Comme l'oubli, en bien des cas, rend malaisée l'union entre deux idées qui sont dites avec un substantiel éloignement, le projet se forme de suivre un tas de manière si progressive que l'espace ou le temps ne fasse plus beaucoup obstacle au contact entre images. Dans cette optique nous cherchons une approche qui dépasse les clivages entre gloses et reps, évitant ainsi la complication du calcul. Pour ce faire nous élargissons aux tas quelques notions jusque-là employées pour les textes contenus par eux: “critique”, “public”, “origine”, “créateur” et “illustration”. Nous définissons de surcroît le pion comme une idée que le créateur a imaginée à l'origine d'un tas. L'évaluation de la cohérence minimale des pions risquant de provoquer un sentiment d'étroitesse, nous juxtaposons à cette perspective un couple d'illustrations audacieuses, également complètes.
Le plus difficile, pour avoir une bonne vue de la vraisemblance des unions entre les images voulues par le créateur, est de maintenir sans arrêt la distinction entre signes, objets et notions. Bien des pratiques nous rendent pénible de séparer clairement tout cela en esprit. D'abord la mémoire se guide sur un signe afin de retrouver telle chose oubliée, comme lorsque nous faisons une croix sur un tiroir. Ensuite nous employons des vocables pour les objets, alors que le mot constitue aussi un objet, comme vibration de l'air. Puis, les idées, qui forment à elles toutes une sorte de parallèle dressé à côté du monde objectif, appartiennent en même temps au domaine de la culture, comme des choses qui varient dans l'histoire.
Au départ du premier quatrain il faut estimer le rapport de «Nature» à «temple» puis celui de «temple» à «est» et ainsi de suite, afin de chercher une approche lente de la pensée baudelairienne. Nous espérons que cette démarche, prudente à l'extrême, nous fasse détecter quelque signification qui nous avait échappé d'abord.