L'essai — Partie VI

Intrusions volontaires

Onomatopées, signes excessifs de ponctuation, ruptures graphiques : étude des intrusions volontaires dans le tissu linguistique.

Légende des blocs

Théorie — l'exposé conceptuel Méthode — les remarques de mise en œuvre Baudelaire — l'application au sonnet Correspondances
§401
Théorie

Le pivot du N employé dans «Nature», au premier vers du poème, ne faisant pas obstacle au perçage, nous admettons l'impossibilité d'utiliser seulement la notion de pivot, quand il faut caractériser une figure opérant une intrusion matérielle dans un ensemble de significations. Nous devons ainsi réexaminer plusieurs des rapports unissant la pensée avec ses marques. En premier lieu sens et signe méritent d'être vus partiellement solidaires. Nous considérons, aussi, que la signification élémentaire forme du sens, représenté par quelque mot ou symbole, pour un temps considérable, au sein d'une collectivité humaine [905]-[906]. Un texte, avec les diverses réalités qui l'accompagnent de manière constante, pour le physique ou le mental, se nomme un tas et il convient de généraliser la notion de rail, pour élargir son domaine jusqu'aux tas réels ou inventés. N'importe quel signe ou sens, interne au tas de façon permanente, qu'il soit idée, symbole, mot, support ou moellon, est nommé une tessère. Son existence ne dépend nullement des circonstances fugitives, alors que le rictus involontaire d'un acteur s'effacera lors d'une représentation future. La tessère brise ou non le perçage. Nous étendons aux tessères la symbolique des majuscules latines, A, E, H… Un creuset apparaît comme un tas dont il est loisible de saisir, au moins grossièrement, la signification majeure, qui reçoit le nom de filage. Nous manquerions d'une telle idée globale si affluaient sans arrêt, dans le cours du propos, certaines expressions, décisives mais irraisonnées, tels des cris en une longue série proférée sans méditation, à cause d'une immense douleur ne permettant guère d'intériorité. Une bourre se résume à deux choses trouvées, parfois, dans un creuset: une tessère nuisant au perçage ou encore un pivot. Tout creuset qui bénéficie d'un filage pouvant être livré juste par le biais de moellons, termes ou pivots est appelé une crèche. Le sonnet „Correspondances“ offre l'exemple d'un pareil type verbal. Inversement, si un groupe de sonorités comprend une suite de notes musicales de grande force, qui viennent se mêler aux cases, il ne saurait valoir comme un pareil dispositif. En une crèche un reps est une bourre désirée par le créateur et ne résultant pas d'un artifice poétique régulier: assonance, mètre, accents ou rime. Le tas antérieur à l'intrusion est son tumulus, et la conception même du reps a pour symbole (-¦¦¦¦-).

Méthode

Ainsi “un boum se fit entendre” procure de quoi écrire (boum-¦¦¦¦-explosion) et “elle habitait une petite ⌂” fournit une matière pour (⌂-¦¦¦¦-cabane), mais le segment “il ¤∆ accorde ⌂ en moins ☼±√” n'autorise pas un bon reps.

Application à Baudelaire

Les marques des moellons ne constituent ce genre d'objet qu'une fois multipliés de façon cocasse. Baudelaire, adressant maints billets à son éditeur, lui enjoignait le plus grand soin vis-à-vis de ses exigences typographiques, et pourtant il se limitait aux usages ordinaires [646]: «Quant à ma ponctuation, rappelez-vous qu'elle sert à noter non seulement le sens, mais "la déclamation".»

§402
Théorie

Il faut recourir à de nouveaux artifices, pour cerner avec une précision accrue les reps. D'abord viennent douze fonctions nommées en groupe l'appentis. On se permet, afin d'obtenir une définition pour certaines figures équivoques, de souligner en elles un caractère parmi d'autres. On exige un but littéraire ou mythologique de la tournure. Après cela on élimine tout codage hautement élaboré. En quatrième lieu on se prive des contributions au savoir. On se débarrasse des formes intellectuelles du pléonasme, aussi bien que des ambiguïtés, oppositions, ou ironies abstraites. Sixièmement on met à l'écart de nombreux calembours obtenus hors de toute déformation matérielle, comme “nous le savons de Marseille, pas de Lille”. On privilégie l'oralité, ce qui mène à une transcription de celle-ci: (dort-¦¦¦¦-d'ores) pour “épuisé, il se rend dort et déjà au lit”. Huitièmement on se tourne vers une description du tas, relative au type de langue pratiqué, comme dans “où vas-ture?” Pour le commentaire, on évite de s'éloigner sans motif important du concret: “où voi-ture?” Ensuite, on privilégie le constat, vis-à-vis de l'explication. De cette manière “où vas-ture?” compte davantage que les deux versions possibles “où vas-tu?”, “où voi-ture?” Onzièmement on relègue à l'extérieur de la zone d'objets étudiés le jeu sur les places données aux signes, dès que l'incertitude s'y adjoint. C'est le cas de “Paule a rencontré Simone alors qu'elle se rendait au marché”. Enfin on décerne le titre de mot à tout ce qui en approche dans le niveau de langage concerné. Le préfixe “par” de «parfums» est donc réputé un mot, vu qu'il existe une préposition ayant cette allure. Le second volet des moyens employés pour l'analyse des figures consiste dans un couple de notations descriptives, (F-) et (S-), les molettes, utilisées ensemble ou non. Premièrement (F-) représente l'idée “apparence tenace” ou “fait”. Deuxièmement (S-) reçoit comme sens “exégèse” ou “supposition”.

Méthode

Les molettes rendent compréhensible ce qui resterait, sans elles, difficile à saisir. Le silence, au milieu de “présentez… armes”, bénéficie du commentaire (F-…-¦¦¦¦-S-infime délai pour que le soldat porte son arme vers l'épaule).

Application à Baudelaire

Moins extérieure, s'avère l'explication (4averser-¦¦¦¦-S-qu'à traverser), pour “nos enfants n'avaient 4averser la rue”. Chercher un reps dans «…l'expansion des choses infinies…» s'accompagne d'un examen portant sur (F-expansion des choses infinies-¦¦¦¦-S-expansion infinie des choses infinitésimales). Pénétrant les voies de l'âme, une senteur féminine touche l'un mais pas les autres, comme le dé tombe d'un seul côté. Selon Cazotte, le diable s'inquiète de pareilles correspondances [179]: «Oui; prudence à part, on apprend les jeux de chance, que vous appelez mal à propos jeux de hasard. Il n'y a point de hasard dans le monde; tout y a été et sera toujours une suite de combinaisons nécessaires que l'on ne peut entendre que par la science des nombres, dont les principes sont, en même temps, et si abstraits et si profonds, qu'on ne peut les saisir si l'on n'est conduit par un maître; mais il faut avoir su se le donner et se l'attacher. Je ne puis vous peindre cette connaissance sublime que par une image. L'enchaînement des nombres fait la cadence de l'univers, règle ce qu'on appelle les événements fortuits et prétendus déterminés, les forçant par des balanciers invisibles à tomber chacun à leur tour, depuis ce qui se passe d'important dans les sphères éloignées, jusqu'aux misérables petites chances qui vous ont aujourd'hui dépouillé de votre argent.»

§403
Théorie

Dans le but de suivre les reps d'un tas, nous en distinguons les tenures, qui sont les tessères y participant. Elles constituent la glèbe, ou segment du tas donnant la tournure. Souvent c'est elle que nous mentionnons avant le symbole, (-¦¦¦¦-), de la formule. Quant à son commentaire, il prend le titre de plafond. Dans “l'araire du soldat se brisa: il lui manquait le tout de la guerre” nous devinons (tout de la guerre-¦¦¦¦-goût de la terre), avec la disposition (glèbe, plafond) [826]. Quelquefois il s'avère impossible de procurer la glèbe, donc elle se trouve juste décrite, comme dans “une tache jaune sur le papier, là où est écrit "or"”. Le plafond s'analyse par trois variétés: le succédané, qui doit remplacer la glèbe, dans un rail imaginaire; le condiment, qui reste à l'extérieur du phénomène, pour le décrire; l'aggloméré, qui mélange les deux aspects. Le succédané “goût de la terre” a déjà été vu. D'après l'appentis, c'est le meilleur plafond. Cependant, afin de rester intelligible, relativement à “des bruits de gorge tout proches la surprirent: HEM, HEm, Hem, hem”, nous devons choisir le condiment au sein de (HEM, HEm, Hem, hem-¦¦¦¦-éclaircissement progressif de la voix). Pour “un asthronome astmatique”, l'aggloméré “inversion st-sth” montre son utilité.

Méthode

L'ordre (glèbe, plafond) reprend celui des molettes, dans le but de fournir (F-vous te-¦¦¦¦-S-voûte), concernant “c'est à vous te romane de porter le matériel de fouille”. Quand le trope ne demande aucune aide, nous évitons d'exiger plus que la glèbe unie au plafond, sans molette. Nous pensons au bourgeois gentilhomme, apprenant les voyelles [540]: «A, E, I, O, I, O. Cela est admirable!» Nul besoin, alors, de secourir la pensée: (A, E, I, O, I, O-¦¦¦¦-articulation).

Application à Baudelaire

Un grand écrivain cherche la sonorité adéquate ou encore il se borne à profiter d'elle. Rabelais écrit, à propos d'une abbaye aux symboles nombreux [824]: «Au tour du boys de Theleme estoit un grand corps de maison…» Nous hésitons à employer un succédané, (F-Thélème-¦¦¦¦-S-tel aime), ou un aggloméré: (F-Thélème-¦¦¦¦-S-il aime cela) [854]. Il convient de goûter, ici, l'usage de sons graves, “o”, “ou”, “oi”, “e”, “è”, “oi”, “un”, “an”, “o”, “e”, “ai”, “on”, qui font imaginer une chasse. L'idée obtiendrait l'appui du jeu “corps-cor”. La suggestion rappelle «…de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent…
»
Baudelaire use beaucoup des “i”, également, et ne craint pas le redoublement des “L”, comme le montre la soudure «liers
Laissent
»
, dans «La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir…
»
Cela pourrait disposer l'esprit à envisager l'agilité intellectuelle, poussée jusqu'à un goût du «Vaste» et du libre. Un sentiment d'espace vient de l'éblouissement comme de l'obscurité, puisque formes et couleurs disparaissent dans les deux cas en un même tout [Rep.VII.517d/518a.Page 150]«…Vaste comme la nuit et comme la clarté…»

§404
Théorie

Les tresses constituent les actions menées, vis-à-vis des tenures, au sein du reps. On leur octroie pour symboles: a-, f-, j-, t-, r-. L'affinage, (a-), réalise la suppression d'un concret, sans union à un autre, avec du matériel absent, impossible à méconnaître: “liberté, galité, fraternité”. Ensuite on trouve la fonte, (f-), qui joue par interruption, unité, ou sélection, mais en conservant intact l'ordre imaginé pour le tumulus: “un tourdereins”, “il futma lade”. Le jonglage, (j-), est un échange modifiant l'ordre initial: “elle fut étonnée par l'exsipotion”. Il faut encore admettre le tassement, (t-), qui ajoute, grandit ou invente: “il s'écroula, toc”. Vient finalement la ressaisie (r-): “elle prit le train, toujours menant grand train”.

Méthode

Au paragraphe 17, congé avait été provisoirement donné aux jeux verbaux, mais l'extension du calcul autorise, maintenant, l'attribution d'une quantité de vraisemblance à beaucoup de ces plaisanteries. Loin de rejeter un vénérable usage, qui a fourni aux divers tropes leurs nombreuses appellations érudites, on sera juste capable d'opérer une série de regroupements. Il vaut la peine de citer quelques-unes des catégories déjà connues. Calligramme: il restitue avec les caractères d'impression la forme d'un objet, par exemple celle d'une bouteille, pour un texte célébrant le vin [307]. Pérégrinisme tapageur [351]: “bravo, on a correctement aswallowé son cachet!” Diaphore [317]-[570]: «Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point…» Antanaclase [294]: “-Glorieux, il ne peut mourir. -En attendant il va mourir”. Écholalie [318]: “viendra-t-elle, elle?” Réversion [362]: “à la mairie, on avait chaud, on avait chaud, à la mairie”. Allitération [291]: “visites, vite, vivez". Battologie [300]: “il veut ma place, mais il n'aura pas ma place”. Épiphore [327]: “vous êtes grossier jeune homme, il y a de l'abus jeune homme”. Triplication [374]: “Na, Na, Napoléon”. Ressassement [361]: “à Stetten, il faisait froid, froid, froid, froid”. Écho [319]: “allez au lait, Laetitia, légère”. Harmonie [331]: “le rude et rocailleux rocher”. Verbigération [375]-[376]: “marabout, bout de ficelle, selle de cheval”. Contre-pléonasme [315]: “recevoir son congé en congé”. Anaphore [293]: “semblable au sable, semblable aux étoiles”. Antépiphore: reprise d'un vers en fin de strophe [295]. Quand le jeu, sur les endroits que le signe occupe, ne se double pas d'une ambiguïté, on a soulignement [364]: “qu'elle s'est montrée -à tous (oui vraiment)- éblouissante, ce soir”. Enchâssement [323]: “elle a de la peine, si exubérante, à garder la chambre”. Tmèse [373]: “pense à moi quelle, et si importante, que soit ta mission”. Tactisme [371]: “âprement, des heures, bêcher, la terre, grise, sèche, oui”. Apposition [298]-[569] «Le nez de Cléopâtre: s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.» Le rejet procède à l'envers [324]-[458]: «Serait-ce déjà lui? C'est bien à l'escalier
Dérobé.
»
La combinatoire sévit dans les genres que sont: brouillage syntaxique [303]“attention dois côté bien tu du fais car te à maire tenir”; permutation [353]: “vöristiz Kenegsbig”. Contrepèterie [314]: “il a moulu notre perte et n'a plus de blé à venger”. Chassé-croisé [309]: “un salaire de chien et une vie de misère”. Suppression et ajout comptent aussi, dans les variétés ayant pour nom: haplographie [330]“votre solitude maternelle me touche plus que je ne saurais dire”; épellation [325]: “Allo, c'est bien Marie…Non c'est Maria, avec a”. Syllepse grammaticale [367]: “tout le monde sont contre moi”. Substitution [365]: “l'intérieur du cercueil faisait tout juste quinze décèmètres”. Anacoluthe volontaire [292]: “le roman n'est pas pressé comme au théâtre”. Boustrophédon [301]: “Jean enicaR”. Tête à queue [372]: “c'est son porte-monnaie perdu qui la fait enrager”. Solécisme volontaire [363]: “nous étons surpris”. Syncope [369]: “on v' l'av' b'en 'noncé”. Crase [316]: “c'est pour mame Simone”. Brouillage lexical [302]: “Harcoule nau puvit plais duirmor milgra soi fétague”. Symbolisation brutale [368]: “PI, le grand calcul”. Épenthèse [326]: “lorseque”. Prosthèse [359]: “il a l'estyle”. Ponctuation forcée [358]: “ah, c'est donc ça, vive le progrès!!!???” Cacophonie [305]: “où, ô auteur, tends-tu?” Liaison excessive [342]: “haïssez-zzzz-en un, oubliez les autres”. Pictogramme [355]: “le s☼leil de midi”. Pour l'irradiation, elle paraît demander un trop grand espace ou temps, car il s'agit de la progressive influence du contexte sur un vocable [337]. De même, les figures où l'ambiguïté manque d'un fort ancrage physique ne conviennent guère [366]: “une bouteille de cidre à soi seul, voilà qui enivre à neuf ans”.

Application à Baudelaire

En concevant que le vers 9 commence avec un cri du genre “i”, on suppose la fonte “I l est” avec les deux sons “i” et “L” qui gardent l'ordre initial.

§405
Théorie

Les couches du langage, internes aux glèbes, reçoivent le nom de fronces. Il faut écarter, pour définir ces niveaux, les noms de sonorité ou de lettre, comme “le i”. Quand est admise cette précaution, trois fronces demeurent: basse (b-), moyenne (m-), haute (h-). La fronce basse, (b-), concerne ce qui touche au plus élémentaire: vide, blanc, silence, signe de moellon, bruit non linguistique, dessin, onomatopée, soulignement, caractère déformé, accent ou timbre, signe peu conventionnel, symbole isolé, consonne: ainsi le “g” qui est enlevé dans “inénieur”. La fronce moyenne, (m-), ressortit au plan de la diction précipitée, de l'écriture agglutinante, d'une voyelle ou syllabe qui n'atteint pas le mot. Achevant cette hiérarchie, la fronce haute, (h-), couvre le reste des aspects, incluant même les phrases.

Méthode

“Les plus grands artistes sont les avantcurseurs du goût général” offre une action touchant la fronce haute, puisque “avant” est substitué à “pré”.

Application à Baudelaire

Il a souvent été avancé que Baudelaire aurait eu de l'avance, moralement, sur l'époque où il a vécu, et cependant il faut analyser un tel diagnostic. Tout précurseur est actif dans une mince frange de population, où s'échangent des acquis très fragiles, desquels naîtront les gains réellement importants. Cela ne condamne aucunement le fameux constat de Rousseau, qui saisissait éventuellement, aussi bien le nécessaire effet d'entraînement sur lequel tout système politique doit se fonder, que le sens du calcul statistique [879]: «C'est le peuple qui compose le genre humain; ce qui n'est pas peuple est si peu de chose que ce n'est pas la peine de le compter.» Un élan substantiel ne se présente qu'une fois née la trouvaille historique, parce qu'elle possède assez de justesse pour que de très nombreuses gens admettent la nouveauté. Ceux qui agitent les vagues notions antérieures forment, eux-mêmes, un groupe, avec de surcroît, une manière de se comporter venant de la morale courante. Un écrivain, chassé du cercle où il se trouvait, met sur pied un autre cénacle, qui devient rival du premier, semblant ainsi rompre absolument avec son entourage. Pourtant, des centaines d'exclus fondateurs de mouvements quelconques, pour un ensemble de sociétés du même genre, se présentent devant l'historien. L'observateur d'un fait peu courant, à une échelle, ignore souvent qu'il est ordinaire à une autre. Ce qui paraît amener le désordre, pour une couche de faits, entre dans la règle avec un second niveau. En ce qu'au départ toute idée parfaite manque, au sein de la shère concernée, ce sont de vagues intuitions, échangées dans un milieu étroit, qui vont en fournir d'autres et ainsi jusqu'aux découvertes capitales. En Europe vers le temps où parut le recueil "les Fleurs du mal", un développement des mœurs graduel avait engendré un climat, où devait entrer bientôt une sensualité provocante mais grandiose. Parmi d'autres naquit une passion littéraire pour Omar Khayam, un auteur persan du onzième siècle, dont quelques poèmes évoquent ceux de Baudelaire [428]: «Celui qui construisit et la terre et les cieux,
Qu'il versa de douleur sur les cœurs malheureux!
Cheveux couleurs de musc, ardents rubis des lèvres,
Qu'il en ensevelit dans son sein poussiéreux!
»

§406
Théorie

Fronce plus tresse donnent, une fois combinées, la grume, qui permet de mieux définir les reps. Avec plusieurs figures de ce genre ayant des bases proches et une vraisemblance individuelle de même niveau, se réalise un composite, de signe (/-¦¦¦¦-/). En certains cas les morceaux viennent de plusieurs grumes, comme dans “ils se recroquemitouflèrent”, où on a mis des vocables en pièces et uni des restes, procurant une combinaison entre des fontes. L'objet du présent calcul est formé par les reps et composites.

Méthode

Les 5 tresses, affinage, fonte, jonglage, tassement, ressaisie, s'articulent aux 3 fronces, basse, moyenne, haute. Le tout livre 15 grumes, puisque ((5)(3))=15. On les mentionne ainsi: I (a-b-); II (a-m-); III (a-h-); IV (f-b-); V (f-m-); VI (f-h-); VII (j-b-); VIII (j-m-); IX (j-h-); X (t-b-); XI (t-m-); XII (t-h-); XIII (r-b-); XIV (r-m-); XV (r-h-).

Application à Baudelaire

Employant des molettes, on écrit (F-au "Lion d'Or"/-¦¦¦¦-/S-au lit on dort) vis-à-vis du jeu de mots qu'on a cru trouver sous la plume de l'abbé Prévost [811]: «J'arrivais de Londres à Calais, avec le marquis de…, mon élève. Nous logeâmes, si je m'en souviens bien, au "Lion d'Or"…» Le sommeil, comme les maladies, trouble assez la réflexion, pour être propice aux changements verbaux involontaires, qui fournissent abondance de matière au poète, revenu à lui. D'anciennes conceptions peuvent, ensuite, venir féconder l'intelligence, comme celle faisant d'un temple, une demeure. Les compagnons d'Ulysse trouvèrent un asile, dans la maison d'une magicienne [453]: «Commençons par tirer à sec notre vaisseau, déposons nos agrès et nos biens dans les grottes; puis tous, apprêtez-vous à venir chez Circé; dans son temple, venez revoir nos compagnons, qui, mangeant et buvant, ont de tout sans compter.»

§407
Théorie

La grume (a-b-), d'affinage bas, prive le texte, ou ce qui l'accompagne, d'un élément, linguistique ou non, inférieur aux syllabes ou voyelles. Nous le voyons dans “ce malade ouffre encore”.

Méthode

La sonorité vocale imite parfois les animaux, et le phénomène se range dans la fronce basse, du fait qu'on leur prête simplement une forme non verbale d'expression.

Application à Baudelaire

De son chat, le poète note [[1016]]: «Quand il miaule, on l'entend à peine,
Tant son timbre est tendre et discret;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours suave et profonde.
Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux…
»
Dans Paris, les forces naturelles observant l'homme sont juste ces êtres familiers ou domestiques [[1020]]: «Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également dans leur mûre saison
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
»

§408
Théorie

L'affinage moyen, (a-m-), exige la suppression d'une syllabe, ou voyelle, au minimum, à condition que cela ne puisse constituer un mot. Ainsi “des gards familiers” recèle une telle figure.

Méthode

Si on respecte l'appentis, les formes (a-b-), (a-m-) ne conviennent pas vis-à-vis de “ils ont té leurs chaussures”, car "ô", qui a été soustrait à “ôté”, se prononce de la même façon que “eau”, et à ce titre doit être pris comme un mot entier. Cet artifice n'est pas choquant, eu égard aux idées courantes, ainsi qu'on le voit par l'enfantine devinette: “ils ont té leurs chaussures pour entrer dans ce qui est parti”.

Application à Baudelaire

Le poète chante davantage un autre liquide [[1147]]: «Souvent, à la clarté rouge d'un réverbère
Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre,
Au cœur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux,
Où l'humanité grouille en ferments orageux,
On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête,
Butant, et se cognant aux murs comme un poète,
Et, sans prendre souci des mouchards, ses sujets,
Épanche tout son cœur en glorieux projets.
Il prête des serments, dicte des lois sublimes,
Terrasse les méchants, relève les victimes,
Et sous le firmament comme un dais suspendu
S'enivre des splendeurs de sa propre vertu.
Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage,
Moulus par le travail et tourmentés par l'âge,
Le dos martyrisé sous de hideux débris,
Trouble vomissement du fastueux Paris,
Reviennent, parfumés d'une odeur de futailles,
Suivis de compagnons blanchis dans les batailles,
Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux;
Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux
Se dressent devant eux, solennelle magie!
Et dans l'étourdissante et lumineuse orgie
Des clairons, du soleil, des cris et du tambour,
Ils apportent la gloire au peuple ivre d'amour!
C'est ainsi qu'à travers l'Humanité frivole
Le vin roule de l'or, éblouissant Pactole…
»

§409
Théorie

L'affinage haut, (a-h-), demande la suppression d'un mot, ou de plusieurs. Pour que le reps aboutisse, une connaissance préalable de l'expression est au moins utile. Accéder au sens de “Ils veulent du pain? Qu'on leur donne de la…” exige de se remémorer la boutade ordinairement prêtée à une reine de France, vis-à-vis du peuple révolté, qui aurait selon tel ou tel, dans l'ivresse de son pouvoir nouveau, désiré sans retenue [312]-[873].

Méthode

Une autre forme de sous-entendu est produite dans l'instant où, vocalement, on traîne sur le début d'un mot interrompu, afin de suggérer à ses interlocuteurs, qu'ils doivent être capables de trouver la suite, par eux-mêmes: “la monarchie exprime le besoin de la décision prise à toute allll…” Saussure montre aussi que la ressemblance des vocables invite à jouer sur eux [902]-[903]: «au tribunal révolutionnaire on demande à une femme si elle n'a pas dit devant témoins qu'il fallait un roi; elle répond “qu'elle n'a point parlé d'un "roi" tel qu'était Capet ou tout autre, mais d'un "rouet maître", instrument à filer.”»

Application à Baudelaire

L'éducation traditionnelle maintenait son horreur de l'époque où la monarchie avait été abolie, comme le montrent indirectement certaines remarques du poète [704]: «Les singes sont les républicains de l'art, et l'état actuel de la peinture est le résultat d'une liberté anarchique qui glorifie l'individu, quelque faible qu'il soit, au détriment des associations, c'est-à-dire des écoles.» Une déclaration de Tocqueville complète l'idée [959]: «Il y a des gens qui n'ont pas craint de dire qu'un peuple, dans les objets qui n'intéressaient que lui-même, ne pouvait sortir entièrement des limites de la justice et de la raison, et qu'ainsi on ne devait pas craindre de donner tout pouvoir à la majorité qui le représente. Mais c'est là un langage d'esclave.» Le jugement critiqué avait pour le philosophe une base [958]«…impie et détestable…»

§410
Théorie

La fonte basse, (f-b-), agit au plan concret élémentaire, comme dans “on les a surpr is”, et ne change pas la succession matérielle, que respectait le tumulus. Dans l'acrostiche la grume (f-b-) joue par sélection. La première lettre de chaque vers est raccordée à toutes les autres, et pour qui suit l'ordre du poème, un segment verbal se forme verticalement sur la gauche. Si une minorité de voyelles y est utilisée, l'appentis autorise de voir ici la grume concernée. Avec moins de consonnes ce sera une fonte moyenne.

Méthode

En ce qu'il est possible d'adjoindre “c'était”, le diagnostic d'un affinage se justifie, pour cet échange verbal, dû à Molière [482]: «"Mais il me semble, Agnès, si ma mémoire est bonne,
Que j'avais défendu que vous vissiez personne."
"Oui; mais quand je l'ai vu, vous ignorez pourquoi;
Et vous en auriez fait, sans doute, autant que moi."
»
Les manœuvres innombrables des mots conduisent à imaginer, facilement, un code, sous des termes quelconques, mais tout message savamment crypté a été exclu des reps, parce qu'il faudrait, alors, traiter de la science, dont les objets ne peuvent être mêlés à ceux du présent essai, consacré aux ouvrages d'imagination. L'interprète abusif conçoit vite un secret, dans le foisonnement des bruits internes au langage. Saussure, qui dialoguait avec lui-même, luttant contre sa propension à identifier maints noms propres, cachés dans la poésie antique, songeait en même temps aux probabilités, comme rendant sa démarche incertaine [940]«"Objection": Le hasard peut tout réaliser en trois lignes. "Réponse": C'est faux: et la meilleure preuve est que la moitié des anagrammes que nous prétendons vraies ne peuvent pas être obtenues souvent en moins de six lignes ou davantage. "Réplique": Alors, et du moment que vous ne restez plus dans les trois lignes, les chances s'accumulent à un degré qui rend tout possible.»

Application à Baudelaire

Certains ont cherché, dans „Correspondances“, un message, fait d'indications numériques, alors que le sonnet demeure flou sur les quantités, pour bien des choses nommées: correspondances, piliers, paroles, forêts, symboles, regards, échos, parfums, couleurs, sons, chairs, enfants, hautbois, prairies, choses, transports. Il admet l'unité, proprement désignée au sixième vers, pour Nature, temple, homme, nuit, clarté, expansion, ambre, musc, benjoin, encens, esprit. Le mot «parfums» vient en double. Il est difficile de nier trois paires: ténébreuse et profonde; nuit et clarté; esprit et sens. Deux notations prennent directement un aspect de triade: parfums, couleurs, sons; frais, Doux, verts. L'auteur cite quatre parfums: ambre, musc, benjoin, encens. «Comme» et «comme» additionnés opèrent à sept occasions. En plus il reste malaisé de savoir s'il faut compter chairs, hautbois, prairies; ou chairs, enfants, hautbois, prairies; ou parfums, chairs, enfants, hautbois, prairies. C'est avec le plus grand mal, que le numérologue, qui se vante de trouver le sens de cet écheveau, pourrait se voir accorder le moindre crédit.

§411
Théorie

La fonte moyenne, (f-m-), s'attaque uniquement aux fusions, et conserve l'ordre imaginé dans le tumulus, chose qui se voit dans: “il a perdubeaucoup”.

Méthode

Entrevoir des figures partout demeure vain, et cela rejoint le défaut consistant à juger d'après l'émotion individuelle, unie au préjugé collectif. L'astrologie avait déjà mérité cette injonction de La Fontaine [484]: «Charlatans, faiseurs d'horoscope,
Quittez les Cours des Princes de l'Europe…
»

Application à Baudelaire

Même un texte rédigé avec précaution offre prise aux usages irrationnels du savoir, de sorte que le poème de Baudelaire, lui aussi, est devenu l'objet de cette inclination, malgré son allure classique. Les vers ont 12 syllabes et, possédant une césure à l'hémistiche, ils usent de la symétrie interne traditionnelle 6-6. Avec un total de 14 lignes le sonnet comprend 4 strophes, d'ordre 4, 4, 3, 3. Quatre vers ont 10 cases, trois en comptent 9, deux sont à 8, encore deux à 7, trois à 6 et le titre possède 1 mot unique. Parmi les 116 cases celles qui ne possèdent aucune syllabe prononcée livrent un ensemble de valeur 8: L', l', d', d', l', l', l', l'. Il se trouve 56 cases recelant 1 syllabe de niveau poétique: La, est, un, temple, où, de, de, homme, y, passe, à, des, de, Qui, des, de, longs, qui, de, loin, se, Dans, et, la, nuit, et, la, Les, les, et, les, sons, se, Il, est, des, frais, des, chairs, Doux, les, verts, les, Et, et, des, le, musc, le, et, Qui, les, de, et, des, sens. Les cases ayant 2 syllabes de valeur métrique apportent un effectif de 42: Nature, vivants, piliers, Laissent, parfois, sortir, paroles, travers, forêts, symboles, avec, regards, Comme, échos, confondent, une, profonde, Vaste, comme, comme, clarté, parfums, couleurs, répondent, parfums, comme, enfants, comme, hautbois, comme, prairies, autres, riches, Ayant, choses, Comme, ambre, benjoin, encens, chantent, transports, esprit. Les cases de 3 syllabes, intéressantes pour la prononciation, atteignent le nombre 8: confuses, observent, familiers, ténébreuse, unité, corrompus, triomphants, infinies. Pour 4 syllabes, oralement utiles, on arrive à 2: Correspondances, expansion. Le titre une fois enlevé, cela donne 115 cases, réunissant (8(0))=0; (56(1))=56; (42(2))=84; (8(3))=24; (1(4))=4. Le nombre de syllabes des vers parvient à 0+56+84+24+4=168, ce qui se résume à 12 syllabes pour 14 vers, donc (12(14))=168. Le titre possède 15 lettres et l'auteur pouvait ôter le signe “S” final pour établir une correspondance avec le nombre de vers. Néanmoins, le superstitieux inventera un commentaire plein de sens prétendu et il fera également le tour des lettres employées, recherchant une clef merveilleuse parmi leurs nombreuses combinaisons possibles.

§412
Théorie

La fonte haute, (f-h-), agit au plan du mot, et, avec son aide fort utile, vient à se présenter le composite “lacavalovalacavalalodulac”. Bien que le cinquième son “L” soit une consonne presque isolée, obtenue par élision du “a”, de “la”, dans “la eau” (lo), le côté principal du trope vient de la soudure, liant des mots entiers, car ce “L” de “l'eau” constitue au fond un mot.

Méthode

L'appentis joue son rôle, une fois encore, dans “assez papauté”, expression où “au” est substitué à “o”, lequel recouvre “eau”, ce qui amène la fronce haute. Au sein de “ce protectorat d'égout”, l'élément “rat” est vu comme un substantif. Les divers idiomes ayant une souplesse différente, pour la construction des vocables, il ne faut pas imaginer une frontière des tropes indépendante de cette variété.

Application à Baudelaire

La correspondance première a été interrompue [105]: «Toute la terre avait un seul langage et un seul parler. Or il advint, quand les hommes partirent de l'Orient, qu'ils rencontrèrent une plaine au pays de Shinear et y demeurèrent. Ils se dirent l'un à l'autre: "Allons! Briquetons des briques et flambons-les à la flambée!" La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Puis ils dirent: "Allons! Bâtissons-nous une ville et une tour, dont la tête soit dans les cieux et faisons-nous un nom, pour que nous ne soyons pas dispersés sur la surface de toute la terre!" Iahvé descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes, et Iahvé dit: "Voici qu'eux tous forment un seul peuple et ont un seul langage. S'ils commencent à faire cela, rien désormais ne leur sera impossible de tout ce qu'ils décideront de faire. Allons! Descendons et ici même confondons leur langage, en sorte qu'ils ne comprennent plus le langage les uns des autres."» Passer outre devient nécessaire pour convertir les nations au meilleur culte [152]: «Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu quand soudain vint du ciel un bruit comme d'un violent coup de vent qui remplit toute la maison où ils étaient assis, et ils virent des langues, comme de feu, se partager et se poser sur chacun d'eux, et tous furent remplis de l'Esprit saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de les prononcer.»

§413
Théorie

Le jonglage bas, (j-b-), change de place lettres ou sons ne comportant aucune voyelle, comme dans “la pénible tâche de snoner les cloches fut laissée à ce gaillard”.

Méthode

“Il est sorti dans la ue” reste un affinage, mais “il est sorti dans la bue, parce qu'il avait soif” atteint le niveau du jonglage, puisque “B” a évincé “R”.

Application à Baudelaire

Accordant beaucoup aux matières, le reps ouvre un large champ aux subjectivités ou croyances. Il en va comme pour les tableaux, puisque tel imagine un rapace dans la robe de ¨la Joconde¨ tandis qu'un autre voit juste certains plis que fait l'étoffe, près du bras gauche [195]. C'est, éventuellement, une signature habile, venant d'un artiste hautement soucieux de faire identifier son génie, mais l'interprète doit prendre garde, que ses propres fantaisies ne se projettent dans l'image. Mainte illustration, en poésie, n'est pas mieux garantie, contre le risque d'erreur. Selon Pierre Marillaud, l'expression «la dame de pique», telle qu'on la trouve dans un poème de Baudelaire, aurait pour sens “la dame d'Aupick”, appellation désignant sa mère, du fait que le beau-père de l'artiste répondait à ce nom [521]-[[1121]]. De même que la peinture demande autre chose que des jeux, la poésie, capable d'en accueillir quelques-uns, prétend à une lignée moins ordinaire [[1005]]: «Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu qui la prend en pitié…
Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,
L'Enfant déshérité s'enivre de soleil,
Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.
Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
Et s'enivre en chantant du chemin de la croix,
Et l'Esprit qui le suit dans son pèlerinage
Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.
»

§414
Théorie

Le jonglage moyen, (j-m-), concerne la voyelle, ou syllabe, qui n'atteint pas le mot, et change l'ordre accepté pour le tumulus. Ainsi “les amères bilavernes du tripot l'attiraient” présente le schéma (F-ila-¦¦¦¦-S-ali).

Méthode

Une relation au matériel absent permet le jeu: “où allons-nid?” Tabler sur l'écrit est également possible: "elle a beau revêr d'être une autre, c'est l'inverse qui se passe", ou (F-revêr-¦¦¦¦-S-rêver). Le procédé conduit, ainsi, à toucher le côté musical du langage, sans pourtant aborder pleinement les moyens de versification.

Application à Baudelaire

Les bases du reps ont une telle simplicité, qu'elles ont été facilement découvertes, mais leur usage reste fréquemment limité aux distractions. En littérature comme dans les arts picturaux nous risquons de confondre l'égarement d'une technique, avec une amélioration. Baudelaire mettait déjà ses contemporains en garde [715]: «Celui qui visiterait l'Exposition universelle avec l'idée préconçue de trouver en Italie les enfants de Vinci, de Raphaël et de Michel-Ange, en Allemagne l'esprit d'Albert Dürer, en Espagne l'âme de Zurbaran et de Velasquez, se préparerait un inutile étonnement. Je n'ai ni le temps, ni la science suffisante peut-être, pour rechercher quelles sont les lois qui déplacent la vitalité artistique, et pourquoi Dieu dépouille les nations quelquefois pour un temps, quelquefois pour toujours; je me contente de constater un fait très fréquent dans l'histoire. Nous vivons dans un siècle où il faut répéter certaines banalités, dans un siècle orgueilleux qui se croit au-dessus des mésaventures de la Grèce et de Rome.»

§415
Théorie

Le jonglage haut, (j-h-), redistribue les mots: “Victor Flaubert et Gustave Hugo”, “le vêtement héroïque du soldat bleu”. Un fort contraste permet “dans son bois, il mangeait surtout des lapins et des √”.

Méthode

Les artistes furent nombreux à voir dans la plaisanterie, une gêne pour l'accès aux significations les plus importantes de leur époque, ou à craindre que leur soit octroyé juste un rôle vulgaire.

Application à Baudelaire

Dans les textes majeurs, même quand il aborde le milieu du crime, le poète cherche, derrière le forfait, le dynamisme salvateur [[1092]]: «Colères de boxeurs, impudences de faune,
Toi qui sut ramasser la beauté des goujats,
Grand cœur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats…
»
Imaginant une conversation, Balzac notait [66]: «Il y a la postérité de Caïn et celle d'Abel, comme vous disiez quelquefois. Caïn, dans le grand drame de l'Humanité, c'est l'opposition. Vous descendez d'Adam par cette ligne en qui le diable a continué de souffler le feu dont la première étincelle avait été jetée sur Ève. Parmi les démons de cette filiation, il s'en trouve, de temps en temps, de terribles, à organisations vastes, qui résument toutes les forces humaines, et qui ressemblent à ces fiévreux animaux du désert dont la vie exige les espaces immenses qu'ils y trouvent.» Napoléon pensait que son nom avait pour sens «lion du désert» [497]. Baudelaire s'inquiète aussi du passé [[988]]: «Race de Caïn, au ciel monte,
Et sur la terre jette Dieu!
»
Heine généralise l'observation de la puissance, afin de surmonter le clivage séparant le mal du bien [430]: «L'art de l'escrime, dit un auteur contemporain, n'existe pas pour les jeunes géants; car ils refoulent toutes les parades.»

§416
Théorie

Le tassement bas, (t-b-), procède à un ajout, sans aucun remplacement net. Il porte sur quelque signe de moellon, bruit, consonne, signe rare, ou son élémentaire. Le contenu peut sembler juste décoratif: “au milieu de sa vie surkchargée, a-t-elle une once de temps pour nous?” Pareillement, le trope ne fait aucun doute avec “la tempête provoqua bien des cris et * sans arrêt”. En ce domaine l'onomatopée s'avère d'utilisation facile: “elle est partie, crac”. Ce recours au matériel conduit fréquemment à sourire, quand il s'accompagne d'une connotation cherchée un bref instant, de sorte que l'exercice agrémente la saisie de l'intrusion.

Méthode

Comme dans la science, l'essentiel est entouré d'un commentaire, ce qui montre assez l'apparentement des activités culturelles. Desanti a insisté sur le partage des tâches de connaissance, car [264]: «Toute conscience d'objet renvoie à l'enchaînement des motivations actes, qui maintient l'unité de l'objet dans son champ…» Il convient alors de réexaminer sans arrêt le sens prêté aux divers aspects et la possibilité d'une vision globale [265]: «Ainsi se déploie, au plus près des objets concernés un discours second…»

Application à Baudelaire

Le tiret du onzième vers conduit à supposer un retournement du poème, signe accentué encore par le roulement de voix dans «corrompus». Nous retrouvons cette inversion du bien en mal, dans la „Judith“ du Bronzino. L'artiste oppose le visage frais de l'héroïne, situé dans le haut, et la moitié basse du tableau, où paraît la tête coupée d'Holopherne. L'esthète peut dans tous les cas vouloir contrecarrer le sens évident, et Musset en a donné l'exemple [141]-[546]: «…Mais qui peut oublier cette fausse Judith,
Et dans la blanche main d'une perfide amante
La tête qu'en mourant Allori suspendit?
»

§417
Théorie

Le tassement moyen, (t-m-), ajoute, dans un passage, quelque voyelle ou syllabe, non susceptible de constituer à elle seule un mot. Cela donne “le médecin est trop occupié de sa goutte pour soigner mon rhume!”

Méthode

Les deux premières fronces tournent, inévitablement, par suggestion, autour du mot, car lui seul appelle une image claire, du fait que le codage linguistique n'est réellement net, qu'au plan où une sonorité fait penser à un objet.

Application à Baudelaire

Les «forêts de symboles» vivent aussi dans ces milliers de sous-entendus épars, autour des bruits et vocables, à l'intérieur de ce que Merleau-Ponty a cerné comme [476] «…l'immense tissu du parler.» Unissant les draps au cimetière, les renvois composent une chaîne [[1029]]: «Quand veux-tu m'enterrer, Débauche aux bras immondes?
Ô Mort, quand viendras-tu, sa rivale en attraits,
Sur ses myrtes infects enter tes noirs cyprès?
»
Vénus aime le sacrifice [[1014]]: «Ô Beauté, dur fléau des âmes! tu le veux!
Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes,
Calcine ces lambeaux qu'ont épargné les bêtes!
»
Le rose tendre de la chair est souvent haï pour son résultat, et le vert cru de la renaissance printanière lui correspond [637]: «J'ai même toujours pensé qu'il y avait dans la "Nature", florissante et rajeunie, quelque chose d'impudent et d'affligeant.»

§418
Théorie

Le tassement haut, signalé par (t-h-), emploie un ajout de mot ou de symbole, qui semble inutile: “sa prétendue résolution d'avancer par étapes, 1, 2…13 etc. ne vise qu'à nous faire oublier sa négligence quant au but choisi”.

Méthode

Le reps, comme beaucoup de figures, étant largement une affaire de contraste, vis-à-vis du cours ordinaire des paroles, il faut se demander si l'opposition en cause tient au sens ou au physique de la présentation. Dans “vous avez raison château” c'est la fin arbitraire qui rend nette l'addition. Au contraire “il a retrouvé son bien dans la salle des pas perdus” amène bientôt le soupçon d'un jeu abstrait, car le matériel employé sert pour deux sens: “voyageurs qui attendent” et “objets non perdus”. Comme la survenue massive de concret forme chaque intrusion, le détour par une ambiguïté intellectuelle s'égare loin de l'essentiel. Pour déterminer une série d'objets, il faut saisir d'abord leur aspect distinctif, comme Aristote y parvint avec les raisonnements composés de trois propositions [22¹]. Pareillement Linné a établi un classement des êtres vivants, cette fois d'après la reproduction sexuelle, qui est inconnue dans le niveau minéral des apparences [910]-[911]-[916].

Application à Baudelaire

Indépendamment de ce qui touche la distance, d'une part, le classement des intrusions, de l'autre, nous décrivons les reps uniquement d'après la technique désirée -ne serait-ce que vaguement- par l'auteur, afin de ne pas brouiller la discussion. Heine a souligné combien traiter la volonté du beau est difficile [429]: «La grande erreur vient de ce que le critique demande toujours: Que doit faire l'artiste? Il serait bien plus juste de dire: Que veut l'artiste? ou même à quelle inspiration se sentait-il obligé d'obéir? Cette question: Que doit faire l'artiste? a été inventée par cette sorte de philosophes de l'art qui, sans poésie qui leur fût propre, ont abstrait pour leur usage particulier des faits et des souvenirs de différents chefs-d'œuvre, tracé d'après ce qui existait une règle pour l'avenir, partagé des catégories et des genres et imaginé des définitions et des principes. Ils ne savaient pas que de semblables abstractions ne peuvent en tout cas servir qu'à juger l'imitation; mais que chaque artiste original, chaque génie nouveau doit être jugé d'après l'esthétique qui lui est propre et qui se produit en même temps que son œuvre.»

§419
Théorie

La ressaisie basse, (r-b-), emploie une simple répétition de bruit, graphe ou consonne, ainsi qu'on le voit dans “l'existence a mille asspects”.

Méthode

Un composite se justifie pour “la vie posssssède cent côtés”, puisqu'il serait cocasse de vouloir distinguer toutes ces figures, en arguant que chaque nouvelle occurrence de “S” demande un traitement spécial. De même, la vraisemblance, pour “le corrbeau crroasse”, s'évaluera en une seule fois.

Application à Baudelaire

Une diction particulière peut renouveler un tas, ainsi “La Natture est un ttemple…” suggère un côté militaire de tambourinage. On imagine quelque menace, dans “…corrrrompus, rriches et trriomphants…” Le grand art n'interdit pas l'imitation de la réalité par le son, comme la ¨Symphonie pastorale¨ en témoigne, particulièrement avec son orage. Mais on évitera une déformation grotesque de „Correspondances”, afin de ne pas risquer de nuire durablement aux vers en cause. Les fantaisistes musicaux, qui détournèrent le sens des grandes réalisations historiques, montrèrent involontairement que le comique, imprimant ses effets dans le souvenir, empêche longtemps d'apprécier le meilleur des productions difficiles.

§420
Théorie

La ressaisie moyenne, (r-m-), utilise une voyelle, ou syllabe, incapable d'être un mot. Elle se voit dans “une viictoire sanglante”.

Méthode

Le fameux “redis-le moi-le” nous prive du niveau moyen, parce que “moi” et “le” sont des mots [226].

Application à Baudelaire

Comparer littérature avec musique, pour le jeu entre sonorités, pousse à envisager maint détail, rapprochant les deux sphères. Par coexistence instantanée plusieurs notes jouées en même temps composent un accord ou réalisent une harmonie [880]-[882]. La mélodie présente le son en une série changeante [883]. Le milieu entre les deux constitue l'arpège, où la modification est si précipitée que le son paraît lié [881]. La forêt de sonorités ressemble aussi à une tapisserie où s'entrecroisent les fils de chaîne -verticaux- et ceux de trame -disposés horizontalement. Platon voyait également la cité bien gouvernée, unie par des correspondances internes, voisines de celles que réalise le tissage [755]. En outre les individus qui se mettent en valeur outrancièrement ruinent la communauté, selon Aristote [35]. Baudelaire affirme que les mouvements ou écoles artistiques déclinent par le même travers [704]: «Cette glorification de l'individu a nécessité la division infinie du territoire de l'art. La liberté absolue et divergente de chacun, la division des efforts et le fractionnement de la volonté humaine ont amené cette faiblesse, ce doute et cette pauvreté d'invention; quelques excentriques, sublimes et souffrants, compensent mal ce désordre fourmillant de médiocrités.» 175

§421
Théorie

La ressaisie haute, (r-h-), admet plusieurs fois de suite quelque mot, ou expression. Il peut en résulter du vague, mais également du ridicule, cela en fonction du contexte.

Méthode

Eschyle utilise le procédé, afin de traduire l'appréhension [382]: «Je m'effraie d'obéir,
je m'effraie de dire en face
ce qu'on cache à ses amis.
»
Selon Racine, la même fixité intellectuelle procure toute une série de réactions émotives [828]: «Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue…»

Application à Baudelaire

L'ennui trouve, aussi, dans la répétition, un moyen de s'exprimer [[1061]]: «J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal,
Qu'enflammait l'orchestre sonore,
Une fée allumer dans un ciel infernal
Une miraculeuse aurore;
J'ai vu parfois au fond d'un théâtre banal
Un être qui n'était que lumière, or et gaze,
Terrasser l'énorme Satan;
Mais mon cœur que jamais ne visite l'extase
Est un théâtre où l'on attend
Toujours, -toujours en vain,- l'Être aux ailes de gaze!
»
Il faudrait beaucoup de patience [[1027]]: «Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide!
»

§422
Théorie

Le connecteur est un butoir, ayant pour effet d'annuler entièrement, l'obstacle de la distance. Le premier type de connecteur se présente sous l'aspect d'une référence, comme “il a été question de cela aux paragraphes 1 et 28”. Le second genre s'avère moins facile à voir, et nous le nommons un durcisseur. Il se borne à unir deux mots, ou symboles, et ne peut s'étendre au contexte immédiat. Nous le voyons agir lorsque, sans un renvoi explicite, deux énoncés ayant un point commun sont, en des places décisives, ce qui amène le public à en joindre les notions.

Méthode

Dans „A la Recherche du temps perdu“, l'auteur, Marcel Proust, commence par «Longtemps, je me suis couché de bonne heure.» Il termine son immense récit par «dans le Temps.» Comme il a été souvent remarqué, la situation particulière de ces deux énoncés leur procure un chemin fédérateur, puisque la critique ne peut imaginer que, malgré trois mille pages de séparation, le créateur n'ait pas décidé consciemment, de clore cette narration comme il l'avait ouverte, par l'évocation de la durée [812]-[813]-[814]-[815]. Bien qu'affecté chroniquement d'une maladie respiratoire le profond esthète jouissait d'une liberté matérielle assez grande pour élaborer soigneusement beaucoup de ses tournures au cours de loisirs considérables et il faut donc admettre qu'un durcisseur connecte «Longtemps» et «Temps».

Application à Baudelaire

Aussitôt cette remarque faite, nous perdons l'envie de rejeter chaque reps à forte distance interne, gagnant alors plus de facilité dans l'approche de nombreux poèmes [[1042]]: «Le Flambeau vivant
Ils marchent devant moi, ces yeux pleins de lumières,
Qu'un Ange très-savant a sans doute aimantés;
Ils marchent, ces divins frères qui sont mes frères,
Suspendant mon regard à leurs feux diamantés.
Me sauvant de tout piège et de tout péché grave,
Ils conduisent mes pas dans la route du Beau;
Ils sont mes serviteurs et je suis leur esclave;
Tout mon être obéit à ce vivant flambeau.
Charmants Yeux, vous brillez de la clarté mystique
Qu'ont les cierges brûlant en plein jour; le soleil
Rougit, mais n'éteint pas leur flamme fantastique;
Ils célèbrent la Mort, vous chantez le Réveil;
Vous marchez en chantant le réveil de mon âme,
Astres dont le soleil ne peut flétrir la flamme!
»

§423
Théorie

Des cas d'illusion prêtent à cerner imaginairement un reps, alors que la figure appartient aux messages codés, constructions poétiques, fautes de graphie, résultats d'un accident, applications d'une habitude. Pareillement les accents oraux, qui semblent intrusifs, n'ont la plupart du temps rien de commun avec le trope cherché. Une série de critères, empêchant la méprise, s'avère donc nécessaire, pour saisir la vraisemblance des tournures envisagées.

Méthode

L'ornement soudain, autour du caractère initial que montre une longue page de texte, paraît former une intrusion, mais la chose ne tient plus quand existe l'impératif social d'enluminer systématiquement un ouvrage célèbre.

Application à Baudelaire

Le poète raffole des expressions qui produisent une attention gênée, comme “les fleurs du mal”, qui font hésiter dans l'étonnement, sortes de «titres pétards» [645]. Il construit même quelques néologismes []-[687]-[688]-[689]: «arriéristes», «étudieur», «propriétaristes», «articliers». Pour l'onomatopée, il en reconnaît le prix dès lors que le sommet de l'art est délaissé. Imaginant une pièce de théâtre future, il évoque une chanson [638]: «Rien n'est aussi-z-aimable,-
Fonfru-Cancru-Lon-La-Lahira-
Rien n'est aussi-z-aimable
Que le Scieur de Long.
»
Baudelaire voit son «drame populacier» animé par cette idée que porte la cantilène [639]: «Chante, Sirène, chante,
Fanfru-Cancru-Lon-La-Lahira-
Chante, Sirène, Chante,
T'as raison de chanter,
Car t'as la mer à boire,
Fanfru-Cancru-Lon-La-Lahira-
Car t'as la mer à boire,
Et ma mie à manger!
»

§424
Théorie

La grandeur, qui mesure la vraisemblance de l'énoncé “le créateur a voulu, ici, quelque reps, ou composite”, admet le nom de manse. Elle montre dix ferments, au dénominateur: 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û) (ô)(å). Ils prennent les appellations (õ), verrière; (ñ), coffre; (ã), dresseur; (ù), glacis; (ò), charroi; (ì), bossage; (â), vernis; (û), échappement; (ô), entour; (å), combe. Pour “õ, ñ, ã”, on lit “o, n, a tilde”; et “å” se prononce “a rond”. Il faut, dans le calcul, étendre, une fois encore, la notion de rivetage, afin de négliger toute quantité inférieure à 1/16.

Méthode

Le savoir historique se rend indispensable aux évaluations, quand un malentendu risque de faire prendre l'usage ordinaire pour un trope. “Répétitif” n'en contient pas, mais “la fête à Neuneu” en inclut un, car l'expression vient de “la fête à Neuilly” [861]. Importante, s'avère, aussi, l'exploration des buts poursuivis. De la sorte “il continua sa conférence devant ces gens en en ennuyant beaucoup” reproduit l'impression de somnolence, donc justifie le soupçon d'une finalité consciente.

Application à Baudelaire

Malheureusement, les indices tiennent à peu de chose, ce qui les fait imaginer aisément, par méconnaissance du texte. De surcroît les illusions risquent de s'entraîner l'une l'autre. Si on pense avoir découvert “…doux comme les hauts bois…” on désire bientôt lire “…verts comme les prés rient…” En petit nombre, les “heu, heu” d'un orateur ne sont guère aperçus, et ne compromettent aucunement le perçage, mais cela change, lorsqu'il se met à en jouer. On détermine plus mal, encore, la justesse d'une impression, comme celle portant sur le nombre des “i” dans ce propos esthétique de Baudelaire [690]: «Le "divin" Marat, un bras pendant hors de la baignoire et retenant mollement sa dernière plume, la poitrine percée de la blessure "sacrilège", vient de rendre le dernier soupir. Sur le pupitre vert placé devant lui sa main tient encore la lettre perfide: “Citoyen, il suffit que je sois bien malheureuse pour avoir droit à votre bienveillance.” L'eau de la baignoire est rougie de sang, le papier est sanglant; à terre gît un grand couteau de cuisine trempé de sang; sur un misérable support de planches qui composait le mobilier de travail de l'infatigable journaliste, on lit: “À Marat, David.” Tous ces détails sont historiques et réels, comme un roman de Balzac; le drame est là, vivant dans toute sa lamentable horreur, et par un tour de force étrange qui fait de cette peinture le chef-d'œuvre de David et une des grandes curiosités de l'art moderne, elle n'a rien de trivial ni d'ignoble.»

§425
Théorie

La verrière õ=1 mesure, pour la glèbe, l'avantage d'éviter quelques dangers. Un tas devant renoncer au niveau de crèche amène õ=2. Pareillement avec un prétendu reps qui échappe aux quinze grumes et ne fournit pas un composite reconnaissable. Quand nous avons juste un trope isolé, õ=2 convient aussi. Une raison supplémentaire d'impossibilité, pour õ=1, est que deux systèmes de parole se brouillent mutuellement. Il faut encore accepter õ=2, quand l'idée relative à quelque intrusion vient d'une pensée faite pour un cercle minuscule. À plus forte raison un public non préparé à saisir la tournure demande õ=2. Si le contexte absorbe la figure, pour la rendre imperceptible, ou d'aspect surmontable, õ=2 se justifie à nouveau.

Méthode

Ce cas peut survenir pour certaines onomatopées discrètes. Entre les formes extrêmes de cette figure apparaît un dégradé subtil, et, pour le cas général, Saussure note [904]«…elles ne sont que l'imitation approximative et déjà à demi conventionnelle de certains bruits (comparez le français "ouaoua" et l'allemand "wauwau").»

Application à Baudelaire

Dans la situation d'un auteur combinant plusieurs codages, il devient aventureux d'indiquer ce qui fait intrusion, au milieu de la totalité. Le poème latin, qui appartient au recueil "les Fleurs du mal", possède un caractère d'exception, vis-à-vis du français, habituel dans le même ouvrage. Mais à son tour, l'idiome romain tardif procure la norme interne de ce texte limité [[1046]]. L'affectation y est sensible [[1047]]: «Ô délice de féminité
Par qui tous les péchés sont absous!
Ainsi que d'un Léthé bienfaisant,
Je m'abreuverai de baisers de toi…
Ajoute à présent des forces à mes forces,
Ô doux bain parfumé
De suaves odeurs!
»
Gilson rapproche ces vers d'un cantique [414]: «Jésus mémoire douce
Qui donne les vraies joies du cœur:
Mais surpasse toutes les douceurs
Sa douce présence.
On ne chante rien de façon plus agréable
On n'entend rien de façon plus charmante
On ne pense rien de façon plus douce
Que Jésus fils de Dieu.
Jésus l'espoir des pénitents
Comme tu es bienveillant envers ceux qui te prient,
Comme tu es bon envers ceux qui te cherchent,
Mais qu'en est-il pour ceux qui te trouvent?
»
On voit que Baudelaire admet le plaisir créateur [675]: «C'est un fait singulier que cette joie qui respire et domine dans les œuvres de quelques écrivains célèbres, ainsi que l'a judicieusement noté Champfleury à propos d'Honoré de Balzac.»

§426
Théorie

Pour une verrière õ=1, la solidarité interne du sens, que les tenures portent ou suggèrent, mérite ñ=1. Également si õ=1, la quantité ñ=1 se montre bonne dans le cas où le reps est secouru par un durcisseur. Il convient de chercher un tel butoir, non seulement avec les refrains, mais avec tout ce qui les imite. Sans unité ou connecteur, puisque la distance interne de la glèbe risque de nuire au trope, il faut examiner le nombre (n) de fronts, entre les extrémités de la tournure, le coffre admettant une quantité ñ=2+(1(n/10)). Par ailleurs avec õ=2 on accepte ñ=2 dans la situation d'une continuité de propos, d'un rappel, ou quand un durcisseur se présente. Avec les autres dispositifs ñ=2+(1(n/10)) s'avère le moyen d'obtenir le ferment voulu. Traiter du composite ne montre nul obstacle, vu qu'on apprécie (ñ) comme si les tenures venaient, au grand complet, d'un reps unique.

Méthode

La verrière déborde sur le coffre, ce qui paraît un échafaudage gauche, vis-à-vis de la simplicité de bien des figures, mais on traite sans arrêt des apparences au moyen de tels artifices laborieux. Poincaré objectait à ceux vitupérant les maladresses de la raison [801]: «Pourtant, de ce qu'aucun peintre n'a pu faire un portrait tout à fait ressemblant, devons-nous conclure que la meilleure peinture soit de ne pas peindre?»

Application à Baudelaire

Les sanglots et rires, avec leur tendance à répéter un motif élémentaire, procurent de faciles modèles aux reps. Ce niveau confine à l'instinctif et on y trouve du spontané, uni aux formes élaborées de l'esprit. Madame de Staël donne ce conseil [931]: «L'analyse ne pouvant examiner qu'en divisant, s'applique, comme le scalpel, à la nature morte; mais c'est un mauvais instrument pour apprendre à connaître ce qui est vivant…» Maintes correspondances, teintées d'un plaisir alliant des âmes, offrent un ensemble qui défie l'observateur, ainsi que le fait voir Baudelaire, décrivant un couple inventé par lui [656]: «…Samuel eut grand soin de lui rapporter son mouchoir et son livre, qu'il trouva sur un banc, et qu'elle n'avait pas perdus, puisqu'elle était près de là, regardant les moineaux se disputer des miettes, ou ayant l'air de contempler le travail intérieur de la végétation. Comme il arrive souvent entre deux êtres dont les destinées complices ont élevé l'âme à un égal diapason, -engageant la conversation assez brusquement,- il eut néanmoins le bonheur bizarre de trouver une personne disposée à l'écouter et à lui répondre.»

§427
Théorie

Le dresseur vaut ã=2 quand le plafond menace fortement d'être infidèle au contenu de la glèbe, vu d'après l'ensemble du tas. Dans (F-Correspondances/-¦¦¦¦-/S-Corps, responds, danse) le plafond “Corps, responds, danse” paraît si éloigné de ce que le reste du poème donne, que nulle difficulté n'empêche d'écrire ã=2. Au contraire un commentaire défendable, surtout avec un butoir l'appuyant, justifie ã=1.

Méthode

Certes, il ne faut pas exclure, d'avance, un excès d'imagination, chez le créateur, mais il se présente généralement accompagné d'indices, et, souvent, le contexte rend explicable une tournure, ainsi que le montre l'allitération exprimant qu'Oreste voit les divinités infernales [827]: «Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes?»

Application à Baudelaire

Juger entièrement déplacé, un semblable trope, serait méconnaître que le grand art est souvent accompagné de gêne, ce que Baudelaire a soigneusement formulé [713]: «J'irai encore plus loin, n'en déplaise aux sophistes trop fiers qui ont pris leur science dans les livres, et, quelque délicate et difficile à exprimer que soit mon idée, je ne désespère pas d'y réussir. "Le beau est toujours bizarre." Je ne veux pas dire qu'il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu'il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et que c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le beau. C'est son immatriculation, sa caractéristique. Renversez la proposition, et tâchez de concevoir un "beau banal"!» 178

§428
Théorie

Le glacis ù=2 s'impose quand, hormis l'intrusion elle-même, il y a une gaucherie, d'après les critères de l'époque, dans la présentation extérieure du plafond.

Méthode

Victor Hugo, dans „Booz endormi“, présente un semblant d'invention géographique [140]-[462]: «Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth…et Ruth se demandait…» Comme le lac de Génésareth a une réputation de tempêtes fréquentes, il était difficile d'écrire “Tout reposait dans Ur et dans Génésareth…” La fin du vers est souvent interprétée “je rime à "dait"”, car Hugo, pour la rime, tâche d'obtenir un son allant avec «demandait» écrit plus bas [463]. On s'amuse, aussi, moins correctement, de “je rime à dette”, avec le contenu “j'emprunte à l'imagination, pour combler un vide au plan historique”. “Génésareth” se prononce traditionnellement “génézarette”, alors que doit manquer, bien sûr, “demandaite”. L'auteur améliore, de toute façon, la rime, au plan technique, avec “dait-dait” au lieu de “reth-dait”. «Jérimadeth» paraissant un mot largement inconnu, on suppose que la prononciation “Jérimadait” accompagne «demandait». Il est moins facile d'exiger que chacun prononce “Génésarait”. Enfin la dernière syllabe commence par un “D” pour chaque vers dans la solution trouvée par Hugo, et non en “R” pour l'un et en “D” pour l'autre. Jacques Truchet complète la documentation, en signalant que, pour certains, «Jérimadeth» serait «…une graphie de "Jerahmeel"», et, dans ce cas, on aurait un Hugo sérieux et renseigné, optique détruisant la figure [463]. De surcroît il faut pour “je rime à "dait"” un son “je” et non “Jé”, ce qui affaiblit la perspective de vraisemblance du reps éventuel, et mène donc, pour cause de maladresse dans le plafond, à une conclusion ù=2.

Application à Baudelaire

Une maladresse, au sein de la glèbe, souligne, concrètement, le trope, mais une dans le plafond nuit au sérieux du commentaire. Ainsi “…verts comme les prés rient…” suppose l'accent aigu de “prés”, alors que la glèbe «prairies» se lit “près rient”, ce qui mène vers ù=2, parce que la nécessité du changement attire le soupçon.

§429
Théorie

Le charroi, (ò), admet la quantité ò=2, en plusieurs cas. Tout d'abord, si un butoir montre que le créateur est étranger, ou hostile, au jeu matériel supposé. Ensuite pour des renseignements historiques nourrissant un fort soupçon d'anachronisme, ou de gratuité, vis-à-vis du reps imaginé. Puis dans la situation où il est défendable que l'auteur a employé certaines formes continues de versification -ou encore a utilisé un moyen quelconque- afin de servir ponctuellement une telle perspective. De même, ò=2 paraît mérité, si la critique s'aperçoit que les connaissances lui manquent, pour cerner le sens de la glèbe. Enfin ò=2 reste utile, avec la possibilité d'un acte relevant de l'étourderie, ou de la négligence. Le ferment vaut 1, dans les autres éventualités, notamment pour un butoir favorable au trope conçu.

Méthode

Examinons (F-Bobo-¦¦¦¦-S-peines), dans l'optique ouverte par “…ayant subi, tous, mille peines, nous arrivâmes heureusement chez les Bobo…” Un peuple s'appelant effectivement «les Bobo», le contexte géographique peut faire hésiter ceux imaginant une figure, car ils prennent le risque d'un contresens, et cela pousse l'interprète soigneux vers ò=2 [805].

Application à Baudelaire

Parfois, l'écrivain affiche, au contraire, son intention d'utiliser un reps, comme Baudelaire à propos du tableau que nous avons déjà cité, portant sur l'assassinat d'un pamphlétaire fameux [691]: «Ce qu'il y a de plus étonnant dans ce poème inaccoutumé, c'est qu'il est peint avec une rapidité extrême, et quand on songe à la beauté du dessin, il y a de quoi confondre l'esprit. Ceci est le pain des forts et le triomphe du spiritualisme; cruel comme la nature, ce tableau a tout le parfum de l'idéal. Quelle était donc cette laideur que la sainte Mort a si vite effacée du bout de son aile? Marat peut désormais défier l'Apollon, la Mort vient de le baiser de ses lèvres amoureuses, et il repose dans le calme de sa métamorphose. Il y a dans cette œuvre quelque chose de tendre et de poignant à la fois; dans l'air froid de cette chambre, sur ces murs froids, autour de cette froide et funèbre baignoire, une âme voltige. Nous permettrez-vous, politiques de tous les partis, et vous-mêmes, farouches libéraux de 1845, de nous attendrir devant le chef-d'œuvre de David? Cette peinture était un don à la patrie éplorée, et nos larmes ne sont pas dangereuses.»

§430
Théorie

Le bossage, (ì), doit être analysé d'après une série de cas. Pour une glèbe qui autorise un passage vers l'abstrait, débouchant sur contradiction, forme allusive, opposition ou pléonasme, (ì) atteint 2. Également (ì) vaut 2, quand le propos montre une ambiguïté de construction. Chaque autre situation demande ì=1.

Méthode

“Le général a déclaré le colonel est un lion” admet ì=2 tandis que “il s'est décidé à décéder” s'octroie ì=1.

Application à Baudelaire

Les reps amènent, bien des fois, le rire, comportement et usage social, dans lequel se montre une sorte de cri, chant ou appel. Jouant sur les deux sexes, il marque l'opposition des voix graves et aiguës, où se fait entendre le plaisir d'une compagnie intelligente. On en exclut ainsi les gens qui ne discernent pas le motif déclencheur. Baudelaire note [706]: «Ce qui suffirait pour démontrer que le comique est un des plus clairs signes sataniques de l'homme et un des nombreux pépins contenus dans la pomme symbolique, est l'accord unanime des physiologistes du rire sur la raison première de ce monstrueux phénomène. Du reste, leur découverte n'est pas très profonde et ne va guère loin. Le rire, disent-ils, vient de la supériorité.» Un cas difficile mérite quelques mots [707]: «Le rire des enfants est comme un épanouissement de fleur. C'est la joie de recevoir, la joie de respirer, la joie de s'ouvrir, la joie de contempler, de vivre, de grandir. C'est une joie de plante. Aussi, généralement, est-ce plutôt le sourire, quelque chose d'analogue au balancement de queue des chiens ou au ronron des chats. Et pourtant, remarquez bien que si le rire des enfants diffère encore des expressions du contentement animal, c'est que ce rire n'est pas tout à fait exempt d'ambition, ainsi qu'il convient à des bouts d'homme, c'est-à-dire à des Satans en herbe.»

§431
Théorie

Le vernis â=2 est opportun, s'il faut apprendre longuement à changer de code linguistique, pour saisir la glèbe dans le sens du plafond, ou si l'opération exige une clef impossible à reconstituer facilement, et que la critique a obtenue. L'emploi d'un chiffre savant, celui d'un idiome peu accessible, tout cela fait du tort aux quantités mesurant la vraisemblance du reps. À l'opposé si nul danger de cette catégorie ne se présente, il convient de reconnaître la grandeur â=1. Le jeu de mots, ou l'ornement, ne suffit nullement pour mener vers â=2, et un système, vulgaire ou élevé, qui dépasse les capacités d'intuition, est requis.

Méthode

Le secret destiné à comprendre un message ponctuel, et le chiffre applicable, au long d'un segment verbal étendu, reviennent au même, dans le plan de la réflexion difficile.

Application à Baudelaire

Un exemple fort simple d'argot vient de Balzac [70]: «"Ne fais pas de regoût sur ton dab!" (n'éveille pas les soupçons sur ton maître)…» Sans traduction, la différence avec “le bateau fait naufrage, glou glou” est éloquente. Par ailleurs en mettant pour chaque lettre son numéro dans l'alphabet, "calcul" se meut en “311232112”, qui ne saurait non plus être compris aisément. L'obscurité qui règne, dans les ouvrages d'un mouvement littéraire, n'atteint pas, ordinairement, le même niveau. Certes, un léger codage peut exister, engendrant les foudres adverses, ainsi que le fait voir l'hostilité au mélange des genres qu'exprimaient les partisans du classicisme vers 1830, mais il demeure fréquemment limité. Un cénacle promet bien plus qu'un langage spécial, et Baudelaire a compris beaucoup de cela [704]: «Dans les écoles, qui ne sont autre chose que la force d'invention organisée, les individus vraiment dignes de ce nom absorbent les faibles; et c'est justice, car une large production n'est qu'une pensée à mille bras.»

§432
Théorie

L'échappement û=2 est admis en relation à deux cas. Pour un éventuel aspect technique, ou savant, de la glèbe, û=2 convient. En effet avec un but de connaissance il paraît malaisé de satisfaire celui d'intrusion matérielle. Puis, on attend û=2 vis-à-vis de tout signe de moellon, dessin, schéma ou symbole, utilisé dans la coupure séparant plusieurs étapes intellectuelles. Néanmoins on exclut de l'ensemble des circonstances procurant û=2 celles où le savoir possède un rôle artistique. À plus forte raison les autres dispositifs réclament le verdict û=1.

Méthode

Le plan d'un tas ne peut, quant à lui, se confondre avec une intrusion, car il est beaucoup trop abstrait pour cela. Pourtant une barre horizontale, destinée à servir de frontière à des paragraphes, peut amener quelque doute. Une bonne saisie de l'échappement exige, alors, une documentation touchant les mœurs littéraires, car l'étiquette de tels indices matériels varie comme change le monde culturel, souple dans le détail malgré un possible sens rationnel global.

Application à Baudelaire

Sérieusement, ou par moquerie, Baudelaire a envisagé un équilibre du réel, que certains vers, d'un hymne au soleil, imitent, sans requérir nul signe concret de brisure [[1115]]: «Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Éveille dans les champs les vers comme les roses;
Il fait s'évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C'est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir!
Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes,
Il ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.
»

§433
Théorie

L'entour, (ô), se montre de hauteur 2, si le trope vient d'habitudes nettes, ou impératives, au sein desquelles un créateur est engagé. En ce cas l'auteur n'ayant pas clairement décidé l'intrusion imaginée, ô=2 s'explique. Pour l'écrivain, qui cherche à introduire de façon originale un contraste matériel, au contraire, il faut admettre ô=1.

Méthode

Un ancien caractère d'imprimerie, peu employé, donnera l'illusion d'un reps, faute de connaissances historiques assez nettes, quant au milieu où il était en faveur. Les coutumes étant parfois aux limites de l'individuel et du collectif, une hésitation touchera éventuellement le diagnostic à porter, sur les façons d'agir, aux diverses étapes de la chaîne culturelle.

Application à Baudelaire

Si un romancier a voulu transcrire un accent régional, sans appartenir à un courant où cela était de règle, ô=1 se justifie. Balzac aimait ce type de correspondance [71]«…les deux artistes se prirent de belle amitié pour Gazonal et lui firent raconter son procès. “Mone proxès, dit-il en grasseyant les "r" et en accentuant tout à la provençale, est queleque chozze de bienne simple: iles veullente ma fabrique. Jé trrouve ici uneu bette d'avocatte à qui jé donne vinte francs à chaque fois pour ouvrire l'œil, et jeu leu trouve toujours ennedôrmi…”»

§434
Théorie

Pour la combe, (å), une valeur 2 est acceptable, dès lors que la critique soupçonne quelque accident, falsification ou erreur, ayant eu un effet sur la glèbe. Sans que le créateur ait désiré un reps, une tache involontaire ou la fantaisie, d'un lecteur précédent, aura quelquefois endommagé un livre. Au contraire å=1 vaut en toute situation où pareille mésaventure semble impossible.

Méthode

Pour la détermination de (å), une mauvaise fortune doit se distinguer de la conséquence d'un stratagème. On peut imaginer d'aussi énormes ruses, au plan matériel, que celle de Lucien relativement au fond. La célèbre „Histoire véritable“ se termine par ces mots [510]: «Je vous ai maintenant raconté mes aventures jusqu'à l'autre terre, sur la mer d'abord, puis pendant la navigation, parmi les îles et en l'air, ensuite dans la baleine et, lorsque nous en fûmes sortis, chez les héros, au pays des songes, et enfin chez les Têtes-de-Bœufs et les Jambes-d'Anesses. Ce qui nous est arrivé sur terre vous sera conté dans les livres qui viennent maintenant.» Pierre Grimal note à cet égard [511]«On a fait remarquer que cette affirmation finale est le plus gros mensonge de tout le roman: les livres annoncés n'ont jamais existé.»

Application à Baudelaire

En 1961 dans l'édition, excellente par ailleurs, d'Antoine Adam, une malheureuse faute typographique a privé le sonnet „Correspondances“ du point final [6]. Aucun lecteur ne supposera que Baudelaire avait lui-même rejeté l'usage d'un tel signe de moellon.

§435
Théorie

Écrivons le rail “Correspondances -Sympathies du grand temple où l'homme passe…Il est des… êtres de sens qui chantent les sympathies…” Le propos écrit avant “homme” n'étant pas de sens inaccessible, un filage reste possible, uniquement avec des pivots, termes ou moellons. Ainsi le tas demeurant une crèche, la verrière de (F-Sympathies…sympathies-¦¦¦¦-S-répétition) ne se voit nullement interdire une quantité õ=1, par ce motif.

Méthode

La répétition forme un des types les plus indiscutables de reps, en ce qu'elle possède une vigueur saisissante. Partir de tels exemples donne aux investigations la sûreté ôtant les doutes. Spinoza résume cet avantage d'une ouverture aux évidences [163]-[922]: «…il ne sera pas ici question d'une recherche à l'infini; je veux dire que, pour découvrir la meilleure des recherches du vrai, il n'est pas besoin d'une autre méthode pour rechercher la première, et pour trouver la seconde, nul besoin d'une troisième, et ainsi à l'infini…»

Application à Baudelaire

Malgré cette force de la présence vive, se pose quelquefois le problème de l'artiste, ayant pu aussi bien négliger le jeu verbal que le vouloir [[1118]]: «Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très-vieux…
»
Il faut, à un moment, déterminer si “plus vieux” est recevable ou non. La difficulté devient encore plus grande, avec les jeux de mots ayant moins de bases physiques, et nous les excluons pour cela des objets ici analysés. De la sorte “j'ai cherché partout, mais pas de vis” ne contient guère d'intrusion, vu que l'aspect intellectuel domine la plaisanterie, sans manipulation physique, eu égard aux deux significations “intervalle” et “absence”.

§436
Théorie

Cherchons le coffre, (ñ), de (F-Sympathies…sympathies-¦¦¦¦-S-répétition) pour le rail examiné à l'instant, avec la supposition d'une verrière se bornant à 1. On s'attache au nouveau ferment pour lui-même, car il peut, en fonction de ses qualités propres, admettre 1 ou 2 comme valeur. La répétition du mot décisif, aux deux extrémités du poème, se renforce du titre «Correspondances», pour faire admettre qu'existe un durcisseur anéantissant la distance interne du couple “Sympathies-sympathies”. Compter la série des fronts entre le début et la fin du poème devenant inutile, ñ=1 paraît assuré.

Méthode

Concernant chaque section de la réalité, ou de l'intelligence des choses, on doit envisager que tous les idiomes n'offrent pas un lexique aussi nombreux. Le manque d'un vocabulaire adéquat, ou étendu, pourrait donc, à tel ou tel propos, en chaque langue, obliger à reprendre certains mots, indépendamment de tout reps.

Application à Baudelaire

La richesse culturelle de Baudelaire lui donnait le moyen de tourner ce genre d'obstacle, débusquant au sein du passé mainte source, afin d'employer mieux le vocabulaire actuel. Comme devise, ce vers de Chénier lui aurait convenu [194]: «…Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques.» Cela ne l'empêchait, nullement, d'apprécier la moquerie, touchant l'extrême labeur que demandait, aux adolescents, la maîtrise des notions traditionnelles [709]: «Daumier s'est abattu brutalement sur l'antiquité, sur la fausse antiquité, -car nul ne sent mieux que lui les grandeurs anciennes,- il a craché dessus…» La finalité du caricaturiste lui semble parallèle à celle que Joseph Berchoux poursuivait dans le mot fameux [708]-[962]: «Qui me délivrera des Grecs et des Romains!»

§437
Théorie

Considérons le dresseur (ã), de (N-¦¦¦¦-importance). Le risque d'avoir un sens trop étranger, au signe offert dans la glèbe, semble nul, donc ã=1. En revanche (N-¦¦¦¦-caractère divin) obtiendrait une autre mesure, car une lettre capitale n'indique pas, de manière certaine, une pareille qualité. Il faut donc avoir soin, de présenter un commentaire minimal, pour éviter de nuire à l'idée que chacun se fera du trope.

Méthode

Une majuscule absente peut également jouer un rôle. Dans “il demandait à visiter paris” le reps consiste à ne pas fournir ce qui est attendu à l'initiale du nom.

Application à Baudelaire

Il paraît difficile de cerner le sens fin du N, tant le choix des possibilités est grand. Éventuellement, relier ce N et «Vaste» raccorde le poème au goût de l'auteur pour l'immensité [701]: «Dans le sens le plus généralement adopté, Français veut dire vaudevilliste, et vaudevilliste un homme à qui Michel-Ange donne le vertige et que Delacroix remplit d'une stupeur bestiale, comme le tonnerre certains animaux. Tout ce qui est abîme, soit en haut, soit en bas, le fait fuir prudemment. Le sublime lui fait toujours l'effet d'une émeute, et il n'aborde même son Molière qu'en tremblant et parce qu'on lui a persuadé que c'était un auteur gai.»

§438
Théorie

Le glacis, (ù), de (F-Correspondances/-¦¦¦¦-/S-Corps, responds, danse) vaut 2, car ce montage semble trop lourd. On suspecte donc l'interprète de vouloir absolument faire passer une idée amusante sur le compte de Baudelaire.

Méthode

La drôlerie ne caractérise pas toujours le reps, et son ressort est plus généralement de servir un transitoire but élémentaire, avec des moyens élevés. L'instrument symbolique, capable d'inciter à des exploits intellectuels, est employé très en dessous des possibilités acquises, un peu comme si on prenait deux calculatrices, pour les mettre sur un bureau, en commentant l'action par “1+1=2”. On parle, mais on obtient, par exemple, “aïe”, reculant vers un état antérieur. Alors qu'il peut ouvrir sur la grande abstraction, le signe linguistique met en valeur un genre de cri.

Application à Baudelaire

Cette affaire d'animal dans l'homme intéressait Baudelaire, qui parle ainsi d'un ouvrage donné à lui par une connaissance [640]: «Il y a bien longtemps que je rejette presque tous les livres avec dégoût. -Il y a bien longtemps aussi que je n'ai lu quelque chose d'aussi "absolument instructif et amusant".- Le chapitre du faucon et des oiseaux qui chassent pour l'homme est une œuvre, -à lui tout seul.-…Il y a encore bien d'autres choses philosophiquement émouvantes, et l'amour de la vie en plein air, et l'honneur rendu à la chevalerie et aux dames, etc......Ce qui est positif, c'est que vous êtes poète. Il y a bien longtemps que je dis que le poète est "souverainement" intelligent…Mais quand je veux faire imprimer ces choses-là, on me dit que je suis fou, -et surtout fou de moi-même,- et que je ne hais les pédants que parce que mon éducation est manquée. -Ce qu'il y a de bien certain cependant, c'est que j'ai un esprit philosophique qui me fait voir clairement ce qui est vrai, même en zoologie, bien que je ne sois ni chasseur, ni naturaliste… Maintenant, -puisque je me suis avancé avec vous dans des discours plus grands…- laissez-moi tout dire. Qu'est-ce que le "Progrès indéfini!" qu'est-ce qu'une "société" qui n'est pas aristocratique! ce n'est pas une société, ce me semble. Qu'est-ce que c'est que l'homme "naturellement" bon? où l'a-t-on connu? L'homme naturellement bon serait un "monstre", je veux dire un "Dieu"…Toutes les hérésies auxquelles je faisais allusion tout à l'heure ne sont, après tout, que la conséquence de la grande hérésie moderne, de la doctrine "artificielle", substituée à la doctrine naturelle, -je veux dire la suppression de l'idée du "péché originel".»

§439
Théorie

Imaginons un commencement de rail, ainsi rédigé: “La Nature est l'église, où de vivants piliers/ Protègent de la bise, un fort tamarinier/Demeurant sous leur ombre, aimable et bienfaitrice,/Dans le beau soleil sombre, où lentement tarissent/Les sources…” Le soupçon vient de la présence d'une ressaisie (F-ise…ise-¦¦¦¦-S-répétition). Mais l'ensemble du propos montre qu'il pourrait s'agir d'une rime brisée, puisque la suite porte, également, cet artifice de l'écho interne, à l'hémistiche, avec “ombre-ombre”, dans “ombre… sombre”. Un risque de quiproquo, entre le moyen de versification et le reps, nous contraint d'admettre un charroi ò=2.

Méthode

L'art poétique appartenant à une sphère particulière, mieux vaut ne pas mêler en esprit ses moyens, avec les ressorts animant des productions distinctes. Pierre Guiraud écrit [526]: «Ainsi aux origines toute littérature pratiquement est en vers et il semble bien que le vers assume ici une fonction qui sera ultérieurement confiée à l'écriture: le vers assure la conservation de la forme; il la fixe et permet de la confier à la mémoire.» Le contenu est ainsi gardé tout au long de la vie individuelle, comme au fil des multiples générations.

Application à Baudelaire

L'intrusion, au contraire, possède un aspect brut, donc, provisoirement, elle va dans le sens inverse. Le poète, qui a tellement su reconnaître la violence à côté du raffinement, voit comment certaines figures trop énergiques opèrent, dans un art visant plus haut que la distraction. Il adresse ces reproches à un artiste [641]: «Et un homme comme vous! lâcher en passant, comme un simple rédacteur du "Siècle", des injures à "de Maistre", le grand génie de notre temps, -un voyant!- Et enfin des allures de conversation, et des mots d'argot qui abîment toujours un beau livre.»

§440
Théorie

Le bossage, (ì), de (F-parfums odorants-¦¦¦¦-S-répétition) se fixe à 2, pour le segment “…Les parfums odorants et les couleurs se répondent.” Une telle forme semble un pléonasme, utilisant une certaine abstraction, ce qui la met au ban des reps [356]. Au contraire “parfums parfumés” serait intégré au cadre nécessaire ici, de par une répétition matérielle.

Méthode

Un très fort contenu physique permettant l'effet d'intrusion, tout ce qui paraît intellectuel est abandonné, hors des limites reconnues.

Application à Baudelaire

L'auteur aime à explorer le concret, dans l'existence humaine, rythme, odeur, allure ou pression. En 1853 Champfleury a représenté Baudelaire comme le poète ami des chats et il est piquant de cerner quelques bribes du savoir obtenu par l'écrivain, sur le monde animal [631]. Dans un texte sur Delacroix il note concernant un tableau [696]: «"Roméo et Juliette", -sur le balcon,- dans les froides clartés du matin, se tiennent religieusement embrassés par le milieu du corps. Dans cette étreinte violente de l'adieu, Juliette, les mains posées sur les épaules de son amant, rejette la tête en arrière, comme pour respirer, ou par un mouvement d'orgueil et de passion joyeuse. Cette attitude insolite, -car presque tous les peintres collent les bouches des amoureux l'une contre l'autre,- est néanmoins fort naturelle; -ce mouvement vigoureux de la nuque est particulier aux chiens et aux chats heureux d'être caressés.»

§441
Théorie

Le vernis de (F-corrompus-¦¦¦¦-S-corps rompus) admet la hauteur â=1, dans le contexte «Il est des parfums frais…Et d'autres, corrompus…» L'acception “ruinés de l'intérieur”, au sens où des objets en métal sont attaqués par l'oxydation, est à examiner en usant de la connaissance des mots voisins, «triomphants» et «riches», mais l'affaire d'un chiffre secret diffère entièrement de cela. Il s'agit de savoir si l'écrivain emploie un code spécial, ou à l'inverse place tout lecteur devant les mêmes idées, plus ou moins accessibles en fonction de sa culture. Avec un mixte de sens littéral transparent et de sous-entendus étranges, la seconde possibilité se défend bien, et pareille absence de clef justifie â=1.

Méthode

Un bref passage très difficile témoigne suffisamment d'un système particulier de langage, mis en pratique dans le cas de la dissimulation organisée, ce qui permet à un trope de montrer qu'il est dans la situation où il convient d'écrire â=2.

Application à Baudelaire

La tentation de briser le mot «corrompus», en raison du “R” double, se fait jour sans que nul soupçon de codage n'apparaisse. On voit mal, en outre, Baudelaire abandonner le ton grave du sonnet avec une plaisanterie, sans un ensemble de réflexions apparentées. Si un tout physique tient à ses parties, et aux relations internes les unissant, un poème subit, en de semblables déterminations, le poids de la surveillance qui vient de l'esprit, soucieux d'unir un système volontairement. On acquiert, échafaudé par-dessus le niveau de la réaction immédiate, le but, qui suppose des images dans la pensée, représentant au créateur, de manière vague, mais effective, ce qu'il veut obtenir avant qu'il ne réalise son projet. Avouons néanmoins que les objectifs conscients paraissent fréquemment couvrir un jeu de forces passionnelles, ou collectives, que devine à peine l'auteur poursuivant sa finalité. C'est comme un chef politique décidant une ligne, que l'on trouve plus tard identique à celles des pays comparables, de sorte qu'une tendance méconnue donne asile aux résolutions énergiques.

§442
Théorie

Examinons l'échappement de (F-homme/temple : corrompus/frais-¦¦¦¦-S-deux relations égales), pour un rail commençant avec “La Nature a fait que l'homme soit à son temple ce que les parfums corrompus sont aux frais…” L'aspect savant ou technique demeure trop limité, donc û=1 se réalise.

Méthode

En revanche la verrière admet la grandeur õ=2, puisque la tournure se place hors des quinze grumes décrivant les reps.

Application à Baudelaire

L'analogie, avec son aspect de rêverie ordonnée par l'effort culturel, se dégagerait plus avant, si nous recourions à des bases gongoristes [283]-[420]: “La Nature (féminine) est un temple (elle se célèbre dans l'espace du visage) où de vivants piliers (les dents) laissent parfois sortir de confuses paroles (les rires); l'homme (corrompu et amoureux) y passe à travers (il pose ses lèvres dessus en ignorant presque tout) des forêts de symboles (les cheveux) qui l'observent (sont devant lui) avec des regards familiers (il pense les reconnaître). Comme de longs échos…” Platon brodait sur le mythe des notions capitales que l'intelligence verrait avant de tomber dans un corps [725]-[725¹]: «La nature entière étant homogène et l'âme ayant tout appris, rien n'empêche qu'un seul ressouvenir (c'est ce que les hommes appellent savoir) lui fasse retrouver tous les autres…» Balzac peint l'amour comme venant d'une chaîne de correspondances avec les années qui le précèdent [72]: «Si vous avez bien compris ma vie antérieure, vous devinerez les sentiments qui sourdirent en mon cœur…le brillant des cheveux lissés au-dessus d'un cou velouté comme celui d'une petite fille, les lignes blanches que le peigne y avait dessinées et où mon imagination courut comme en de frais sentiers, tout me fit perdre l'esprit.»

§443
Théorie

L'entour de (F-long-temps-¦¦¦¦-S-insistance), pour «J'ai long-temps habité sous de vastes portiques…» doit se fixer à 2, car le poète ne fait, par cette graphie, que suivre une coutume de son époque [[1143]]. En 1861 au contraire il se tournera vers «longtemps», parce qu'il se conformera au changement des habitudes [[1143]].

Méthode

Un critère à même de séparer intrusions matérielles et routines paraît donc indispensable. Quand le créateur choisit une forme traditionnelle, mais que plus tard le sens de la tournure se modifie, l'effet de surprise nouvellement apparu ne saurait valoir comme désiré authentiquement à l'origine.

Application à Baudelaire

L'auteur écrivait «long-temps» par scrupuleuse correction, de sorte que lui prêter un rejet des usages équivaut à inverser la perspective de la finalité initiale.

§444
Théorie

La combe de (F-confondent…répondent-¦¦¦¦-S-répondent…confondent) paraît devoir s'établir à 2 si des recherches historiques font retrouver le journal d'un typographe relatant que, distrait, il a interverti les deux mots dans les vers 5 et 8. Il semble convenable de restreindre la manse, dès lors que le jeu téméraire se ramène à une faute d'inattention. Pourtant un meilleur examen fait voir qu'une telle solution est intenable, puisque l'écrivain a finalement accepté l'ouvrage au cours de ses relectures et même a conservé cette version en 1861. Cela justifie ainsi le ferment å=1.

Méthode

La notion du génie créant seul ne tarde guère à révéler sa faiblesse, tant chacun puise dans la série de milieux entrecroisés où il baigne. En bien des cas cependant on pourra difficilement nier l'existence d'un contributeur principal, qui a le dernier mot, scellant mille apports divers, pour assumer haine ou gloire.

Application à Baudelaire

Citons, relativement à ce point, une lettre de Baudelaire à son imprimeur [647]: «Mon cher Malassis, je vous demande un million de pardons d'appeler encore une fois votre attention sur la nécessité de corriger les épreuves.» Signalant une faute qui gâte une autre publication que la sienne, l'écrivain fait comprendre qu'il ne pourrait admettre que pareille mésaventure frappe son recueil. Il pense devoir expliquer son intransigeance [648]: «Je sais, je vous le répète, combien on se rend haïssable par ces taquineries-là; mais j'ai pris votre établissement très au sérieux, et vous-même, vous m'avez avoué une fois que vous pensiez, comme moi, qu'en toute espèce de production, il n'y avait d'admissible que la perfection.»

§445
Théorie

Calculons des manses complètes, avec, en premier lieu, celle obtenue pour la fonte basse (F-Correspondances/-¦¦¦¦-/S-Corps, responds, danse). Le public semble peu capable d'envisager la signification en cause, ce qui autorise une verrière õ=2. Un coffre ñ=2 fait suite à cette première quantité. Le dresseur mérite une hauteur ã=2, car le risque d'infidélité aux objectifs du créateur se montre considérable. Une division “Corps, responds” est loisible, de par le double “R” de la glèbe, mais celle qui la suit, “responds, danse”, ne se justifie pas, ce dont résulte le glacis ù=2. Un charroi ò=2 s'avère utile, parce que la formulation du thème ne convient guère à l'époque, cet anachronisme dénonçant l'interprète abusif [[1110]]. Le jeu concerné paraît assez matériel pour gagner un bossage ì=1. La plaisanterie n'exigeant aucun apprentissage, nous constatons le vernis â=1. Nul service n'est rendu au savoir, donc l'échappement û=1 est indispensable. Les coutumes n'ont pu influer sur l'emploi de la tournure, de sorte qu'il faut conclure à l'entour ô=1. Puisque nous ignorons tout d'un éventuel accident, la combe å=1 ne saurait manquer. Ainsi est mise sur pied une vraisemblance 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(2)(2)(2)(2)(2) (1)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)(2)=1/32.

Méthode

L'interprète ne peut éviter, dans les illustrations, de subir le poids des changements qui ont marqué l'histoire, depuis l'origine du texte. La force de l'instant, elle-même, qui nous fait, en images, projeter aujourd'hui sur hier, doit être combattue, malgré le conseil irraisonné de ceux qui en font l'éloge. Certes, l'émotion anime la recherche, mais il est douteux que l'objectivité moindre l'accompagnant soit bienvenue, aussi garder le dynamisme tout en filtrant l'illusion aurait de meilleures vertus.

Application à Baudelaire

La danse témoigne de la fusion entre devenirs individuel et collectif, au sein de mouvements corporels, devenus ensuite comme spontanés, par le biais de la répétition. Notre activité unit plusieurs niveaux: d'abord, nous héritons physiquement de milliers de fonctions, réflexes ou instincts; puis, en une construction historique plus ou moins laborieuse s'ajoutant à cela, viennent les habitudes prises, celle très humble d'avoir faim à midi un quart, ou celle fort élaborée de suivre des pas complexes; ensuite, arrive notre conscience, mémoire ou volonté. La hiérarchie de ces pouvoirs explique le désaccord entre les classifications. Aristote indique les bases [28]: «Ces puissances, disions-nous, sont les facultés nutritive, désirante, sensitive, locomotrice, pensante.» Balzac note l'intégration de ces apports énergiques en un seul, à propos de l'émoi donné par un bouquet [73]: «Aucune déclaration, nulle preuve de passion insensée n'eut de contagion plus violente que ces symphonies de fleurs, où mon désir trompé me faisait déployer les efforts que Beethoven exprimait avec ses notes; retours profonds sur lui-même, élans prodigieux vers le ciel. Mme de Mortsauf n'était plus qu'Henriette à leur aspect. Elle y revenait sans cesse, elle s'en nourrissait, elle y reprenait toutes les pensées que j'y avais mises, quand pour les recevoir elle relevait la tête de dessus son métier à tapisserie en disant: "Mon Dieu, que cela est beau!" Vous comprendrez cette délicieuse correspondance par le détail d'un bouquet, comme d'après un fragment de poésie vous comprendriez Saadi.» Baudelaire a pu faire ce genre de lecture, comme le rappelle une série de témoignages. En 1867 de manière posthume un article de presse décrit son arrivée sur un quai à Saint-Denis, où le 19 septembre 1841 il arrête son voyage obligé dans l'Océan Indien [606]. Le jeune homme doit se tenir aux cordes [607]: «…Baudelaire s'obstina à monter à l'échelle avec des livres sous le bras (c'était assurément original, mais embarrassant), et gravit l'échelle lentement, gravement, poursuivi par la vague remontante. Bientôt la vague l'atteint, le submerge, le couvre de douze à quinze pieds d'eau et l'arrache à l'échelle. On le repêche à grand'peine; mais, chose inouïe, il avait toujours ses livres sous le bras.» Jules Levallois raconte que, plus tard, le futur poète lisait Balzac, pendant le temps de loisir, obtenu à terre [607].

§446
Théorie

La manse de la ressaisie haute (F-Correspondances…répondent-¦¦¦¦-S-répétition) occupera notre attention, maintenant. La tournure gardant identique le tas, il se maintient comme crèche. Deux paroles ne se croisent pas en se nuisant. La pensée ne s'avère pas faite pour un cercle minuscule. De la sorte une verrière õ=1 est de mise. Le coffre prend la quantité ñ=1, en ce qu'un durcisseur vient de la situation des mots décisifs, en tête du sonnet, puis en fin de huitième vers. Le reps interdit le soupçon, grâce au noyau “respond” de «Correspondances» et ce radical mène vers le dresseur ã=1. Aucune maladresse ne se voyant au sein du commentaire, le glacis ù=1 est assuré. Le titre ne joue pas un rôle capital dans la versification. Par ailleurs étourderie de l'auteur et lacunes de l'interprète semblent exclues. La figure demeure incapable d'anachronisme, restant conforme à ce que le public devait guetter dans un ouvrage. Ainsi le charroi ò=1 ne saurait permettre le doute. Rien d'abstrait ne régente la glèbe, vu que la présence d'une même racine matérielle s'impose deux fois. Il faut donc admettre le bossage ì=1. Nul changement de code n'apparaît, si bien que le vernis â=1 devient nécessaire. Puisque le trope ne comprend guère de savoir élevé, on obtient l'échappement û=1. Les coutumes n'étant pas mêlées à cette forme de renvoi, l'entour ô=1 se montre acceptable. Pour finir la combe å=1 se justifie parce que le texte n'a point connu d'accident. La mesure cherchée vaut, alors, 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)= 1/1=1. En bref l'objet d'étude se présente comme substantiel et procure au moins une solution pour entrer dans l'esprit de Baudelaire, si étrangement organisé.

Méthode

Afin de ne pas sous-estimer maintes circonstances défavorables aux reps, on a dû introduire plusieurs fois certaines idées parentes, au sein des critères. Ce qui a lieu, dans cette perspective, avec le retour de (õ) dans (ñ), fournit simplement le cas le mieux visible. Néanmoins, chaque ferment abordé reste différent des voisins, par d'autres attributs qui lui sont propres.

Application à Baudelaire

La réponse la plus haute vis-à-vis des appels que jettent les êtres aperçus, consiste dans le don mortel. On imagine la fraîcheur sacrifiée aux corruptions, et qui sauve l'équilibre du monde. Un admirateur de Maistre pouvait entrevoir une chose pareille. La Révolution ayant apporté maint exemple de ce dévouement, Baudelaire fut rapidement conduit au respect des artistes que cette valeur intéressait [697]-[698]: «En contemplant la série de ses tableaux, on dirait qu'on assiste à la célébration de quelque mystère douloureux…C'est à cause de cette qualité toute moderne et toute nouvelle que Delacroix est la dernière expression du progrès dans l'art.»

§447
Théorie

Examinons (P…A…R…F…U…M…C…O…N…V…E…R…S…E/-¦¦¦¦-/acrostiche). Le calcul touchera les vers “Profonde est la nature,/Attirant est son verbe/Ressurgi de piliers/Fameux par leurs regards.//Un écho inspiré,/Mâché dans le lointain/Correspond aux cinq sens,/Or et boue en dialogue.//Naissant dans la fraîcheur,/Versés en le hautbois,/Emportés par l'ivresse,//Résolus ils se risquent/Sur la route du chant/Et de la corruption.” La plaisanterie, bien que livrant une seconde parole, venue des initiales prises dans les quatorze lignes à considérer verticalement, ne saurait empêcher de produire le filage uniquement grâce aux termes, pivots et moellons, vu que “P…A…R…F…U…M…C… O…N…V…E…R…S…E” forme un pivot. L'amusant dispositif concerne intégralement le public, et la tournure se remarque suffisamment, autorisant la verrière õ=1. L'acrostiche, très évident, génère son durcisseur, menant ainsi vers le coffre ñ=1. Le plafond ne cache nul contresens, vis-à-vis de la glèbe, ce qui amène le dresseur ã=1. Ne comportant rien de spécialement gauche, le sens complémentaire fournit de quoi établir ù=1, comme valeur de glacis. Le jeu verbal ressemble à du parasitisme littéraire plutôt qu'à un moyen de versification. L'hostilité au reps n'est signalée par aucun butoir. L'étourderie paraît exclue. La synthèse de ces trois points veut que le charroi ò=1 mérite une totale confiance. Rien d'abstrait ne domine cette figure. La construction du sens est étrange, mais pas ambiguë. Le bossage, (ì), adopte le niveau 1, par conséquent. Le savoir d'une clef ou quelque long apprentissage n'étant pas requis, pour comprendre la figure, le vernis â=1 satisfait l'intuition. L'acrobatie de mots ici concernée demeurant artistique, l'échappement û=1 est nécessaire. Écrire un acrostiche relève de l'exception et par cela ô=1 définit l'entour. Ne concernant guère un accident ou une falsification, le trope bénéficie d'une combe å=1. Calcul et impression d'ensemble se rejoignent, pour fonder la manse 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(1)(1)(1) (1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)=1/1=1.

Méthode

Pour définir l'échappement, nous avons distingué la versification de la technique, ce qui n'est pas juste artificiel. Toute poésie reste proche des jeux verbaux, mythes ou songes [283]. Par ailleurs nous cernons les opérations en cause dans les techniques de chauffage ou de transport, alors que nous ignorons les critères de la réussite dans l'art.

Application à Baudelaire

Une lettre du poète montre comment la sensibilité organise les matériaux de la vie courante, bien que nul effort marqué ne s'exerce [642]-[643]: «Mon cher ami, puisque les rêves vous amusent, en voilà un qui, j'en suis sûr, ne vous déplaira pas. Il est 5 heures du matin, il est donc tout chaud…Je considérais comme un "devoir" d'offrir à la maîtresse d'une grande maison de prostitution un livre de moi qui venait de paraître…les murs de ces vastes galeries sont ornés de dessins de toute sorte…Dans une partie reculée…je trouve une série très singulière…Cela représente des oiseaux coloriés avec des plumages très brillants, dont l'œil est "vivant". Quelquefois, "il n'y a que des moitiés d'oiseaux". -Cela représente quelquefois des images d'êtres bizarres, monstrueux, presque "amorphes", comme des "aérolithes". Dans un coin de chaque dessin, il y a une note. -"La fille une telle, âgée de...., a donné le jour à ce fœtus en telle année";- et d'autres notes de ce genre.»

§448
Théorie

La vraisemblance du tassement bas (N-¦¦¦¦-importance) s'établit, pour une verrière õ=1. Le filage se réalise avec uniquement des termes, pivots et moellons. Si le N, comme isolé, demeure hors du filage, au moins le N, comme appartenant au mot «Nature», n'empêche guère le filage de se bâtir, et même son relief contribue à l'efficacité de la figure. Un caractère ponctuel évident garantit le coffre ñ=1. La notion “importance”, du plafond, adhère de façon étroite au sens d'une lettre capitale N, de sorte que le dresseur ã=1 ne peut manquer. Les maladresses ne se percevant guère, dans ce commentaire minimal, le glacis est amené vers ù=1. Le N, mis en valeur, ne saurait avoir l'étourderie comme fondement et il ne se montre pas un moyen de versification. Tout cela justifie un charroi ò=1. Le N, fort matériel, pousse le bossage (ì) vers 1. L'isolement de cette majuscule n'autorise pas un code à naître, parallèlement à celui de la communication ordinaire, livrant de quoi noter le vernis â=1. La hauteur d'un savoir n'est pas donnée à ce N, donc l'échappement (û) se fixe à 1. Puisque n'existe pas du tout la coutume d'écrire «Nature» chaque fois, l'entour ô=1 est favorisé. La critique ne fait nullement état d'un accident ou d'une falsification ayant produit le N et, par suite, la combe mérite le niveau å=1. En tout l'intuition est rejointe par ce montant numérique: 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)=1.

Méthode

Le support qui bénéficie d'un pivot ne brise pas toujours le perçage, dans une crèche, mais insinue déjà une opposition au reste de l'ouvrage. Il s'avère, ainsi, légitime d'inclure tous les faits de ce genre au sein des reps, et on y ajoute l'idée à pressentir au travers d'eux, car autrement les explications deviennent épineuses.

Application à Baudelaire

Même si la fonction étudiée ici ne touche pas uniquement le pivot, mais encore le côté physique du caractère d'imprimerie, dans le fond “importance” a plus d'acuité que “noblesse”. Le récit, où le poète mentionne l'étrange rêve cité plus haut, fait voir que les productions naturelles imposantes ne sont pas toujours majestueuses, bien que la figure asiatique du garçon éléphant y semble indirectement concernée. On se prend à imaginer le reflet de quelque discussion, autour des projets conduisant à l'Exposition Universelle. En tout cas l'érudition connaît bien cet éventuel personnage [816]: «Chef guerrier, il est encore, et peut-être davantage, le dieu qui préside aux entreprises de toutes sortes, entre autres aux activités ésotériques; on l'invoque très souvent aussi au début d'œuvres littéraires.» Il faut, également, supposer à Baudelaire quelque intérêt pour des malformations récemment approfondies par l'étude [870]: «La science des monstres, ou tératologie animale, est une science récente…elle a été fondée par Etienne Geoffroy Saint-Hilaire…» Le songe reconstruit pour Asselineau croise donc mainte idée [644]: «Mais parmi tous ces êtres, il y en a un qui a vécu. C'est un monstre né dans la maison, et qui se tient éternellement sur un piédestal. Quoique vivant, il fait donc partie du musée. Il n'est pas laid. Sa figure est même jolie, très basanée, d'une couleur orientale. Il y a en lui beaucoup de rose et de vert. Il se tient accroupi, mais dans une position bizarre et contournée. Il y a de plus quelque chose de noirâtre qui tourne plusieurs fois autour de lui et autour de ses membres, comme un gros serpent. Je lui demande ce que c'est, il me dit que c'est un appendice monstrueux qui lui part de la tête, quelque chose d'élastique comme du caoutchouc, et si long, si long, que s'il le roulait sur sa tête comme une queue de cheveux, cela serait beaucoup trop lourd et absolument impossible à porter, -que dès lors il est obligé de le rouler autour de ses membres, ce qui d'ailleurs fait un plus bel effet. Je cause longuement avec le monstre. Il me fait part de ses ennuis et de ses chagrins. Voilà plusieurs années qu'il est obligé de se tenir dans cette salle, sur ce piédestal, pour la curiosité du public.»

§449
Théorie

Abordons (F-est un temple/-¦¦¦¦-/S-estt un ttemple). Nous avons là une manière de réciter le vers initial, usant de frappes données en cadence avec solennité. Cette masse ne limite nullement le filage, qui peut se réaliser juste par moellons, pivots et termes, les mots ne changeant pas. Aucun brouillage ne se produit, pour la même raison. Le public envisage le trope sans difficulté, car le phénomène du jeu sonore a été mille fois décrit. Ces considérations plaident en faveur de õ=1, pour la verrière. Le deuxième ferment, celui du coffre, (ñ), garde cette valeur 1, parce que le sens des tenures possède une continuité indéniable. Un dresseur ã=2 s'impose, du fait que rien de tangible n'appuie le commentaire, la fin en “T” du verbe français étant ordinaire. Le glacis ù=1 semble indiqué, puisque nulle maladresse n'est sensible dans ce plafond. Le roulement énergique ne constitue guère un moyen d'obéir à quelque impératif de versification, et l'absence de savoir ne guette pas l'interprète qui doit juger de l'affaire. Comme l'étourderie du créateur est aussi hors de cause, il faut reconnaître une valeur ò=1, pour le charroi. Le bossage ì=1 s'instaure aisément, vu qu'un procédé aussi net demeure hors de portée de l'abstraction et de l'ambiguïté. Ce caractère patent exclut aussi tout système caché, ce qui autorise le vernis à se contenter du niveau â=1. La même raison fait reconnaître un échappement û=1, en ce que les conventions utiles au savoir paraissent bien loin du martèlement perçu. L'entour ô=1 se justifie, car les habitudes ne contraignent pas de recourir à ce genre d'insistance vocale, pour la diction d'un sonnet. La critique ne sait pas montrer d'accident qui aurait causé l'effet analysé, donc la combe s'avère å=1. La manse vaut, dans ces conditions, 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)=½.

Méthode

Nous déterminons la sûreté de la figure par l'inverse de ses faiblesses. Écoutons au contraire un scientifique traiter du calcul ici employé à titre de modèle [806]: «La mesure de la probabilité d'un événement, est le rapport du nombre de cas favorables à cet événement, au nombre total de cas favorables ou contraires, et tous également possibles, ou qui ont tous une même chance.» Le comptage de la vraisemblance littéraire ignorant le rapport (nombre de cas favorables/nombre total des cas) nous le remplaçons par (1/faiblesses). Ne sachant ni faire l'addition des cas fournissant l'impression d'égale possibilité ni trouver le nombre de situations favorables, nous apprécions uniquement la minceur des obstacles rencontrés.

Application à Baudelaire

Le battement pompeux, utilisé dans (F-est un temple/-¦¦¦¦-/S-estt un ttemple), imite le tambour, qui résonne, aussi, pour célébrer la glorieuse complexité du monde. Balzac demande [76]: «Vous êtes-vous jamais lancé dans l'immensité de l'espace et du temps, en lisant les œuvres géologiques de Cuvier? Emporté par son génie, avez-vous plané sur l'abîme sans bornes du passé, comme soutenu par la main d'un enchanteur? En découvrant de tranche en tranche, de couche en couche, sous les carrières de Montmartre ou dans les schistes de l'Oural, ces animaux dont les dépouilles fossilisées appartiennent à des civilisations antédiluviennes, l'âme est effrayée d'entrevoir des milliards d'années, des millions de peuples que la faible mémoire humaine, que l'indestructible tradition divine ont oubliés et dont la cendre, entassée à la surface de notre globe, y forme les deux pieds de terre qui nous donnent du pain et des fleurs.»

§450
Théorie

Dans la première ligne du tas, cherchons à lire “pieds”, avec diérèse “pi-é”, au lieu de «piliers». L'auteur serait parti de l'idée que le monde naturel se compare aux vers, pour sa profonde architecture: “La Nature est un poème où de vivants pieds…” La difficulté de faire comprendre la notion aurait amené, par une série de glissements, jusqu'aux actuels propos. L'artiste passionné aurait espéré que le public devine le sens original, au moyen de la ressemblance des vocables. Concernant (F-piliers-¦¦¦¦-S-pieds), la verrière õ=2 se justifie par une signification peu évidente. Le coffre ñ=2 en est la suite. Un dresseur ã=2 s'avère utile, dans ces conditions, puisque l'interprète sollicite au maximum l'ouvrage, dans une aventure douteuse. La grande maladresse atteint le niveau du comique, relativement à cette affaire de pied, ce qui mène à un glacis ù=2. En revanche le charroi demeure ò=1, vu que rien de suspect, au plan historique, ne vient nourrir le soupçon. Comme nulle modification physique n'a lieu, le changement, bien qu'énorme, se montre abstrait, donc le bossage ì=2 convient. Le jeu de mots prétendu ne vaut pas un chiffre secret, puisque son cadre maintient le type ordinaire des paroles, ce qui entraîne aussitôt le vernis â=1. On ignore ce que les connaissances gagneraient au reps, et cela fournit l'échappement û=1. Les coutumes ne jouant aucun rôle dans cette fantaisie, l'entour ô=1 paraît ne soulever aucun doute. La nécessité d'exclure un accident, à ce sujet, rend adéquate une combe de valeur å=1. Une pareille situation donne la manse 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(2)(2)(2)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)(2)=1/32.

Méthode

Se déchirer pour savoir comment définir, aujourd'hui, un pied, sans attention pour le contexte historique, menacerait de ne rien apporter. Hatzfeld et Darmesteter écrivent à cet égard [426]: «Mesure prosodique (unité de mesure du vers). "L'hexamètre grec ou latin est composé de six pieds. Un vers français de douze pieds, de dix pieds."» Alain Rey explique [846]: «…dans l'Antiquité, chaque groupement de syllabes pouvait se rythmer par un battement de pied sur la syllabe accentuée.»

Application à Baudelaire

À l'époque de Galilée, mathématique, astronomie, optique forment les trois piliers du temple scientifique, dont les officiants explorent le fond réel des apparences. Mais il faut y ajouter, pour le XIX e siècle, le temps de Baudelaire, l'étude biologique des correspondances unissant aujourd'hui et hier. Balzac exprime son admiration ainsi [77]: «Cuvier n'est-il pas le plus grand poète de notre siècle? Lord Byron a bien reproduit par des mots quelques agitations morales; mais notre immortel naturaliste a reconstruit des mondes avec des os blanchis, a rebâti comme Cadmus des cités avec des dents, a repeuplé mille forêts de tous les mystères de la zoologie avec quelques fragments de houille, a retrouvé des populations de géants dans le pied d'un mammouth. Ces figures se dressent, grandissent et meublent des régions en harmonie avec leurs statures colossales. Il est poète avec des chiffres, il est sublime en posant un zéro près d'un sept. Il réveille le néant sans prononcer des paroles artificiellement magiques, il fouille une parcelle de gypse, y aperçoit une empreinte, et vous crie: "Voyez!" Soudain les marbres s'animalisent, la mort se vivifie, le monde se déroule!»

§451
Théorie

Mesurons la vraisemblance de (F-piliers…familiers-¦¦¦¦-S-rapprochement de signification), qui est à envisager, si l'auteur a pensé au symbole génésique des colonnes. Dans un texte inchangé l'attribut de crèche demeure certain. La verrière õ=2 convient, pour un rapport entre sonorités à qui manquent les apparences de la figure de style. La versification procure un durcisseur garantissant le coffre ñ=2. Nous associons, physiquement, les deux sons d'une rime, de sorte que ã=1 semble juste, mais le commentaire note le rapprochement de signification, chose très différente. Ainsi le plafond va trop loin et il en résulte un dresseur ã=2. Au contraire le glacis ù=1 est évidemment bon, car nulle maladresse ne frappe le commentaire. Un des grands moyens de poétique régulière s'exerçant, le charroi ò=2 ne peut se dérober. Grâce au type concret du rapport entre sonorités, le bossage ì=1 possède un caractère inévitable. Nous avons peine à deviner une clef, ou un code spécial, donc le vernis â=1 ne soulève aucune objection. Le savoir ne gagne rien, dans la tournure, ce qui autorise l'échappement û=1. Un poète français utilisant la rime de façon coutumière, l'entour ô=2 s'avère opportun. Nous ignorons tout d'un accident ayant pu causer le sentiment du trope, si bien qu'il faut admettre la combe å=1. En résumé la tournure accepte une manse 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(2)(1)=1/(2)(2)(2)(2)(2)=1/32.

Méthode

La poésie constitue un jeu de bruits, mais, loin de faire intrusion dans la signification, il accompagne le sens que, simultanément, il promeut.

Application à Baudelaire

Le thème du pilier sexuel nous conduit vers Platon, qui voit l'immortalité derrière la reproduction. Elle assure aux hommes la durée indéfinie, voisine du caractère divin [729]: «…la nature mortelle cherche, selon ses moyens, à se perpétuer et à être immortelle…» Goltzius a fourni une estampe à laquelle Baudelaire se réfère [1]-[[989]]«L'Amour est assis sur le crâne
De l'Humanité,
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,
Souffle gaîment des bulles rondes
Qui montent dans l'air,
Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l'éther.
Le globe lumineux et frêle
Prend un grand essor,
Crève et crache son âme grêle
Comme un songe d'or.
J'entends le crâne à chaque bulle
Prier et gémir:
-"Ce jeu féroce et ridicule,
Quand doit-il finir?
Car ce que ta bouche cruelle
Éparpille en l'air,
Monstre assassin, c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair!"
»
Le graveur figure le bambin, cape sur le dos, sous quelques nuages, qui souffle des bulles. Il a une très longue paille, pour les tirer d'une coquille pleine de savon, un peu plus grande que sa main et il enjambe presque le crâne, qui fait un tiers de sa taille. Le côté gauche de l'image présente un bouquet, alors que symétriquement, à droite, un second vase fume abondamment, comme libérant des vapeurs d'encens. Une légende proclame, sous le titre «Qui échappera?», une morale qu'un bon latiniste interprète ainsi, malgré un léger doute, lié à certains caractères d'imprimerie, de lecture difficile [1]: «En un instant, cette vie brève, assurément soumise à la mort, s'en va, même en fleur, car, pour ainsi dire, nous sommes une petite bulle. Pourquoi alors avons-nous confiance en nos fragiles années, stupides que nous sommes? Pourquoi n'apprenons-nous pas spontanément à mourir avant notre jour, alors qu'après la mort, la vie qui nous reste, détachée des entraves d'une chair flatteuse, rejoindra les astres, au pas plus libre de notre esprit, là où le peuple céleste lui avait déjà fixé sa place et le reconnaîtra comme concitoyen?» Tournant autour de cette allégorie, pour flétrir encore les amères vanités, Goltzius a livré une autre gravure, où l'enfant porte un rictus douloureux, et se trouve bien plus nettement présenté assis, et même au repos, avec le coude gauche appuyé sur la tête de mort [498].

§452
Théorie

La ressaisie basse (F-liers/Lai-¦¦¦¦-S-légèreté) se trouve dans la crèche de „Correspondances“: «La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles…
»
Néanmoins, le retour énergique de voix, ordinaire au début d'un vers nouveau, débarrasse une telle forme de son aspect répétitif. De ce fait, le public n'est guère préparé à voir l'intrusion, et la verrière s'achemine jusqu'à une quantité õ=2, ce qui entraîne la présence du coffre ñ=2. Un dresseur ã=2 s'impose, car l'évidence, pour déclarer que l'auteur évoque une certaine légèreté, manque absolument. Les deux arguments, celui des "L" aériens et celui de la pesante répétition ne peuvent que s'équilibrer. Nulle maladresse, pour autant, n'est commise dans le plafond, et cela mène au glacis ù=1. Puisque l'étourderie pourrait avoir causé le semblant de tournure, un charroi ò=2 se fait admettre. Le phénomène, concret à souhait, ne donne aucune abstraction, et la chose conduit vers un bossage ì=1. Apprendre un code spécial, ou une clef, demeurant inutile pour saisir le doublet sonore “liers-Lai”, un vernis â=1 est facilement accepté. Le but de connaissance n'ayant rien à voir avec notre actuel trope, l'échappement se fixe à û=1. Les mœurs n'expliquant rien de la répétition des “L”, on obtient l'entour ô=1. L'accident s'avère impossible, dans la genèse de la figure, donc la combe å=1 se justifie. Le résultat d'ensemble s'élève à 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â) (û)(ô)(å)=1/(2)(2)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)=1/16.

Méthode

Notre comptage imite lointainement les apparences, mais n'en soyons pas inquiet, vu que le cercle mathématique a vraisemblablement copié, au départ, le grand luminaire du ciel. Même aujourd'hui pour éviter une proposition fausse, le technicien a les essais, le physicien l'expérimentation et le mathématicien l'esquisse produite sur la feuille. On imagine aisément que la théorie s'affranchisse de la consultation perceptive, mais c'est orgueil, et Joubert nous en avertit [468]: «Dans les démonstrations géométriques, si l'axiome est dans notre tête, la figure est devant nos yeux; et entre nos yeux et la figure il y a la lumière de tout le soleil pour éclairer les erreurs que nous pourrions commettre dans l'application du principe au fait.» Du reste, les bases elles-mêmes, d'après Stuart Mill, viennent par généralisation de l'expérience, comme l'apparence tenace qu'entre deux points nous parcourons la plus faible distance possible, quand nous choisissons une ligne droite [478]-[480].

Application à Baudelaire

Notons une seconde allitération dans les premiers vers: “ol-lo” ou «paroles;
L'homme
»
. Le son évoque l'abondance. Vers 1840, George Sand et Prosper Mérimée comprirent l'importance de tapisseries conservées dans un château de la Creuse. À propos des correspondances qu'elles prenaient comme thème, lisons Edmond Haraucourt [424]: «Maintes légendes fantaisistes ont été inspirées par ces tentures célèbres dans lesquelles on croyait reconnaître, à cause des croissants figurés au blason, un souvenir de Zim-Zizimi, qui fut l'hôte de Pierre d'Aubusson, seigneur de Boussac, en 1482. L'écusson est maintenant identifié; la présence simultanée de deux animaux héraldiques (lion, symbole de force, pour la noblesse d'épée, et licorne, symbole d'incorruptibilité, pour la noblesse de robe) signifie simplement l'alliance de deux familles, dont l'une est d'épée, l'autre de robe. L'ensemble, probablement composé pour une demoiselle Le Viste, à l'occasion de son mariage, paraît figurer une allégorie des cinq sens, bien conforme à l'esprit de l'époque: la Vue (la dame présente le miroir à la licorne); l'Ouïe (la dame joue de l'orgue); le Goût (la dame offre des noisettes au perroquet et le singe mange une cerise); l'Odorat (la dame tresse des guirlandes de fleurs et le singe flaire une rose); le Toucher (la dame touche la licorne et la hampe). La sixième tenture, de dimensions plus importantes, représenterait, sinon un sixième sens, du moins l'hommage à celle qui charme tous les sens: "Mon seul désir."»

§453
Théorie

Le composite (F-Laissent parfois sortir de confuses paroles/-¦¦¦¦-/S-Laisssent parffois ssortir de conffuses paroles) fait deviner le murmure qui est décrit. Nous y trouvons maintes ressaisies basses, en “S” et “F”. Elles ne sauraient empêcher que le filage soit donné au moyen des pivots, termes ou moellons. Par ailleurs le contexte absorbe difficilement l'allitération. De tels arguments nous amènent à supposer une verrière õ=1. Avec une pareille base le coffre ñ=1 est mérité, car le vers possède une grande unité de propos. Pour le dresseur, il faut à l'inverse concéder ã=2, en ce que l'infidélité aux intentions du créateur semble possible, notamment à cause des “R”, qui menacent l'effet. Le glacis ù=1 ne soulève aucun doute, vu le côté amusant et simple du jeu sonore. La versification ne demande pas ce trope musical, et, de manière complémentaire, nous voyons mal en Baudelaire un étourdi composant avec hâte. Ces points nous font admettre ò=1 pour le charroi. Le concret de la figure ne permet que le bossage ì=1. Nul changement de code ne s'avère utile, pour accéder au contenu, ce qui mène au vernis â=1. L'effet de bruit suspecté n'ayant rien qui profite au savoir, l'échappement exige une hauteur û=1. Puisque les coutumes ne sont pas mêlées au reps, l'entour prend l'élévation ô=1. Une combe å=1 se justifie, car nul accident ne provoque la diction en cause. Une manse 1/õñãùòìâûôå=1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)=½ nous échoit, en partant de cet examen des valeurs.

Méthode

Qu'un spécialiste du langage puisse tourner autour des consonnes respecte la meilleure logique. L'interprète doit réfléchir aux ferments d'après l'artiste. Un homme de théâtre procure souvent un commentaire sur les gestes de la scène, tandis qu'un musicien songe aux notes en méditant sur un livret.

Application à Baudelaire

Les crayons des mathématiciens, vivants piliers, murmurent un calcul touchant l'univers. Copernic, déterminant les rapports entre les astres dans le ciel, écrit [210]: «Et au milieu de tous repose le Soleil. En effet, dans ce temple splendide qui donc poserait ce luminaire en un lieu autre, ou meilleur, que celui d'où il peut éclairer tout à la fois?» Laplace note [495]: «Nous devons donc envisager l'état présent de l'univers comme l'effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, et la situation respective des êtres qui la composent, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus léger atome: rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir comme le passé serait présent à ses yeux. L'esprit humain offre dans la perfection qu'il a su donner à l'astronomie une faible esquisse de cette intelligence.»

§454
Théorie

Cherchons la manse de la ressaisie moyenne (F-confuses…confondent-¦¦¦¦-S-soulignement). Seul “conf” est repris, et un pareil segment verbal ne forme pas un mot entier. Le sonnet demeure une crèche, puisque rien de lui ne change, après le simple repérage du trope. Les deux tenures étant noyées dans le contexte, la figure semble absorbée, ce dont la verrière õ=2 suit logiquement. Les nombreuses cassures de l'expression, dans le cours des vers 2, 3, 4 et 5, ne donnent pas le moyen d'assurer l'unité de sens. Il convient donc, pour (ñ), de compter le nombre des fronts placés entre les deux termes: “…de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses/////paroles; (L')homme y passe (à) travers (des) forêts (de) symboles Qui l'observent avec (des) regards familiers. Comme (de) longs échos (qui) (de) loin se/////confondent, Dans une ténébreuse et profonde unité…” Le total, qui fait 18, permet un coffre ñ=2+(1(18/10))=2+(1(1,8))=2+1,8 =3,8. Le plafond ne saurait contenir d'erreur, et cela procure au dresseur la quantité ã=1. Nulle maladresse ne guette le commentaire, d'où résulte un glacis ù=1. L'étourderie s'avérant impossible, dans le cas de la répétition présente, il faut lui attribuer le charroi ò=1. La communauté de radical empêche de soupçonner de l'abstraction, pour ce qui tient au rapprochement “confuses-confondent”, et, de cette façon, apparaît bien mérité le bossage ì=1. Il semble inutile d'apprendre une clef quelconque, avec un doublet aussi matériel, de sorte que le vernis â=1 est nécessaire. Aucun secours destiné aux savoirs ne venant de la tournure, l'échappement û=1 s'avère opportun. La coutume ne se montrant pas ici, l'entour ô=1 se justifie. Puisqu'un accident reste impossible, la combe vaut å=1. Le calcul donne, ainsi, la mesure de vraisemblance 1/õñãùòì âûôå=1/(2)(3,8)(1)(1)(1) (1)(1)(1)(1)(1)=1/7,6 ou environ ⅛.

Méthode

La complexité particulière des reps demande ce lourd contrôle, répété pour chaque nouveau calcul et une telle discipline conduit à revoir maints aspects, initialement flous, de la technique. Hadamard écrivait, à propos cette fois de la science [423]: «Mais nous devons ajouter que, réciproquement, l'application est utile et finalement essentielle à la théorie, par le fait même qu'elle soulève de nouvelles questions posées à cette dernière.»

Application à Baudelaire

Le vague de l'idée, inséparable des confusions, règne sur les arts, autant que sur les correspondances qu'ils évoquent. Platon a soupçonné, vivement, ces activités de grande finesse, mais étreintes par l'émotion, de négliger trop de choses pour obtenir du vrai [739]: «Les gens en proie au délire des Corybantes ne saisissent qu'un air avec promptitude, celui du dieu qui les possède, et pour se conformer à cet air-là, trouvent sans peine gestes et paroles, sans se soucier des autres.» L'assemblée, comme une suite de petits anneaux de fer aimantés, composant une chaînette suspendue à une pierre magnétique, s'unit à l'auteur [736]-[737]-[738]: «Et la Divinité, à travers tous ces intermédiaires, attire où il lui plaît l'âme des humains, en faisant passer cette force de l'un à l'autre. A elle, comme à cette pierre-là, est suspendue une chaîne immense…» Pourtant, ce n'est pas faute de contenu, ainsi que le montre la netteté de Baudelaire se commentant lui-même alors qu'il réfléchit sur Delacroix [717]-[[1095]]«"Lac de sang": le rouge; -"hanté de mauvais anges": surnaturalisme; -"un bois toujours vert": le vert, complémentaire du rouge; -"un ciel chagrin": les fonds tumultueux et orageux de ses tableaux; -"les fanfares de Weber": idées de musique romantique que réveillent les harmonies de sa couleur.»

§455
Théorie

Concevons, derrière «L'homme y passe», le sens “pille la somme”, puisque “lomypas” se recompose dans “pylasom”, avec des permutations de sonorités. Le sonnet enjoindrait aux poètes, de réaliser leurs ouvrages, au moyen de références naturelles, chacun engrangeant, par l'esprit, les merveilles disponibles, mais en respectant de stricts équilibres, dans les parts de butin, compensant le bien par le mal, ou telle sensation par une autre. Puisque le segment verbal ne laisse rien deviner, quant à ce jeu (F-L'homme y passe-¦¦¦¦-S-pille la somme), la verrière õ=2 se montre acceptable. Un coffre ñ=2 est contraint de suivre cette première attaque, menée contre la vraisemblance. Le dresseur ã=2 s'impose, à son tour, car l'infidélité au sens de la glèbe menace le plafond. De même, un glacis ù=2 sanctionne la gaucherie de “…pille la somme à travers des forêts de symboles…” Un charroi ò=2 se justifie, par le caractère de gratuité du présent trope. Celui-ci ayant un fort aspect concret, ì=1 paraît d'abord sensé. Pourtant le changement physique ne se produit jamais, donc une spéculation a eu lieu, ce qui nous octroie le bossage ì=2. Le manque de chiffre spécial fait admettre le vernis â=1. Cernant mal quelle aide au savoir pourrait venir de la modification imaginée, nous concluons à un échappement û=1. D'éventuelles habitudes, qui mèneraient à ce genre de figure, demeurant inconnues, l'entour ô=1 est de mise. Pareillement le tas ne souffrant d'aucune rencontre malheureuse, il faut recourir à une combe å=1. La manse gagnée s'établit au niveau 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(2)(2)(2)(2)(2)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2) (2)(2)(2)(2)=1/64.

Méthode

La science pâtit quelquefois du même genre d'incertitude, bien que ses applications garantissent une certaine objectivité, pour les correspondances vues entre phénomènes. Clamer être certain, comme beaucoup de grands esprits l'ont osé, qu'existe un fond à jamais inconnaissable des choses, en exigerait précisément la connaissance, puisqu'il faudrait montrer sa différence avec le résultat de la démonstration étroitement savante [469]-[472]-[477]. Le seul point à constater est donc la présence, devant nous, des apparences, les unes tenaces, les autres dépassées. Usant des plus vigoureuses, nous construisons des miroirs, à volonté plus exacts, ou au contraire plus amusants, par leurs déformations, que ceux les ayant précédés [219]. Il est piquant, aussi, de rappeler cette inclination ancienne, à voir notre pensée comme un de ces dispositifs améliorables [218].

Application à Baudelaire

Le pillage des apparences immédiates offre plus d'aisance que l'élaboration du réel par l'idée, pour les hommes d'art [[1082]]: «Il en est qui jamais n'ont connu leur Idole,
Et ces sculpteurs damnés et marqués d'un affront,
Qui vont se martelant la poitrine et le front,
N'ont qu'un espoir, étrange et sombre Capitole!
C'est que la Mort, planant comme un Soleil nouveau,
Fera s'épanouir les fleurs de leur cerveau!
»

§456
Théorie

On devine que la vraisemblance correcte, pour (F-des forêts de symboles/-¦¦¦¦-/S-des faux rets de saints bols), sera proche de celle obtenue avec telle ou telle déjà signalée. Par ailleurs (F-l'homme y passe à travers des forêts de symboles/-¦¦¦¦-/S-Les symboles y passent à travers des forêts d'hommes) doit, aussi, obtenir un résultat voisin. Mieux vaut donc examiner (F-Qui-¦¦¦¦-S-hésitation entre "forêts Qui" et "symboles Qui"), reps conçu d'après «…L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
»
On ignore la grume dans laquelle s'inscrit le jeu grammatical, donc la verrière õ=2 est méritée. Il en suit un coffre ñ=2, pour ce cas de tenure isolée. Le dresseur ã=2 se justifie, à cause du risque d'erreur, puisqu'une signification d'abord évidente relie «symboles» et «Qui». Nulle maladresse ne venant du plafond, le glacis ù=1 se montre utile. Aucune sorte de négligence ou d'étourderie ne pouvant intervenir, le charroi ò=1 semble nécessaire. À cause de l'ambiguïté de construction, le bossage ì=2 est opportun. L'équivoque syntaxique ne se confondant pas du tout avec un codage spécial, demander le vernis â=1 paraît honnête. Pour ce qui est de l'échappement il s'avère û=1, en raison du manque de toute contribution de la tournure au savoir. Un entour ô=1 suffit, également, car les coutumes ne s'exercent guère, pour donner cette figure. La combe å=1 est, pareillement, bienvenue, en raison de l'absence de tout accident, au sein du processus qui mène au trope imaginé. La manse calculée prend, ainsi, la hauteur 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(2)(2)(2)(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)=2/(2)(2)(2) (2)=1/16.

Méthode

Si on s'aperçoit bientôt de quelque oubli dans le classement des grumes, il faudra, évidemment, refondre l'application de la verrière.

Application à Baudelaire

La recherche des effets littéraires, dans „Correspondances”, reçoit un appui de cette déclaration [[1085]]: «Ô muse de mon cœur, amante des palais…
Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,
Comme un enfant de chœur, jouer de l'encensoir,
Chanter des "Te Deum" auxquels tu ne crois guère,
Ou, saltimbanque à jeun, étaler tes appas
Et ton rire trempé de pleurs qu'on ne voit pas,
Pour faire épanouir la rate du vulgaire.
»
193

§457
Théorie

La fonte basse (F-symboles-¦¦¦¦-S-seins bols) atteindrait le même type de résultat que d'autres, précédemment vues, et nous comprenons que des tâches plus importantes sont à remplir. Choisissons, à titre de nouvel objet, une manipulation de la ressaisie (F-Comme de longs échos-¦¦¦¦-S-CComme de longs écchos). Dans le parcours du calcul nous ajoutons un obstacle, moyennant la supposition que Baudelaire aurait été acquis, depuis le collège, à une tradition favorable aux dictions les plus vigoureuses. Le tas demeure une crèche, puisque, dans les apparences, rien, strictement, n'a changé. Le public garde un accès facile à ce trope. L'allitération ne peut être absorbée par le contexte, donc une verrière õ=1 paraît bienvenue. Le coffre, (ñ), accepte la grandeur 1, car l'unité de sens lui profite. Le commentaire semblant justifié par le “co” repris, cela mène au dresseur ã=1. Nulle maladresse ne s'exprimant, au sein du plafond, le glacis ù=1 s'avère commode. Les moyens poétiques réguliers n'étant pas en cause, dans la glèbe, le charroi se contente d'une valeur ò=1. L'effet matériel ayant quelque vraisemblance, un bossage ì=1 se rend utile. Le caractère d'insistance ne recelant aucun secret, le vernis â=1 décrit adéquatement la tournure. Celle-ci ne joue guère de rôle pour la connaissance, point qui fait admettre l'échappement û=1. L'entour ô=2 s'impose, à cause de l'habitude inventée ici, prétendue chère au créateur. La combe de niveau å=1 suffit, vu que des accidents ne sauraient expliquer le doublet sonore. La vraisemblance se montre de hauteur 1/õñãùòìâûôå=1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(2)(1)=½.

Méthode

En ôtant le stratagème, relatif aux coutumes poétiques du temps, nous obtenons une manse 1, convenant mieux au texte réel. Ainsi peut se réaliser un exercice incapable de nuire au souvenir des vers illustres, étant donné que nous opérons une rectification immédiate, une fois l'essai de variation accompli.

Application à Baudelaire

Volontiers, nous imaginons, chez Baudelaire, le souvenir de quelque vacarme de bûcherons, dans un paysage montagneux, avec un écho répétant l'effort des haches. Il arrive que les correspondances, brutales ou fines, animant l'objet évoqué ou peint, cachent un aspect inoubliable pour l'individu. Tout jeune, le futur écrivain entendit force compliments d'un artiste partisan d'aborder chaque sujet, en privilégiant la fougue inspirée [710]: «Quelquefois, en rentrant chez lui, il trouvait sa femme et sa fille se prenant aux cheveux, les yeux hors de la tête, dans toute l'excitation et la furie italiennes. Pinelli trouvait cela superbe: "Arrêtez! leur criait-il, -ne bougez pas, restez ainsi!" Et le drame se métamorphosait en un dessin. On voit que Pinelli était de la race des artistes qui se promènent à travers la nature matérielle pour qu'elle vienne en aide à la paresse de leur esprit, toujours prêts "à saisir leurs pinceaux". On voit ainsi qu'il a plus d'un rapport avec le malheureux Léopold Robert qui prétendait, lui aussi, trouver…des sujets tout faits qui, pour des artistes plus imaginatifs, n'auraient eu que la valeur de notes.»

§458
Théorie

Il faut, maintenant, étudier la vraisemblance d'un composite, dont les tenures embrassent une large partie du sonnet: (F-Comme¹…comme¹…comme²…comme³…comme’¹…comme’²…Comme²/-¦¦¦¦-/S-insistance). Le tas, n'ayant subi aucune altération, demeure une crèche. Pareillement il semble ouvert au public entier, ce qui donne la verrière õ=1. Dans le cadre peu étendu qu'offrent les vers la répétition livre un durcisseur qui anéantit l'écart entre les conjonctions, fournissant ainsi le coffre ñ=1. Un dresseur ã=1 paraît inévitable, tant la redite possède une vertu de soulignement. Le commentaire du plafond est énoncé de manière simple, octroyant un glacis ù=1. Baudelaire a, certes, usé de mots identiques, afin de scander l'ouvrage, mais ils ne sont pas des moyens réguliers de poésie, donc le charroi ò=1 apporte un diagnostic serein. Le martelage des «comme» s'avère trop éloigné de l'abstraction, pour livrer un bossage autre que ì=1. Nul changement de code n'étant utile, dans le repérage de la tournure, le vernis â=1 se fait accepter. Du fait qu'on ignore tout renseignement instructif, venant de cette figure, l'échappement û=1 convainc sans difficulté. L'entour ô=1 se justifie, parce que des coutumes ne sauraient expliquer cette pluralité d'occurrences du même vocable. Une combe å=1 semble caractériser une forme que les accidents ne provoquent en rien. Il résulte de ce point que la manse gagne une hauteur 1/õñãùòìâûôå=1/ (1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)=1/1=1.

Méthode

Aux contempteurs des approches techniciennes, en matière de savoir, opposons que toute distinction, entre les deux aspects de la vérité, abstrait et empirique, doit rester partielle. En effet la plus élémentaire justesse formelle d'aujourd'hui résume l'essai, ou le vécu, d'hier [477]. Afin de saisir que le comptage populaire admet 5+7=7+5, la supposition est nécessaire de gens, mettant chacun au fil de centaines d'années plusieurs milliers de fois quelque chose comme 5 pierres dans une main et 7 dans l'autre puis l'inverse [479]. Quant aux idées, touchant le zéro et l'infini, on en soupçonne le fond matériel, par des galets posés à même une table. On en ôte un, deux et ainsi de suite. Ou on en ajoute un, puis deux et encore indéfiniment. Le souvenir et l'intuition projetant vers le futur permettent d'aller, en représentation mentale, d'une situation à l'autre. Des fonctions, innées ou acquises, notamment “oubli partiel” et “à nouveau”, jouent sur la mémoire des apparences, autorisant le résultat intellectuel.

Application à Baudelaire

Pourtant, il faut rester humble, quand on s'en remet aux suppositions, pour saisir en idée le monde. Après avoir spéculé vainement sur les relations internes au réel, Swedenborg écrivait [945]: «Il m'a été souvent montré par des expériences multiples, qu'une telle correspondance existe entre tout ce qui appartient au ciel et tout ce qui appartient à l'homme.» Le théosophe poursuivait [946]: «La correspondance ne se limite pas à l'homme, elle s'étend encore plus loin. Il y a correspondance des cieux entre eux: au troisième ciel ou ciel intime correspond le second ciel ou ciel moyen; au second ciel ou ciel moyen correspond le premier ou dernier ciel; et celui-ci correspond aux formes corporelles de l'homme qui sont nommées, membres, organes et viscères.»

§459
Théorie

Le jonglage haut (F-confondent…répondent-¦¦¦¦-S-répondent…confondent) permet d'imaginer une inversion de place, quant à des mots qui restent fort stables. Le contexte rend l'approche de l'idée peu urgente, car le public doit s'occuper de nombreuses vues nettement audacieuses, et cela engendre une verrière õ=2. Grâce au lien de rime unissant «répondent» et «confondent», tout l'écart entre les deux vocables est annulé par un durcisseur, avec le résultat de fournir un coffre ñ=2. Le dresseur ã=2 s'impose, le jeu verbal risquant d'être illusoire. À l'opposé le glacis ù=1 semble justifié de par le genre simple de l'interprétation. Bien que les deux mots aient une connexion, le stratagème d'échange ne constitue pas un moyen de versification régulier, affaire qui procure le charroi ò=1. Le bossage ì=2 s'avère nécessaire, puisque le dispositif conçu ne saurait cacher son caractère abstrait. Une piquante modification ne valant guère pour un chiffre secret, le vernis â=1 possède toutes les apparences de la justesse. Nous percevons difficilement quel service la connaissance tire de la tournure imaginée, ce qui débouche sur l'échappement û=1. Les coutumes ne pouvant expliquer la permutation, l'entour ô=1 se montre opportun. Nul accident ne menaçant le poème, une combe å=1 est rendue acceptable. De cette façon, la manse parvient à 1/õñãùòìâ ûôå=1/(2)(2)(2)(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)=1/16.

Méthode

Pour un effet étrange, constituer un mauvais reps n'autorise pas le diagnostic d'absence, concernant l'aspect de trope, mais il reste à le définir.

Application à Baudelaire

Le poète donne souvent au lecteur le sentiment d'avoir interverti des vocables, ce qui arrive pour «vicieux» et «curieux» dans les vers qui suivent [[999]]: «Dans les terrains cendreux, calcinés, sans verdure,
Comme je me plaignais un jour à la nature,
Et que de ma pensée, en vaguant au hasard,
J'aiguisais lentement sur mon cœur le poignard,
Je vis en plein midi descendre sur ma tête
Un nuage funèbre et gros d'une tempête,
Qui portait un troupeau de démons vicieux,
Semblables à des nains cruels et curieux.
À me considérer froidement ils se mirent,
Et, comme des passants sur un fou qu'ils admirent,
Je les entendis rire et chuchoter entre eux,
En échangeant maint signe et maint clignement d'yeux…
»
Nous imaginerons que l'ordre inverse aurait provoqué un flou, sur les deux sens de «curieux»: d'une part “montrant de la curiosité”; de l'autre “étranges”.

§460
Théorie

Examinons la ressaisie basse (F-confondent/Dans-¦¦¦¦-S-confondd/DDans), avec un changement de situation historique. Supposons l'existence d'un manuscrit de l'auteur, accompagné de cette note: “Publier -y compris les allitérations!” Le reps n'atteint guère la certitude, car le commencement du sixième vers, souligné par un effort d'élocution, gomme la figure, ce qui offre une verrière õ=2. Par suite le coffre prend une hauteur ñ=2. Un dresseur ã=1 est mérité, de par le document mis au jour. Il n'existe aucun argument sérieux, touchant l'habileté ou la gaucherie de la prononciation “ddDD”, cette remarque poussant vers le glacis ù=1. On doit accepter comme charroi ò=1, vu que l'auteur semble favorable au trope. Ce dernier ayant une allure fortement concrète, le bossage ì=1 passe aisément. Le public ne doit aucunement chercher une clef ou modifier son code linguistique, pour comprendre le poème, donc le vernis â=1 est d'allure satisfaisante. Nul savoir ne se trouvant aidé par le présent dispositif, l'échappement û=1 fournit une description adéquate. Le créateur agissant par volonté clairement exprimée, non par coutume, d'après la note découverte, un entour ô=1 paraît indiqué. Ce témoignage de résolution mène à juger favorablement la combe å=1. La manse admet, en tout, le niveau 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(1)(1)(1) (1)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)=¼.

Méthode

Dans le cas ici traité, le document suffit à étayer la tournure imaginée, sans pouvoir effacer le manque d'évidence.

Application à Baudelaire

L'accent porté sur “d…D” pourrait, néanmoins, avoir eu, en 1857, le charme de suggérer mollesse, abandon, laisser-aller. Baudelaire, comparaissant devant le tribunal, se voit reprocher de nuire à des gens faibles individuellement [673]«La première objection qu'on me fera sera celle-ci: Le livre est triste; le nom seul dit que l'auteur a voulu dépeindre le mal et ses trompeuses caresses, pour en préserver. Ne s'appelle-t-il pas "Les Fleurs du mal"? Dès lors, voyez-y un enseignement au lieu d'y voir une offense. Un enseignement! Ce mot-là est bientôt dit. Mais ici, il n'est pas la vérité. Croit-on que certaines fleurs au parfum vertigineux soient bonnes à respirer? Le poison qu'elles apportent n'éloigne pas d'elles; il monte à la tête, il grise les nerfs, il donne le trouble, le vertige, et il peut tuer aussi. Je peins le mal avec ses enivrements, mais aussi avec ses misères et ses hontes, direz-vous! Soit; mais tous ces nombreux lecteurs pour lesquels vous écrivez, car vous tirez à plusieurs milliers d'exemplaires et vous vendez à bas prix, ces lecteurs multiples, de tout rang, de tout âge, de toute condition, prendront-ils l'antidote dont vous parlez avec tant de complaisance?»

§461
Théorie

Imaginons, à présent, que l'écrivain ait sous-entendu, avec le cinquième vers, “Comme des écoles qui de loin se confondent…” La verrière de (F-échos-¦¦¦¦-S-écoles) bénéficie d'un tas qui demeure accessible dans le sens littéral. Néanmoins le public ne semble guère préparé à un remaniement pareil, ce qui justifie õ=2. Pour un trope à une seule tenure, le coffre ñ=2 se montre la conséquence immédiate de cette grandeur õ=2. L'incertitude, touchant les intentions du poète, conduit au dresseur ã=2. Partir avec «de longs échos» pour arriver à “des écoles” change la prononciation avec maladresse, caractère menant vers un glacis ù=2. Le charroi ò=1 ne paraît nullement douteux, car aucun anachronisme n'a lieu. En revanche une trop grande abstraction, dans la dérive intellectuelle, contraint d'accepter le bossage ì=2. Changer un mot passe difficilement pour l'usage d'un code secret et il en résulte un vernis â=1. L'échappement, (û), se fixe à 1, en raison de l'absence de secours accordé au savoir, dans la figure soupçonnée. Il s'avère utile de recourir à l'entour ô=1, parce que nous ignorons tout de coutumes pesant sur le genre de trope imaginé. Enfin la combe, (å), possède la quantité 1, vu que pas un accident n'intervient dans les causes du reps. La manse venant de là reste négligeable: 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(2) (2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)(2)=1/32.

Méthode

Certes, les nombres paraissent étroits pour les affaires d'esthétique, mais déclarer que le goût seul doit régner, sur l'analyse des ouvrages d'imagination, entraîne des inconvénients plus graves encore. Platon jugeait sévèrement l'attitude qui, de son temps, ressemblait à celle des partisans de l'interprétation entièrement subjective [741]: «Or cà, voyons un peu, Hermogène. Crois-tu qu'il en soit ainsi des êtres eux-mêmes, et que leur essence varie avec chaque individu? -c'était la thèse de Protagoras, quand il déclarait que l'homme "est la mesure de toutes choses", voulant dire sans doute que telles les choses me paraissent, telles elles me sont, et que telles elles te paraissent, telles elles te sont- ou bien te semblent-ils par eux- mêmes avoir dans leur essence une certaine permanence?» Si rien ne donne raison à personne, il n'est pas de fous, mais comme, bien au contraire, il en existe, nous devons admettre une autre conclusion [742]: «Et ainsi, j'imagine, tu es tout à fait d'avis, puisqu'il y a une raison et une déraison, qu'il est tout à fait impossible que Protagoras ait dit vrai.» Aujourd'hui, la notion de possible aboutit à une gêne voisine, à cause du pont entre l'erreur et son opposé, qui est jeté par elle. Au contraire le dégradé numérique 1, ½, ¼, ⅛, 1/16 fournit un biais commode pour ne pas ruiner vrai et faux, tout en ménageant des zones intermédiaires entre ces deux extrêmes. Puisque les barreaux moyens de l'échelle sont avoués, l'esprit n'est plus enclin à rejeter supérieur et inférieur pour manque de finesse, donc la notion de probable rend un fier service [585].

Application à Baudelaire

Ces longs échos représenteraient les mouvements artistiques ayant de frappantes analogies, malgré la diversité sensorielle des recherches développées en eux. Vers 1630, au théâtre comme dans la peinture, s'organise une inspiration classique animée de reflets croisés, unissant pratiques et conceptions différentes. Quelquefois troublé, nous pensons à Corneille, alors que nous désirions nous remémorer un tableau de Poussin, et Baudelaire aurait exprimé ce phénomène de correspondance, par l'image de la deuxième strophe. Pourtant, une telle archéologie mentale du sonnet vaut juste pour la fantaisie, le calcul ne pouvant la confirmer.

§462
Théorie

Déterminons la ressaisie (F-Vaste-¦¦¦¦-S-Vaaste). Elle revient à concevoir l'exclamation: “Aah!” au septième vers. Imaginons, en plus, que tous les exemplaires portent des marques noires, par centaines, ici et là, comme autant de soulignements ponctuels, avec l'un d'eux sous le “A” de «Vaste». L'interprète se plaît à envisager la diction “Vaaste”, mais ignore si l'étrangeté de la présentation vient du créateur, ou a été produite accidentellement, par une manœuvre imprudente, au sein de l'imprimerie. Le tas n'étant pas une crèche, à cause d'une telle situation, la verrière õ=2 est nécessaire. Le coffre ñ=2 se trouve alors inévitable, pour une seule tenure, par définition en continuité avec elle-même. Le dresseur ã=2 s'avère opportun, car le risque de se tromper sur le sens domine. Pas une maladresse du plafond “Vaaste” ne se perçoit, donc le glacis (ù) vaut 1. La critique s'apercevant que les connaissances lui manquent, pour cerner le sens de la glèbe, le charroi ò=2 est opportun. Les taches, qui gâtent physiquement le papier, mènent vers le bossage ì=1. L'érudition ignorant l'éventuelle clef, on doit écrire le vernis â=1. Pour le savoir, aucun bénéfice ne sortant de ce trope, il faut recourir à l'échappement û=1. La coutume ne peut guère avoir causé ce résultat, de sorte que l'entour ô=1 ne saurait manquer. L'accident vraisemblable justifie la combe å=2. Se forme ainsi une manse 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(2)=1/(2)(2)(2) (2)(2)=1/32.

Méthode

La nécessité de remaniement des calculs, en fonction des erreurs commises d'abord, fait employer, ici, les nombres hors de toute révérence, comme de modestes indicateurs, attitude peu défendable s'il existe un rapport mystérieux à l'être absolu, ce qu'entrevoyaient les pythagoriciens [284]: «De la monade parfaite et de la dyade indéterminée sont sortis les nombres; des nombres les points; des points les lignes; des lignes les surfaces; des surfaces les volumes; et des volumes tous les corps qui tombent sous les sens, et proviennent de quatre éléments: l'eau, le feu, la terre et l'air.»

Application à Baudelaire

Le besoin de comprendre a jeté, bien plus encore, Swedenborg, dans la vaine spéculation [944]: «Ces membres, organes et viscères signifient dans la Parole, des choses semblables, car dans la Parole tout a une signification selon les correspondances. La tête signifie l'intelligence et la sagesse; la poitrine, la charité; les lombes, l'amour conjugal; les bras et les mains, la puissance du vrai; les pieds, le naturel; les yeux, l'entendement; les narines, la perception; les oreilles, l'obéissance; les reins, l'examen du vrai; et ainsi de suite.»

§463
Théorie

Évaluons le trope (F-les sons se répondent-¦¦¦¦-S-les ssons sse répondent). Varions la situation initiale, pour avoir chance d'affiner la mise au point des ferments, et concevons, pour cela, un butoir certifiant que l'écrivain se montrait hostile, à une diction appuyée du sonnet. Envisageons, également, une lettre de l'auteur, exprimant le regret d'avoir laissé mettre «sons» au lieu de “bruits”, à cause d'un typographe distrait. L'imagination, qui porte sur les consonnes accentuées, ne procure guère de brouillage linguistique, ne fournit pas un message très difficile d'accès, et ne change rien au statut de crèche du tas, ce qui invite à déclarer une verrière õ=1. Le coffre ñ=1 est indispensable, puisque le huitième vers bénéficie de la continuité de signification. Le document nouveau faisant considérer le plafond comme illusoire, nous reconnaissons un dresseur ã=2. Néanmoins, ce commentaire ne présentant aucune maladresse, le glacis ù=1 doit être accepté. La confidence de l'artiste pousse vers le charroi ò=2. La prononciation indique une figure concrète, ce qui favorise le bossage ì=1. Articuler de façon insistante ne revient nullement à une clef, ce dont résulte le vernis â=1. Le savoir, auquel bénéficierait la figure, demeurant inconnu, l'échappement û=1 se fait admettre. Comme les butoirs ne favorisent pas vraiment l’idée, que les coutumes importent ici beaucoup, l'entour ô=1 se justifie aisément. L'accident, signalé par le poète, nous dirige vers une combe å=2. En tout le jeu de sonorités adopte la manse 1/õñãùòìâûôå=1/ (1)(1)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(2)=1/(2)(2)(2)= ⅛.

Méthode

Un artiste change parfois d'avis, et aux ouvrages d'imagination, le genre de stabilité typique des propositions déduites ne convient guère.

Application à Baudelaire

Surestimer l'importance des formes aimées de Baudelaire, à tel ou tel moment, serait dangereux, et Hippolyte Babou a écrit [586]: «Ce que j'aime en lui, c'est qu'il commande à son vers, au lieu d'en être dominé.» Bon connaisseur, attentif au contenu, le même personnage suggéra, lors d'un entretien dans un café, le titre du recueil qui restera [586]: “les fleurs du mal”. Dans „Correspondances“ une question de fond, celle des cinq sens, retient la pensée, de sorte que nous devrions même songer aux points relatifs à cette affaire, tenus généralement pour secondaires, eu égard au texte fameux. Ainsi mentionnons l'ambre, tiré d'une concrétion intestine de cachalot; le musc, issu de la glande abdominale d'un cervidé; l'encens, résine végétale [830]-[839]-[843]. Éventuellement, les odeurs fraîches viennent davantage des prairies. Les immenses résultats de Linné, ayant été obtenus au siècle précédent, le monde savant, désormais, caractérise les fleurs comme agents de reproduction, unissant parfois des appareils mâles, étamines, et femelles, pistils [910]. D'après l'expression ordinaire de l'illustre botaniste, une fleur d'iris comprenant, de cette façon, trois hommes et une femme, un autre savant remarquait une correspondance mélangée [243]-[911]-[912]: «…la dame est épousée par "trois" maris sans jalousie.» La fougère n'exhibe rien de tapageur qui ouvre sur un engendrement et semble dissimulée, mais [244]-[912]«…la verte progéniture trahit ses amours.»

§464
Théorie

Au commencement d'un écrit, paraissant avoir précédé „Correspondances“, de quelques mois, on imagine le dialogue suivant: “"Tu t'adresses aux parfums, couleurs, sons, mais te répondent-ils?" "Si chez eux le verbe manque, leurs poids se répondent, heureusement pour ma solidité intérieure…"” Une appréciation barre le document: “à modifier”. La ressaisie haute (F-répondent…répondent-¦¦¦¦-S-répliquent …équilibrent) consiste dans un rail, dont le filage, au moyen de pivots, termes et moellons, est sûr. De même, un sens net s'exprime, dans le court échange de propos. Ces points mènent à une verrière õ=1. Les deux parties de la glèbe sont éloignées, mais la connexion logique se fait sentir d'une réplique à l'autre, poussant vers le coffre ñ=1. Le plafond étant raisonnable, il conduit au dresseur ã=1. Taxer le commentaire de maladresse ne pourrait venir que d'un aveuglement et donc le glacis ù=1 s'avère commode. Un vif soupçon fait admettre le charroi ò=2, en raison de la note laissée par l'auteur. Le bossage ì=2 s'impose, vu que c'est à une abstraction que le reps demande le contraste lui servant de base. Puisque le remaniement du sens ne se confond guère avec l'emploi d'un code spécial, le vernis prend la hauteur â=1. Aucun savoir n'est adossé à cette figure, de sorte que l'échappement û=1 suffit. Les coutumes n'aboutissent pas directement à ce jeu littéraire, ce qui promeut l'entour ô=1. Nul accident n'intervient dans le résultat, justifiant ainsi une combe å=1. Dans ces conditions une manse 1/õñãùòìâûôå=1/(1)(1)(1)(1)(2)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)=¼ semble opportune.

Méthode

Il ne faut pas trop accorder aux renseignements datés avec incertitude. Leur fragilité vient du flou qui accompagne les circonstances connues, touchant les idées ou actions prêtées aux individus. La versatilité de la pensée humaine interdit la prise au sérieux de maintes indications, paraissant décisives, à première vue. Au reste cela mène à présent les historiens, à viser, dans le réel savoir, le domaine plus constant des habitudes pratiquées dans les populations [892]-[893]. Les archives ne fournissent plus, à cet égard, que l'initiale piste de la recherche détaillée [895]. Une des conséquences tient à ce que, même s'il est impératif de le connaître, pour un vague repérage, le niveau des grands hommes devient illusoire, une fois pris comme but [894].

Application à Baudelaire

Toutes les voies de la respiration ayant un rôle décisif, pour la vie, on saisit en quoi les odeurs de sainteté furent, si longtemps, importantes, au plan spirituel [159]: «Quand il a pris le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre anciens sont tombés devant l'agneau avec chacun une cithare et des bols d'or pleins de parfums qui sont les prières des saints.» Le monde infernal se montre, aussi, animé de souffles inquiets, selon Dante qui l'explore [227]-[695]: «Nous ne laissions pas d'aller, tandis qu'il parlait; mais nous traversions toujours la forêt, épaisse forêt d'esprits, veux-je dire.»

§465
Théorie

Le composite de fontes basses (Il est/-¦¦¦¦-/Y lait) part de «Il est», puis écarte “L” de “ll” et ensuite assemble “L” avec «est», ce qui donne “Y lait”. Nous devinons, aisément, que la vraisemblance atteindra une hauteur proche de celle gagnée avec des cas examinés auparavant. Une deuxième possibilité serait de saisir le sens “Île est des parfums frais…” Cela conduirait à envisager la pureté comme un îlot, ou une clairière dans une forêt, au milieu d'un monde largement devenu moins naïf. Comme la vraisemblance de ce reps arrive au même type de valeur que dans les cas évoqués, analysons plutôt (Il est/-¦¦¦¦-/Id est). La neuvième ligne ajouterait un élément, au sens de la huitième [864]: “…les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Id est (C'est-à-dire) des parfums frais…et d'autres, corrompus…” Dans le public, une semblable notion a peu de chances d'être imaginée, sous «Il est», de sorte que la verrière õ=2 ne souffre aucun doute. Le coffre ñ=2 se borne à reproduire cette première valeur. Un dresseur ã=2 se justifie, par le risque d'infidélité. Le passage du “L” au “D” constituant une maladresse, il se forme un glacis ù=2. Le risque de sombrer dans l'anachronisme, par l'usage de ce vocable, dans un poème français de 1857, engendre un charroi ò=2. Le rapport entre “Id est” et «Il est» demandant une spéculation élevée, il mène au bossage ì=2. Bien que les mots viennent du latin, l'expression aurait été facile à saisir une fois employée, avantage qui rend le vernis â=1 présentable. «Il est» ne remplit aucun rôle savant, donc l'échappement vaut û=1. Les usages n'interviennent pas dans la tournure, faisant ainsi accepter l'entour ô=1. La combe å=1 est inévitable, puisque les accidents restent étrangers à cette figure. En tout la mesure de vraisemblance obtient le niveau 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(2)(2)(2)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)(2) (2)=1/64.

Méthode

Certes l'acceptation de la discontinuité paraissant intolérable, une restauration de l'unité perdue, même par des moyens quelque peu invraisemblables, attire au départ une forte curiosité, mais les bases du jeu littéraire demeurent si faibles, qu'il ne saurait convaincre.

Application à Baudelaire

Reconstituons la démarche prétendue, afin de mieux évaluer son intérêt. L'auteur imagine un renvoi des tercets aux quatrains, au moyen de “Id est”, puis cherchant une liaison moins étroitement scolaire, il adopte «Il est». Au huitième vers nous apprenons que les matériaux sensibles équilibrent leurs forces. Dans la fin du sonnet l'artiste suggère que bien et mal font de même. Péché originel et sentiment juvénile se partageraient notre dynamisme. Nul ne saurait éliminer son voisin, pour la forte raison que l'un sortirait de la croissance de l'autre, car aussitôt grandis, nous deviendrions mûrs pour tomber dans l'excès. Que ce thème religieux soit issu de Grèce, ou ait déjà été puissant à Jérusalem, facilitant le passage de l'esprit hellénique vers l'Orient, la question était difficilement accessible au temps de Baudelaire. Les penseurs utilisaient ordinairement une tradition croyant au voyage inverse des conceptions éthiques, les apportant de Palestine vers Athènes [567].

§466
Théorie

Pour aborder le jonglage haut (F-frais…Doux-¦¦¦¦-S-doux…Frais), on imagine le thème sous-jacent: “Il est des parfums doux comme des chairs d'enfants, Frais comme les hautbois, verts comme les prairies…” Le poète aurait tourné le risque d'être accusé de faiblesse amoureuse pour les enfants, utilisant, à cette fin, l'échange d'épithètes, mais faisant deviner son intention, grâce au biais logique “toucher-Doux”. La verrière õ=2 se justifie, par un contexte qui absorbe la figure, gommée ou inexistante. Avec õ=2 et la continuité de propos, vient le coffre ñ=2. Un dresseur ã=2 s'impose, car les risques, de prêter au créateur des intentions qui sont étrangères à son point de vue, semblent considérables. De par une certaine habileté de surface dans l'interprétation, le glacis ù=1 s'avère utile. Étant donné que le but poursuivi ne touche guère la versification, le charroi ò=1 suffit. Malheureusement un bossage ì=2 menace de faire sombrer le résultat, vu le caractère abstrait du jeu sur les finesses de sens. L'échange de place n'ayant pas l'élaboration d'une clef, le vernis â=1 est opportun. Les fonctions de savoir demeurent insuffisantes pour accepter autre chose que l'échappement û=1. La coutume ne pouvant être impliquée, il faut demander l'entour ô=1. Aucun accident n'étant plausible, une combe å=1 paraît de mise. Le résultat prend le niveau 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(2)(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)=1/16.

Méthode

Au cas où la critique se doute que l'écrivain a saisi un jeu verbal possible, tout en le négligeant pour finir, la vraisemblance doit rester faible. Si quelqu'un griffonne une lettre après un décès, en indiquant le bourg de Saint-Pair-sur-mer comme lieu d'obsèques, et qu'il note “Saint Père sur Mère” puis déchire cela et envoie finalement une carte plus respectueuse des usages, on viole son intention en comptant une haute vraisemblance du blasphème, pour le message réellement posté.

Application à Baudelaire

Mainte illustration peut broder sur quelque aspect d'un grand texte, du moment que nulle prétention au vraisemblable n'est avancée. On imaginera de la sorte une synthèse: “L'homme est un espace où, des jambes, vivants piliers, sortent quelquefois de confus oracles. Au travers des forêts de symboles plus qu'antiques, portant sur les tendances familières, le péché originel passe. De longs échos du sanctuaire de notre âme brassent confusément les opposés, dans la ténébreuse et profonde unité de l'instinct, vaste comme la nuit du crime et comme la clarté de la raison. Les parfums, les couleurs et les sons, qui s'équilibrent, concentrent cette nature entière, avec tous ses côtés, verts comme les archaïques pâturages, frais comme le son du hautbois, au souffle vital infini, doux comme les chairs d'enfants et corrompus comme leur dévoration triomphale, riches comme les matières de vie, l'ambre, le musc, le benjoin -et l'encens, crépitant dans les orgies de l'esprit et des sens.”

§467
Théorie

Calculons maintenant la vraisemblance relative à (F-parfums frais/-¦¦¦¦-/S-parffums ffrais). Pour varier une situation qui donnerait l'occasion de raisonnements voisins de ceux acquis, pour des tropes déjà cernés, introduisons quelques circonstances imaginaires. Supposons un document avec le sonnet „Correspondances“ et la mention “Il s'agit bien de science ici et à toutes les lignes. Je viens de m'opposer à ce bon Asselineau qui voulait exclure les suggestions sonores si utiles.” Également nous inventons une tradition de lecture soulignant les allitérations, présente à l'époque de Baudelaire, dans le milieu esthétique français. Eu égard aux “F” concernés, une verrière õ=1 est opportune. Le neuvième vers ayant à son début de la continuité, un coffre ñ=1 se borne à suivre l'élan donné. Comme l'écrivain admet la justesse de la prononciation appuyée, il est permis de recourir au dresseur ã=1. Aucune maladresse n'existant, de par le courant de pensée ayant pris force dans la sphère des artistes, un glacis ù=1 se montre nécessaire. Le document fictif oblige à enregistrer un charroi ò=1. En raison du concret dominant la tournure, le bossage ì=1 se rend utile. Aucun apprentissage de secret n'étant requis pour saisir la figure, un vernis â=1 est correct. À cause de la note de l'écrivain sur l'apport de l'ouvrage aux connaissances, û=2 désirable au premier abord. Cependant, l'auteur appelle “science” la philosophie ou l'art poétique, dans cette occurrence. L'effet analysé ne contribue pas au savoir, tel qu'il est ordinairement élaboré, donc l'échappement û=1 s'avère la meilleure option. Un entour ô=2 est adapté aux circonstances de la mode touchant la diction forcée. Pour un texte n'ayant pâti en rien des accidents matériels, une combe å=1 paraît adéquate. Le reps envisagé s'octroie ainsi une manse 1/õñãùòìâûôå=1/(1)(1)(1)(1)(1) (1)(1)(1)(2)(1)=1/(2)= ½.

Méthode

Selon Bachelard, maints obstacles aux études naissent d'options venues de lubies, pourtant capables de féconder la recherche, dans un premier temps [53]. Il faut supposer que l'illusion d'après laquelle chacun peut, en des propos exigeant un effort soutenu, décider involontairement de livrer une idée au public, a empêché de brillants esprits de saisir que l'analyse des figures de langage requérait une approche sérieuse de la volonté.

Application à Baudelaire

La discipline du savoir bénéficiant d'une ancienneté remarquable, un agent historique passant outre sa définition connaît parfaitement son abus, ce qui pousse l'interprète, dans l'exemple ici construit, à rejeter la fantaisie passagère du créateur. Par ailleurs Baudelaire se plaisant à choquer, relativement aux compétences des poètes, le rail inventé à son propos ne lui fait nul tort.

§468
Théorie

Comme «chairs d'enfants» ressemble à “chers enfants”, une fois de plus on suppose un trope conduisant un lecteur attentif à retrouver un ancien état, fort incertain, du poème: “Il est des parfums frais comme les chers enfants…” La vraisemblance à mesurer concerne (F-chairs d'enfants-¦¦¦¦-S-chers enfants). Le reste du tas fait peu remarquer le sens caché, donc absorbe le contenu, ce qui procure la verrière õ=2. Un coffre ñ=2 s'impose de la sorte. Le dresseur vaut ã=2, en raison de l'éventuelle méprise sur la glèbe. Une maladresse vient à être commise, notamment avec la substitution du son “Z” à “D”, ce qui mène au glacis ù=2. Le charroi ò=1 se justifie par le caractère historiquement possible du jeu de mots. L'aspect concret du vers n'ayant pas changé, la ressemblance demeure affaire de spéculation abstraite, donc le bossage ì=2 se montre utile. Nulle clef n'étant connue de la critique, on doit accepter le vernis â=1. La figure n'augmentant pas le savoir, l'échappement û=1 est de mise. Aucune habitude n'exerçant de pression dans le sens obtenu, l'entour ô=1 paraît le seul raisonnable. Une combe å=1 décrit bien l'ignorance où on se trouve d'accidents qui auraient influencé le prétendu reps. La manse de (F-chairs d'enfants-¦¦¦¦-S-chers enfants) prend ainsi le niveau 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(2)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2) (2)(2)(2)=1/32.

Méthode

Les vagues dérives de la pensée conservent leur obscurité, autant que les centaines de liaisons entre les souvenirs de mots, grâce auxquelles un écrivain crée. Si on a une conscience floue de quelque fonction mentale de ce genre, hélas, dans la reconstitution détaillée on s'expose à l'erreur.

Application à Baudelaire

Puisque «enfants» évoque “petits”, on imagine aisément que l'auteur voulait, au commencement, établir les tercets sur l'opposition entre d'une part les parfums de vigueur infime, reflétant la joie des bambins rieurs, et de l'autre les odeurs au goût net ou épicé. Il convient de noter à cet égard que dans „le Serpent qui danse“ on trouve la rime “enfant-éléphant” [[1112]]. Mais pour „Correspondances“ l'écrivain, cherchant à éviter le sourire, aurait choisi un mot d'aspect voisin: «triomphants». Deux vers célèbres, au sein de l'épopée que déclama Turold, unissent le thème de l'éléphant au prénom qui, plus tard, sera donné à Baudelaire [185]-[186]: «Cumpainz Rollant, sunez vostre olifan,
Si l'orrat Carles, ki est as porz passant.
»

§469
Théorie

Imaginons un manuscrit de Baudelaire, avec juste: “DouxΞ¤☼000vertsΞ¤≈”. Cherchons la manse de (F-Ξ¤☼…Ξ¤≈/-¦¦¦¦-/S-comme les hautbois…comme les prairies). L'ensemble de signes obscurs empêche le propos d'accéder au statut de crèche, ce qui amène une verrière 2, suivie d'un coffre ñ=2+ (1(1/10))=2+(1(0,1))=2+0,1=2,1 en raison de «verts» intercalé entre les tenures. Le dresseur ã=2 s'impose lui aussi, car le plafond suggère un parallèle douteux avec le sonnet „Correspondances“, éventuellement conçu après ou avant le tas examiné, non à son origine. Du fait que le commentaire s'avère habile, un recours au glacis ù=1 s'opère avec nécessité. Un charroi ò=2 est bienvenu, car nous manquons de renseignements pour interpréter la situation. Le bossage ì=1 ne saurait alimenter la suspicion, en ce que l'effet visuel massif possède une charge concrète indéniable. Le vernis â=2 se rend opportun, de par le sentiment d'un codage spécial. Vu que la glèbe paraît fantasque, non savante, l'échappement û=1 semble requis. Nulle coutume ne débouchant sur pareille cocasserie, nous admettons également l'entour ô=1. La critique ne mentionnant rien comme falsification, erreur ou accident, la combe å=1 ne peut manquer. Il faut conclure, pour ce trope, à une vraisemblance 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(2)(2,1)(2)(1)(2)(1)(2)(1) (1)(1) =1/(2)(2,1)(2)(2)(2)=1/33,6.

Méthode

Le poids matériel est, ici, évident, mais le cadre souffre de trop graves défaillances, pour qu'il soit possible d'affirmer la présence d'un composite. De façon analogue, une interjection est remarquée immédiatement, si le contexte reste abordable, tandis que son caractère devient sujet à caution, quand l'ouvrage se montre lacunaire.

Application à Baudelaire

Le poète n'hésite pas, au sein du recueil "les Fleurs du mal", devant l'énormité, mais l'insère dans la forme neutre du classicisme, tellement commode pour établir le sens, parce qu'elle n'étouffe pas le fond [[1146]]: «Ma femme est morte, je suis libre!
Je puis donc boire tout mon saoul.
Lorsque je rentrais sans un sou,
Ses pleurs me déchiraient la fibre.
Autant qu'un roi, je suis heureux;
L'air est pur, le ciel admirable.
-Nous avions un été semblable
Lorsque j'en devins amoureux…
Je l'ai jetée au fond d'un puits,
Et j'ai même poussé sur elle
Tous les pavés de la margelle.
-Je l'oublierai si je le puis!
»

§470
Théorie

La supposition du reps “…doux comme les hauts bois…” amène à mesurer la vraisemblance de (F- hautbois-¦¦¦¦-S-hauts bois). Comme le tas laisse facilement passer inaperçu le sens imaginé, la verrière se munit de la quantité õ=2. Le coffre se plie à cette détermination en adoptant la hauteur ñ=2. Pareillement le dresseur exprime la faiblesse de la supposition avec ã=2. En revanche le glacis ù=1 doit être admis, car nulle gaucherie ne marque le commentaire du plafond. Aucun anachronisme ne se faisant jour, le charroi ò=1 est facilement accueilli. Avec une présentation demeurant identique, obtenir deux mots en partant d'un seul reste une démarche abstraite, donc le bossage ì=2 dépeint correctement la figure. Un jeu de mots ne pouvant acquérir un statut de clef, le vernis prend la hauteur â=1. L'échappement s'avère û=1 pour une glèbe ne se prévalant d'aucune charge de savoir. L'entour ô=1 se justifie avec un trope n'empruntant guère aux coutumes fixées. La combe å=1 mesure l'entière indépendance de la tournure vis-à-vis d'accidents possibles. De là vient une manse 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(2)(2)(2)(1) (1)(2) (1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)=1/16.

Méthode

L'idéal de raison, appuyé sur la mesure, détourne vers de nouvelles occupations les forces menant l'être humain à cueillir et chasser. Partant de ressorts intimes, à fonction de survie, la connaissance d'un phénomène s'établit avec lenteur, au moyen d'élaborations intermédiaires, comme celle faisant accepter 0+1=1. Le philosophe positiviste avoue, néanmoins, le danger de se méprendre sur la portée initiale de ce don élémentaire [205]: «Car l'expérience journalière montre, au contraire, de la manière la moins équivoque, que les affections, les penchants, les passions, constituent les principaux mobiles de la vie humaine; et que, loin de résulter de l'intelligence, leur impulsion spontanée et indépendante est indispensable au premier éveil et au développement continu des diverses facultés intellectuelles, en leur assignant un but permanent, sans lequel, outre le vague nécessaire de leur direction générale, elles resteraient essentiellement engourdies chez la plupart des hommes.»

Application à Baudelaire

Les hauts bois donnent souvent asile à d'autres êtres, dont l'existence intéressait Auguste Comte [206]: «Quoique la nature morale des animaux ait été jusqu'ici bien peu et bien mal explorée, on peut néanmoins reconnaître, sans la moindre incertitude, principalement chez ceux qui vivent avec nous en état de familiarité plus ou moins complète, et par les mêmes moyens généraux d'observation qu'on emploierait à l'égard d'hommes dont la langue et les mœurs nous seraient préalablement inconnues, que non seulement ils appliquent, essentiellement de la même manière que l'homme, leur intelligence à la satisfaction de leurs divers besoins organiques, en s'aidant aussi, lorsque le cas l'exige, d'un certain degré de langage correspondant à la nature et à l'étendue de leurs relations; mais, en outre, qu'ils sont pareillement susceptibles d'un ordre de besoins plus désintéressé, consistant dans l'exercice direct des facultés animales, par cela seul qu'elles existent, et pour l'unique plaisir de les exercer; ce qui les conduit souvent, comme les enfants ou les sauvages, à inventer de nouveaux jeux; et ce qui, en même temps, les rend, mais à un degré beaucoup moindre, sujets à "l'ennui" proprement dit; cet état, érigé mal à propos en privilège spécial de la nature humaine, est quelquefois même assez prononcé, chez certains animaux, pour les pousser au suicide, par suite d'une captivité devenue intolérable.»

§471
Théorie

On suppose maintenant que, dans un temps futur, ne subsistera des exemplaires du recueil "les Fleurs du mal" qu'une seule page, fort heureusement avec dessus „Correspondances“. On imagine de surcroît une belle tache verte inexpliquée sur le mot “verts”, dans le premier tercet. En doutant, grâce aux comparaisons entre ouvrages différents, que la couleur ait pu être intentionnellement déposée à cet endroit sur le papier, on aborde la manse de (F-tache verte sur "verts"-¦¦¦¦-S-insistance). Le filage n'exige aucunement la référence à un phénomène qui semble venir d'une mauvaise fortune, donc la verrière õ=1 se présente favorablement. Le coffre ñ=1 traduit l'extension faible de cette marque teintée qui fait problème. Un dresseur ã=2 paraît bienvenu, car le risque d'erreur dans le plafond se montre grand. On admet un glacis ù=1 parce que le commentaire se fonde habilement sur des apparences. Au contraire le charroi ò=2 est nécessaire, vu que la critique souffre de connaissances incomplètes. La tournure possède l'aspect physique souhaitable pour donner le bossage ì=1. Aucune affaire de codage spécial ne se mêlant au débat sur le trope, qui ressemble à une tache ou à un ornement, on se trouve mené au vernis â=1. Le savoir demeurant hors de cause dans la glèbe, l'échappement û=1 se justifie. Inventer une coutume serait peu acceptable, donc l'entour ô=1 fournit la meilleure possibilité. À cause de l'accident éventuel, une combe å=2 est opportune. La vraisemblance obtient, dans ces conditions, la grandeur 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì) (â) (û)(ô)(å)=1/(1)(1)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(2)=1/(2)(2)(2)=⅛.

Méthode

Tout aléa est suspect, donc il faut plusieurs critères pour surveiller ce genre d'incident, afin que, par leur unité, ils rendent presque vains les caprices d'interprétation, pouvant naître d'événements peu significatifs. Quand une pareille solidarité manque, l'opinion souffle dans les brèches du savoir mille fantaisies, liées à des intérêts douteux [909].

Application à Baudelaire

Parmi les formes de lumière, Baudelaire cite uniquement le vert, dans le sonnet. Pourtant, un langage vert, dans le plus haut art, déplaisait par ses vulgarités à l'auteur. Il convient de songer ici au printemps et aux activités reproductives associées à lui. Dans „la Fontaine de sang“ le poète nomme la complémentaire, au moment où il se représente le contenu de ses veines inondant un quartier [[1044]]: «A travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.
»
La victime peu consciente a également captivé Rousseau [875]: «…je vis fondre sur moi un gros chien danois qui s'élançant à toutes jambes devant un carrosse n'eut pas même le tems de retenir sa course…Tout entier au moment présent je ne me souvenois de rien; je n'avois nulle notion distincte de mon individu, pas la moindre idée de ce qui venoit de m'arriver; je ne savois ni qui j'étois ni où j'étois; je ne sentois ni mal, ni crainte, ni inquietude. Je voyois couler mon sang comme j'aurois vu couler un ruisseau, sans songer seulement que ce sang m'appartint en aucune sorte.» Le désir est un autre sacrificateur [[1045]]: «J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux,
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles!
»

§472
Théorie

La tournure (F-prairies-¦¦¦¦-S-prés rient) offre une vraisemblance de caractéristiques déjà connues par d'autres figures. Afin d'aller plus avant eu égard aux mises au point du calcul nous considérerons une situation imaginaire. Un jour lointain dans le futur ne se trouve plus qu'un seul exemplaire d'un poème ressemblant à „Correspondances“. Y est en place un discours versifié, contenant un savoir élevé d'aspect encyclopédique, dont manque une syllabe. Au lieu de procurer «…Doux comme les hautbois, verts comme les prairies…» la dixième ligne comprend ces mots “…réceptifs comme les miroirs et les pi…” Le trope (F-pi-¦¦¦¦-S-pistils) est supposé alors, faisant que tous ceux qui se penchent sur le sonnet ayant résisté au temps cernent le risque d'avoir un très mince public d'amateurs liant art et science, phénomène de cénacle minuscule poussant à définir une verrière õ=2. Le coffre ñ=2 se plie à cette valeur. Les risques de se tromper existent quant au sens du commentaire, ce qui mène vers un dresseur ã=2. Le plafond n'exhibant rien de maladroit, un glacis ù=1 paraît acceptable. En raison de la connaissance fragmentaire, un charroi ò=2 relève de la prudence. Le mot incomplet produisant un effet matériel, il convient d'accepter le bossage ì=1. Nul chiffre spécial ne semble utilisé, donc le vernis â=1 ne peut manquer. À cause des autres vers un échappement û=2 s'impose. Nous ignorons tout de coutumes ayant pu engendrer la figure, ce qui mène à un entour ô=1. L'accident vraisemblable qui a nui aux signes matériels du tas provoque la combe å=2. La manse rassemble ces nombres: 1/(õ)(ñ)(ã)(ù)(ò)(ì)(â)(û)(ô)(å)=1/(2)(2)(2)(1)(2)(1)(1)(2)(1) (2)=1/(2)(2)(2)(2)(2)(2)=1/64.

Méthode

Le bossage réserve une légère difficulté, puisque l'interruption a des chances d'être issue de quelque moisissure, au lieu de venir du créateur ou de l'interprète. Il reste heureusement assez de ferments pour compenser un tel ennui. Aristote écrivait [34]: «Nous aurons suffisamment rempli notre tâche si nous donnons les éclaircissements que comporte la nature du sujet que nous traitons. C'est qu'en effet on ne doit pas chercher la même rigueur dans toutes les discussions indifféremment, pas plus qu'on ne l'exige dans les productions de l'art.»

Application à Baudelaire

Les prairies accueillent le bien, en attendant le savoir [113]: «Cieux, prêtez l'oreille et je parlerai et que la terre entende les paroles de ma bouche! Que ma doctrine se déverse comme la pluie, que ma parole se répande comme la rosée, comme des ondées sur le gazon et comme des averses sur l'herbe! Car j'invoque le nom de Iahvé, rendez hommage à notre Dieu!» La vie sociale n'est pas oubliée [106]: «Iahvé dit: "J'ai bien vu l'humiliation de mon peuple qui est en Égypte et j'ai entendu sa clameur en présence de ses exacteurs, car je connais ses douleurs. Je suis donc descendu pour le libérer de la main de l'Égypte et pour le faire monter de ce pays vers un pays beau et large, vers un pays ruisselant de lait et de miel…»

§473
Théorie

Cherchons la vraisemblance de (F-tiret du onzième vers-¦¦¦¦-S-séparation) qui délimite la zone du poème où l'idée change de sens directeur: «Il est des parfums frais…-Et d'autres, corrompus…» La verrière õ=2 semble décrire correctement le cas, puisque le signe de moellon, appartenant aux biais habituels de l'écriture, se laisse absorber par le sonnet, donc ne saurait constituer une intrusion. Le coffre ñ=2 est docile à cette première limitation. Avec un plafond qui reste sobre, le dresseur ã=1 suffit. Nulle maladresse de ce commentaire n'est sensible, ce qui mène vers le glacis ù=1. Comme les moyens poétiques réguliers ne sont pas en cause, le charroi ò=1 se justifie. Pour un signe de ponctuation aussi concret, le bossage ì=1 se montre opportun. Baudelaire n'utilise pas de code spécial, ce qui rend nécessaire le vernis â=1. L'échappement û=2 s'avère commode, vu le rôle du symbole graphique dans le clivage des notions. L'entour ô=2 vient de la propension de l'artiste à user du tiret généreusement. La figure paraît indépendante des accidents et une combe å=1 en résulte. Ces valeurs forment la manse 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(1)(1)(1)(1)(1)(2)(2)(1)=1/(2)(2)(2)(2)=1/16.

Méthode

Bien que l'écrivain et le créateur ne soient pas identiques, l'un donnant une série d'ouvrages, l'autre juste le texte analysé, on doit admettre que les habitudes contractées par un homme peuvent rester constantes au cours de longues années. La faute de raisonnement ne débute que si on proclame qu'il ne saurait changer de croyance ou de pratique à l'instant de la création.

Application à Baudelaire

Dans la fin du tas l'auteur concentre les perspectives redoutables vers lesquelles il veut guider son public. Certes il voit le péril de fatiguer son lecteur de considérations amères. Cependant il doit élaborer cette part d'expression trop souvent écartée par ses contemporains illustres [[993]]: «Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie
N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.
»
La poésie homérique a pu fournir un sombre modèle [441]: «Ah! pauvre ami! ah! Ménélas! pourquoi tant d'égards pour ces hommes? As-tu donc eu si fort à te louer des Troyens à ton foyer? Non, qu'aucun d'eux n'échappe au gouffre de la mort, à nos bras, pas même le garçon au ventre de sa mère, pas même le fuyard! Que tous ceux d'Ilion ensemble disparaissent, sans laisser de deuil ni de trace!»

§474
Théorie

La tournure (F-corrompus-¦¦¦¦-S-corps rompus) donnerait une manse proche de celles calculées pour mainte autre acrobatie verbale imaginée. Mieux vaut donc remanier, en esprit, la situation de base. Nous inventons qu'existe un manuscrit de „Correspondances“ portant la mention: “corps chimiquement rompus”. Ainsi le contexte du trope se réarrange. La verrière õ=2 transcrit le fait que pour le public le jeu littéraire passe inaperçu, car le sens apparent convient. Cet effet négatif provoque immédiatement un coffre ñ=2. La note découverte amène le dresseur ã=1 vu que le risque d'infidélité aux intentions du créateur s'en trouve diminué. Aucune maladresse ne survient, puisque le doublement du “R” autorise dans ce cas précis une légère pause, donc l'équivalent de celle qui sépare les mots dans la diction et cela pousse vers le glacis ù=1. Le charroi ò=1 se laisse grandement favoriser par le document nouveau. La brisure interne de “corrompus” semble au premier abord suffisamment concrète pour que ì=1 rejette n'importe quel doute. Mais ce n'est qu'illusion, parce que l'arrêt au milieu du vocable n'est que possible, non absolument nécessaire. Une abstraction décidant qu'un seul mot doit en procurer deux, le bossage ì=2 se réalise. Nul code spécial élaboré ne s'étant fait connaître de la critique, le vernis â=1 se montre opportun. La remarque de l'écrivain, trouvée par l'érudition, pose la question d'un contenu scientifique de la tournure, donc û=2 devient sujet à discussion. Pourtant rien de vraiment scientifique n'apparaît ici et l'auteur fictif s'exprime légèrement, étant donné que le reste du sonnet demeure largement intact. Il en suit que l'échappement û=1 décrit au mieux la situation. Aucune habitude n'intervient dans la figure, ce qui favorise un entour ô=1. Le mot “corrompus” ne relevant pas d'un accident, une combe å=1 se justifie. La quantité de vraisemblance arrive par ces ferments à hauteur de 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(1)(1)(1)(2)(1)(1)(1) (1)=⅛.

Méthode

Les commentaires issus d'un auteur sur un livre de sa main donnent prise aux plus grandes réserves, vu qu'il faudrait, pour qu'ils existent comme autant de butoirs, que l'origine du texte analysé soit identique à celle déterminée pour eux. La chose pouvant se jouer en une seconde, le débat sur tel ou tel reps menace de se poursuivre indéfiniment. Le créateur cesse parfois d'exister par un désir nouveau et il n'est plus que l'auteur, qui peut dénoncer le sens initial de l'ouvrage du fait qu'il a modifié son avis.

Application à Baudelaire

Le corps humain se rompt dans la torture ou l'amour et il ne faut pas être surpris que la corruption atteigne la terre d'Aphrodite [547]-[[1138]]: «Quelle est cette île triste et noire? -C'est Cythère,
Nous dit-on, un pays fameux dans les chansons,
Eldorado banal de tous les vieux garçons.
Regardez, après tout, c'est une pauvre terre.
-Île des doux secrets et des fêtes du cœur!
De l'antique Vénus le superbe fantôme
Au-dessus de tes mers plane comme un arôme,
Et charge les esprits d'amour et de langueur.
Belle île aux myrtes verts, pleine de fleurs écloses,
Vénérée à jamais par toute nation.
Où les soupirs des cœurs en adoration
Roulent comme l'encens sur un jardin de roses
Ou le roucoulement éternel d'un ramier!
-Cythère n'était plus qu'un terrain des plus maigres,
Un désert rocailleux troublé par des cris aigres.
J'entrevoyais pourtant un objet singulier:
Ce n'était pas un temple aux ombres bocagères,
Où la jeune prêtresse, amoureuse des fleurs,
Allait, le corps brûlé de secrètes chaleurs,
Entre-bâillant sa robe aux brises passagères;
Mais voilà qu'en rasant la côte d'assez près
Pour troubler les oiseaux avec nos voiles blanches
Nous vîmes que c'était un gibet à trois branches,
Du ciel se détachant en noir, comme un cyprès.
»

§475
Théorie

En raison de la notion d'équilibre, indéniable dans “répondre”, il est bon d'examiner la ressaisie (F-Corr…corr-¦¦¦¦-S-insistance). Du titre «Correspondances» au vers 11, qui présente le mot «corrompus», l'écart trop grand pour que le rapport soit évident. Il en résulte que la verrière õ=2 est souhaitable, puisque le contexte rend la tournure invisible. Un coffre ñ=2+(1(56/10))=2+(56/10)=2+5,6=7,6 est nécessaire, car le poème dispose 56 fronts entre les deux sonorités: Nature, est, temple, où, vivants, piliers, Laissent, parfois, sortir, confuses, paroles, homme, y, passe, travers, forêts, symboles, Qui, l', observent, avec, regards, familiers, Comme, longs, échos, loin, se, confondent, Dans, ténébreuse, profonde, unité, Vaste, comme, nuit, et, clarté, parfums, couleurs, sons, se, répondent, est, parfums, frais, comme, chairs, enfants, Doux, comme, hautbois, verts, comme, prairies, autres. Le dresseur, à cause du risque d'invention du rapprochement, vaut ã=2. En revanche le glacis ù=1 emporte la conviction, car nulle maladresse n'est commise. L'auteur ayant pu négliger cette reprise de la sonorité “corr”, un charroi ò=2 se révèle utile. Avec une liaison aussi concrète le bossage prend le niveau ì=1. Aucun changement de code n'étant requis pour obtenir une idée, le vernis â=1 se montre opportun. Étant donné que les connaissances ne gagnent rien par cet appel de sonorités, l'échappement û=1 se justifie. Les habitudes ne jouant pas de rôle dans la glèbe, l'entour ô=1 s'avère acceptable. Nul accident n'étant connu à propos de cette répétition, la combe å=1 ne fait aucun doute. Finalement la manse admet le niveau 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(7,6)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(7,6)(2)(2)=1/60,8.

Méthode

Les formes de mesure n'ont pas ici un fondement certain, parce que le créateur pouvait espérer mille choses de son public, malaisément représentables, comme d'unir des pensées lointaines. Zazzo note [981]: «Quand nous rêvons, mais aussi "quand nous pensons", quand nous réfléchissons, nous sautons d'un lieu à l'autre…»

Application à Baudelaire

Devant le poète saisissant l'équilibre des parfums, couleurs et sons, ou éventuellement celui entre bien et mal, il faut à notre intelligence bondir, pour attraper l'image rebelle au sens commun, tout en méditant sur l'unité interne du propos, recomposée avec peine. Le segment «observent avec des regards» frôle une sorte de répétition. De manière proche, le “symbole” recèle de l'étrange plutôt qu'une impression de “familiarité”. C'est, d'après la pensée ordinaire, d'un puits et non d'un “pilier” que “sort” le vrai. Il en résulte d'autres correspondances: “La Nature est un espace où de vivants puits, laissent pousser d'obscures vérités; l'homme passe dans ces forêts chargées par ses fautes, de symboles mystérieux.” Don Juan est ainsi décrié par son valet [543]: «Ma jeune dame, voici le catalogue
Des belles qu'a aimées mon maître;
Un catalogue que j'ai dressé moi-même;
Regardez, lisez avec moi.
En Italie, six cent quarante;
En Allemagne, deux cent trente…Mais en Espagne il y en a déjà mille trois…Et vous avez des femmes de tout rang…
»
Zeus aura servi de modèle [445]: «Héré, il sera temps plus tard de partir là-bas. Va! couchons-nous et goûtons le plaisir d'amour. Jamais encore pareil désir d'une déesse ni d'une femme n'a à tel point inondé et dompté mon cœur en ma poitrine -non, pas même quand je m'épris de…-ni de…-ni de…-ni de…-ni de…-ni de…-non, jamais autant que je t'aime à cette heure et que me tient le doux désir.»

§476
Théorie

On imagine le poème de Baudelaire utilisé afin de transmettre un contenu secret. Le militaire qui reçoit l'œuvre doit, au cours de sa mission d'espionnage, chercher dans les vers une symétrie voyelle¹-consonne¹-consonne¹-voyelle¹, puis l'interpréter comme un ordre. L'espion trouve «corrompus» avec “orro” et il saisit rapidement qu'il a pour tâche de corrompre l'individu qu'il devait suivre jusque-là. Il faut maintenant estimer la vraisemblance de (F-orro-¦¦¦¦-S-corrompez). L'attention portée à “orro” vient ici d'une pensée faite pour un cercle minuscule, celui de l'action politique frauduleuse, ce qui mène à une verrière õ=2. Pour une seule tenure la conséquence immédiate d'un coffre ñ=2 s'avère opportune. Une signification de “orro” étant inventée, le manque de fidélité au contenu de la glèbe semble total. Il en résulte le dresseur ã=2. Aucune maladresse, bien au contraire, ne se voit en cette affaire, de sorte que le glacis ù=1 sied au cas traité. Baudelaire utilisant de fait la symétrie “orro”, il faut accepter le charroi ò=1. Cette présence physique de “orro” devrait apparemment autoriser le bossage ì=1, mais le cheminement auquel force l'étrange consigne abstraite d'interprétation oblige à noter ì=2. L'existence d'une clef destinée à faire trouver le plafond amène le vernis â=2. Ne possédant rien de technique par elle-même, la glèbe justifie l'échappement û=1. Dans l'usage secret de la symétrie “orro” nulle coutume venant du poète n'intervient, ce qui donne l'entour ô=1. Une combe å=1 suffit, vu que la critique ne connaît pas le moindre accident subi par le poème directement. La manse, après tout cela, obtient une quantité 1/õñãùòìâûôå=1/ (2)(2)(2)(1)(1) (2)(2)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2)(2)(2)=1/32.

Méthode

Le présent calcul souffre de la difficulté à se mettre d'accord sur les critères d'invraisemblance, ainsi que sur leur notation matérielle, puisqu'une large partie du concret intervenant au sein du langage forme une pièce codante. Pour surmonter l'obstacle, on devra se fonder là encore sur des habitudes complétant la définition technique.

Application à Baudelaire

Les parfums qu'on brûle valent quelquefois un message plein de reconnaissance ou d'honneur [452]: «Au sommet du bûcher ils déposent le mort, le cœur désolé. Maints gros moutons, maints bœufs cornus à démarche torse sont, par eux, devant le bûcher, dépouillés et parés. A tous le magnanime Achille prend de leur graisse, pour en couvrir le mort de la tête aux pieds; puis, tout autour, il entasse les corps dépouillés. Il place là aussi des jarres, toutes pleines de miel et d'huile, qu'il appuie au lit funèbre. Avec de grands gémissements, prestement, sur le bûcher, il jette quatre cavales altières. Sire Patrocle avait neuf chiens familiers: il coupe la gorge à deux et les jette sur le bûcher. Il fait de même pour douze nobles fils des Troyens magnanimes, qu'il massacre avec le bronze -son cœur ne songe qu'à des œuvres de mort! Il déchaîne enfin l'élan implacable du feu, pour que du tout il fasse sa pâture. Et il sanglote, il appelle son ami: Je te salue, Patrocle, même au fond de l'Hadès! Tout ce que naguère je t'avais promis, à l'instant je vais l'accomplir.» Dans la Bible, on trouve ces mots [157]: «Soyez donc des imitateurs de Dieu, comme de chers enfants, et marchez dans la charité, comme le Christ, qui nous a aimés et s'est livré pour nous en offrande et victime à Dieu, pour être un parfum de bonne odeur.» Dieu traverse le temps [161]: «Un autre ange est venu se tenir sur l'autel avec un encensoir d'or et on lui a donné beaucoup de parfums à offrir avec les prières de tous les saints sur l'autel d'or devant le trône. La fumée des parfums est montée par la main de l'ange avec les prières des saints devant Dieu.»

§477
Théorie

La décomposition de mots voisins, aux lignes 11 et 12, attire l'attention et conduit à mesurer (F-triomphants…expansion/-¦¦¦¦-/S-tri-omphants…expansi-on). Le tas devant intégrer comme licence poétique la diérèse nous aurions õ=2, car le public ne cernerait dans ces analyses de voyelles qu'un dispositif attendu en un sonnet. Cependant, le procédé a lieu de façon insistante sur des lignes contiguës, ce qui ne relève pas de la simple versification, justifiant à l'opposé une verrière õ=1. Il résulte de là un coffre ñ=1, puisque «triomphants» et «expansion» jouissent d'une vigoureuse solidarité: «Il est des parfums frais…Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies…
»
Le dresseur prend le niveau ã= 1 de par l'interprétation évidente. Aucune maladresse ne venant gâter le plafond, un glacis ù=1 semble mérité. En apparence ò=2 s'avère opportun, vu que le créateur cherche à obtenir le nombre de syllabes nécessaire pour des alexandrins. Mais comme il n'avait aucunement à répéter la chose sur deux vers de suite, le charroi, au contraire, gagne la quantité ò=1. La brisure concrète des mots engendre le bossage ì=1. Percevant mal quel chiffre devrait ici être appris, en dehors des codes artistiques, nous admettons le vernis â=1. Au sein de la connaissance le prétendu reps ne joue pas de rôle net, même quant aux diphtongues “i-on”, ce qui procure l'échappement û=1. Superficiellement, l'habitude poétique semble marquer le trope, donc ô=2 se rendrait indispensable. Pourtant, la coutume ne pousse guère à livrer une double séparation vocale, ce qui va dans le sens d'un entour ô=1. Nul accident n'étant connu, la combe å=1 est justifiée. La manse réunit ces données en une seule: 1/õñãùòìâûôå=1/(1) (1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)=1/1=1.

Méthode

Pour un comptage qui épouse les divers types de figure, tartan, intrusion, heurt ou feutre, nous craindrons de ne jamais pouvoir unifier en une même doctrine ce qui a été avancé. Mais le principal consiste dans le phénomène appréhendé, non dans la construction passagère, qui sera plus tard suivie d'autres, pouvant se confronter à plus d'expérience. Il s'agit de prendre les faits en esprit par les mesures, et un pêcheur ne cherche pas de belles nasses, mais des poissons. Newton lui-même accordait la priorité au contenu et non à l'hypothèse scientifique mathématisée [557].

Application à Baudelaire

Si l'expansion tenace conquiert la pensée, il ne faut pas oublier la correspondance d'un parfum nauséeux avec le triomphe [447]: «Achille cependant s'en va, de baraque en baraque, faire prendre leurs armes à tous les Myrmidons. On dirait des loups carnassiers, l'âme pleine d'une vaillance prodigieuse, qui, dans la montagne, déchirent, puis dévorent un grand cerf ramé. Leurs bajoues à tous sont rouges de sang; alors ils s'en vont en bande laper de leurs langues minces la surface de l'eau noire qui jaillit d'une source sombre, tout en crachant le sang du meurtre -ventre oppressé, mais cœur toujours intrépide dans la poitrine.» La victoire donne un sentiment corrompu de participation aux bases du monde [451]: «Tel un prodigieux incendie fait rage à travers les vallées profondes d'une montagne desséchée; la forêt profonde brûle, et le vent, qui la pousse en tout sens, en fait tournoyer la flamme. Tel, en tout sens, bondit Achille, lance au poing, pareil à un dieu, se ruant sur ses victimes. La terre noire est inondée de sang. De même qu'on attelle des bœufs au large front pour fouler l'orge blanche dans l'aire bien construite, et que le grain bien vite se dépouille sous les pas des bœufs mugissants, de même, sous le magnanime Achille, les chevaux aux sabots massifs écrasent à la fois morts et boucliers. Et l'essieu sous la caisse, et la rampe, autour, sont tout souillés de sang; il jaillit en éclaboussures et sous les sabots des chevaux et sous les jantes des roues. Le fils de Pélée brûle de conquérir la gloire, et une poussière sanglante souille ses mains redoutables.»

§478
Théorie

Le douzième vers «…Ayant l'expansion des choses infinies…» peut s'interpréter “…ayant l'expansion infinie des choses infinitésimales…” Dans ce cas, on a presque la répétition d'un mot identique avec deux significations différentes [823]. Le reps aurait pour allure (F-infinies-¦¦¦¦-S-infinie… infinitésimales). Le contexte absorbant la figure, õ=2 se justifie comme verrière. Le coffre ñ=2 vient du resserrement de l'expression. Un dresseur ã=2 est mérité par les risques de l'interprétation. Nulle maladresse ne gâtant ce commentaire on accepte le glacis ù=1. Au plan historique la possibilité du trope se conteste malaisément, donc le charroi ò=1 semble raisonnable. Un jeu de place uni à quelque abstraction devient nécessaire, donc un bossage ì=2 s'avère licite. Puisque le codage demeure inutile, un vernis â=1 paraît de bon sens. Malgré l'emploi d'un mot important pour la science, l'échappement û=1 reste opportun, car les vues religieuses ou sataniques dominent le sonnet. Il faudrait connaître les habitudes esthétiques du temps, vis-à-vis du thème littéraire de l'infini, pour s'opposer à un entour ô=1. Le niveau de la combe å=1 se montre assuré, de par l'ignorance où on est de tout accident. La mesure de vraisemblance admet en tout la hauteur 1/õñãùòìâûôå=1/(2)(2)(2)(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(2)(2) (2)=1/16.

Méthode

Les premiers ferments, ou filtres à vérité, servent plus que les autres, car ces derniers comblent des vides que laissait un verrouillage insuffisant essayé d'abord. L'imitation du calcul des probabilités, cantonnée au plan d'une technique améliorée peu à peu empiriquement, ne souffre pas d'une incohérence totale. Spinoza lui-même, qui souhaite pourtant une philosophie accordant beaucoup aux mathématiques, prend modèle sur les artisans du fer [163]-[922]: «…graduellement des travaux les plus simples aux outils, des outils à d'autres travaux et d'autres outils, ils arrivèrent à exécuter de nombreux et très difficiles ouvrages et sans beaucoup de travail.»

Application à Baudelaire

On envisage sans mal que le monde naturel imaginé par Baudelaire s'étende à tout le réel [844]. Si le démon est matière indéfinie, Dieu se présente davantage comme repère absolu et fixe [107]: «Moïse dit à l'Élohim: "Qui suis-je pour que j'aille vers Pharaon et pour que je fasse sortir d'Égypte les fils d'Israël?" Il dit: "Je serai avec toi et voici pour toi le signe que c'est moi qui t'ai envoyé: quand tu feras sortir le peuple d'Égypte, vous servirez l'Élohim sur cette montagne." Moïse dit à l'Élohim: "Voici que moi, j'arriverai vers les fils d'Israël et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous; et ils me diront: Quel est son nom? Que leur dirai-je?" Élohim dit à Moïse: "Je suis qui je suis!" Puis il dit: "Tu parleras ainsi aux fils d'Israël: "Je Suis m'a envoyé vers vous!"»

§479
Théorie

Le trope “…l'ammmbre, le musc, le bennnjoin et l'ennncens…” rappelle trop certaines autres allitérations déjà mesurées. Le jeu de mots faisant saisir “en sang” pour «encens» paraît aussi devoir prendre une hauteur voisine de celles trouvées par le calcul, relativement à des tournures de même sorte. Un reps moins en accord avec les problèmes envisagés auparavant se présente avec la triple utilisation de «Qui» ou «qui». Nous l'écrivons (F-Qui…qui…Qui-¦¦¦¦-S-apparentement des choses concernées par les trois occurrences). Le but de l'auteur aurait été d'unifier sa perspective, concernant plusieurs éléments naturels érigés en symboles. Ce domaine couvre une bonne partie du texte: «…Qui…observent…qui…se confondent…Qui chantent…» La verrière admet la quantité õ=2 par le contexte où la figure, presque invisible, s'introduit. Eu égard au coffre, les tenures ayant le plus d'écart sont les deux «Qui», et on doit compter une valeur d'écart n=50, pour les fronts: “l', observent, avec, regards, familiers, Comme, longs, échos, loin, se, confondent, Dans, ténébreuse, profonde, unité, Vaste, comme, nuit, et, clarté, parfums, couleurs, sons, se, répondent, est, parfums, frais, comme, chairs, enfants, Doux, comme, hautbois, verts, comme, prairies, autres, corrompus, riches, triomphants, Ayant, expansion, choses, infinies, Comme, ambre, musc, benjoin, encens”. Le total fournit un coffre ñ=2+(1(50/10))=2+(1(5))=2+5=7. Le plafond manifestant plus que de l'audace, un dresseur ã=2 s'impose. Certes, l'interprétation est peu vraisemblable, mais fort adroite, menant de ce fait au glacis ù=1. Le créateur a pu simplement négliger cette répétition de «qui» dans le poème, tant l'usage du pronom relatif est commun en français, et ce point justifie le charroi ò=2. Une grande abstraction intervient dans la supposition du reps, conduisant à un bossage ì=2. La syntaxe ordinaire, étant par définition incapable d'un codage occulte, â=1 joue correctement son rôle de vernis. Nul savoir n'est produit, donc l'échappement û=1 cerne la situation. Les coutumes grammaticales ne se confondent en rien avec les habitudes baudelairiennes et il en suit que nous acceptons l'entour ô=1. L'accident restant exclu, il convient de recourir à une combe å=1. S'organise ainsi la manse 1/õñãùòìâûôå= 1/(2)(7)(2)(1)(2)(2)(1)(1)(1)(1)=1/(2)(7)(2)(2)(2)=1/112.

Méthode

Les fonctions multiples de plusieurs ferments entraînent du flou dans le raisonnement. Descartes exposait ainsi les principes de sa méthode [266]: «Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle…Le second, de diviser chacune des difficultés que j'examinerais en autant de parcelles qu'il se pourrait et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.» Le deuxième précepte fonctionne comme idéal de compréhension analytique. En revanche le mathématicien, avec la règle initiale, se montre quelque peu téméraire, car nous risquons le délaissement de mainte question où de timides avancées pourraient avoir lieu, au travers de conceptions faibles bientôt surmontées. Un pareil jugement fait songer au conseil de Wittgenstein [978]: «Il faut se taire de ce qu'on n'arrive point à dire.» Obtempérer serait bénéfique aux charlatans, qui se féliciteraient de l'abandon.

Application à Baudelaire

“Ambre, musc, encens et benjoin chantent.” Cet emploi des images, plus humble que l'énonciation docte, y mène souvent au moyen d'une gradation lente. Les parfums cités par Baudelaire ont eux-mêmes beaucoup de frères plus modestes. Le promeneur hume au travers de Paris la senteur des hauts bois, arbres ou planches, nécessaires aux chantiers. Dans chacun des bâtiments qui se construisent, quelques ouvriers de spécialité distincte s'appellent et se répondent. Vilebrequin, scie, hache, drille possèdent un certain bruit particulier, accompagnant le travail. En ce temple urbain jouent les troncs colorés venant des chênes, cèdres, châtaigniers, sapins, noyers, hêtres, cerisiers, pins. Le ferrailleur considère les alliages brillants ou mats, et souvent il mord son échantillon pour en déterminer la teneur en plomb ou cuivre. Au sein des maisons le tabac et l'âtre combinent leur parfum à celui de la cire, utile à préserver meubles autant que planchers. Elle y introduit ses attributs [269]: «…cette douceur du miel…cette agréable odeur des fleurs…» L'artisan verrier, soufflant des bulbes féminins, organise de changeantes plastiques. En mille transports où se cache un danger personnel, Baudelaire, souhaitant la correspondance de sa méditation avec les temps d'après la mort, se voit en fiole contenant le poison de sa maîtresse, décrite par un vocable qu'on attendrait davantage pour une ville [[1041]]: «Je serai ton cercueil, aimable pestilence!
Le témoin de ta force et de ta virulence…
»
Cervantès a pu fournir le modèle, avec le personnage de l'escholier voyant son être, par une démesure soudaine, sous l'aspect d'un flacon [184]: «Le malheureux s'imagina qu'il était tout de verre, et quand on s'approchait de lui, cette croyance lui faisait pousser des cris effroyables et redoubler de mots pour supplier qu'on ne l'approchât point, parce qu'on le briserait; car, à la vérité, il n'était pas comme les autres hommes: des pieds à la tête il était tout de verre.»

§480
Théorie

La fin du sonnet ressemble à “…qui chantent l'étrange sort de l'esprit et des sens.” Mais certaines modifications du texte, analysées auparavant, livrent des manses voisines de celle attendue ici. Pareillement on a réalisé maints calculs proches de celui utilisable pour “…les transes, ports de laits pris et des sangs.” De bien rares nouveautés viennent à se présenter encore vis-à-vis de “…comme l'ambre, le musc, le benjoin, -et l'encens, qui chante les transports de l'esprit et descend.” On prêtera une attention plus grande à l'incorrection tolérée dans la terminaison des vers ultimes, concernant les vocables «encens» et «sens», parce que de manière académique, on prononce: “ensant…sansse” [425]. De Corneille on tient cet exemple [213]: «Mais j'ai trop fait d'injure à nos Dieux tout-puissants:
Choisis de leur donner ton sang, ou de l'encens.
»
Au contraire, dans „Correspondances“ la rime invite à une diction “ensansse…sansse”. Baudelaire a pu vouloir suggérer que les analogies ne sont jamais vues correctement par le genre humain, en symbolisant cette approximation par le biais d'une correspondance vocale imparfaite. La description (F-encens…sens-¦¦¦¦-S-décalage) permet un commentaire minimal du reps en cause. À l'usage d'une licence poétique s'ajoute l'articulation courante, bien que très fautive, “ensansse”, pour obtenir une tournure ne choquant pas, ce qui mérite la verrière õ=2. La rime fournit un durcisseur, car le public va d'un mot à l'autre par ce biais, comme s'il existait une continuité unissant les deux. Il en résulte le coffre ñ=2. Le péril d'une mauvaise interprétation de la glèbe rend opportun le dresseur ã=2. Aucune maladresse n'étant commise dans le plafond, un glacis ù=1 se montre honnête. Puisque le créateur paraît avoir usé d'un tour spécial de versification, le charroi ò=2 est nécessaire. Dans la présence du “S” l'essentiel demeure physique, donc le bossage ì=1 se révèle indispensable. Une clef restant inutile, on se trouve amené au vernis â=1. Comme rien de savant ne se voit, hors du niveau poétique, l'échappement û=1 est de mise. La coutume favorable aux hommes de lettres, d'ajouter en un point décisif une consonne, promeut l'entour ô=2. Nul accident ne survient, et cette propriété gagne une combe å=1. La vraisemblance obtient la quantité 1/õñãùòìâûôå=1/(2) (2)(2)(1)(2)(1)(1)(1)(2)(1)=1/(2)(2)(2) (2)(2)=1/32.

Méthode

Il est ennuyeux de refaire imaginairement l'histoire, mais on cherchera dans une fiction de ce genre un moyen pour mieux sentir la frontière séparant intrusions et cadres verbaux esthétiques.

Application à Baudelaire

On recommence le calcul pour (F-encens…sens-¦¦¦¦-S-décalage) en supposant deux choses: d'une part que le parler ordinaire ne donne pas “ensansse” à l'époque du poète; d'autre part qu'il n'existe pas de licence poétique touchant le “S” final de «encens». On en tire que Baudelaire n'a pu jouer sur les deux points en faisant rimer de façon acceptable “encens” et “sens”. L'inadéquation “ensansse… sansse” est alors complètement déclarée, l'écrivain ayant introduit à cet égard un usage nouveau. Le public saisissant qu'il doit comprendre “ensansse…sansse”, vu le schéma nécessaire des terminaisons vocales, õ=1 est justifié. Le durcisseur se maintient et par ce biais ñ=1 est avéré. L'interprétation du trope devient meilleure, puisque le scandale n'est pas loin, et ce motif procure ã=1. Nulle connaissance ne recevant un secours de la glèbe, il convient d'accepter ù=1. L'auteur ayant dérogé aux exigences poétiques, ò=1 se montre utile. Un aspect concret dominant la réalité du “S” on doit opter en faveur de ì=1. N'importe quel chiffre savant ou occulte demeurant inutile, on souscrit à une conclusion â=1. Le savoir étant peu touché, à l'exception de l'art des vers, û=1 se trouve garanti. Aucune habitude n'exerçant de pression envers l'artiste, ô=1 représente la meilleure option. Épargné de la mauvaise fortune, le sonnet réussit à préserver å=1. L'amenuisement du risque aurait demandé ainsi la grandeur 1/õñãùòìâûôå=1/(1) (1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)=1/1=1 si l'élocution habituelle avait donné “ensant” et si aucune licence poétique ne s’était appliquée.