparaît que malgré la diversité du genre de calcul choisi, pour les heurts et crises, le même groupe de problèmes intuitifs demeure sans arrêt présent à l'esprit, et que chacun d'eux joue un rôle dans les bilans de vraisemblance numérique.

Application à Baudelaire

Les clameurs de la foule, dans l'immensité du temps, autour des offrandes que les grands esthètes ont déposées au temple du beau, ne représentent que de façon vague l'essentiel de l'activité artistique. Ce bruit confus, qui mélange tout, demeure loin du mérite de chacun, mais en donne quand même une certaine idée [835]-[838]. -Ou encore: les cris de joie, surgis du corps féminin idéal, universel et abstrait, qui se répètent malgré la différence des amoureuses de grande beauté, se mêlent en un seul.

§527
Théorie

La roue γ=1 de (Comme…longs échos…loin se confondent{}parfums…couleurs…sons) n'est point menacée par un quelconque danger, puisque l'auteur accroche volontairement la fin de la seconde strophe à son début, et que le sens étrange s'atténue par «Comme». Ainsi le public ne sent ni volonté de l'égarer venant du créateur ni réelle bizarrerie de sens. Le flux ε=1 vient du connecteur, qui autorise un saut dans le texte. Quant au pavillon λ=1 il se trouve protégé de toute discussion par le même fonctionnement grammatical, qui abolit entièrement l'écart entre les nœuds. Le train admet le niveau ξ=1, parce que nulle crise n'est à craindre ici. On obtient donc sans obstacle un module qui s'élève à 1/γελξ=1. Avec (longs échos…loin se confondent{}chantent…transports…esprit…sens) on aurait le saut de 47 fronts entre les alvéoles de plus grande séparation: «longs» et «sens». Un pavillon λ=2+(1(47/10))=2+4,7=6,7 en résulterait, de par les 47 fronts à compter en: “Comme de longs/////échos (qui) (de) loin se confondent, Dans (une) ténébreuse (et) profonde unité, Vaste comme (la) nuit et (comme) (la) clarté, (Les) parfums, (les) couleurs (et) (les) sons se répondent. (Il) est (des) parfums frais comme (des) chairs (d')enfants, Doux comme (les) hautbois, verts comme (les) prairies, -(Et) (d')autres, corrompus, riches (et) triomphants, Ayant (l')expansion (des) choses infinies, Comme (l')ambre, (le) musc, (le) benjoin (et) (l') encens, Qui chantent (les) transports (de) (l')esprit (et) (des)/////sens.”

Méthode

La même distance verrait son annulation brusque arriver pour un rappel explicite de sens. L'idée fondamentale reste que l'oubli empêchant la relation de se faire, pour le créateur comme pour le public, accompagne la distance des images non reliées par un artifice logique de connexion.

Application à Baudelaire

La peinture a pour moyen la vue des couleurs, de même que la musique demande l'ouïe pour accéder aux sons. Quant au parfum, en raison du goût de Baudelaire sans doute, il symbolise l'expression versifiée, car tout grand poète bénéficiant du verbe, il se voue plus que les autres artistes à l'esprit, lui-même identifié à quelque souffle, inspiration ou vapeur odorante [840]. -Ou encore: les cris du plaisir, jouant de leur écho finalement unique, pour glorifier l'amour charnel général, dans le sanctuaire féminin du corps parfait, ressemblent à l'unité où fusionnent d'autres caractères de la beauté idéale: parfums des fleurs, cosmétiques, cheveux; couleurs de peau comme d'étoffe; ou cliquetis de bijoux.

§528
Théorie

L'accroc étant net dans le tas entre les deux alvéoles de la flèche (profonde{}unité), la roue γ=1 se justifie rapidement. La notion de profondeur débouche sur celle d'unité. En effet la profondeur est opposée au superficiel et l'unité demande fréquemment un système, donc le contraire des apparences légères. Le flux s'avère ε=1 de son côté, parce qu'on bénéficie du lien grammatical. Ce même avantage octroie le pavillon λ=1. Nulle crise ne menaçant, il faut conclure au train ξ=1, ce qui entraîne aussitôt le module 1/γελξ =1. Au contraire (profonde{}surface), en utilisant un paradoxe, mettrait au défi de lui trouver une solution minimale accordée au reste du tas.

Méthode

Comprendre quelque chose de simple à un texte repéré historiquement n'implique pas de saisir la pensée de l'auteur à fond, en raison du sous-entendu qui peut régner partout, mais cela protège des contresens forgés par ceux qui ont voulu briller pour leur propre avantage seulement, écartant le scrupule vis-à-vis du créateur et de ses disciples.

Application à Baudelaire

L'unité de la rumeur populaire, venant de nombreux pays et temps différents, incite, de l'extérieur du temple, à une semblable cohésion dans les offrandes nouvelles que déposent à l'intérieur ou juste au bord, les artistes et connaisseurs [838]. Les honneurs que décerne la plèbe forment l'indispensable courant de pensée qui rejoint la profondeur, une fois que chaque inexactitude a été mise de côté par le filtrage des ans. Si «Nature» fait une seule immense bibliothèque, salle de concert et exposition, les dons à ce haut lieu bénéficient du paysage formé par les clameurs de gloire, malgré leurs faiblesses. -Ou encore: les cris de plaisir nés du corps féminin universel, idéal et abstrait, qui est le sanctuaire de l'amour physique, deviennent un soupir unique, témoignant de la profondeur intense qui l'anime.

§529
Théorie

Un accroc étant facile à envisager, au point de vue apparent de Baudelaire, la roue de (ténébreuse{} unité) vaut γ=1. Le créateur pense ténébreuse l'unité de l'écho, estimant qu'il existe là un ressort inconnu, en ce que plusieurs phénomènes en donnent finalement un seul. Précédé à l'instant de la flèche (profonde {}unité), le méandre ici traité ne saurait provoquer de béance au sein de l'écrou, ce qui justifie le flux ε=1. On possède une garantie du pavillon λ=1 grâce au lien grammatical sans équivoque. Le flou et l'obscurité de l'image, rendant impossible toute crise, confèrent le train ξ=1, de sorte que le module complet s'élève à 1/γελξ=1.

Méthode

Il ne faut pas concevoir d'étonnement pour ce dispositif de l'indéfini empêchant une crise d'éclater. D'un côté, pour un discours mathématique, un sens peu clair soulèverait la protestation, mais ici les textes étudiés ayant de nombreux pics, ou objets flous, donnent le vague comme domaine habituel d'analyse. Par ailleurs une imprécision très forte mène à ce qu'on ignore ce qui est avancé dans le détail, tout en comprenant à peu près l'idée. Il s'avère ainsi épineux de parler d'inintelligibilité du propos.

Application à Baudelaire

On saisit mal comment diverses réputations populaires touchant les offrandes artistiques paraissent bientôt se fondre pour composer une appréciation généralement reconnue. Ce façonnage de la gloire dans l'histoire jette un voile sur maint endroit du paysage intellectuel qui entoure le temple universel du beau [838]. -Ou encore: dans le souvenir, la fusion en un seul cri, de maint soupir amoureux qui part du corps féminin abstrait, sanctuaire de l'amour idéal, reste obscure. Les exclamations viennent de motifs tellement divers qu'il faudrait une science du plaisir afin d'en éclaircir les bases, et plus encore l'union.

§530
Théorie

La flèche (ténébreuse{}profonde) obtient une roue γ=1 puisque les deux idées possèdent l'infiltration “ne laissant pas voir aisément un contenu”. Le flux ε=1 tire son avantage du contact entre alvéoles. La même observation vaut pour le pavillon λ=1. Seul ξ=1 vaut comme train, puisque l'imagination même la plus vive ne saurait distinguer de crise dans la gomme. En tout ces caractères mènent à 1/γελξ=1 pour le module. Avec (ténébreuse{}expansion) le nombre d'alvéoles oubliées dans le rapport empêcherait de prendre au sérieux l'écrou dans lequel cette gomme se trouverait, donc flux et pavillon désastreux auraient une solide justification.

Méthode

L'attention attirée sur deux notions accolées dans le texte paraît manquer de force, car on déclarera que l'étude a déjà fini aussitôt qu'elle a commencé, tant la certitude se montre partout. Mais le soin minutieux ne s'embarrasse guère de cette argutie, tellement l'échec de l'intuition immédiate dans mille domaines est connu de tous.

Application à Baudelaire

La fusion des rumeurs de gloire, courant au sein des foules, provoque l'étonnement parce que certaines associations demeurent obscures [838]. D'abord, on se fait la réflexion que chacun des arts devrait procurer une sorte particulière d'enthousiasme, au lieu que dans le peuple tout se mêle: réputation des poèmes, toiles et musiques. Pourtant, il existe au fond de la justesse dans cette unité, puisqu'elle forme un cadre qui favorise généralement le projet d'enrichir encore les offrandes: vers, images et symphonies. En méditant on s'aperçoit que l'inspiration vient de ce croisement des arts, qui creuse la sensibilité jusqu'à un plan qu'elle manquerait sinon. -Ou encore: les cris poussés dans la célébration de l'amour physique s'expriment dans le temple universel et idéal, fusionnant de manière incompréhensible dans un soupir unique, pour témoigner de la profondeur que possède ce corps féminin abstrait.

§531
Théorie

Traitons (Dans{}unité) avec (unité{}Vaste). Pour le cas (Dans{}unité), acceptons la roue γ=1 parce que l'accroc est facilement saisi. Le flux souffre apparemment des alvéoles qui ne sont pas citées, mais la gomme (ténébreuse{}profonde) vue à l'instant, plus l'avantage du connecteur de syntaxe, autorisent ε=1. Nous utilisons la même relation grammaticale pour obtenir le pavillon λ=1. Quant au risque de crise, rien de semblable n'existe, ce qui mène à comprendre le train ξ=1, d'où suit le module 1/γελξ=1. La seconde gomme, (unité{}Vaste), nous livre une roue γ=1 de par un accroc intelligible, car l'unité, rassemblant des choses très différentes, exige la grandeur nécessaire pour aller de l'une à l'autre [858]. Le flux vaut ε=1 en ce que nulle béance ne paraît. Le pavillon atteint λ=1 du fait que pas un seul obstacle ne sépare les images. Quant au train, l'absence de crise lui donne une quantité ξ=1, ce qui permet le module 1/γελξ=1/ (1) (1)(1)(1)=1/1=1. Au contraire le pavillon λ=2+(1(30/10))=2+3=5 pour (Dans{}expansion) avertit de sa témérité l'interprète désirant y voir une clef du texte. Les 30 fronts voient leur dénombrement facilité par les parenthèses: “Comme de longs échos qui de loin se confondent, Dans/////(une) ténébreuse (et) profonde unité, Vaste comme (la) nuit et (comme) (la) clarté, (Les) parfums, (les) couleurs (et) (les) sons se répondent. (Il) est (des) parfums frais comme (des) chairs (d')enfants, Doux comme (les) hautbois, verts comme (les) prairies, -(Et) (d')autres, corrompus, riches (et) triomphants, Ayant (l')/////expansion des choses infinies…”

Méthode

Beaucoup de gens récriminent lorsqu'ils voient la mesure appliquée aux choses de l'esprit, mais devant étudier un livre, bientôt ils comparent le nombre de pages que l'auteur consacre aux divers objets traités. Rien de scandaleux n'apparaît ici, du moment que l'application est justifiée.

Application à Baudelaire

Autour des offrandes versées pour le temple, s'animent de vagues mais puissantes rumeurs populaires, aux courants multiples et partiellement opposés, qui forment un paysage d'opinions, tourmentées bien que finalement unies [838]-[858]. Glorifiant telles et telles offrandes, les avis du peuple incitent l'artiste, fervent serviteur du beau, à s'inspirer non seulement d'un maître de sa propre discipline, mais aussi de tel génie d'une autre. Ainsi tous grands hommes conduisent un entretien requérant des talents étrangers en apparence: littéraires, picturaux et symphoniques. Vient au souvenir le tableau du Titien ¨Paul III avec ses neveux¨ où Ottavio est peint alors qu'il s'incline vers le Pape dans une attitude voisine de celle que Myron sut donner à son ¨Discobole¨ [961]. -Ou encore: l'unité de tous les cris de plaisir qu'exprime le corps féminin idéal, universel et abstrait, constitue un ensemble mêlé, grand bruit impossible à cerner dont résonne le sanctuaire de l'amour physique.

§532
Théorie

Touchant (Vaste{}comme) on obtient une roue γ=1 en ce que la première idée accroche la seconde. Dès que la conception du «Vaste» se présente, on imagine mainte référence au moyen de la notion «comme». Ainsi la pensée initiale débouche sur l'autre. Seul un flux ε=1 convient, parce que nulle béance ne se produit. Le pavillon λ=1 se justifie grâce au lien de syntaxe. Le train ξ=1 ne peut qu'être accepté, car nulle crise ne menace ici, et le module 1/γελξ=1 en résulte.

Méthode

A l'opposé un texte incohérent naît facilement d'alvéoles placées en chaîne continue, hors de tout lien significatif et, au minimum, il faut une légère intrusion pour commencer à détruire l'arbitraire. Avec “Don Gomès, messe basse” on aperçoit le jeu sur la sonorité, qui forme un reps, lequel par son début de sens esthétique, uni à son caractère indéfini, rend illégitime de juger qu'une crise a lieu.

Application à Baudelaire

La rumeur publique demeure toujours insuffisante, vague, imprécise, avec ses nombreuses erreurs désolantes, même quand elle contient une appréciation intéressante [835]-[838]-[858]. Sa fonction pourtant est indispensable, vu que le peuple seul détient assez de force pour que la gloire soit acquise aux offrandes les plus remarquables, déposées pour le culte de la beauté. L'artiste nouveau, encouragé par le vaste cri, ne pourra en rester là, et s'il possède quelque talent, il devra encore méditer sur les grandes réalisations du passé. -Ou encore: le soupir universel, résultat de tous les cris de plaisir intense, résonne dans le corps féminin idéal et abstrait, conservant le flou de l'intention, bien que le temple de l'union physique donne l'unité à cette confusion des expressions lancées par toutes les amoureuses de grande beauté.

§533
Théorie

Étudions (Vaste{}comme…nuit et…clarté) plus (nuit{}clarté). Dans la première gomme, (Vaste{} comme…nuit et…clarté), la roue vaut γ=1 parce que l'accroc se fait par l'idée suivante: la nuit et une clarté aveuglante ôtent la perception des obstacles, et ainsi l'espace auquel accède la vue paraît immense [517-/-c]-[518-/-a]. Il est comme débarrassé subjectivement des bornes qui pesaient sur lui dans une honnête lumière. Le flux ε=1 se justifie au moyen de (Vaste{}comme), déjà traité, qui empêche la béance. La syntaxe confère le pavillon λ=1. Le «comme», permettant d'éviter la crise, octroie le train ξ=1, ce qui avec le reste des rubans conduit vers le module 1/γελξ=1. La gomme (nuit{}clarté) possède une roue problématique, à cause de l'opposition, mais la crise ne survient pas, en raison des «comme» qui affaiblissent le conflit de sens et autorisent l'infiltration “aspects de la journée”, ce qui donne une valeur γ=1. Le flux ε=1 vient de la répétition liante «…comme…comme…» Le pavillon λ=1 est gagné de ce même fait. Le train ξ=1 dépend étroitement de la filière 1/tsmw atteinte par le choc de sens rb(nuit–clarté), vu que, la crise n'étant pas déclarée, il faudrait là une vraisemblance différente de 1/tsmw=1 autant que de 1/tsmw=½. Le rang t=2 se fonde sur le vague de l'expression, menant à ignorer s'il faut associer ou opposer «nuit» et «clarté». Un éloignement intérieur s=1 se trouve garanti par l'efficacité du lien grammatical. De par l'hésitation entre les optiques de complément et d'opposition, pour ce qui touche le rapport entre «nuit» et «clarté», s'imposent les valeurs m=w=2. La filière 1/tsmw=1/(2)(1)(2)(2)=⅛ de rb(nuit–clarté) fait donc entendre la possibilité que nous avons de nier toute crise pour (nuit{}clarté). Ainsi le train prend le niveau ξ=1 et le module arrive jusqu'à 1/γελξ=1.

Méthode

Puisque les relations demeurent vagues dans la gomme, la référence à un heurt s'avère indispensable quand on estime la vraisemblance d'un rapport ayant crise ou aplomb. Le rapport (soleil{}terre) peut s'appliquer à “le soleil tourne autour de la terre” et à “le soleil tourne-t-il autour de la terre?” Il n'existe pas d'équivalent du rang (t) dans le calcul de module, alors que (λ) procure un analogue du (s) fonctionnant au sein de la filière. Cela rend plus aisé d'obtenir un module 1 que d'avoir une filière 1.

Application à Baudelaire

L'opinion publique, sur les valeurs effectives des offrandes procurées au trésor général de l'art, se montre partiellement aveugle, par des accusations ayant pour fondement la nuit haineuse du sentiment bas, et par un éloge inconsidéré ayant comme principe la belle clarté d'un esprit bon qui proclame courageusement son avis, mais qui faute d'instruction verse dans un enthousiasme d'éblouissement [835]. Le tout de ces rumeurs forme néanmoins la gloire avec sur chaque objet une légende noire qui accompagne la dorée. -Ou encore: les cris de plaisir, sortis du corps féminin idéal et abstrait, sont comme le jour et la nuit, ce qui ne les empêche pas de se mêler en un vaste soupir unique, venu des expériences nombreuses que rassemble cet universel sanctuaire. Cette vague unité possède un côté sombre avec un autre lumineux. La nuit représente le flou du mal fait, dans la tromperie, la séduction, le mensonge ou la prostitution. Le jour symbolise l'amour effectivement vécu malgré tout cela. Des repères incertains effacent les bornes de manière suffisante pour que les contraires ne se gênent pas mutuellement.

§534
Théorie

Analysons (parfums¹{}couleurs) et (couleurs{}sons). Les nœuds de la gomme initiale, (parfums¹{} couleurs), possèdent une infiltration “objets de la sensibilité”, ce qui donne la roue γ=1. Le flux ε=1 suit rapidement, puisque nulle béance ne se développe. La solidarité grammaticale des alvéoles explique le pavillon λ=1. Le train ξ=1 se justifie parce que la mention des images fédérées ne livre pas en elle-même de crise. Un module 1/γελξ=1 résulte aussitôt de pareilles données. Exactement les mêmes réflexions valent pour le rapport (couleurs{}sons).

Méthode

Déterminer l'endroit exact du tas où se produit une crise n'ayant rien de facile, nous avons à schématiser l'objet pour le comprendre de façon élémentaire. Chaque fois, nous évitons d'affirmer qu'existe un obstacle, tant que l'idée capitale n'est pas encore venue. Aussitôt, hélas, nous avons la conscience qu'il sera nécessaire d'examiner plus tard les finesses laissées un moment de côté, vu que le sens de chaque image se répartit sur le texte au complet.

Application à Baudelaire

Dans le sanctuaire de la belle merveille, les poèmes côtoient les tableaux. L'inspiration issue des uns donne les autres, et depuis l'Antiquité paraissent des ouvrages de haute littérature, comme celui de Philostrate, qui décrivent des représentations picturales. De semblable manière, peintures et musiques voisinent, ainsi qu'Abraham Bosse le fit voir. Au sein de l'art des vers l'appellation du sonnet montre cette union. Plus généralement, une tradition a nommé le caractère personnel d'un style sa couleur, et ce qu'il exprime d'éclat surprenant, le son [836]-[851]. -Ou encore: dans l'univers féminin sacré auquel donne accès l'amour idéal et abstrait, les objets de la sensibilité se confondent. Les parfums de ce milieu spécial, inscrits dans le corps, temple de l'union physique, voisinent avec les couleurs des robes, mais aussi avec l'intérieur de la maison [[1056]]: «Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre…
»
Les teintes chères à l'aimée accompagnent le cliquetis des chaînes de métal et des pierres chatoyantes, qui se mêle aux bruits de voix.

§535
Théorie

La roue de (parfums¹…couleurs…sons{}se répondent) met l'interprète devant une crise, vu qu'il soupçonne une dissimulation, par Baudelaire, de ce qu'il envisageait. Néanmoins γ=1 est sûr, parce que l'aplomb “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” rend compréhensible ce rapport. Désormais l'infiltration “donnant l'impression de la pensée” rend solidaires les nœuds de la gomme: “parfums…couleurs…sons” et «se répondent». De cette manière disparaît le soupçon que le créateur aurait définitivement nui à l'intelligence de son propre texte. Le flux ε=1 s'avère utile, car nulle béance du tas ne se fait jour. Le pavillon est fixé au plan λ=1, en raison de la continuité du vers, qui nous assure que les distances entre les alvéoles restent sans importance. Le train de valeur 1, pour une gomme d'aplomb, exige un heurt à sens voisin, de filière 1 ou ½. Ici nous avons rb(parfums–répondent). Le rang parvient au niveau t=1 en ce qu'au huitième vers le ton se montre catégorique. L'éloignement intérieur atteint s=1 du fait que l'écart entre le début et la fin de cette ligne s'estompe au moyen d'une forte relation syntaxique: «…Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.» L'oscillation du terme dit à gauche dans la formule admet la quantité m=1, grâce au sens littéral qui domine. Que les parfums se répondent mutuellement ou qu'ils répondent aux couleurs et sons, de toute manière ils réalisent quelque chose de suspect. Le terme signalé à droite, «répondent», ne bénéficie pas d'une observation équivalente, puisque, gardant comme sens possible “équilibrent”, il justifie une oscillation w=2. En tout se dégage une filière 1/tsmw=1/(1)(1)(1) (2)=½ et cette grandeur, permettant le train ξ=1 pour la gomme (parfums¹…couleurs… sons{}se répondent), conduit vers le module 1/γελξ=1. Nous échouerions à obtenir la même filière ½ avec rb(sons–répondent). Là «sons» fait penser à “voix”, et cette dernière idée à “réponse”, de sorte que serait évité le conflit de sens. Touchant rb(couleurs–répondent), la situation aurait un statut intermédiaire. Pour l'ensemble maintenant «couleurs» et «sons», tous les deux écrasés par l'influence de «parfums», se font entraîner vers le risque.

Méthode

Comme un heurt ou son absence dépend quelquefois d'une infime nuance parmi les idées, il n'est pas étonnant que cette incertitude concerne aussi les crises.

Application à Baudelaire

“Répondre” signifie aussi “demeurer à hauteur de ses engagements religieux” dans le temple du beau [848]. Les plus grands artistes littéraires, plasticiens et symphoniques, en leur geste d'offrande, savent respecter la correspondance des arts, milieu hors duquel tout leur développement est compromis. L'inspiration des uns demande la réalisation des autres, dans un croisement des images qui se poursuit à tout moment. -Ou encore, le visiteur traverse le sanctuaire féminin universel et abstrait, où dialoguent trois aspects de l'amour: parfums, couleurs et sons. Au cours de la célébration physique maints caractères, visage harmonieux et fin, corps onduleux, parfum, bijoux et voix aiguë, se complètent dans cet entretien sacré. 236

§536
Théorie

La gomme (parfums¹{}parfums²) amène à réunir le second quatrain avec les tercets, ce qui évite la coupure de la ponctuation, autorisant ainsi à reconnaître la continuité du tas. Nous obtenons une roue γ=1 puisqu'il serait inimaginable que les deux alvéoles n'aient aucune infiltration. Le flux ε=1 semble garanti par le durcisseur, qui tient à l'identité du mot disant les deux alvéoles. D'un autre côté, le même connecteur profite au pavillon, en abolissant l'écart des images dans le tas, ce qui permet la mesure λ=1. Le train, bénéficiant de l'impossibilité de toute crise, va s'établir au plan ξ=1. De cette façon, le module 1/γελξ=1 paraît certain.

Méthode

Un auteur peut vouloir ou refuser, pour des motifs très profonds, la cohérence de ses propos. Nous évaluons l'esprit de suite, mais ne le préconisons en rien. Il s'agit uniquement de savoir si le créateur l'a désiré dans le texte. Il serait contraire à l'indispensable objectivité que nous prenions une autre voie. Si la réclamation de la subjectivité doit prendre son entière place contre les faits illusoires, que les roués emploient dans la fructification de leurs avantages, nous ne gagnons rien à lui abandonner tout le soin de la vérité momentanée ou constante.

Application à Baudelaire

La poésie, dans le temple idéal du beau, forme une partie de chacune des pièces. Comme l'édifice procure la série d'étapes convenable pour le développement de l'âme, le visiteur, littéraire, peintre ou musicien choisit l'endroit où déposer son offrande, parce que dans cet acte, il reflète le caractère de sa réalisation. -Ou encore: au sanctuaire de l'amour universel, il existe une longue série de salles, chacune réservée dans ce corps idéal et abstrait à un stade formateur pour la fille parfaite. L'auteur, après avoir décrit le bâtiment sacré de façon générale, met dans la fin du sonnet un accent particulier sur les odeurs qui parent femme.

§537
Théorie

La roue de (est{}parfums²) s'élève au plan γ=1 en ce que la notion d'existence ouvre sur presque n'importe quelle idée. La seule discutable serait celle de néant, mais les parfums, encore que très minces dans leurs particules, ne peuvent avoir une caractérisation mentale de ce genre. Le flux vaut ε=1 en raison du contact des alvéoles qui ne laisse aucune béance. Le même argument sert à nouveau pour le pavillon λ =1 de par un contact logique intense. Avec l'absence de crise le train ξ=1 ne fait aucun doute, ce qui achève de nous convaincre du module 1/γελξ=1.

Méthode

D'un côté, la notion du néant possède une forme d'être, même si la chose n'en possède aucune [753]. Par ailleurs les objets illusoires eux-mêmes, et ceux dont le caractère d'irréalité demeure impossible à contrôler, ont une deuxième sorte de réalité: celle des apparences qui les donnent, comme un reflet pour le mirage [753].

Application à Baudelaire

Parmi les formes capitales du service, au temple de la beauté, nous avons l'offrande faite de poésie, mais il en existe de plusieurs catégories, que Baudelaire va énoncer ensuite. -Ou encore: les parfums de la fille universelle abstraite idéale, sanctuaire de l'amour physique, présentent des aspects différents. Le poète veut les aborder selon une démarche organisée, au lieu d'en mêler sans arrêt les notions.

§538
Théorie

Concernant la gomme (parfums²{}frais), la roue admet le niveau γ=1 en ce que la première alvéole possède un accroc facile à comprendre vis-à-vis de la seconde. Le flux ε=1 semble nécessaire, puisque nulle alvéole n'est omise. Une syntaxe irréprochable indique le pavillon λ=1. Aucune menace de crise ne se justifiant, le train ξ=1 va de soi, et de là résulte le module 1/γελξ=1. Avec (temple{}frais) la distance des images aurait gâté la description, même si on a l'impression que le rapprochement possède beaucoup d'intérêt, pour expliquer le commencement du premier tercet.

Méthode

L'intuition reste le fondement de tout jugement, ce qui ne saurait interdire d'en chercher l'amélioration par une méthode. Celle de Platon, en la privant de ses points les plus élevés, fournit un excellent guide [764]: «Le premier élément, c'est le nom; le second, la définition; le troisième, l'image…» Il entend, par ce dernier article, un moyen sensible de s'habituer à certains aspects matériels du problème auquel on s'affronte. Par exemple un cercle dessiné par terre avec deux rayons procure un échantillon de ce qu'on exprime avec “les deux côtés qui sont de même longueur dans un triangle isocèle”, pour employer, en le déplaçant légèrement lui aussi, un exemple fameux de Kant [470].

Application à Baudelaire

Certains auteurs amènent au temple du beau, des poèmes d'une grande innocence, qu'ils offrent en les posant avec justesse auprès d'un pilier, ou style, joyeux et frais, convenable pour que le goût soit formé dans la meilleure direction possible. -Ou encore: dans le temple féminin idéal et abstrait, il existe d'abord une sorte d'antichambre constituée de la fillette, qui apprend déjà comment protéger ou soigner son corps, fait de chairs éclatantes, d'après une tradition particulière, véhiculée par les femmes d'une génération à l'autre, dans un monde notionnel d'une certaine façon parallèle à celui des garçons, et visant l'amour lointain. Chacune s'éduque aussi par les odeurs fines, comme celle de l'iris, et en connaît bientôt l'importance.

§539
Théorie

On examinera ici (comme{}chairs…enfants) et (parfums²{}comme…chairs…enfants). Pour le premier lien, (comme{}chairs…enfants), la roue vaut γ=1 en ce que l'alvéole initiale ouvre sur les autres. On peut citer après «comme» des exemples, et la notion «chairs d'enfants» y appartient. Le flux ε=1 se montre sûr lui aussi, du fait que «des» et de «d'» n'appartiennent aucunement aux sens de front, seuls admis en style télégraphique, l'étalon de mesure pour la distance des alvéoles. Pour λ=1 le pavillon minimum, il se trouve garanti par l'unité grammaticale du propos, qui abolit n'importe quel écart des images. Le train ξ=1 ne saurait avoir de rival, puisqu'il n'y a point de crise à redouter, ce qui en définitive conduit au module 1/γελξ=1. Avec l'autre gomme, (parfums²{}comme…chairs…enfants), on obtient γ=1 comme roue, parce que la modération du rapprochement, amené par «comme», rend l'idée aisément supportable dans une poésie de l'époque romantique. Le flux ε=1 n'autorise aucun doute, grâce au rapport logique permettant de sauter par-dessus «frais». Un pavillon λ=1 sied à l’étroite relation syntaxique. L'absence de crise octroie le train ξ=1, de sorte qu'un module 1/γελξ=1 se dégage une fois de plus de la situation.

Méthode

L'interprète, qui doit fournir un sens minimum, puis une illustration téméraire, avec pour finir une deuxième version aventureuse, se trouve déchiré par ces trois pensées différentes, mais il représente ainsi correctement la difficulté de ses tâches explicatives.

Application à Baudelaire

La réalisation littéraire dont certains poètes font le sacrifice, dans la première salle du temple voué au beau, rend la fraîcheur de l'enfance. D'après le principe des correspondances, il en va de même des exploits dus aux peintres, appliqués à rendre le détail des chairs de l'enfant Jésus. Les inspirations profanes, faites pour traduire jeux et fous rires, font penser encore davantage aux comptines et chansons utilisées par maints artistes. -Ou encore: le sanctuaire idéal et corps féminin universel exalte dès la pièce initiale une angélique nouveauté de peau et l'absence de ride. Pour ce lieu ont été choisies des fleurs odorantes, comme la rose ou le muguet, qui soulignent l'effet des chairs brillantes, émues lors chaque réception enfantine, dans la série de celles où s'improvisent, dans un tourbillon de moqueries, les premières préférences furtives entre des êtres mis rarement au contact les uns des autres.

§540
Théorie

La gomme (frais{}chairs…enfants) nous met en difficulté dès l'abord, car il faut pouvoir l'interpréter dans un sens minimum, donc sans choisir qu'elle se constitue dans l'allusion au toucher, ou que le fonds de sens évoque, à l'opposé, la couleur. D'un côté, souvent, un enfant court volontiers dans le froid vif du matin, dès qu'on lui abandonne quelque liberté, de sorte qu'il montre un visage rougi de fraîcheur. Par ailleurs la peau sans ride procure l'impression de nouveauté difficile à rendre dans une peinture. Cette signification double assure de toute façon l'accroc du second nœud par l'autre, donc une roue γ=1. La gomme déjà examinée (comme{}chairs…enfants) interdisant qu'on parle de béance, le flux ε=1 s'avère le seul possible. Le «comme» unissant les nœuds présents ici, octroie le pavillon λ=1. Quant au train ξ=1, il est assuré car nulle crise ne survient, du fait que le parallèle demeure une simple confrontation. Il résulte de cette disposition que le module ne s'aventure qu'à hauteur de 1/γελξ=1. Au contraire avec (frais{}hautbois) on obtiendrait, malgré la justesse de la remarque, une trop grande infidélité au tas et, donc, la vraisemblance de l'écrou chuterait gravement, de par une force considérable venue des rubans (ε) et (λ).

Méthode

Si on imagine un butoir fourni par un historien à propos de l'équivalence, pour l'auteur, d'alvéoles éloignées l'une de l'autre dans le tas et ne bénéficiant d'aucune sorte de connecteur, ce renseignement ne change rien au calcul. Alors que suffit le plus mince rappel de sens, lorsqu'il faut unir les passages contenant deux représentations, le créateur n'en a utilisé aucun: ce point l'emporte sur tous les autres arguments.

Application à Baudelaire

Au sein de «Nature», le temple de la beauté, on célèbre, dans la première salle de culte, les apparences de spontanéité, fraîcheur et grâce que les peintres ont su rendre par l'étude savante des carnations enfantines. Des comiques, poètes ou conteurs ont réussi à leur offrir une réponse, tout particulièrement La Fontaine, Molière, Perrault, qui ont beaucoup sacrifié à cet endroit sacré. D'autres ont approché de la perfection en un éclair, comme, sur la mort d'une fillette de cinq ans, Malherbe [520]: «Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.
»
-Ou encore: la première salle, du sanctuaire féminin abstrait et universel de l'amour physique, organise ses merveilles très en avance, par le soin des chairs idéales brillantes, ou des cheveux éclatants du tout jeune âge, quand ablutions et repos ont anéanti sur les joues les marques écarlates des rondes bouleversantes, et que la violette a déposé sur la peau sa contribution.

§541
Théorie

La roue de la flèche (parfums²{}Doux) est γ=1 de par un accroc évident à force d'être conforme aux idées habituelles. Le flux ε=1 paraît justifié, car nulle béance n'a lieu, grâce au connecteur grammatical de l'attribution logique. Le pavillon λ=1 n'est pas évitable, grâce au même fonctionnement du langage. Nulle crise ne menaçant, le train ξ=1 s'avère indispensable, ce qui nous conduit au module 1/γελξ=1. Il ne faut pas déclarer que le titre «Correspondances» implique la crise du huitième vers, employant «répondent», et ensuite la nombreuse série des liaisons de sens apparentées. S'il fallait suivre ce genre d'opinion, un roman de mille pages devrait entièrement être considéré comme paradoxal dès que le titre le serait. Afin de cloisonner l'examen, dans le but de ne pas tomber dans ce genre d'illusion, il nous a été indispensable de faire cent distinctions.

Méthode

La difficulté d'admettre la terminologie d'un essai vient fréquemment d'une méfiance vis-à-vis de tels codes, ou de l'abstraction. Combattre ce préjugé s'avère tellement décisif que nous en venons par moments, afin de pousser doucement l'opinion vers des jugements corrects, à exagérer l'importance du traitement général des faits dans la connaissance. Nous comprenons de quels tâtonnements il est précédé, mais nous voyons aussi qu'à trop y insister, nous risquons de ne plus encourager le talent de trouver un moyen unique de traiter mille faits.

Application à Baudelaire

Les poèmes, déposés près de la deuxième salle, dans le temple de la beauté impeccable, décrivent la première adolescence, raffolant des musiques à danser, qui poussent au vertige pour faire surmonter la retenue. Épris de l'initial désir, les auteurs de pastorales évoquent la tendresse qui bientôt étincelle dans la solitude à deux. -Ou encore: la fille parfaite, sanctuaire de l'amour physique universel, procure bientôt la pièce abstraite de la jeune personne aux nouveaux ornements. Sa beauté corporelle, promise à l'esthète, s'accompagne de roses, jacinthes et parfums coûteux, qui en soulignent la douceur idéale.

§542
Théorie

Concernant (parfums²{}comme…hautbois) l'accroc est certain grammaticalement et justifie la roue γ=1. Le flux ε=1 ne soulève aucun soupçon, grâce au connecteur. De même, le pavillon λ=1 repose sur la distance annulée. Empêchant les crises de se produire, la confrontation octroie le train ξ=1, et donc uniquement le module 1/γελξ=1 peut se faire jour dans ces conditions.

Méthode

Certes, il demeure impossible par cette analyse de comprendre pourquoi, dans le même tas, un créateur a désiré une crise à tel endroit, mais pas ailleurs. On se met à penser que s'il n'en voulait pas, il devait éviter le dispositif partout, mais on touche ici à une affaire d'équilibre artistique, à ce qu'il semble.

Application à Baudelaire

A côté du poète déposant ses offrandes près de quelque style du temple, afin d'adorer le beau à proximité de la deuxième salle de culte, le musicien avec son hautbois rappelle bergers et pastourelles gardant leurs ouailles, tout en s'adonnant à l'occasion au jeu des caresses. -Ou encore: la toute jeune fille au babillage amoureux est la figure divine de la deuxième salle du sanctuaire corporel idéal. Dans la succession des pièces la première adolescence du corps féminin universel et abstrait apporte aux chairs transformées crèmes odorantes et baumes exotiques, dont l'effluve printanier fait imaginer la déesse comme une bergère d'opéra jouant sur l'épaisse flûte champêtre.

§543
Théorie

Touchant (parfums²{}verts comme…prairies) une difficulté nouvelle d'interprétation paraît. Le sens est “parfums de couleur verte, comme celle des prairies” ou “parfums acides à l'odorat, comme la couleur verte des prairies est intense, lors de la nouvelle saison, pour la vue”. D'une part l'écrou devant se contenter d'un sens minimal, il s'avère impossible d'unir en lui ces deux images, et d'autre part, aucune d'elles n'anéantit sa rivale complètement. La première interprétation exprime facilement que l'accroc existe. La seconde profite du «comme» pour en adopter aussi le principe. De toute manière, par conséquent, la roue s'élève au plan γ=1. Étant donné que la relation grammaticale «Il est des parfums… verts comme des prairies…» ne saurait être plus certaine, le flux s'établit à hauteur de ε=1. Le pavillon bénéficie du même connecteur logique, ce qui mène vers l'égalité λ=1. La menace de crise ne résistant pas au plectre «comme», le train ξ=1 ne s'avère aucunement suspect. En tout le module 1/γελξ=1 paraît ainsi le plus convenable. En souscrivant à “des parfums vert prairie” uniquement, la discussion avance plus vite, mais le huitième vers n'a plus autant de poids, étant donné que la combinaison “parfums, couleurs, sons” ne se justifie guère pour “des parfums de même couleur que les prairies”.

Méthode

Plusieurs alvéoles dans un même nœud, comme dans le cas présent, font un accroc souvent plus aisé à voir, mais une infiltration plus difficile à cerner, car les petits mots facilitent la concaténation des images représentées par eux. Les alvéoles en groupe dispersent l'intelligence totale dévolue à leur ensemble, donc affaiblissent l'attention que chacune reçoit.

Application à Baudelaire

Les auteurs offrent, dans une troisième salle du temple «Nature», celui de la beauté universelle, des poèmes inspirés par les jeunes adultes non loin de l'épanouissement. Ces vers qui ressemblent aux tableaux de Catlin, le peintre de la steppe américaine, savent évoquer la verdeur des jeunes herbes dans la prairie, aux temps initiaux de la belle saison. -Ou encore: le dernier point de l'extrême juvénilité, dans le parcours des merveilleuses pièces, au sein du sanctuaire corporel de l'amour physique parfaitement idéal, est le splendide brin de femme, près de l'âge d'une fière adulte, pareille à une prairie verte, au printemps.

§544
Théorie

La roue de (verts{}prairies) est γ=1 en raison de l'accroc déjà longuement discuté. Ayant précédemment examiné la gomme (parfums²{}verts comme…prairies) nous avons une garantie que maintenant la béance ne peut se produire, ce qui justifie le flux ε=1. La rigueur du contact logique nous assure un pavillon λ=1. L'absence de crise nous octroyant le train ξ=1, le module doit atteindre la quantité 1/γελξ=1. Au contraire avec (hautbois{}verts) nous aurions dû contourner une crise ou accepter train et roue de montant 2, ce qui aurait amené le profil à ne jamais pouvoir dépasser le niveau ¼.

Méthode

Nous admettons que (γ) et (ξ) se renforcent en cas de crise sans porte, du fait qu'un tel défaut mène à conclure que le tas manque très gravement de cohérence.

Application à Baudelaire

Dans le temple de beauté, le grand poète, offrant le fruit de son occupation, est parvenu à saisir, grâce au dynamisme des pousses juvéniles, un point fort précieux, livrant aux âmes ainsi comblées, dans le vers, le vert. -Ou encore: interne au sanctuaire idéal de l'amour physique universel qu'est le corps abstrait de la fille parfaite, l'ultime salle des chairs neuves constitue la jeune femme s'épanouissant, avec aux lèvres un parfum acidulé: celui de la pomme d'abord tombée sur la prairie du verger.

§545
Théorie

Pour la gomme (parfums²{}autres) la roue arrive au niveau γ=1 puisque l'accroc est évident, vu le nombre de catégories dans les odeurs plaisantes: jasmin, résine de conifère, par exemple. Le flux vaut ε=1 car le connecteur logique ouvre un droit à sauter maintes alvéoles. Pour la même raison, ce rapport grammatical anéantit l'affaiblissement de la mémoire dû à l'écart des alvéoles, menant ainsi au pavillon λ= 1: «Il est des parfums frais…Et d'autres…» Le train ξ=1 ne fait que suivre la situation d'absence nécessaire de crise, de sorte que le module s'élève sans difficulté jusqu'à 1/γελξ=1.

Méthode

Il faut accorder qu'on dépend fortement du contexte, dans une gomme pareille, alors qu'on tente par ailleurs de circonscrire au mieux la zone immédiate de chacune des relations, afin de ne pas les confondre. Cela montre qu'il reste de nombreux points mal compris dans les relations de sens internes au tas, et que de nombreuses décisions, au cours de l'analyse de vraisemblance, demeurent juste intuitives.

Application à Baudelaire

Le temple de splendeur demande plusieurs genres d'offrandes, parce que les formes de culte varient dans chaque pièce. Le visiteur, écrivain, peintre, musicien avance jusqu'à celle convenant à ce qu'il vient de réaliser. Il est des endroits pour les dons empreints de fraîcheur enfantine, adolescente, juvénile, mais plus avant au sein de l'édifice une différence capitale survient, car existe une salle qui reçoit des tributs autrement plus graves que ceux déjà évoqués, cette fois inspirés par d'inquiétants adultes. -Ou encore: dans le sanctuaire d'amour physique universel qu'est le corps féminin idéal et abstrait, il existe une salle réservée aux splendeurs parfaitement jeunes mais adultes. Bien plus que des parfums verts, doux et tendres, ces chairs demandent une senteur appelant aux réflexions, à propos du fonds étrange de l'humanité qui se révèle, alors qu'au départ il est souvent ignoré, invisible aux yeux superficiels, caché par l'éclat du très jeune âge. Soudain, on passe du laisser-aller au péché accompli avec délectation, et le sacrifice tant préparé va être finalement célébré dans un esprit mauvais et une ambiance païenne [[1002]]: «Tes nobles jambes sous les volants qu'elles chassent
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
Comme deux sorcières qui font
Tourner un philtre noir dans un vase profond.
»

§546
Théorie

Étudions (parfums²{}corrompus), (parfums²{}riches) et (parfums²{}triomphants). La roue de (parfums² {}corrompus) semble difficile à cerner, parce que la notion de corruption chimique s'applique mal dans le contexte. Heureusement, nous comprenons “des parfums utilisés par des gens corrompus”, donc nulle crise n'éclate pour l'instant, et la gomme se comprend, ce qui nous vaut une roue γ=1. Le flux atteint ε=1 puisque le connecteur logique permet de sauter plusieurs alvéoles, pour suivre le sens du texte: «Il est des parfums frais…Et d'autres, corrompus, riches et triomphants…» Relativement au pavillon, la même réflexion paraît juste, donc la quantité convenable s'établit à λ=1. Le train se montrant incapable de surpasser le niveau ξ=1 en l'absence de crise ou d'aplomb, un module fixé à hauteur de 1/γελξ=1 vient à être noté. Certes, comme nous avons un heurt de filière 1, rb(corrompus–encens), et que l'encens est un parfum, nous devinons une difficulté pour la suite de l'écrou. Néanmoins, du fait que nous avons opté pour une abstention dans la déclaration de crise, quand une délimitation de la zone difficile paraît en vue, nous devons attendre le passage délicat, pour indiquer un tel événement. Les vraisemblances de (parfums²{} riches) et (parfums²{}triomphants) sont identiquement 1/γελξ=1, car il serait étrange de charger d'une crise ces gommes dans un contexte où celle vue à l'instant, (parfums²{}corrompus), peut éviter ce fardeau.

Méthode

Avec de pareilles arguties, nous restons loin d'une déduction et il vaudrait mieux, pour notre calcul de vraisemblance, parler de mathématique détournée vers l'empirisme. Cela ne ressemble pas aux techniques d'avant la démonstration, comme celles de l'Égypte antique, où le scribe trouvait comment calculer la circonférence d'un cercle avec le diamètre, mais à un tâtonnement qui détourne une science déjà existante vers un domaine trop mal connu pour autoriser d'elle une application correcte, donc en acceptant de la dégrader provisoirement, au plan intellectuel [248].

Application à Baudelaire

Dans le temple, il existe une pièce ultime, autour de laquelle auteurs, peintres et musiciens déposent leurs offrandes. Là elles diffèrent intensément de celles qui précèdent, car le sentiment artistique vient de causes formidables: corruption, richesse, jouissance du triomphe. Ici est exploré le fond redouté de l'âme humaine, ce qu'on préférerait souvent ne pas voir. Uniquement les artistes capables de passer dans les autres pièces, du frais, doux et vert, en y éprouvant l'adoration avec une profondeur sincère, gagnent en intelligence pleine de sensibilité quand ils parviennent au stade ultime, car le bel art consiste à faire voir l'idéal au creux du spleen, l'horreur sous l'innocence admirable, ou le mal dans les fleurs aimées. Le talent fait même se deviner l'homme qui terrorise son milieu, inspirant la crainte au grand nombre, sous le personnage méritant la pitié, quand il souffre injustement [37]. -Ou encore: dans le sanctuaire féminin de l'amour physique universel et abstrait, une salle de plus doit être vue: celle du péché affermi ou endurci. Dans le corps éblouissant une part de nuit se fait entrevoir. Les chairs jeunes mais entièrement adultes exigent là des parfums capiteux, pour accompagner la célébration ultime de l'édifice, où se développe l'émotion intense.

§547
Théorie

La roue de (autres{}Ayant…expansion…choses infinies) s'avère γ=1 en ce que l'accroc est facile à voir, tellement «autres» permet de penser ce qu'on désire après lui. Avec les gommes (parfums²{} corrompus), (parfums²{}riches) et (parfums²{}triomphants) déjà traitées, chacune des alvéoles sautées dans (autres{}Ayant, expansion, choses infinies) est fournie: “…(Et) (d')autres, corrompus, riches (et) triomphants, Ayant (l')expansion (des) choses infinies…” De là suit que le flux prend le niveau ε=1. Grâce au lien grammatical, un pavillon λ=1 ne court aucun risque. Vu qu'il est possible de prendre le nœud mentionné à droite pour une figure littéraire d'exagération, possédant le sens “qui ont des particules infimes” la déclaration de crise ne s'avère pas utile, de sorte que le train vaut ξ=1. Le total des rubans est (γ)(ε)(λ)(ξ)=(1)(1)(1)(1)=1 et donc le module se fixe à 1/γελξ=1/(1)(1)(1)(1)=1/1=1. Il serait possible de trouver la même issue concernant (parfums²…autres{}Ayant…expansion…choses infinies), puisque «autres» signifie “autres parfums²”, de par un connecteur logique.

Méthode

Une très faible vraisemblance du résultat ne doit aucunement décourager l'enquête subalterne, conduite d'après les nombreux témoignages faisant estimer que les auteurs avaient un puissant bagage de jeux de mots et de références historiques. Selon une répartition intuitive des forces évocatrices, jouant de sentiments très minces, ils en usaient comme les musiciens ou les peintres de leurs thèmes, qui exercent en minuscule partie des influences mal perçues dans l'immédiat.

Application à Baudelaire

Au sein du temple «Nature», consacré aux splendeurs, l'ultime salle de célébration est entourée d'offrandes qui exaltent le désir menant à une poursuite indéfinie. Le démon s'intéresse à de telles choses, habituellement dissimulées par les convenances qui maintiennent la société ordinaire. Les artistes, pourvoyeurs des rêveries nécessaires à tant de gens inquiets, ont attendu longtemps avant de n'être plus rares et isolés dans cette pièce [676]: «Beethoven a commencé à remuer les mondes de mélancolie et de désespoir incurable amassés comme des nuages dans le ciel intérieur de l'homme. Maturin dans le roman, Byron dans la poésie, Poe dans la poésie et dans le roman analytique… ont admirablement exprimé la partie blasphématoire de la passion; ils ont projeté des rayons splendides, éblouissants, sur le Lucifer latent qui est installé dans tout cœur humain. Je veux dire que l'art moderne a une tendance essentiellement démoniaque.» -Ou encore: le visiteur se déplace jusqu'à l'extrémité du sanctuaire de l'amour physique universel, qu'est la chair féminine idéale ou abstraite. Là il côtoie par moments les interminables désirs, approchant de la folie. Au milieu des parfums entêtants qui entourent l'être de rêve, il amène au paroxysme la fête, ivre à demi et se mouvant désormais vers le péril suprême [[1131]]: «Le Démon, dans ma chambre haute,
Ce matin est venu me voir,
Et, tâchant de me prendre en faute,
M'a dit: "Je voudrais bien savoir,
Parmi toutes les belles choses
Dont est fait son enchantement,
Parmi les objets noirs ou roses
Qui composent son corps charmant,
Quel est le plus doux." -Ô mon âme,
Tu répondis à l'Aborrhé:
"Puisqu'en Elle tout est dictame,
Rien ne peut être préféré.
Lorsque tout me ravit, j'ignore
Si quelque chose me séduit.(")
»

§548
Théorie

Étudions les gommes (choses infinies{}Comme…ambre), (choses infinies{}Comme…musc), (choses infinies{}Comme…benjoin), (choses infinies{}Comme…encens). La première gomme citée possède une roue γ=1 parce que l'accroc se comprend, vu que «infinies» pourrait constituer une outrance littéraire pour “aux particules infimes”. Nous avons aussi un flux ε=1 en raison du caractère ininterrompu de la suite d'alvéoles: “…Ayant (l')expansion (des) choses infinies, Comme (l')ambre…” La même cause justifie que le pavillon ait à s'établir à hauteur de λ=1. Enfin le train vaut ξ=1, puisque les menaces de crise se trouvent anéanties par cette figure de style, bien vraisemblable, considérée à l'instant. Les rubans γ=ε=λ=ξ=1 conduisent au module 1/γελξ=1. Il est facile d'étendre ce résultat aux trois gommes ultimes: (choses infinies{}Comme…musc), (choses infinies{}Comme…benjoin), (choses infinies{}Comme… encens).

Méthode

Un créateur pouvant s'amuser avec les nerfs de ses contemporains, et ce jeu constituant une partie de l'art, nous ne pouvons ignorer que nos jugements doivent rester d'une grande modestie, n'approchant que faiblement des mille procédés qu'utilise un auteur pour mettre au point son exploit artistique.

Application à Baudelaire

Dans l'extrémité finale du temple de la beauté, certains poètes versent des offrandes littéraires d'esprit inquiétant. Au contraire les poésies données alentour des pièces traversées auparavant devaient leur contenu principalement aux évocations légères. Maintenant la réflexion touche le fond épais, difficile à écarter, de l'âme humaine, se chargeant de lourds problèmes. -Ou encore: dans le sanctuaire de l'amour physique, une variété de parfums capiteux existe, aux sources fonctionnelles innombrables, et issues de ce corps féminin. D'autres fragrances, venues des plantes ou du monde animal, entourent si parfaitement les carnations idéales, qu'elles ont été recherchées depuis l'Antiquité, pour augmenter le faste de la célébration ultime: «…l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens…»

§549
Théorie

Examinons les gommes (triomphants{}tri-omphants) et (expansion{}expansi-on). Le créateur, dans ce que nous appelons (triomphants{}tri-omphants), insiste au moyen du “i” sur l'évocation d'une acuité. Il peut suggérer le son de l'épée qui s'enfonce dans la chair, le sifflement de l'air au passage, le cri douloureux de la victime, ou au contraire celui du plaisir vainqueur. En tout cas l'imagination engendre immédiatement une fantaisie ayant un rapport avec le sens, qui donne un miroitement et donc une roue γ=1. Le flux ε=1 est aisément acquis par le reps (F-triomphants…expansion/-¦¦¦¦-/S-tri-omphants…expansi-on) de manse 1. Le simple fait de rester sur place dans le poème garantit le pavillon λ=1, relatif à une parfaite continuité du propos. Nous ne tombons pas dans une crise, puisqu'un sens de reps ne saurait en produire. Ainsi le train prend le niveau ξ=1 et il en suit le module 1/γελξ=1. La gomme (expansion{} expansi-on) bénéficie de la même vraisemblance, puisque sa roue s'établit à hauteur de γ’=1, en raison de la même sonorité “i”. Cette dernière peut évoquer un départ de vapeur, garantissant ainsi le miroitement nécessaire. Le flux ε’=1 vient, comme pour le cas déjà traité, de la manse 1 obtenue par le reps (F-triomphants…expansion/-¦¦¦¦-/S-tri-omphants…expansi-on). L'argument du pavillon λ’=1 est aussi emprunté au constat d'immobilité. Concernant le train, pareillement, l'absence de crise nous procure l'assurance que ξ’=1 possède un fondement.

Méthode

C'est au paragraphe 477 que nous avons obtenu la manse du reps auquel nous avons renvoyé, pour déterminer le flux des gommes présentées ici.

Application à Baudelaire

Offerts en sacrifice dans le temple du beau, alentour de la pièce ultime où se tient l'office religieux, les poèmes téméraires se répandent partout, et l'expansion immense qu'ils prennent leur assure le triomphe. -Ou encore: dans le rayonnant corps féminin abstrait et idéal, sanctuaire de l'amour physique universel, une dernière salle procure la célébration, accueillant le sacrifice au milieu des lourds parfums de sueur et de cheveux, exerçant leur pouvoir d'expansion indéfini sur l'âme du visiteur, en compagnie des fragrances de grand luxe.

§550
Théorie

Une crise survient pour (corrompus{}encens) du fait que l'encens est le parfum classique des temples. Si on utilise la signification “Il est des parfums frais…et d'autres, corrompus…comme…les personnages qui font brûler de l'encens…” on affirme que les gens d'Église sont corrompus, ce qui ne va guère avec la pensée de Baudelaire, telle qu'on la connaît par ailleurs. Ainsi la difficulté, qui avait épargné (parfums²{}corrompus), (parfums²{}riches) et (parfums²{}triomphants), menace (corrompus{}encens) pour une raison spécifique. La notion “animés comme par volonté divine”, employée afin de surmonter la crise de (vivants{}piliers), ne peut suffire à présent, vu qu'elle ne traite pas le problème de l'encens compromis dans le vice. Le sens “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine” utilisé devant (piliers{}paroles) ne réussit pas non plus à cet égard. Donc il existe une crise nouvelle pour (corrompus{} encens). La porte “qui semble actif dans le bien et le mal simultanément” résout la difficulté, puisqu'elle fournit une approche de la question du vice. Le résultat se présente de cette façon: “Il est des parfums frais…et d'autres, corrompus…comme…l'encens qui semble actif dans le bien et le mal simultanément”. Ce prolongement de l'idée intérieure à «encens» gagne une infiltration “participant au mal” au bénéfice des alvéoles «corrompus» et «encens». On cesse de soupçonner l'auteur d'avoir irrémédiablement nui à l'intelligence de son propre texte, donc la roue γ=1 est obtenue malgré la crise. Le flux vaut ε=1 grâce au connecteur logique certain, qui fait valoir l'encens comme un exemple des parfums corrompus, ce qui empêche toute béance d'une idée à l'autre. Le pavillon se fixe à hauteur de λ=1 car le même connecteur grammatical anéantit la distance interne au couple des images. En situation de crise, le train est lié au sort d'un heurt voisin de filière 1 ou ½. Dans rb(corrompus–encens) le rang se hisse au plan t=1 parce que le texte situe avec force l'encens du côté de la corruption. L'éloignement intérieur admet la quantité s=1 en ce que la syntaxe unit les termes. L'oscillation du terme dit à gauche de la formule s'établit à m=1. Cet adjectif ne peut valoir en premier lieu pour “corrompus chimiquement”, donc le sens moral s'impose de manière choquante si on pense à l'usage religieux de l'encens. L'oscillation du terme signalé à droite de la formule se borne à w=1, sauvé qu'il est par le contexte, avec «parfums», qui rend peu convaincant le sens “louange”. Il suit de là une filière 1/tsmw=1/(1)(1)(1)(1) qui adopte nécessairement le niveau 1, et cela permet le train ξ=1 qui était discuté. À son tour cette valeur amène la quantité 1/γελξ=1 pour le module, alors même que s'est déclarée une crise.

Méthode

Il reste possible que plus d'habileté dans la définition des portes conduise un jour vers une seule, pour l'ensemble de toutes celles vues dans le tas pris en exemple, mais on craindra qu'une pareille simplification ait lieu en jouant sur les mots, donc en substituant l'obscurité de l'interprète à celle du créateur.

Application à Baudelaire

Dans le temple de beauté, il existe une salle très éloignée du fronton, et jusqu'où ne parviennent que les auteurs experts en âme humaine. Ils déposent là des offrandes, que certains appellent corrompues, n'ayant aucunement compris qu'il s'agit d'un approfondissement de la pensée concernant la douceur. Les poèmes écrits par les explorateurs audacieux donnent le vertige aux esprits novices, manquant de l'indispensable préparation des pièces antérieures, à cérémonial moins dur pour les nerfs. S'ils en avaient d'un seul coup la jouissance, on les verrait devenir incapables, même, de goûter la fraîcheur. -Ou encore: dans le corps féminin idéal et abstrait, sanctuaire de l'amour physique universel, un lieu éloigné du porche abrite la célébration ultime, dans une profondeur corruptrice, chargée d'encens et de parfums d'alcôve.

§551
Théorie

Examinons les gommes (corrompus{}ambre), (corrompus{}musc) et (corrompus{}benjoin). La roue de (corrompus{}ambre) obtient le niveau γ=1, parce que l'accroc demeure compréhensible, vu le rapport entre le prix élevé du parfum, la possession de biens immenses et la possibilité de corrompre les paroles d'autrui en achetant sa conscience. La question religieuse, devant être soumise à examen vis-à-vis de (corrompus{}encens), n'intervient pas ici. Cette référence ne pouvant faire loi, nous envisageons (corrompus{}ambre) comme plus haut nous avons analysé (parfums{}corrompus). Le flux obtient la quantité ε=1 en raison du connecteur logique sensible dans «Il est des parfums frais…Et d'autres, corrompus… Comme l'ambre…» Le pavillon, grâce au même raisonnement, atteint le niveau λ=1. De façon cohérente avec l'absence de crise, le train vaut ξ=1, donc le total des rubans arrive à (1)(1)(1)(1) et le module adopte la hauteur 1/γελξ=1. Les deux autres gommes (corrompus{}musc) et (corrompus{}benjoin) ne peuvent que suivre ce modèle, car nous retombons pour elles dans les mêmes valeurs.

Méthode

Avec la remarque 36B nous avions expliqué cette question de la continuité, reprise à l'occasion de la gomme principalement discutée à l'instant.

Application à Baudelaire

Célébrant le beau, dans la dernière salle du temple voué à son culte, le poète donne ses vers délicieux, mais facilement corrupteurs pour les naïfs. Toujours inspiré par d'autres arts que le sien, dans l'offrande versée au dieu, il procure des vers comparables en profondeur à ce que livrent de leur côté la mus(i)que, le musc; la pein-ture, le ben-join; le dessin qui emploie tant l'ombre, l'ambre; le roman, qui provoque dans les mœurs l'incen(die), l'encens [839]. -Ou encore: le bâtiment du corps féminin abstrait et idéal, sanctuaire parfait de l'amour physique universel, demande à son extrémité, celle de la belle jeunesse adulte, pour accompagner la célébration ultime, les parfums que les penseurs chagrins nomment corrompus. Ils viennent de source organique intérieure, comme dans le cas des cheveux et de la sueur, mais aussi des richesses d'autres êtres pleins de vie: c'est le cas pour «…l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens…»

§552
Théorie

La roue de (riches{}encens) ne pose guère de problème comparable à celui de (corrompus{} encens), puisque l'opulence paraît à Baudelaire compatible avec la vocation ecclésiastique. La porte dégagée pour (corrompus{}encens) reste dans l'inertie, donc se fait sentir juste comme un accompagnement d'arrière-plan de la pensée, ne débouchant pas en aplomb. Il en suit une infiltration “opulence” dans les deux alvéoles «riches» et «encens», et donc une roue γ=1. Le flux prend le niveau ε=1 puisque le connecteur logique autorise à sauter beaucoup d'alvéoles intermédiaires: «riches… Comme… encens». Le même argument grammatical est à reprendre quant au pavillon λ=1. Pour le train l'absence de crise lui confère une quantité ξ=1, ce qui achève la série des rubans ou niveaux d'invraisemblance γελξ= (1)(1)(1)(1)=1, qui permettent à leur tour le module 1/γελξ=1/1=1.

Méthode

Sans une schématisation du sens principalement actif dans le passage analysé, on se perdrait en vaines arguties. Un tel recours au simple croquis ne doit aucunement faire supposer que les autres idées ne peuvent être utiles, mais il convient de séparer le sens minimum et chacun de ceux pouvant fonder une illustration.

Application à Baudelaire

Dans la dernière salle du temple où est exaltée la splendeur, une littérature de signification riche sert l'évocation des pratiques dangereuses pour les habitudes ordinaires. Le sens de l'incendie que redoutent les maîtres d'une société n'attire que les artistes parvenus à leur sommet, qui ont adoré dans les pièces de fraîcheur, avant de servir dans celles de braise, approfondissant leur imagination. -Ou encore: dans le corps féminin abstrait et idéal, sanctuaire de l'amour physique universel, se trouve une pièce ultime, la jeunesse parfaite, complètement adulte, où se donne la célébration. Elle a besoin de l'opulente sueur capiteuse ainsi que des vapeurs d'encens, pour une sainte ou périlleuse initiation [[1037]]: «(")Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.
Avons-nous donc commis une action étrange?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: mon ange!
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.
Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée,
Toi que j'aime à jamais, ma sœur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition!"
Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'œil fatal, répondit d'une voix despotique:
-"Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer?
Maudit soit à jamais le rêveur inutile,
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!
Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour!(")
»

§553
Théorie

Les gommes (riches{}ambre), (riches{}musc), (riches{}benjoin) sont maintenant à examiner. La roue de (riches{}ambre) se fixe hors de toute difficulté au plan γ=1 parce que l'infiltration “opulence” appartient à «riches» comme à «ambre». Le flux vaut ε=1 grâce au connecteur grammatical du tas: «riches…Comme …l'ambre». Un pavillon de même quantité, λ=1, se justifie par un identique argument, sur le contact des alvéoles, malgré la distance apparente. Le train acquiert le niveau ξ=1 puisque nulle crise ne se fait jour. De cette manière la série des rubans conduit au module 1/γελξ=1. Les autres vraisemblances, eu égard aux gommes (riches{}musc) et (riches{}benjoin), atteignent une pareille quantité, pour des motifs voisins.

Méthode

Le choix des exemples du créateur ne peut cependant guère s'ouvrir à nous entièrement. Derrière n'importe quel grand texte, l'interprète cherche à deviner vaguement la teneur de cent lectures ou conversations, en réalité inconnues de lui, d'après le changement des objets pris en considération au sein du tas, et cette affaire montre qu'il n'existe pas immédiatement d'explication intégrale. Dans la vie courante viennent à notre mémoire sans arrêt des images, donc le même processus, ou plus encore, a dû être senti de l'auteur, sans que nous puissions déterminer le détail de la chose.

Application à Baudelaire

Quand il traverse le temple de la beauté, le fidèle, voulant déposer son offrande, cherche l'endroit le plus conforme au sacrifice. Ayant parcouru le bâtiment universel célébrant la splendeur, ses pas le mènent au lieu dans lequel se font les actes les plus graves. Ses vers dangereux, mais riches de sens, ont été inspirés par quelque autre discipline: dessin, musique, peinture. -Ou encore: maintenue au creux du sanctuaire de l'amour physique, une dernière salle offre la célébration. Des parfums accompagnent la riche cérémonie, dans ce corps féminin idéal et abstrait: ambre, musc et benjoin. La jeunesse pleinement adulte s'y trouve parée de ses opulents caractères entiers: cheveux en flots abondants, mimique d'étude, voix perçante du chant sortant des lèvres en sons harmonieux, visage irréel de perfection, longue silhouette, peau ou robe à reflets changeants. 245

§554
Théorie

On doit maintenant chercher les valeurs que peut atteindre la vraisemblance de (triomphants{} ambre), (triomphants{}musc), (triomphants{}benjoin) et (triomphants{}encens). Dans cette dernière gomme, (triomphants{}encens), la roue vaut γ=1 parce que les deux alvéoles ont une infiltration “victoire”, étant donné que les dignitaires brûlaient de l'encens sur un autel de la victoire, dans la Rome antique. Le flux mérite la quantité ε=1 en ce que la connexion grammaticale semble nette: «triomphants…Comme… l'encens». Le même avantage confère un pavillon λ=1. Vu qu'on ignore toute menace de crise, le train prend le niveau ξ=1. En tout un module 1/γελξ=1 se dégage de cet ensemble de mesures. La difficulté qui s'attache aux fonctions religieuses de l'encens reste ici dans l'arrière-plan de la pensée, avec l'inertie de la porte gagnée par (corrompus{}encens). Les autres gommes, (triomphants{}ambre), (triomphants{}musc) et (triomphants{} benjoin) reçoivent un traitement voisin de celui réalisé pour (triomphants{}encens), et plus aisé à faire.

Méthode

L'aplomb ne se met en fonctionnement que lors d'une alerte grave, tandis que l'inertie, comme tous les nombreux sous-entendus en général, continue de se faire sentir uniquement de façon discrète. Ce serait une faute de proclamer une crise chaque fois qu'on prend conscience d'un léger trouble dans la pensée, car l'auteur d'un texte d'imagination, loin de traiter un problème comme un savant, l'évoque, parfois très vaguement, et on trahirait le sens de l'enquête, par une méprise sur l'objet analysé.

Application à Baudelaire

Le grand poète, à l'extrémité du temple, apporte ses vers audacieux, qui ont raison des ans, et ce triomphe, comme celui des musiciens et peintres les meilleurs, célèbre la beauté, procurant à cette occasion quelque inspiration à tout le milieu artistique. Beethoven et David choquent par leur audace, mais leur gloire dure longtemps après leur mort. Pindare, bien avant, écrivait [721]: «On nous verra aborder rayonnants, vainqueurs incontestés de nos ennemis. D'autres, le regard plein d'envie, roulent dans les ténèbres leurs vains desseins, jusqu'à ce qu'ils choient par terre! Pour moi, le talent que m'a donné le Destin, notre Roi, je sais bien que le temps, en s'avançant, en réalisera les promesses.» -Ou encore: dans l'ultime salle où on célèbre l'office religieux de l'amour physique universel, à l'extrémité du sanctuaire qu'est le corps féminin idéal et abstrait, la cérémonie a lieu accompagnée d'encens, avec toutes les marques du triomphe de la jeunesse adulte: poitrine fière, yeux immenses, taille souverainement contrastée, cou et bras aux fragrances mêlées d'ambre, de musc et de benjoin, élancements brusques des formes onduleuses.

§555
Théorie

Étudions la vraisemblance pour (Comme{}ambre…musc…benjoin…encens), (ambre{}musc), (musc {}benjoin) et (benjoin{}encens). La roue de (Comme{}ambre…musc…benjoin…encens) vaut γ=1 de par un accroc. En effet «Comme» ouvre sur n'importe quelle série ou liste. Le flux ε=1 se montre nécessaire, vu que «l'¹», «le¹», «le²», «et», «l'²» n'étant pas des fronts, il n'existe aucune béance. Le pavillon λ=1 s'avère utile, de par le type de lien grammatical entre les alvéoles. L'absence de crise confère le train ξ=1 à cette gomme, ce qui la pousse vers le module 1/γελξ=1. Voyons le sort de (ambre{}musc). Sa roue atteint γ’=1 de par l'infiltration “parfum coûteux”, qui opère sans mal. Étant donné que les alvéoles reçoivent leur mention juste d'affilée, le flux ε’=1 s'avère indispensable. Quant au pavillon, la hauteur λ'=1 lui convient de par l'étroitesse du rapport syntaxique. Nulle crise ne survenant à l'occasion du brassage, le train ξ’=1 est aussitôt admis. Ainsi est octroyé le module 1/γ’ε’λ’ξ’=1. Les autres gommes, (musc{}benjoin) et (benjoin{} encens), possèdent une vraisemblance identique pour des motifs proches.

Méthode

Il aurait été compromettant de restituer chaque mot de peu d'importance, comme l'article devant le substantif, dans la formule de gomme, afin de la rendre davantage lisible. Nous aurions pu, il est vrai, prendre le risque de placer tout vocable de cet acabit entre parenthèses, comme dans (A{}(B)C(D)E(F)G(H)(I)J). Leur usage ici aurait néanmoins paru inconséquent, puisque nous aurions dû continuer à les disqualifier au moment du comptage d'écart, fondé toujours en référence au style télégraphique.

Application à Baudelaire

L'extrémité du temple recèle des offrandes venues de tous les grands écrivains, qui glorifiant le beau sont prêts à risquer leur carrière. Aux sources de leur inspiration viennent d'abord les cent réalisations des autres artistes plein de témérité: dessinateurs, musiciens et peintres. -Ou encore: pour le sanctuaire de l'amour physique universel, bâtiment surprenant du corps féminin idéal et abstrait, l'ultime salle de culte arrive au sommet des grâces envoûtantes avec la célébration qui a lieu dans la belle fille adulte aux dons merveilleux: cheveux en lourdes cascades, minauderies apprises avec soin depuis l'enfance, buste rayonnant, larges hanches, taille mince, goût des parfums luxueux, que sont ambre, musc, benjoin et encens.

§556
Théorie

La gomme (Qui{}chantent…transports) suppose que les parfums corrompus chantent. Cela remplace donc (parfums²…autres, corrompus, riches…triomphants{}chantent…transports). Comme le sens figuré s'avère possible, nulle crise ne survient, et on entend la signification: “Qui servent à célébrer les transports de l'esprit et des sens” [833]. On déclare ainsi que les vitraux d'une cathédrale chantent le Seigneur. La roue de (Qui{}chantent…transports) vaut donc γ=1. Le flux s'arrête à ε=1 grâce au contact des alvéoles, qui empêche toute béance. De façon voisine, la relation grammaticale mène au pavillon λ=1. Le train se hisse au plan ξ=1 puisque nulle apparence de crise ne se fait prendre au sérieux, et donc le module s'élève à 1/γελξ=1. Pour le rail “…qui chantent de leur voix réellement émise et entendue…” il aurait fallu conclure à une crise, donc risquer une absence de porte, avec l'inconvénient de voir se justifier γ=ξ=2.

Méthode

Le poids des expressions ordinaires permet souvent d'éviter le choc de sens, donc pour le fournir avec sûreté tout en conservant l'élégance, le créateur doit fréquemment sortir d'elles.

Application à Baudelaire

Au pourtour de la dernière salle du temple honorant le beau, les poèmes étourdissants mais réfléchis, offerts au dieu, célèbrent l'agitation qui naît dans l'orgie, l'amour, le tumulte de la réalisation de soi en tout domaine. L'inspiration est recueillie dans le dessin, la musique ou la peinture, car symphonies et tableaux forment également un accès vers la démesure, par concentration extrême, fatigue, soif de gloire, ivresse. -Ou encore: la belle jeune femme universelle, qui est la dernière salle du sanctuaire idéal et abstrait de l'amour physique, développe les parfums de sa chevelure comme de sa peau et en capte d'autres, venant se mêler aux sueurs et se fixant au vêtement pour composer dans la fête sacrée une glorification du vertige mental et physique.

§557
Théorie

La roue de (chantent{}transports) vaut γ=1 puisque le sens figuré permet d'échapper à une crise. Le flux prend la hauteur ε=1 vu que «les» n'appartenant aucunement aux fronts, nulle béance n'est provoquée par son défaut dans la gomme. Le pavillon s'élève à hauteur de λ=1 grâce au lien grammatical. La prévention de la crise par le tour de style confère à ce rapport le train ξ=1. Certes, dans le cas où une idée meilleure du contexte pousserait à découvrir que le choc rb(chantent–transports) possède une filière 1 ou ½, on devrait changer aussitôt d'avis quant à cette absence de crise. Actuellement pour le rang de ce heurt, t=1 se justifie par le mode affirmatif du lien entre les termes «chantent» et «transports». L'éloignement intérieur se monte à s=1 grâce au rapport étroit que donne cette forme logique. L'oscillation gauche adopte la quantité m=2 en raison de la figure littéraire, qui évite le choc de sens. L'oscillation droite se hisse au plan w=2 en ce que le sens figuré de «transports» fait sans difficulté imaginer qu'on “chante” diverses émotions. Ainsi la filière vaut ¼=1/tsmw=1/(1)(1)(2)(2) et il est cohérent qu'il n'existe pas de crise là, étant donné que l'enracinement du heurt, dans la pensée du créateur, n'a eu lieu qu'avec une chance sur quatre.

Méthode

Presque dans chacune des parties de l'essai entier, nous avons encore dû modifier nos façons de calculer avec les exemples des paragraphes ultimes. Le soupçon vient alors qu'il suffirait de continuer l'analyse pour découvrir de nouvelles fautes, et que de cette manière, la recherche conserve une grande fragilité.

Application à Baudelaire

Le haut lieu d'offrande, consacré aux vers qui exaltent les transes, vertiges, étourdissements ou spasmes nés de la surexcitation émotive, sensuelle ou mentale, se place au bout du temple, conservatoire idéal, bibliothèque universelle, château de Versailles et palais du Louvre à l'échelle du monde [247]. Pour offrir ses dons à l'endroit convenable de l'édifice, un poète audacieux en morale ou esthétique doit aller, dans le musée total, de la pièce où la belle nouveauté se trouve exaltée, jusqu'au lieu où on honore ce que les esprits chagrins nomment la corruption, à cause du péril couru. Néanmoins l'ensemble, autant que chaque forme transitoire, possède une splendeur, et c'est la même chose qui change, comme dans le réel qui est repris au travers de la subjectivité artistique intelligente. Aristote déclarait [25]-[25¹]: «Tous ceux, en effet, qui affirment l'unité de l'univers et font naître tout d'un élément unique sont obligés d'identifier la génération avec le changement et de dire que ce qui naît, à proprement parler, ne fait que changer.» -Ou encore: instauré comme sanctuaire de l'amour physique, le corps féminin idéal possède comme dernière salle, vouée aux sacrés offices, l'étape de la jeune fille abstraite totalement développée. Cette femme se trouve le parfait milieu adulte où sueur et cheveux se combinent aux parfums rares et dispendieux, tirés d'animaux et de plantes, afin de célébrer tout ce qui est élan physique ou mental, poussant les fonctionnements de base vers des limites nouvelles.

§558
Théorie

Examinons les gommes (transports{}esprit…sens) et (esprit{}sens). Le premier nœud accrochant l'autre, selon une ancienne image, la roue de (transports{}esprit…sens) vaut γ=1 [857]. Le flux adopte la hauteur ε=1 puisque «de», «l'», «et», «des» n'appartiennent point aux fronts, et qu'ainsi nulle béance n'apparaît dans la suite des alvéoles. La relation grammaticale confère au pavillon le niveau λ=1. Le sens figuré de «transports» nous montre que nulle menace de crise ne se fait jour, ce qui aboutit au train ξ=1, et par conséquent au module 1/γελξ=1. Les rapports entre idées “transports-esprit” et “transports-sens” bénéficient d'une semblable facilité, en raison de l'aisance avec laquelle «transports» se lie à de nouvelles images. Quant à (esprit{}sens), la roue de son module se fixe à une grandeur γ’=1 de par l'infiltration “aspect majeur de l'être humain”. Le flux adopte la quantité ε’=1 grâce au peu d'importance des notions qui séparent les alvéoles. Touchant le pavillon, la relation grammaticale fournit la justification de λ’=1. La complémentarité unissant les images empêche que leur conflit provoque une crise, ce qui pousse vers ξ’=1, avec pour conséquence un module 1/γ’ε’λ’ξ’=1.

Méthode

La possibilité de mettre plusieurs alvéoles en un même nœud rend l'examen du tas plus rapide, car elle diminue le scrupule dans les cas très difficiles, où le sens d'un terme risque de se répercuter sur deux autres en une seule fois, donnant un partage impossible à bien faire.

Application à Baudelaire

Le poète qui sent que la dernière salle des offices religieux, honorant le beau en son temple, convient au sacrifice de sa réalisation, offre des vers qui célèbrent le vertige faisant perdre la distinction de la conscience, vis-à-vis de «…l'esprit et des sens» tellement voisins dans le plaisir [849]-[850]. -Ou encore: possédant ses moyens entiers, avec de physiologiques parfums et mainte senteur acquise, la belle femme universelle se prête à l'ultime célébration, à l'extrémité du sanctuaire abstrait de l'amour physique, son propre corps idéal, et là disparaît fugitivement l'impression que sens et esprit doivent être distingués.

§559
Théorie

Faisons la revue de ce qu'offre le quota, pour déterminer si l'écrou choisi se conforme à son exigence constitutive. Nous devons obtenir (n-1) gommes pour (n) alvéoles. D'abord se présentent les 74 sens de front: Correspondances, 1; Nature, 2; est, 3; temple, 4; où, 5; vivants, 6; piliers, 7; Laissent, 8; parfois, 9; sortir, 10; confuses, 11; paroles, 12; homme, 13; y, 14; passe, 15; travers, 16; forêts, 17; symboles, 18; Qui¹, 19; l', 20; observent, 21; avec, 22; regards, 23; familiers, 24; Comme¹, 25; longs, 26; échos, 27; loin, 28; se, 29; confondent, 30; Dans, 31; ténébreuse, 32; profonde, 33; unité, 34; Vaste, 35; comme¹, 36; nuit, 37; et, 38; clarté, 39; parfums¹, 40; couleurs, 41; sons, 42; se, 43; répondent, 44; est, 45; parfums², 46; frais, 47; comme³, 48; chairs, 49; enfants, 50; Doux, 51; comme’¹, 52; hautbois, 53; verts, 54; comme’², 55; prairies, 56; autres, 57; corrompus, 58; riches, 59; triomphants, 60; Ayant, 61; expansion, 62; choses, 63; infinies, 64; Comme², 65; ambre, 66; musc, 67; benjoin, 68; encens, 69; Qui², 70; chantent, 71; transports, 72; esprit, 73; sens, 74. Nous ajoutons à ces termes d'arbitrage le sens du N de «Nature», et cela fait 74+1=75 alvéoles. Les gommes de l'écrou, quant à elles, apparaissent comme les suivantes: (Correspondances{}répondent), 1; (Nature{}N), 2; (Nature{}temple), 3; (Nature{}est), 4; (temple{}où…piliers), 5; (vivants{}piliers), 6; (piliers{}Laissent…sortir), 7; (parfois{}sortir), 8; (confuses{}paroles), 9; (sortir{}paroles), 10; (piliers{}paroles), 11; (homme{}y), 12; (homme{}passe… travers), 13; (travers{}forêts), 14; (forêts{}symboles), 15; (symboles{}Qui¹ l' observent), 16; (symboles{}avec…regards familiers), 17; (regards familiers{}Comme¹…longs échos), 18; (Comme¹… comme¹…comme²…comme³…comme’¹…comme’²…Comme²{}échos), 19; (échos{}loin), 20; (échos{}se confondent), 21; (Comme¹…longs échos…loin se confondent{}parfums¹…couleurs…sons), 22; (profonde{}unité), 23; (ténébreuse{}unité), 24; (ténébreuse{}profonde), 25; (Dans{}unité), 26; (unité{}Vaste), 27; (Vaste{}comme¹), 28; (Vaste{}comme¹…nuit et…clarté), 29; (nuit{}clarté), 30; (parfums¹{}couleurs), 31; (couleurs{}sons), 32; (parfums¹…couleurs…sons{}se répondent), 33; (parfums¹{}parfums²), 34; (est{}parfums²), 35; (parfums²{}frais), 36; (comme³{} chairs… enfants), 37; (parfums²{}comme³…chairs…enfants), 38; (frais{}chairs…enfants), 39; (parfums²{} Doux), 40; (parfums²{}comme’¹…hautbois), 41; (parfums²{}verts comme’²…prairies), 42; (verts{}prairies), 43; (parfums²{}autres), 44; (parfums²{}corrompus), 45; (parfums²{}riches), 46; (parfums²{}triomphants), 47; (autres{}Ayant…expansion…choses infinies), 48; (choses infinies{}Comme²…ambre), 49; (choses infinies{}Comme²…musc), 50; (choses infinies{}Comme²…benjoin), 51; (choses infinies{}Comme²… encens), 52; (triomphants{}tri-omphants), 53; (expansion{}expansi-on), 54; (corrompus{}encens), 55; (corrompus{}ambre), 56; (corrompus{}musc), 57; (corrompus{}benjoin), 58; (riches{}encens), 59; (riches{}ambre), 60; (riches{}musc), 61; (riches{}benjoin), 62; (triomphants{}ambre), 63; (triomphants{} musc), 64; (triomphants{}benjoin), 65; (triomphants{}encens), 66; (Comme²{}ambre…musc…benjoin… encens), 67; (ambre{}musc), 68; (musc{}benjoin), 69; (benjoin{}encens), 70; (Qui²{}chantent…transports), 71; (chantent{}transports), 72; (transports {}esprit…sens), 73; (esprit{}sens), 74. Nous avons ainsi atteint le quota de l'écrou, à savoir, pour 75 alvéoles, 74 gommes -ou encore pour (n) alvéoles (n-1) gommes.

Méthode

Nous aimerions pouvoir nous passer de certaines relations très faciles à saisir, mais il faut bien les considérer, puisqu'en les omettant, nous risquerions de ne pas tout regarder scrupuleusement, ruinant, pour gagner quelques instants, le sens du calcul de vraisemblance.

Application à Baudelaire

Les «comme» ne sont pas toujours pareillement considérés, au long des paragraphes, vu que l'un d'eux, bien que sens partiel de reps, n'est pas sens de front. La chose vient de ce que le reps des 7 «comme» ou «Comme» apparaît former une répétition énorme à l'échelle du texte pris intégralement, alors que l'unique sens, parmi cet ensemble si nombreux, qui n'est pas de front, «comme²», se détermine de contenu secondaire, localement: “(une) ténébreuse (et) profonde unité, Vaste comme¹ (la) nuit et (comme²) (la) clarté…” Étant précédé par «comme¹» il ne s'avère pas indispensable, donc ne demande point à se voir signaler par le style télégraphique. Cela permet, du reste, de comprendre, avec un exemple intuitif de grande simplicité, pourquoi les effets d'ensemble demeurent inimaginables quand nous en restons au particulier ou à l'individuel.

§560
Théorie

Poursuivons le schéma de l'écrou en examinant profil, aplombs et portes. Quant à l'éventuel désir baudelairien d'obtenir la cohérence du poème „Correspondances“, l'écrou montre le profil ½ puisque toutes les gommes ont un module 1, sauf (regards familiers{}Comme…longs échos) qui n'atteint que 1/γελξ=1/(1)(1)(2)(1)=½. On trouve donc un produit de 73 valeurs 1, avec une quantité ½, ce qui fait en tout: (1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1/2)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1) (1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1) (1)=½. Maintenant cernons le sens minimum ajouté nouvellement aux significations littérales du texte. La porte “édifice comme divin” qui prolonge «Nature», dans (Nature{}temple), agit dans tout le reste du poème grâce uniquement à l'inertie, donc ne débouche sur aucun aplomb. Quant à (vivants{}piliers), sa porte “animés comme par volonté divine” résout cette nouvelle crise, mais doit également se contenter de l'inertie ailleurs. Concernant la gomme (piliers{}paroles), elle trouve la porte “donnant l'impression de la pensée comme par volonté divine”, qui a plus de succès, puisqu'elle fournit un aplomb dans (symboles{}Qui l'observent), (symboles{} avec…regards familiers), (parfums¹…couleurs…sons{}se répondent). La dernière crise du poème, celle de (corrompus{}encens), conduit à dégager la porte “qui semble actif dans le bien et le mal simultanément”. Cette suite de l'alvéole «encens» n'est pas réutilisée comme aplomb dans le reste des vers. Notant 4 portes et 3 aplombs, ce bilan établit une présence de 7 difficultés effectivement surmontées, dans 74 gommes, presque un dixième ou 1/10. Pareillement 7 obstacles opposés à une compréhension aisée, pour 14 vers, font une alerte par couple de lignes et cela forme une acceptable description de l'ensemble des questions vaguement suggérées dans „Correspondances”. Nous avons, presque à l'inverse, quant à l'esprit, le même rapport numérique pour les 7 «Comme» et «comme», qui viennent aussi en moyenne 1 fois tous les 2 vers.

Méthode

Certes, un créateur ne fait pas couramment ce genre de calcul, en écrivant un texte d'imagination, mais l'équivalent intuitif ne peut s'exclure.

Application à Baudelaire

Il serait possible de combiner en partie les illustrations fournies de 507B à 558B. Cela donnerait notamment: “les arts correspondent, comme font avec eux les attraits du corps féminin. "Nature" est un temple ayant le dessin ou le plan d'une femme, qui résume à lui seul toute la splendeur au sein du réel et de sa représentation subjective par les grands génies. Les palais, églises, conservatoires, bibliothèques et musées unissent dans le sanctuaire de la beauté les divers exploits artistiques à l'échelle du monde comme de toute l'histoire. Les grands tours de main ou styles maintiennent debout l'édifice comme autant de jambes parfaites, d'où s'élance la vie prochaine. L'expression d'un brûlant désir de perfection en vient, et sert de modèle aux nouveaux adeptes, bien que cela reste deviné plutôt que su. Ils ont devant eux les mille symboles des plus hautes réalisations: cheveux en cascade, peau rayonnante, yeux immenses, ondoiements des lignes, et musique de la voix aiguë. Défiés de faire aussi bien, par cette mère ou maîtresse, ils ont le sentiment de familières protection et surveillance. Une rumeur de gloire court à l'extérieur du bâtiment sacré, pleine d'erreurs, mais juste pour l'essentiel, comme un écho immense qui écrase les bruits inférieurs. L'ensemble des arts, comme l'intégralité de la merveille féminine, demeure impossible à décrire par le menu, ce qui n'enlève rien à une force unitaire, déroutante mais vaste. Le rythme de base, dans le bâtiment sacré, vient de la répétition permanente du mot par excellence de l'analogie: "comme". Dans cette construction le poète, homme d'esprit ou de parfum admirant les ressources de finesse, arrive d'abord en une pièce où la fillette d'aspect émouvant est célébrée avec un tendre muguet. Si les offrandes pour lesquelles il a été rendu capable vont avec une telle figure, l'écrivain dépose le don versifié d'une ronde amusante, au voisinage. Sinon il poursuit le solennel chemin jusqu'à se trouver à l'étape de l'adolescence, et quand il est prêt pour cette mission, il procure le fruit de son art, une douce pastorale, qu'on chantonne parmi les jacinthes et sur un air de hautbois. Une autre salle, pleine de senteurs acides, empruntées au foin et aux pommes, attend ses libations éventuelles pour honorer littérairement la fleur du corps divin en sa première jeunesse. La dernière salle rompt avec le reste par un début de corruption, et l'accomplissement du sacrifice, pourtant annoncé dans la fraîcheur, exige de capiteuses fragrances, benjoin, ambre, musc, et encens, qui accompagnent par leur ton général des mots placés en des vers aux formes ingénieuses et à sens profond, où se respire le mal.”