L'essai — Partie III

L'influence d'une idée sur les relations entre deux autres

L'influence de mots voisins sur la formation des paradoxes, étudiée par retrait expérimental dans des imitations du sonnet.

Légende des blocs

Théorie — l'exposé conceptuel Méthode — les remarques de mise en œuvre Baudelaire — l'application au sonnet Correspondances
§161
Théorie

On a entrepris d'étudier jusque-là certains aspects de „Correspondances“ au moyen de portages ou décalques, en s'interdisant les moqueries envers le sens analysé. Même si des paraphrases fort libres étaient permises, elles devaient rester grossièrement fidèles aux intentions de la pensée initiale. Pourtant il faut désormais aller plus avant et s'autoriser une transformation des mots d'origine, ainsi que l'infidélité vis-à-vis du sens élémentaire. L'objectif de mieux saisir l'influence du contexte sur chaque mot réclame cette nouvelle démarche, plus discutable que celles déjà suivies. On appellera un texte ou le résultat de quelque changement non anachronique subi par lui, un rail.

Méthode

Les portages ou décalques ressortissent aux rails et même le simple passage d'une phrase de l'affirmation à son inverse garantit la chose.

Application à Baudelaire

Un rail admettant comme ses premiers termes “La Nature est un temple corrompu…” modifiera beaucoup trop la pensée interne au sonnet pour être un portage. En revanche il servira utilement à connaître des propriétés qui nous ont jusqu'ici échappé, de par une restriction du cadre au sein duquel nous cherchions les combinaisons d'apparences. Les deux heurts rb(Nature~temple) et rb(temple~corrompu) se nuisent l'un à l'autre, pour le rail décrit à l'instant. La glose rb(Nature~temple) perd l'avantage d'une vraisemblance 1, car le glissoir de «temple» passe à 2, ce qui entraîne vers le bas la vraisemblance de la relation.

§162
Théorie

Pour un rail identique au texte, le créateur est défini sans difficulté. Si le rail parodie l'original ou en bouleverse profondément la signification, le créateur devient celui du pastiche ou de la nouvelle conception. Les jugements qui le touchent ne doivent plus alors être confondus avec tout ce qui regarde le créateur et l'ouvrage de référence.

Méthode

Une glose de forte vraisemblance ne saurait passer outre aucun des butoirs, mais ils appartiennent désormais au nouvel énoncé.

Application à Baudelaire

Comparer diverses valeurs est facilité par le procédé nouveau. Pour “La Nature est un temple et tous les encens sont corrompus…” chacun des heurts rb(Nature~temple), rb(encens~corrompus) présente un gradient 1, alors que “La Nature est un temple corrompu…” procure la vraisemblance ½ à rb(Nature~temple) en raison de rb(temple~ corrompu).

§163
Théorie

Avec un rail ayant pour début “La Nature est un temple corrompu…” l'étude portera sur l'influence de “corrompu” affectant rb(Nature~temple). Afin d'aborder ce genre de pression exercée par le contexte, l'analyse doit s'élargir à de nouveaux objets. Nécessairement les supports contrastent vis-à-vis de l'usage ordinaire des textes et par exemple ils consistent en une tache sur le papier ou en une voix saugrenue. Il convient d'aller plus avant, pour envisager toutes les idées qui relèvent de la ponctuation élémentaire ou encore des marques orales, dont elle constitue l'équivalent écrit. Nous admettons l'existence d'une classe d'objets, formée, quand ils ressortissent à l'emploi habituel, par le sens que portent les alinéas, les interlignes, les changements de chapitre ou de partie, le haussement de voix, le silence, notamment. Les guillemets, les points, les virgules ont aussi leur place dans cet ordre, quant aux notions amenées. Cela constitue les moellons et, avec les traces, ils forment les enseignes. Nous chercherons à cerner, pour les textes d'imagination, comment les gloses reçoivent des enseignes une influence. Toute majuscule de l'alphabet latin pourra désigner un moellon aussi facilement qu'une trace ou un terme.

Méthode

Si, à l'occasion, le sens dépend fortement des moellons, il existe pourtant des ambiguïtés qui n'en dérivent pas.

Application à Baudelaire

Sans modification aucune de ponctuation, une intelligence retorse pourrait admettre que le segment de phrase «…des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers
»
indique une volonté venant des forêts.

§164
Théorie

Quand on modifie un couple de heurts, on détermine parfois un amalgame. Le modèle vient de rb(Nature~temple) rb(corrompus~encens) donnant rb(Nature~temple) rb(corrompu~temple). Le changement affecte „Correspondances“ qui doit fournir, après transformation, un rail commençant ainsi: “La Nature est un temple corrompu…” Avec deux heurts de gradient 1 ne montrant aucun terme qui leur soit commun, on en fait disparaître un et on en récupère deux qui partagent une trace. L'un, rb(Nature~temple), conserve son apparence, bien qu'il soit doté maintenant d'un gradient ½ au plus, en raison de quelque glissoir 2. Le heurt plus nouveau, rb(corrompu~temple), porte une trace, modifiée ou non, du heurt anéanti rb(corrompus~encens) et il contient une attribution qui le relie au premier heurt.

Méthode

Ce dispositif ne pouvait faciliter l'identification des renforcements de sens d'un paradoxe à l'autre, puisque les notions ensemble serrées ici en procurent un affaiblissement de vraisemblance.

Application à Baudelaire

Aucun bloc ni aucun tandem n'apparaît avec rb(Nature~temple) rb(temple~corrompu) car désormais rb(corrompus~encens) n'a plus cours.

§165
Théorie

Décrivons plus généralement un amalgame simplifié pour mieux en cerner le processus. Une ancienne trace H du heurt rb(H~L), maintenant aboli faute de L, est rapprochée des traces de rb(A~F), privant alors ce heurt du gradient 1 par un contexte modifié où pointe l'attribution H-F de rb(H~F). Au moins F, pâtissant de ce lien, adopte un glissoir 2 en rb(A~F) où il abaisse la vraisemblance à ½.

Méthode

Le terme H soudé maintenant à F lui enlève une part du sérieux dont il avait besoin pour choquer vivement au sein de rb(A~F).

Application à Baudelaire

Les deux gloses rb(Nature~temple) et rb(corrompus~encens) bénéficient d'un gradient 1. Avec “La Nature est un temple corrompu…” le gradient de rb(Nature~temple) admet le niveau ½. Comme le temple paraît indigne, le choc “Nature-temple” se trouve affaibli. Un palier “sanctuaire profané” apparaît dans la signification de “temple”, ce qui donne j’=2 au lieu de j=1.

§166
Théorie

Nous avons un modèle pour étudier l'influence des enseignes affectant les gloses de manière défavorable. La vraisemblance 1 doit revenir à l'effet exercé par le terme “corrompu” vis-à-vis du gradient procuré à rb(Nature~temple). Avec un rail commençant par les mots “La Nature est un temple corrompu…” la relation “corrompu-temple” conduit à un glissoir 2 pour “temple” au sein de rb(Nature~temple).

Méthode

Il nous faudrait un jour devenir capable de suivre l'esprit utilisant les aspects de sens qu'il repère comme servant au mieux les rapports grammaticaux ou logiques des enseignes.

Application à Baudelaire

Une fois les relations changées, il ne s'arrête pas fréquemment aux mêmes interprétations qu'auparavant mais il peut les conserver en apparence. Si un rail se présente sous la forme “La Nature est un temple et tous les encens sont corrompus…” nous obtenons à nouveau rb(Nature~temple), rb(corrompus~encens), des heurts avec un gradient 1, parce que la glose rb(corrompus~encens) protège rb(Nature~temple) de mainte signification potentielle interne à “corrompus”.

§167
Théorie

Il s'avère utile de considérer une relation, la clenche, qui décrit l'influence favorable ou nuisible d'un groupe d'enseignes, le vrac S, sur une glose de problème, le cric. Le symbole général de la clenche, (-*) lu “envers”, est remplacé par (-#) lu “pour”, ou par (-µ) à lire “contre”, selon que l'influence prétend favoriser ou défavoriser le gradient. Le joug, la perspective, sera (-#) ou bien (-µ). Ainsi on examinera l'effet de «triomphants» vis-à-vis de rb(corrompus~encens) pour l'influence (triomphants-#rb(corrompus~encens)). À l'opposé on se penchera sur (-Et d'autres,-µrb(frais~corrompus)). Le cric sera mentionné certaines fois de façon aussi générale que possible, au moyen de rw*(A~E), avec “w*”, lu “w étoile”, désignant l'affirmation (b) ou bien la négation (d), pour la clenche (S-*rw*(A~E)), examinée quant à son degré de vraisemblance. Avec (b) on se trouvera devant le problème d'associer deux traces et avec (d), au contraire, devant celui de les dissocier.

Méthode

Pour le texte “il a organisé de manière folle son existence vaine”, avec le cric rb(organisé~folle), ce qu'apporte “vaine” méritera d'être analysé plus qu'amènent les autres enseignes.

Application à Baudelaire

User de paradoxes comme révélateurs conduit à mettre au jour aisément des rapports de signification, le poème de Baudelaire présentant cet intérêt parmi d'autres. Le contenu, pourtant, ne semble pas relever du tragique, parce que ce dernier suppose une vie composée par quelque puissance cachée aux victimes, alors que le poète insiste principalement sur l'acceptation des changements de l'âme [[1103]]: «Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.
»

§168
Théorie

La quantité de vraisemblance d'une clenche favorable (-#), ou nuisible (-µ), à cric positif (b), ou négatif (d), reçoit le nom d'arpent. Le vrac S comporte souvent une trace unique, mais jamais prise dans celles de la glose analysée rw*(A~E). Par ailleurs S ne consiste pas toujours en un sens de front, puisqu'un moellon suffit à le former. Le vrac pouvant être fait de plusieurs éléments, ainsi que le montre (-Et d'autres,-#rd(frais~corrompus)), nous le désignons éventuellement par le biais de maintes lettres, par exemple avec (FRSTV-#rb(A~E)). De surcroît les enseignes utilisées admettent certaines fois de la discontinuité, ainsi dans (confuses, confondent-#rd(répondent~parfums¹)).

Méthode

Les gloses d'atténuation opposeraient en bien des circonstances quelque obstacle au calcul et donc nos mesures ne les concernent pas. Il faudrait, pour elles, compter non seulement leur gradient, avec ou sans le passage qui exerce l'influence, mais encore celui du problème qu'elles éclairent. En multipliant de nombreuses quantités fort minces nous arriverions à du négligeable si fréquemment que le calcul deviendrait encombrant pour un exposé initial.

Application à Baudelaire

Il nous incombera, en revanche, d'étudier telle ou telle clenche faible, comme (-Et d'autres,-#rb(frais~corrompus)).

§169
Théorie

Ici l'influence du vrac s'éprouvera en l'ôtant du texte, par le retentissement de cette absence. Le niveau du gradient se modifiera, pour le cric, dès que le retrait se montrera décisif. La présentation du rail exigeant de rester acceptable, suite à cette disparition du vrac, il faut parfois un segment de texte, la griffe, complétant ou modifiant les enseignes, pour combler le vide. À l'intérieur d'elle on trouve fréquemment quelque moellon de ponctuation, afin de renouer avec un semblant de normalité. Mais il peut aussi l'occuper entièrement, ce qui arrive pour (:) quand on vient d'enlever (.) au cours de la transformation faisant passer de «…Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos…
»
à “…qui l'observent avec des regards familiers: comme de longs échos…”

Méthode

Dans les cas où la griffe comporte, à l'opposé, de nombreux vocables, on facilite la naissance de gloses neutres, pour mieux examiner comment le texte agit autour de la glose de problème sur laquelle porte l'influence. On rejette pour l'instant, à cause de cela, tout examen des influences pesant sur les gloses neutres.

Application à Baudelaire

Pour étudier l'influence des enseignes «Qui l'observent», quant au cric rb(symboles~regards), aucune griffe n'est requise. On obtient, par le retrait du vrac: “…l'homme y passe à travers des forêts de symboles avec des regards familiers.” La notion de la simple amitié, dont les êtres naturels donnent l'impression, fait songer aux écrits des romantiques groupés autour de Wordsworth, dont Sainte-Beuve cherche à décrire l'inspiration en ces mots [887]: «Dans ces solitudes muettes, sur le sein de ces lacs, dans le demi-jour de ces forêts, il leur semble que leur âme se fonde avec l'âme universelle; ils sentent une influence invisible et ineffable qui les exalte, les ravit et les purifie. C'est un mysticisme qui a quelque rapport avec le panthéisme de Pythagore. Pour eux, tout ce qui est visible, tout ce qui est doué de mouvement ou d'une voix, n'offre plus seulement des symboles obscurs ou des emblèmes fantastiques, mais de véritables révélations.»

§170
Théorie

Le caractère d'une clenche vient du type de pression affectant le gradient: le joug favorable (-#) ou nuisible (-µ). Au sein du cric le rapport des traces fait leur association (b), ou dissociation (d). La combinaison donne les genres (F-#rb(A~H)), (F-#rd(A~H)), (F-µrb(A~H)), (F-µrd(A~H)). Une clenche peut avoir une allure favorable positive (-#b), favorable négative (-#d), nuisible positive (-µb), nuisible négative (-µd).

Méthode

Si un logicien parlait du symbole (d), il prendrait quelque précaution avant de se référer à lui comme indiquant une simple négation. En effet “il vaut mieux associer” se nie par “il ne vaut pas mieux associer” avant de se nier par “il vaut mieux dissocier”. Cette dernière négation est ainsi fondée sur un renversement énergique dans le jugement et nous reconnaissons un processus voisin dans le rapport de (-µ) avec (-#).

Application à Baudelaire

Une fois donné “il vaut mieux associer que dissocier «corrompus» et «encens»”, la négation la plus douce “il ne vaut pas mieux associer «corrompus» et «encens»” possède une considérable différence avec “il vaut mieux dissocier «corrompus» et «encens»”. Pour la corruption elle-même, nous la décelons jusque dans l'agitation des grâces vaines et Baudelaire n'admire le dandy que s'il est animé de quelque rébellion significative, bannissant l'esprit creux, parfois tellement habile que Balzac en était impressionné [63]: «Il organisa son oisiveté de manière à être occupé. Victurnien alla tous les matins de midi à trois heures chez la duchesse; de là, il la retrouvait au bois de Boulogne, lui à cheval, elle en voiture. Si ces deux charmants partenaires faisaient quelques parties à cheval, elles avaient lieu par de belles matinées. Dans la soirée le monde, les bals, les fêtes, les spectacles se partageaient les heures du jeune comte. Victurnien brillait partout, car partout il jetait les perles de son esprit, il jugeait par des mots profonds les hommes, les choses, les événements: vous eussiez dit d'un arbre à fruits qui ne donnait que des fleurs. Il mena cette lassante vie, où l'on dissipe plus d'âme encore peut-être que d'argent, où s'enterrent les plus beaux talents, où meurent les plus incorruptibles probités, où s'amollissent les volontés les mieux trempées.»

§171
Théorie

La clenche de joug favorable (-#) possède comme signification élémentaire: “il résulte de la volonté du créateur que le vrac…exerce une influence des plus évidentes parmi celles qui favorisent la vraisemblance du cric…” On écrit (F-#rb(A~H) ou (F-#rd(A~H). La clenche de joug nuisible (-µ) admet le sens: “il résulte de la volonté du créateur que le vrac…exerce une influence des plus évidentes parmi celles qui défavorisent la vraisemblance du cric…” On le note (F-µrb(A~H) ou (F-µrd(A~H).

Méthode

Les distinctions en série d'opposés abstraits, examinés par couples, donnent le schéma le plus facile de toutes les connaissances articulées [734]-[754]. Cependant on arrive à une relation ternaire avec la clenche (F-*rw*(A~H)).

Application à Baudelaire

Au lieu d'analyser le tort causé à rb(Nature~temple), au moyen de rb(temple~corrompu), en référence à un rail comprenant le début “La Nature est un temple corrompu…” on cite une seule fois “temple” dans (corrompu-µrb(Nature~temple)). Baudelaire, sans aller jusqu'à l'extrémité représentée par le rail employé ici, réussit à compliquer, par l'évocation permanente du mal, un lyrisme angélique devenu propre à faire sourire [609]-[[1013]]: «Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose!
Mais la tristesse en moi monte comme la mer,
Et laisse, en refluant, sur ma lèvre morose
Le souvenir cuisant de son limon amer.
»

§172
Théorie

Lorsque deux clenches ont même cric et joug, mais un vrac distinct, elles forment chacune pour l'autre une doublure.

Méthode

Avec un cric déterminé, le vrac seul peut se modifier, quand nous établissons une comparaison entre plusieurs clenches, afin de voir si elles appartiennent bien aux “plus évidentes”. Les doublures admettent les formes générales (E-#rb(A~H)), (F-#rb(A~H)),I; (E-µrb(A~H)), (F-µrb(A~H)),II; (E-#rd(A~H)), (F-#rd(A~H)),III; (E-µrd(A~H)), (F-µrd(A~H)),IV.

Application à Baudelaire

L'énumération prend une allure concrète avec les cas (Nature-#rb(vivants~piliers)), (forêts-#rb(vivants~piliers)),I; (Nature- µrb(vivants~piliers)), (forêts -µrb(vivants~piliers)),II; (Nature-#rd(vivants~piliers)), (forêts-#rd(vivants~piliers)),III; (Nature-µrd(vivants~ piliers)), (forêts-µrd(vivants~piliers)),IV. Dans la pensée de l'époque où l'auteur a vécu, même hors des milieux exclusivement artistiques, la notion d'un temple naturel était fort courante. Un médecin anglais l'employa même, quelque vingt années avant la naissance de Baudelaire, pour donner un titre à tel de ses poèmes didactiques [245].

§173
Théorie

Pour (, les couleurs et les sons-#rb(répondent~parfums¹)), il faut comprendre: “il résulte de la volonté du créateur que le vrac «, les couleurs et les sons» exerce une influence des plus évidentes parmi celles qui favorisent la vraisemblance de l'association entre «répondent» et «parfums» faisant problème”.

Méthode

Il n'est pas gênant de symboliser aussi bien les enseignes individuelles que leurs groupes, au moyen de majuscules comme H ou R,S,T parce que le contexte indique suffisamment à quoi se rapporte chaque symbole.

Application à Baudelaire

Puisqu'on éprouve la valeur des influences, au moyen de la suppression du vrac, cette réunion de «,», «les», «couleurs», «et», «les», «sons», avec la perspective de sonder leur influence, concernant rb(répondent~parfums¹), est un fait qui revêt de l'importance, car si ce n'était pas réalisé, après l'effacement de «couleurs», il resterait «sons» et plusieurs indices encombrants pour la nouvelle signification. Inversement, il convient de soigner la griffe, pour que le texte demeure intelligible. Comme le flou se produit aussitôt que le découpage des mots a été mal fait, il ne suffit pas de s'en remettre aux capacités immenses de trouver un sens à tout vocable [907]. S'il est vrai, par ailleurs, que la frontière de l'aisé à comprendre s'obtient avec le style télégraphique, la correction le rejette, de sorte que finalement la griffe doit bien être prescrite [196]-[197].

§174
Théorie

Avec la clenche (-Et d'autres,-µrb(corrompus~enfants)), nous obtenons l'idée suivante: “il résulte de la volonté du créateur que le vrac «-Et d'autres,» exerce une influence des plus évidentes parmi celles qui défavorisent la vraisemblance de l'association entre «corrompus» et «enfants» posant un problème”.

Méthode

Dans le cas où l'influence possède une certaine solidité, un changement capital dans l'intuition doit survenir, au moment où le vrac est enlevé.

Application à Baudelaire

En relation proche ou lointaine avec l'idée ici considérée, il est souvent rappelé qu'un élève, ayant connu Baudelaire, lui prêta, longtemps après, des amitiés particulières. Claude Pichois, cependant, ne cache nullement ses doutes à ce propos [588]. Le dandysme du jeune homme peut avoir engendré, quant à l'image conservée de lui, un effet rétrospectif nourri d'amertume [605].

§175
Théorie

Le cordon est formé par quelque vocable, support, ou marque ordinaire d'expression, comme la virgule ou le bref silence qui sépare les mots. Le sens provisoire, passager ou définitif d'un cordon reçoit le nom d'amarre. On imagine (n) rails en partant du texte à étudier, le deuxième comprenant le premier, le troisième incluant le précédent et cela jusqu'au bout de l'ouvrage considéré. On méditera utilement de la sorte, mais de façon très limitée, sur la genèse du sens. Le créateur original sera uniquement celui du texte fini et une série d'autres créateurs, les vigies, devra être conçue pour les rails partiels.

Méthode

Un point-virgule constitue un cordon, le sens final qu'il porte se nommant de façon très différente un moellon. Par ailleurs tandis que l'amarre possède un caractère parfois transitoire, l'enseigne se montre un sens nécessairement définitif.

Application à Baudelaire

Pour ce qui touche le domaine grammatical, dans „Correspondances“ le onzième vers ouvre sur le second tercet, alors que le saut de ligne marque une forte séparation, chose montrant que l'organisation poétique ne donne pas tous les moyens de saisir le sens. Les interruptions du texte facilitant l'étude s'exposeront à un autre danger, celui de laisser entrevoir une fin différente. Balzac réfléchissait ainsi à un problème voisin [81]: «Souvent la perfection dans les œuvres d'art empêche l'âme de les agrandir. N'est-ce pas le procès gagné par l'esquisse contre le tableau fini, au tribunal de ceux qui achèvent l'œuvre par la pensée, au lieu de l'accepter toute faite?» La critique doit convenir qu'elle manque de moyens pour retrouver un sens issu de causes trop nombreuses pour être démêlées absolument. Le romancier conçoit un musicien pensant à cela [82]: «Je vois les mélodies face à face, belles et fraîches, colorées comme des fleurs; elles rayonnent, elles retentissent, et j'écoute, mais il faut un temps infini pour les reproduire.» La mémoire organise à neuf les idées ou images [83]: «La déesse se dresse radieuse du fond des abîmes du cerveau, elle court à ses cases merveilleuses, les effleure comme un organiste frappe ses touches. Soudain s'élancent les Souvenirs, ils apportent les roses du passé, conservées divinement et toujours fraîches.»

§176
Théorie

Pour (F::H-#rd(R~S)), voyons le cas de (corrompus::triomphants-#rd(autres~frais). La signification en est: “il résulte de la volonté du créateur que le vrac ayant pour départ "corrompus" et finissant avec "triomphants" exerce une influence des plus évidentes parmi celles qui favorisent la vraisemblance de la dissociation entre "autres" et "frais" amenant un problème”.

Méthode

Le caractère plausible de (H-#rd(R~S)) peut rester paradoxalement faible, quand le créateur a glissé, dans le rail, avant (H), le germe (F) de l'idée affectant rd(R~S)). Il convient alors de choisir un vrac (F…H) ou (F::H) unissant F et H.

Application à Baudelaire

Avant «corrompus», les termes «répondent», «familiers», «regards», «observent», «paroles», fournissent une avant-garde pour cette idée que les êtres inanimés possèdent qualités ou vices. Nous imaginons facilement que la confusion provient de l'usage qui fait glisser, par exemple, de la fraîcheur des matinées aux fleurs nouvellement écloses. Il reste pourtant difficile de prêter avec sûreté ce point de vue à Baudelaire qui ne cachait nullement son admiration pour Maistre se moquant de Locke [514]-[679]: «Quelle odeur de magasin!» écrivait l'aristocrate savoyard. Il n'est cependant pas non plus certain que ce soit l'entière doctrine sur le poids de l'expérience qui ait rebuté le poète, car l'empiriste anglais avait mérité cet humour en déclarant que son livre sur le fonctionnement des images mentales valait son prix monétaire par les avantages qu'il procurait dans l'existence quotidienne [505]. L'amusement de Baudelaire pouvait uniquement porter sur cette confusion entre métaphysique de l'esprit et pratique de la vie courante.

§177
Théorie

Dans le cas où de très nombreuses enseignes possèdent solidairement le caractère de vrac, la description de la clenche peut devenir (KL::UVWXYZ-*rw*(J~E)), par exemple (de symboles::de l'esprit et des sens-µrb(forêts~temple)) à lire comme “il résulte de la volonté du créateur que le vrac ayant son début avec "de symboles" et se poursuivant jusqu'à "…de l'esprit et des sens" exerce une influence des plus évidentes parmi celles qui défavorisent la vraisemblance de l'association entre "forêts" et "temple" faisant problème”. De façon analogue (Il::sens-#rb(Nature~temple)) envisagera un vrac très étendu.

Méthode

Les enseignes étant les idées ultimes pour les cordons, plusieurs amarres donnent souvent des contenus transitoires qui ensuite paraissent n'avoir été qu'une préparation au plus important. Le dispositif constitue le ressort de nombreuses plaisanteries comme “-Pourquoi n'es-tu pas venu à la dernière assemblée? -Comment pouvais-je deviner qu'on allait en finir?” Le vocable “dernière” accueille d'abord le sens “ce qui vient d'avoir lieu” et reçoit ensuite une autre idée: “ce qui supprime”.

Application à Baudelaire

«La Nature est un temple…» se munit d'un sens nouveau quand vient de quoi écrire rb(corrompus~encens) mais éventuellement la présente analyse restera incapable de mesurer quelque chose à ce propos.

§178
Théorie

S'il faut enlever simultanément diverses zones de l'ouvrage, on aura (A::F(…)J(…)P::Z-*rw*(H~R)), par exemple avec la clenche (Correspondances::répondent(…)parfums²(…)Doux::sens-µrd(frais~enfants)), de signification: “il résulte de la volonté du créateur que le vrac discontinu, commençant par "Correspondances" pour arriver à "répondent" puis incluant juste "parfums²" et repartant avec "Doux" en allant jusqu'à "sens", exerce une influence des plus évidentes parmi celles qui défavorisent la vraisemblance de la dissociation entre "frais" et "enfants" posant problème”.

Méthode

Défavoriser la dissociation (-µd) c'est favoriser l'association (-#b) mais le calcul de (A::F(…)J(…)P::Z-µrd(H~R)) comme celui de (A::F(…)J(…)P::Z-#rb(H~R)) exigeant un gradient de cric, mieux vaut conserver deux formes, pour bénéficier en chaque circonstance de la meilleure vraisemblance possible.

Application à Baudelaire

Le gradient qu'il faudra envisager dans le cas de rd(frais~enfants) se montrera inférieur à celui devant être compté avec rb(frais~ enfants) et inversement pour d'autres enseignes. Avec le début paisible du sonnet associé à une fin amère ou démoniaque Baudelaire a pu vouloir suggérer une correspondance devenue gênée de l'être humain au monde naturel. Semblant fort peu constant, on le décrit comme ayant connu un itinéraire politique non dépourvu de surprise, mais il n'est pas aisé de le suivre dans une reconstitution du chemin de pensée l'amenant à déplorer certaines transformations, même si Barbey, devenu son ami, s'aventura plus avant, inquiet pour la grandiose lande située à quelques lieues du château familial [96]: «Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille ménagère qui n'a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne comprend pas plus les divines ignorances de l'esprit, cette poésie de l'âme qu'elle veut échanger contre de malheureuses connaissances toujours incomplètes, qu'elle n'admet la poésie des yeux, cachée et visible sous l'apparente inutilité des choses.»

§179
Théorie

La relation (-*), soit (-#) ou (-µ), interne à une clenche, ne se montre pas inversable, puisque, dans le cas opposé, (rw*(A~H)-*S) ne prendrait ici aucun sens reconnu. Avec les influences décrites de manière correcte le seuil du négligeable pour l'arpent est atteint avec le niveau 1/16: le même que celui sous lequel un gradient perd toute valeur. Donc nous élargissons la notion de rivetage.

Méthode

Une force négligeable appartient néanmoins à l'objet d'étude, puisqu'il y a un grand intérêt à se défaire d'illusions de connaissance [723].

Application à Baudelaire

Ainsi la clenche (homme-#rd(Nature~temple)) possédera un gradient faible, de par son cric à vraisemblance basse, qui sera compté au sein de l'arpent. Nombreuses durent être les transformations qui, en partant du collégien penché sur le rapport "artiste-monde", aboutirent au poète [[1081]]: «Combien faut-il de fois secouer mes grelots
Et baiser ton front bas, morne caricature?
Pour piquer dans le but, mystique quadrature,
Combien, ô mon carquois, perdre de javelots?
Nous userons notre âme en de subtils complots,
Et nous démolirons mainte lourde armature,
Avant de contempler la grande Créature
Dont l'infernal désir nous remplit de sanglots!
»

§180
Théorie

L'arpent ou mesure de la vraisemblance, obtenue par une clenche, consiste dans le produit que forment le gradient du cric -avec ou sans le vrac- et une autre grandeur, le fret, de niveau 1/t*s*q*e*p*f*z*g* j*. Les quantités figurant au dénominateur prennent le nom de poinçons. Si on recherche une influence qui élève le gradient, on calcule avec le joug (-#) et on emploie au contraire (-µ) pour la détermination d'une action envisagée comme l'abaissant.

Méthode

Concernant un même joug, la vraisemblance diffère selon que le vrac fait monter ou descendre le gradient, ou ne change rien et, à cet égard, peu importe que le cric admette (rb) ou (rd). La distinction, en revanche, court le risque d'être masquée si le gradient à compter se montre faible.

Application à Baudelaire

La clenche (symboles-#rb(paroles~verts)) procure un cric de signification peu claire, malgré l'effet amusant du lien entre les termes. Cette obscurité de la glose qui subit l'influence endommage aussitôt l'entreprise d'appréciation, puisqu'on ignore largement l'objet affecté. L'auteur, au moment de créer, possède une tout autre perspective, agençant de surcroît les mots d'après la finalité du beau [496]-[590]-[[1114]: «…Je vais m'exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés,
Heurtant parfois des vers depuis long-temps rêvés.
»

§181
Théorie

Le fret, au sein de l'arpent, comporte neuf poinçons. Parmi eux les coins t*, s* dépendent uniquement de l'intuition globale de la clenche. D'autre part les moniteurs q*, e*, p*, f*, z*, g*, j* doivent suivre ce qui arrive aux composantes du cric lorsque le vrac est supprimé. Ils portent le nom de la composante dont ils représentent le sort, accompagné de la mention “étoile” comme pour z* décrivant l'épreuve subie par (z).

Méthode

La présence d'un butoir, pour cette illustration, préserve la critique de l'erreur, mais, en général, nous voyons un tel avantage nous échapper, même s'il convient de toujours le chercher.

Application à Baudelaire

Examinons la clenche (d'-#rb(chairs~enfants)). Le vrac une fois ôté, le gradient qui revient à rb(chairs~enfants) ne peut que s'élever, car l'incertitude frappe maintenant la relation interne au cric. La supposition d'un risque moral ne pouvait empêcher de reconnaître cent mérites aux chairs féminines [115]: «Le roi David était vieux et avancé en âge. On le couvrit d'habits, mais il ne se réchauffait pas. Ses serviteurs lui dirent: "Qu'on cherche pour mon seigneur le roi une jeune fille vierge…"» Baudelaire, s'adressant à quelque amie, célèbre à son tour cette puissance [[1108]]: «David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté!
»

§182
Théorie

Une règle devient ici nécessaire: le raccord. Une fois le vrac supprimé, le gradient du cric demeure parfois le même, alors que des composantes ont changé. Ainsi de façon élémentaire, imaginons qu'en présence du vrac, le gradient (h) vaille 1/qepfzgj=1/(1)(1)(1)(1)(1)(g)(j) pour g=1 et j=2. Il s'élève donc à 1/ ((g)(j))=1/((1)(2))=½. Il sera quelquefois compté h’=1/(1)(1)(1)(1)(1)(g’)(j’)=1/((2)(1))=½ sans le vrac. Pour n'importe quelle situation où l'égalité de gradient est assurée avec et sans le vrac, on admettra que nul changement n'est advenu. Ce jugement de base, le raccord, aboutit à faire comme si aucune des composantes ne s'était modifiée.

Méthode

Les capacités en matière d'exactitude sont clairement insuffisantes, pour autoriser à compter une altération dans le détail, quand la mesure d'ensemble reste fixe. On examine ici des apparences très complexes, relatives au fonctionnement de l'esprit et on saisit leur va-et-vient en dehors de toute compréhension satisfaisante [748]. Déclarer, même, que le vrac élève ou abaisse le gradient relève du schéma, puisque ce gradient s'est fixé pour l'accompagnement du vrac [101]. Jean-Pierre Dumont et, avant lui, Victor Brochard ont su montrer que l'analyse des phénomènes du monde physique s'est largement développée ainsi, dans l'acceptation d'une connaissance limitée [167]-[287]-[288]. Le savant, habitué à des branches de la pensée où domine une rigueur impeccable, doit éviter de voir comme solidaire d'une absence de justesse l'observation technicienne. Celle-ci possède les moyens d'obtenir avec les mêmes choses un résultat systématiquement identique. Le germe de la rigueur se trouve là et il permet d'établir les premières apparences tenaces, pour un domaine flou autant que nouveau. Cependant agir sans comprendre, surtout dans la sphère des notions, paralyse dans la routine, de sorte qu'il faut une aide plus instruite pour superviser la réflexion. Les mathématiques, avec leur difficulté à supporter autre chose que le vrai ou bien le faux, ainsi que leur liaison facile aux mesures, procurent le modèle.

Application à Baudelaire

Soit la clenche (parfums¹, les-#rb(parfums²~répondent)), avec «parfums» emprunté au huitième, puis au neuvième vers. Quand le cric est un heurt, avec le vrac, ses glissoirs valent g=1 et j=2 parce que le sens “équilibrent” fait palier concernant «répondent». En l'absence du vrac le cric tombe dans le statut de glose de problème sans heurt. Les glissoirs deviennent g’=2 et j’=1 parce que le terme «répondent», avec sa double signification, fait davantage problème que «parfums», au plan du commentaire simple. Il faut donc, par le raccord, tenir que tout se passe comme si les valeurs g=1, j=2 avaient été maintenues. Le risque de compter un remaniement de l'analyse comme un bouleversement du texte semble trop grand pour autoriser un autre choix.

§183
Théorie

L'influence mesurée doit être des plus évidentes, car les connaissances nous manquent pour saisir les autres. Cela mène à définir les coins, deux grandeurs appartenant à l'ensemble des poinçons, qui facilitent le rejet dans le négligeable des pressions les plus obscures. D'abord, il faut reconnaître une quantité 2 placée au dénominateur du fret, vis-à-vis des clenches difficilement compréhensibles. En outre il convient d'affecter pareillement le résultat du calcul, dès lors qu'une doublure de la clenche paraît intuitivement peser bien davantage qu'elle, sur le cric.

Méthode

En revanche une doublure aussi évidente qu'elle ne la menace nullement et, comme l'intuition préalable au calcul demeure chose incertaine, cela permettra un grand nombre de rivales.

Application à Baudelaire

La clenche (-Et d'autres,-#rb(corrompus~frais)), au départ, semble presque absurde. L'auteur, avec son goût de la corruption, eut raison de saluer en Gautier un maître [4]-[5]-[407]: «…A Séville on fait voir, dans le grand hôpital,
Deux tableaux singuliers de Juan Valdes Léal.
Ce Valdes possédait, Young de la peinture,
Les secrets de la mort et de la sépulture;
Comme le Titien les splendides couleurs,
Il aimait les tons verts, les blafardes pâleurs,
Le sang de la blessure et le pus de la plaie,
Les martyrs en lambeaux étalés sur la claie,
Les cadavres pourris, et dans des plats d'argent,
Parmi du sang caillé, les têtes de saint Jean…
»
La notion d'un secret nous rappelle aussi une des constantes préoccupations de Baudelaire [406]: «Tu ne dédaignes rien de ce que l'on méprise;
Nul haillon, Ribeira, par toi n'est rebuté:
Le vrai, toujours le vrai, c'est ta seule devise!
Et tu sais revêtir d'une étrange beauté
Ces trois monstres abjects, effroi de l'art antique,
La Douleur, la Misère et la Caducité.
… D'où te vient, Ribeira, cet instinct meurtrier?
Quelle dent t'a mordu, qui te donne la rage,
Pour tordre ainsi l'espèce humaine et la broyer?
Que t'a donc fait le monde, et, dans tout ce carnage,
Quel ennemi secret de tes coups poursuis-tu?
Pour tant de sang versé quel était donc l'outrage?
»
Celui que Baudelaire honore compare aussi deux peintres en ces mots [408]: «Tes moines, Lesueur, près de ceux-là sont fades.
Zurbaran de Séville a mieux rendu que toi
Leurs yeux plombés d'extase et leurs têtes malades,
Le vertige divin, l'enivrement de foi
Qui les fait rayonner d'une clarté fiévreuse,
Et leur aspect étrange, à vous donner l'effroi.
»

§184
Théorie

Le poinçon t* est le coin plat et il dévalorise numériquement la situation dans laquelle, intuitivement, la clenche paraît si douteuse qu'elle perd tout intérêt devant l'exigence de figurer parmi les plus évidentes. Alors t*=2 et au contraire t*=1 si la force concernée possède une netteté d'apparence impossible à nier.

Méthode

En cas d'incertitude, il convient de chercher la finalité poursuivie par le créateur, mais en évitant de laisser de côté la documentation, car deviner au moyen de la communion prétendue avec l'auteur s'accompagne de risques d'illusion collective ou subjective. Dilthey a justement souligné que la substitution en esprit caractérise les disciplines étudiant le résultat de la pensée, mais il semble périlleux d'accepter que cette démarche leur donne quelque supériorité, vis-à-vis de celles qui analysent leur objet purement de l'extérieur, comme la physique, où le savant se passe fort bien de toute identification à son matériel [281]-[282]. Le partage des notions restant néanmoins inévitable, concernant une poésie, on demandera le consensus de la critique pour atténuer le risque d'abus interne à ce procédé.

Application à Baudelaire

La clenche (forêts-#rb(vivants~piliers)) bénéficie d'une telle clarté que le coin plat 1 est requis, de même qu'il s'avère indispensable pour (Nature-#rb(vivants~piliers)).

§185
Théorie

Si une doublure de la clenche paraît intuitivement bénéficier d'un vrac bien plus influent que le sien, alors le coin rugueux s* atteint le niveau 2. Au contraire s*=1 quand le vrac semble au moins égal, pour sa force, à ceux des clenches de même cric.

Méthode

La précision interne à l'énoncé de la clenche, touchant une influence “des plus évidentes”, exige la comparaison des vracs. Cependant l'intuition des coins agit sans aucune sorte de numérisation, parce que le calcul employant s* autant que t*, il ne saurait opérer en utilisant, à l'intérieur de lui, son résultat. Les coins ne sont pas non plus examinés en ôtant le vrac, mais intuitivement, d'après le seul texte initial.

Application à Baudelaire

Ainsi, nous effectuons d'abord un survol des clenches (triomphants-#rb(corrompus~encens)) et (riches-#rb(corrompus~encens)), afin de voir, pour chacune, si l'autre ne serait pas une doublure de bien meilleure vraisemblance qu'elle-même. Le voisinage des odeurs du haschisch et de l'encens a souvent été remarqué. La corruption va jusqu'à porter dommage aux facultés de se repérer dans la vie courante, surtout quand elle se tire d'un stupéfiant. Une activité s'exerce touchant les manières de recevoir la distinction des objets et leur changement. La chose doit se faire en modifiant le rapport entre le confondu et le différent, surtout concernant l'espace. D'un autre côté, il doit y avoir une modification du rapport entre les changements perçus comme internes et ceux perçus comme externes, au regard principalement du temps [24]. Baudelaire décrit volontiers quelques effets des produits agissant de cette manière [75]-[654]: «Les proportions du temps et de l'être sont dérangées par la multitude innombrable et par l'intensité des sensations et des idées. On vit plusieurs vies d'homme en l'espace d'une heure. C'est bien là le sujet de "la Peau de chagrin". Il n'y a plus équation entre les organes et les jouissances. De temps en temps la personnalité disparaît. L'objectivité qui fait certains poètes panthéistiques et les grands comédiens devient telle que vous vous confondez avec les êtres extérieurs. Vous voici arbre mugissant au vent et racontant à la nature des mélodies végétales.» 80

§186
Théorie

Les poinçons q*, e* assurent le monitorat des taillants (q), (e). Pour la situation (-#), si une hausse du taillant est amenée par suppression du vrac, cela montre qu'il maintenait basse la quantité (q) ou (e), de sorte qu'il faut en conclure, pour le taillant étoile, q*=1 ou e*=1. Il suffit qu'un terme jamais compromis dans un heurt et livrant une interprétation valable d'un pivot soit retiré, pour que le taillant q=1 donne q’=2, ou que l'autre e=1 soit remplacé par e’=2. Lorsque la quantité du taillant concerné demeure identique, le taillant étoile reste à 1. Ce n'est que pour une diminution du taillant, lorsque le vrac disparaît, que l'on trouve q*=2 ou e*=2. Comme une baisse du taillant est procurée avec (-#) quand on ôte le vrac, il devient inévitable de penser que les enseignes qui le constituent maintenaient élevé (q) ou (e), donc nuisaient au gradient. Le vocable “petite” de “La grande petite Nature est un temple…” une fois enlevé, le taillant gauche dans rb(N~Nature) accède au plan 1, car le terme “grande”, qui était annulé par le biais de “petite”, se voit disponible à nouveau pour expliquer le N du cric.

Méthode

Les taillants étoile suivent avec une docilité irrégulière les modifications de gradient, puisque dans le cas du joug (-#) le passage de q=1 à q’=2 induit q*=1, ce que ferait aussi la conservation des choses en place.

Application à Baudelaire

Pour (la voix de la divinité -#rb(N~Nature)) et un rail commençant avec: “Dans la Nature la voix de la divinité se modèle un temple…” on obtient q=1, en ce que “divinité” fournit un commentaire du N sans appartenir à un heurt. Au moment où le vrac est soustrait on obtient q’=2, parce que la notion de puissance inconnue rendait service au cric rb(N~Nature) et ce résultat justifie q*=1. L'écho naturel conduit à penser aux cavernes des initiations effrayantes ou ravissantes de mainte secte antique, pensant révéler aux clartés du feu la plus haute vérité par un mouvement de l'esprit auquel s'opposent parfois les amoureux du jour [747]-[749].

§187
Théorie

Dans les cas de joug (-µ), quand l'absence de vrac donne un taillant abaissé, q* ou e* vaut 1. Si, au contraire, se produit une hausse, q* ou e* atteint 2. Pour un taillant ne présentant aucune altération, le taillant étoile reste à 1.

Méthode

Les influences étudiées par ces mesures demeurent circonscrites à ce qui possède une base dans le texte. Ainsi toute force immédiate relative aux circonstances physiques et sociales de la formulation est exclue de l'objet d'analyse. La proposition "Vénus est voilée" pourra être interprétée comme visant une femme, la déesse, ou une planète, tout cela en rapport avec le milieu où survient l'énoncé. Mais ici un accès uniquement indirect à ce domaine sera livré par la critique scrutant l'ouvrage.

Application à Baudelaire

Avec un rail débutant par les mots “La majestueuse Nature est un temple…” nous obtenons la clenche (majestueuse-µrd(N~temple)). En supprimant le vrac nous menons le taillant de N depuis 1 jusqu'à 2. Cela fournit une preuve que “majestueuse” favorise la vraisemblance du cric et donc il faut accepter q*=2. De toute façon, le gradient sera tellement bas que le résultat d'ensemble ne pourra briller. L'aspect grandiose des apparences naturelles joue un rôle dans la notion de "Nature-temple". Sénèque décrit le sentiment alors éveillé [914]: «Si tu arrives devant une futaie antique d'une hauteur extraordinaire, bois sacré où la multiplication et l'entrelacs des branches dérobent la vue du ciel, la grandeur des arbres, la solitude du lieu, le spectacle impressionnant de cette ombre si épaisse et si continue au milieu de la libre campagne te feront croire à une divine présence. Cet antre tient sur des rocs profondément minés une montagne suspendue; il n'est pas de main d'homme; des causes naturelles ont créé l'énorme excavation: le sentiment d'un religieux mystère saisira ton âme. Nous vénérons la source des grands fleuves; des autels marquent la place où une rivière souterraine a soudain largement jailli. On honore d'un culte les sources d'eaux thermales. La sombre couleur, l'insondable profondeur de leurs eaux ont conféré à certains étangs un caractère sacré.»

§188
Théorie

La perche étoile p* sert de moniteur à (p), la perche du cric. Avec (-#) en ôtant le vrac du rail, si la perche ne change pas, on trouve p*=1. Si p’=2 succède à p=1, alors p*=1. Si p’=1 suit p=2, alors p*=2.

Méthode

Comme la perche arrive à 1 pour les heurts, il suffit parfois de se demander pour fixer la perche étoile si l'absence du vrac donne le statut de heurt au cric, ou l'efface.

Application à Baudelaire

L'enseigne “problème” dans “… L'homme, ce qui pose un problème, y passe à travers des forêts de parfums…” autorise rb(forêts~ parfums¹) à bénéficier de p=1, car le rail énonce lui-même qu'une difficulté se présente. Une fois ôté “, ce qui pose un problème,” p’=2 devient nécessaire et donc pour la clenche (, ce qui pose un problème,-#rb(forêts~parfums¹)) la conclusion p*=1 s'avère inévitable. Pour qui examine grossièrement le bagage culturel de l'auteur, il apparaît que la relation "parfums-forêts" ne doive pas être tenue pour secondaire, malgré la réputation qu'il a su gagner comme poète de l'amour dans la ville moderne. Certes, Robert Kopp souligne avec justesse l'ignorance où l'on est du contenu précis des programmes conçus à l'époque dans le cadre scolaire, mais on le soupçonne copieux, quant aux humanités [482]. Il faut également prêter attention au fait que les adolescents avaient la possibilité d'être instruits par le biais de la culture des professeurs, indirectement utilisée au moment des leçons [594]-[597]. Le jeune latiniste dut, au Concours Général, traiter en vers «Philopémen aux Jeux néméens» et Claude Pichois fait état, pour 1836, d'un premier accessit gagné par le futur artiste, né en 1821 [596]-[790]. Il résume ainsi le palmarès «du 17 août 1836» pour l'élève Baudelaire, dans le cadre de son collège cette fois [596]: «1 er prix de vers latins; 2e prix de version grecque; 3e accessit de thème latin; 3e accessit de thème grec; 3e accessit de dessin; 1er accessit de langue anglaise.» Si le poète eut vite soif de l'agitation du monde, son attirance pour l'étude classique a laissé un caractère aisé à reconnaître, sur la forme de sa mémoire [99]. Voulant passer d'une enquête à l'autre, Pline donne cette introduction [768]: «Jusqu'ici, nous n'avons considéré que les odeurs fournies par les forêts. Chacune d'elles, en soi, était déjà merveilleuse. Le luxe s'est plu à les mélanger toutes entre elles, et à tirer de leur ensemble une odeur unique. Ainsi furent inventés les parfums. La tradition n'a pas gardé le nom de leur inventeur. Au temps de la guerre de Troie, ils n'existaient pas encore, et l'encens ne s'employait pas dans les sacrifices. On ne savait encore que brûler des rameaux d'arbres…Pourtant l'eau de rose était déjà connue, puisqu'elle est aussi nommée dans l'Iliade comme une huile précieuse.» Le même auteur montre l'enchaînement de la délicatesse [773]: «…le luxe, qui se glorifie d'avoir vaincu la nature en créant les parfums, a également, avec les étoffes, défié les fleurs à qui leurs couleurs donnent du prix.» Le cours des choses [772]«…fit tant de progrès qu'on ne prisa plus que les couronnes faites seulement de pétales cousus, puis les couronnes demandées à l'Inde ou au-delà de l'Inde. Car la suprême élégance est d'offrir des couronnes de feuilles de nard ou de tissu de soie multicolore et inondé de parfums.»

§189
Théorie

Pour (-µ), avec la perche diminuant au moment de la soustraction du vrac, nous admettons p*=1 et, si elle croît, p*=2. L'absence de modification donne p*=1.

Méthode

Si, une fois enlevé un vrac très explicatif de quelque grave difficulté, d'autres enseignes jouent le même rôle, une perche 2 reste possible.

Application à Baudelaire

Avec (pénétrante-µrb(choses~infinies)), un rail usant des mots “…Ayant la force expansive et pénétrante des choses infinies…” le vrac ne permet nullement au cric le statut de heurt. Mais la suppression de “pénétrante” laisserait “expansive” fournir l'intelligibilité de la glose, ce qui éviterait encore d'obtenir un heurt. Par ailleurs nul problème n'étant signalé qui autoriserait p=1, il faut se résoudre à écrire p=2=p’, ce qui justifie la perche étoile p*=1. Les forces psychologiques passionnent l'époque, très marquée par les trouvailles de Galvani [253]-[589]. S'insinuant à l'intérieur du corps, le parfum conduit aux plus doux transports. L'individu s'abandonne au milieu du triomphe, devenant lascif, paresseux, ivre, comme il était quelques heures auparavant énergique, dur, impitoyable avec ses propres désirs. La puissance intérieure a été usée par l'équivalent positif de ce que la torture ou la mauvaise fortune apportent négativement. Ce point a beaucoup intéressé Balzac [69]: «Le fer cède à certains degrés de battage ou de pression réitérée; ses impénétrables molécules, purifiées par l'homme et rendues homogènes, se désagrègent; et, sans être en fusion, le métal n'a plus la même vertu de résistance. Les maréchaux, les serruriers, les taillandiers, tous les ouvriers qui travaillent constamment ce métal en expriment alors l'état par un mot de leur technologie: "Le fer est roui!" disent-ils en s'appropriant cette expression exclusivement consacrée au chanvre, dont la désorganisation s'obtient par le rouissage. Eh bien! l'âme humaine, ou, si vous voulez, la triple énergie du corps, du cœur et de l'esprit se trouve dans une situation analogue à celle du fer, par suite de certains chocs répétés.» Balzac note que le chemin opposé, menant de l'abattement au triomphe organisateur, est aussi obscur [68]: «Moi, reprit le médecin, je n'ose plus assigner de limites à la force nerveuse. C'est d'ailleurs ainsi que les mères, pour sauver leurs enfants, magnétisent des lions, descendent dans un incendie, le long des corniches où les chats se tiendraient à peine, et supportent les tortures de certains accouchements. Là est le secret des tentatives des prisonniers et des forçats pour recouvrer la liberté…On ne connaît pas encore la portée des forces vitales, elles tiennent de la puissance même de la Nature, et nous les puisons à des réservoirs inconnus!» Prarond a conté comment Baudelaire, soulignant sa communauté de pensée avec le romancier, lui aurait parlé de leur entretien spontané, peut-être inventé [604]: «Balzac et Baudelaire s'avançaient en sens contraire, sur un quai (de la rive gauche). Baudelaire s'arrêta devant Balzac et se mit à rire comme s'il le connaissait depuis dix ans. Balzac s'arrêta comme devant un ami retrouvé. Et ces deux esprits, après s'être reconnus d'un coup d'œil et salués, cheminèrent ensemble, causant, discutant, s'enchantant, ne parvenant pas à s'étonner l'un l'autre.»

§190
Théorie

Le taquet étoile f* a pour fonction de servir de moniteur au taquet du cric. Avec (-#) ou (-µ) aussi bien, quand les mesures avant et après la suppression du vrac sont égales, on obtient f=f’ et donc f*=1. Dans la situation (-#) où f=1 est remplacé par f’=2, le dispositif montre que le rail initial favorisait le cric, de sorte que f*=1 est avéré. Si f=2 est chassé par f’=1, on admet forcément que l'état de choses original freinait le gradient, ce qui justifie f*=2. Dans le cas (-µ) si f=2 se voit supplanté par f’=1, alors f*=1. Si au contraire f=1 est évincé par f’=2, alors f*=2.

Méthode

Il convient de rappeler que (f) contrôle la netteté du lien unissant les traces du cric et qu'il suffit d'une marque d'ironie, pour obtenir f=2. La chose arrive, concernant rb(je~fou), employé eu égard au rail “je suis fou de me croire tel”. Une interrogation, également, procure f=2, ce qu'on voit pour rb(il~prépare), résumant un aspect de “se prépare-t-il?”

Application à Baudelaire

Examinons f* pour (encens-#rb(corrompus~temple)). Comme tout butoir manque, pour lier nettement les enseignes «corrompus» et «temple», il faut admettre f=2. Puisque «encens» n'a strictement rien à voir avec l'absence d'union absolue entre les traces de la glose, f’=2 et donc f*=1. Il existe bien une ligne de pensée “encens-corrompus-temple”, mais la dernière liaison manque d'un butoir. Capable de fléchir les divinités, l'encens procure un moyen de salut qu'on utilise contre les maladies ou crimes. Lors des malheurs de Thèbes, quand règne Œdipe, les suppliants dirigent leurs pas vers les autels [921]«…Et la ville est pleine d'encens,
pleine de péans et de lamentations.
»

§191
Théorie

Il reste à déterminer, avec d'abord (-#), si le vrac est pour quelque chose dans l'espacement intérieur du cric. Après avoir supprimé ce vrac nous obtenons (z’) au lieu de (z). Si z=z’, alors l'espacement intérieur étoile z* vaut 1. Si z<z’, c'est que le vrac profite à (z) dans le gradient de rw*(A~E) et donc z*=1 à nouveau. Si z’<z, cela montre que le vrac nuit au gradient et ainsi z*=z.

Méthode

Dans le cas où l'enseigne influente se compose de quelque moellon, comme «:» ou «.», il en va exactement de même que pour une trace.

Application à Baudelaire

Pour (y-#rb(Nature~homme)), vu que la glose, une fois le «y» disparu, fait voir un espacement intérieur 2+(1(10/10))=3=z’, au lieu de z=1 auparavant, cela en raison de la coupure de sens opérée, il faut conclure que z* s'élève à 1. Le rapport “Nature-homme” remet en mémoire l'idée qui octroie au féminin le pôle naturel par excellence du couple “homme-femme”. Baudelaire parvient, lors de mainte occasion, à transformer poétiquement cette conception [[982]]: «Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
De tes bras et de tes épaules.
»

§192
Théorie

On doit se pencher maintenant sur le niveau obtenu par l'espacement intérieur étoile z*, dans le cas (-µ) d'un joug défavorable. Ôtant le vrac, on scrute les conséquences qui affectent l'espacement intérieur. S'il en résulte z’<z, on induit que la présence du vrac augmentait (z), donc nuisait au gradient et, comme on guette justement cela, z*=1. Avec la situation où z<z’ on se trouve amené à penser que le vrac, de par simplement sa présence, affaiblit (z) et donc augmente le gradient, ce qui revient à le favoriser. Mais une action défavorable faisant l'objet de l'attente, il faut admettre que z*=z’. Finalement lorsque z=z’, alors z*=1.

Méthode

Le soin de la cohérence pousse à maintenir le type de comptage utilisé pour (z), en abordant z*, puisque nulle grave difficulté nouvelle ne se présente. Alors z*=1 ou z*=2+(1(n/10)). Si le genre du calcul employé se modifiait sans arrêt, on devrait bientôt perdre la confiance placée dans ce qui a été accompli.

Application à Baudelaire

Avec (y-µrb(Nature~homme)), comme une fois «y» disparu, le cric montre z’=2+(1(10/10))= 3, au lieu de z=1 auparavant, il s'avère que «y» le favorisait. Puisqu'on cherche à présent le caractère nuisible de l'influence, on doit conclure que z*=3. La forte relation “homme-Nature”, dans le texte, rend l'égarement de la perspective tellement indéniable que la clenche n'acquerra guère de vraisemblance, z*=3 fournissant une contribution importante à cette modération de valeur. L'homme, dont Baudelaire parle, ne comprend éventuellement rien aux symboles, malgré leur familiarité, celle-ci étant due alors à ce qu'ils reflètent les bases de sa pensée. Maistre songeait à un développement de ces mille indications obscures laissées dans le réel [52]-[516]: «On peut se former une idée parfaitement juste de l'univers en le voyant sous l'aspect d'un vaste cabinet d'histoire naturelle ébranlé par un tremblement de terre: la porte est ouverte et brisée, il n'y a plus de fenêtres, des armoires entières sont tombées, d'autres pendent encore à des fiches prêtes à se détacher; des coquillages ont roulé dans la salle des minéraux, et le nid d'un colibri repose sur la tête d'un crocodile. Cependant quel insensé pourrait douter de l'intention primitive, ou croire que l'édifice fut construit dans cet état? Toutes les grandes masses sont ensemble; dans le moindre éclat d'une vitre on la voit tout entière…l'ordre est aussi visible que le désordre; et l'œil, en se promenant dans ce vaste temple de la nature, rétablit sans peine tout ce qu'un agent funeste a brisé, ou faussé, ou souillé, ou déplacé. Il y a plus; regardez de plus près, et déjà vous reconnaîtrez une main réparatrice: quelques poutres sont étayées, on a pratiqué des routes au milieu des décombres, et, dans la confusion générale, une foule "d'analogues" ont déjà repris leur place et se touchent.»

§193
Théorie

Traitons de la principale faiblesse touchant z* pour une clenche usant de (-#) ou (-µ). Vis-à-vis d'une page colorée par du vert, située au milieu d'autres ordinaires, avec rb(couleur du papier~verts) le rail entier doit être compté afin de trouver l'espacement intérieur. S'il comporte (n) fronts, (z) vaut 2+(1(n/10)). Quand nous enlevons le vrac, R ou RSTUVWXYZ, composé de (m) fronts, il convient de garder la même distance à l'instant de cerner (z’), ce qui donne z’=2+(1(n/10)), cela dans le but de marquer le caractère négligeable de (m) eu égard aux enseignes demeurées inchangées.

Méthode

Le résultat z*=1 ne manque pas de se produire alors, puisque z=1=z’ et qu'une stabilité de composante amène toujours la grandeur 1 du moniteur z*.

Application à Baudelaire

Si le vrac consiste dans un pivot “couleur du papier”, étant donné que, pour la clenche (couleur du papier-#rb(piliers~verts), la distance qui sépare les traces “verts” et “piliers” reste la même quand on ôte le vrac, une fois de plus z*=1. Le créateur d'un texte d'imagination cherche fréquemment à témoigner auprès de son public d'un élément symbolique bouleversant, mais, pour ce faire, il ne recourt pas nécessairement à un support. Nerval excella dans cette façon de rendre la frontière de l'équilibre mental, en restant sobre [553]-[664]-[781]: «…les objets sans forme et sans vie se prêtaient eux-mêmes aux calculs de mon esprit; -des combinaisons de cailloux, des figures d'angles, de fentes ou d'ouvertures, des découpures de feuilles, des couleurs, des odeurs et des sons je voyais ressortir des harmonies jusqu'alors inconnues.»

§194
Théorie

Les deux glissoirs étoile possèdent une particularité qui les isole parmi les moniteurs. Elle vient d'une règle affectant le calcul de l'arpent, bien plus audacieuse, pourtant, que le raccord. Il s'agit de rectifier un manque d'équilibre, dans la description des apparences. Le dispositif, nommé le treuil, consiste à ôter le vrac, pour déterminer deux pré-glissoirs étoile G*, J*, puis à multiplier chacune des grandeurs G*, J* par t*s*, afin d'obtenir g*, j*.

Méthode

Le cas importun de vracs n'ayant rien de commun avec le sens profond accordé aux traces du cric, mais procurant g=g’ ou j=j’ montre la nécessité d'une compensation. Le changement ne peut s'arrêter là, cependant, car une fois que g*=G*t*s* ou j*=J*t*s* a été utilisé pour g=g’ ou j=j’, on est contraint de généraliser cette pratique, afin que nulle autre anomalie ne soit engendrée. Finalement les grandeurs t*, s* déjà comptées une fois dans l'arpent, sous la forme (t*s*), sont encore à enregistrer en g*, j*. Avec t*s*=2 pour G*=1=J* on trouve ainsi ((t*s*)g*j*)=((2)(2) (2))=8.

Application à Baudelaire

La clenche (infinies-#rb(corrompus~encens)) admet deux pré-glissoirs étoile G*=1=J*, au moyen de la constance g’=g, j’=j, en ce que «infinies», malgré une possible connotation théologique, ne parvient guère à toucher la signification de rb(corrompus~encens). Le coin rugueux s* de la clenche vaut 2 parce que «triomphants», avec le sens moral qu'il porte, semble intuitivement bien plus capable de peser sur le heurt concerné. Alors écrire t*=1, s*=2, puis g*=G*s*, de même que j*=J*s*, permet d'accepter s*g*j*=(2)(2)(2)=8 et donc une vraisemblance de niveau ⅛ au maximum, quant au poids exercé par «infinies» en relation à rb(corrompus~ encens). La notion d'infini employée par Baudelaire retiendra également l'interprète. Il est piquant de se demander si l'auteur a connu profondément le débat de l'époque sur l'existence des atomes [255]-[256]. Quand il mentionne certains parfums pourvus de «… l'expansion des choses infinies…» il paraît inscrire fort discrètement sa pensée dans un cadre où est envisagée la divisibilité infinie -à moins que le caractère volatil des particules odorantes le conduise à en parler en une hyperbole rapide comme de choses très menues, en dehors de toute métaphysique hostile aux idées atomistes. Un autre poème servira pour témoigner de sa conception [[1038]]: «Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse; -on dirait qu'ils pénètrent le verre.
»
La référence aux “correspondances”, de son côté, paraît aller dans le sens de quelque pari sur un monde inconnaissable. Mais Baudelaire atteint une telle profondeur, en évitant de faire allégeance à de minuscules courants de pensée, que maint savant retrouve dans cette idée celle de loi naturelle [666]. Si le fond absolu des choses possède un seul constituant ultime, des correspondances unissent maints objets parents ou complémentaires, les formes et quantités variant, mais pas l'essentiel.

§195
Théorie

Avec g* affecté par le joug (-#), la quantité 1 du pré-glissoir étoile G* s'impose quand l'absence du vrac augmente le glissoir en nuisant au gradient et, aussi, lorsqu'elle n'altère aucunement la situation. Au contraire il faut admettre G*=2 si, par un glissoir abaissé, la suppression du vrac profite au gradient. Ensuite le glissoir étoile se fixe par le produit G*t*s*=g*.

Méthode

Dans les cas où il faut employer le raccord pour (g), (j), nous voyons G*=J*=1 se justifier, puisque ((g)(j))=2=((g’)(j’)) est aperçu comme un témoignage indirect d'immobilité, revenant à g’=g, j’=j.

Application à Baudelaire

Un rail ne comprenant plus «triomphants» fait obtenir g’=2 vis-à-vis de rb(corrompus~encens) et non plus g=1 comme dans le texte actuel, car désormais “chimiquement dégradé” s'introduit au sein des idées comme palier de “corrompus”. On doit alors admettre G*=1 pour (triomphants-#rb(corrompus~encens)). Le parfum stimule comme l'animalité du regard [[1018]]: «Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d'agate.
Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,
Je vois ma femme en esprit…
»
Ailleurs Baudelaire note, sur ces êtres lointains mais familiers [[1021]]: «Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
»
On revient au singulier quand l'humoriste méconnu écrit [[1015]]: «Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant…
»

§196
Théorie

Comme ce qui est étudié avec le joug (-µ) touche l'influence défavorable, il faut accepter un pré-glissoir étoile G* prenant le niveau 1, pour chaque situation menant (g’), le glissoir obtenu par suppression du vrac, plus bas que (g), celui acquis en présence de ce même vrac. Une fois encore s'impose G*=1, pour le cas où le changement n'altère pas le montant du glissoir. Au contraire G*=2 est nécessaire dans l'éventualité où l'absence du vrac pousse (g’) vers une hausse vis-à-vis de (g). Partant de ces premières données le produit de G* par les deux coins t*, s* fournit alors g* le glissoir étoile.

Méthode

Enquêter sur la présence par l'absence relève d'une fort classique démarche, réalisée tout au long de l'immense dégradé menant vers l'abstrait ou vers le concret, puisque chacune de ces entités accompagnant l'autre n'est pas un état, mais bien une direction, comme le haut et le bas [175]-[176]. Les mathématiciens de l'Antiquité montrèrent ce que vaut le rapport entre la diagonale du carré d'une part et son côté par ailleurs, en supposant impossible tout résultat différent d'un entier ou d'un rapport d'entiers, pour contraindre chacun d'admettre l'irrationnel parmi les nombres [583]. Les naturalistes du ~III e siècle pensèrent à faire voir que la simple activité de vivre dépense du pondérable, de par l'expérience d'un animal dont le poids est mesuré, puis que l'on pèse à nouveau, avec tous les rejets tombés de lui, après un long jeûne [249].

Application à Baudelaire

Quand on ôte l'enseigne «comme» du neuvième vers, seul reste “Il est des parfums frais des chairs d'enfants…” ou avec une griffe d'abréviation “Il est des parfums frais de chairs d'enfants…” Le problème, désormais fort près de l'inconsistance, rb(chairs~parfums²), adopte les glissoirs g’=2=j’, alors qu'auparavant g=1, j=2 se justifiaient. La clenche (comme-µrb(chairs~parfums²)) mérite donc G*=2, sanctionnant l'augmentation du glissoir. Si, maintenant, le vrac se meut en «comme des», le rail donne “Il est des parfums frais chairs d'enfants…” et le problème rb(chairs~parfums²) devient heurt. La modification rend perceptible que la méthode par suppression arrive bien à quelque netteté. Le sens des vers en cause pousse à imaginer la victoire de chefs ouvrant quelque banquet licencieux. Amour et armée ont été jadis complémentaires dans les plus courantes occupations viriles de maîtrise sociale, ce qui justifie la réunion des notions de femme et de guerre. Dom Juan déclare [536]: «On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose…et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits.»

§197
Théorie

L'analyse donne le même résultat quant à j*. Mais il faut préciser qu'une solidarité unit (g) à (j) dans tout calcul partant d'une glose non heurt, pour laquelle, de surcroît, le produit ((g)(j)) reste inférieur au niveau 4. Alors g=1 aboutit à j=2 et j=1 à g=2. Une fois le vrac ôté, le même genre de lien apparaît pour g’, j’ dans le cas où se vérifie ((g’)(j’))<4 et aussi longtemps que le cric ne revêt pas le caractère d'un heurt.

Méthode

Les multiples variations de cas poursuivent le but de saisir l'optique centrale du créateur et de trouver, au-delà encore, un guide pour n'importe quel texte d'imagination. Dans le domaine probabiliste Cournot écrivait que le grand nombre des effets réussit à [215]«…mettre…en évidence la part d'influence, si petite qu'elle soit, des causes régulières et constantes, comme cela arrive sans cesse dans l'ordre des phénomènes naturels et des faits sociaux.» Ces autres lignes du mathématicien philosophe sont à méditer [216]: «Dans le langage rigoureux qui convient aux vérités abstraites et absolues des mathématiques et de la métaphysique, une chose est possible ou elle ne l'est pas: il n'y a pas de degrés de possibilité ou d'impossibilité. Mais, dans l'ordre des faits physiques et des réalités qui tombent sous les sens, lorsque des événements contraires peuvent arriver et arrivent effectivement, selon les combinaisons fortuites de certaines causes variables et indépendantes d'une épreuve à l'autre, avec d'autres causes ou conditions constantes qui régissent solidairement l'ensemble des épreuves, il est naturel de regarder chaque événement comme ayant une disposition d'autant plus grande à se produire, ou comme étant d'autant plus possible, de fait ou physiquement, qu'il se reproduit plus souvent dans un grand nombre d'épreuves. La probabilité mathématique devient alors la mesure de la "possibilité physique", et l'une de ces expressions peut être prise pour l'autre. L'avantage de celle-ci, c'est d'indiquer nettement l'existence d'un rapport qui ne tient nullement à notre manière de juger et d'apprécier, variable d'un individu à l'autre, mais qui subsiste entre les choses mêmes: rapport que la nature maintient et que l'observation manifeste lorsque les épreuves se répètent assez pour compenser les uns par les autres tous les effets dus à des causes fortuites et irrégulières…» Pour notre calcul, ce sont éminemment les excitations passagères, écartant des relations effectives entre les enseignes, qui forment ce brouillard épais de causes inextricables. Cependant au cours des analyses multiples tous les sentiments infondés finissent grossièrement par s'éliminer à cause de leur faiblesse et de leur conflit et, ainsi, demeurent l'arpent et le gradient pour moyens de trouver le sens effectif de base.

Application à Baudelaire

Au contact de „Correspondances“, lorsqu'il faut déceler ce qu'a voulu Baudelaire, la critique procure le sens le plus constamment vu, parce que la signification d'origine, autour de laquelle tournent les interprétations multiples, demeure fixe. Dans le nuage constitué de commentaires disparates, dont certains paraissent irréconciliables, une tendance principale se fait jour, qui s'avère la volonté du créateur, impossible à négliger au long d'un siècle. Même les joyeuses provocations admettent un contenu, elles qui désorientent fréquemment [[1083]]: «Dans une terre grasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os…
»
Le poète rejoint, en s'amusant, la sévérité de maints tableaux [[1139]]: «Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux…
»

§198
Théorie

Revoyons avec lenteur, alternativement, chaque point du calcul d'arpent, pour le joug (-#), puis avec (-µ). En premier lieu, examinons le coin plat, dans l'optique de (-#), vis-à-vis de la clenche (-Et d'autres, -#rb(corrompus~frais)). Les traces «corrompus» et «frais» paraissent opposées par «autres», de sorte que chercher une influence favorable de ce terme sur leur association relève de l'absurdité. La situation ne peut convenir mieux à une décision prise dans le sens indiqué par t*=2.

Méthode

Certes, il reste possible d'affirmer que le sectionnement d'un texte nous place dans une illusoire netteté. L'intuition exercée aux finesses arguera en effet que la notion même de clenche requiert une division qui trahit le sens. Un tel jugement conduirait pourtant à rejeter aussi comme superficiels tous les vocables individuels, puisque le cours de la conscience ne devrait jamais permettre de trouver quelque borne pour s'y repérer. Or, il s'avère que la pensée admet un grand nombre d'apparences tenaces dépourvues de continuité, mots ou nombres, pour approcher le réel. Même si parfois l'esprit méthodique saisit le continu, il se voit pédagogiquement contraint de ne bannir aucunement la division traditionnelle. Pour le domaine arithmétique, par exemple, il néglige d'abord le cours ininterrompu des entités en y découpant maintes étapes. Ainsi la fluidité de tous les nombres liant 1 et 4 est simplifiée au début de l'apprentissage par le schéma 1, 2, 3, 4 [100].

Application à Baudelaire

Concédons que les enseignes «frais» et «corrompus» voient leur signification opérer un léger empiétement réciproque, débordant au sein du poème connu par cœur, sur tout le reste. Une sorte de fusion des idées opère à nouveau dans le souvenir lointain que garde quelqu'un de ces lignes. Cela n'engendre cependant aucune obligation de renoncer aux apparences extérieures du texte, puisque le créateur lui-même a voulu ces unités discontinues et de surcroît les a réparties en deux vers différents.

§199
Théorie

Nul effort spécial n'est requis pour obtenir une situation de coin plat ayant le niveau 1. De cette manière (-Et d'autres,-µrb(corrompus~frais)) possède, sans doute aucun, la détermination t*=1. Il s'avère fort aisé de concevoir que «autres» en particulier, mais encore bien plus tout le vrac, défavorise la vraisemblance d'une association entre «corrompus» et «frais».

Méthode

Le recours aux coins attirera quelque reproche du fait qu'ils empêchent l'unité parmi les poinçons. Le calcul de t*, s*, avec la réintroduction des coins au sein des glissoirs étoile, compose une chaîne de manipulations qui ne suscite guère la confiance. Néanmoins, les ajustements de ce type ne doivent aucunement effrayer, bien que certains les bannissent ou les traitent avec humour [808]. En dépit d'attentes absolues même les disciplines de rigueur exigent une préparation marquée par le rythme concret¹-abstrait¹-concret²-abstrait² et ainsi de suite. La différence vient de ce que, plus tard, une déduction parvient à justifier la douloureuse manœuvre qui précède [246]. L'abstrait acquiert à cet instant, vis-à-vis du concret, la fonction du résumé simplificateur qui permet l'économie de pensée [177]. Il reste que le procédé technique constitue, à côté de l'oisiveté studieuse, l'un des chemins vers la connaissance [248]. Aristote, qui aime à considérer surtout le second point, voit ainsi la poursuite de l'abstrait [23]-[23¹]-[31]-[32]-[32¹]-[32²]: «…il faut commencer par prendre en considération un groupe d'individus semblables entre eux et indifférenciés, et rechercher quel élément tous ces êtres peuvent avoir d'identique. On doit ensuite en faire autant pour un autre groupe d'individus qui, tout en rentrant dans le même genre que les premiers, sont spécifiquement identiques entre eux, mais spécifiquement différents des premiers. Une fois que, pour les êtres du second groupe, on a établi quel est leur élément identique à tous et qu'on en a fait autant pour les autres, il faut considérer si, à leur tour, les deux groupes possèdent un élément identique, jusqu'à ce qu'on atteigne une seule et unique expression, car ce sera là la définition de la chose.»

Application à Baudelaire

Lucain, décrivant une reine, veut garder pour la postérité un grand exemple de corruption [508]: «Elle passe toute une honteuse nuit avec son juge, qu'elle a séduit. La paix une fois assurée par le chef et payée au prix d'immenses présents, un festin célébra la joie d'un si grand événement, et Cléopâtre étala un luxe tapageur, que la société romaine n'avait pas encore adopté. Le lieu en était comme un temple, tel qu'en élèverait à peine une époque plus corrompue…» Le vainqueur reçoit un blâme comparable [509]: «César apprend à dissiper les richesses de l'univers dépouillé…»

§200
Théorie

Examinons (riches-#rb(corrompus~encens)) pour déterminer son coin rugueux. Le terme «riches» possède un sens convenant aussi bien à «corrompus» qu'à «encens», mais pour des raisons différentes. Il constitue donc un efficace intermédiaire des traces, ce qui revient à gommer le paradoxe, lequel pourtant résiste, atteignant le gradient 1. Il s'avère que «triomphants», au sein de la doublure (triomphants-#rb (corrompus~encens)), montre plus d'efficacité, parce que, secondant le sens moral de «corrompus», il tient son rôle dans les pressions amenant un heurt de gradient 1. Le coin rugueux de (riches-#rb(corrompus~ encens)) s'écrit donc s*=2.

Méthode

La référence au gradient acquis par le cric ne présente aucun danger, car s* ne contribue pas à le procurer.

Application à Baudelaire

Dans le cas étudié, «triomphants» paraît gratuit appliqué à «encens», puisque l'activité militaire ne s'accompagne guère d'un usage des parfums. Au contraire le rapport de l'encens au luxe relève de l'évidence. La Bible condamne l'opulence, parce qu'elle semble inaltérable [136]-[158]: «Que le frère d'humble condition se targue de son élévation, et le riche, de son humiliation, lui qui passera comme une fleur d'herbe. Car le soleil s'est levé brûlant et a séché l'herbe, et sa fleur est tombée, et la joliesse de sa face a péri. De même le riche se flétrira en route.» Il ne faut pas compter davantage sur un triomphe caché [148]: «Il n'y a rien de voilé qui ne doive être dévoilé, ni de secret qui ne doive être connu. En revanche tout ce que vous avez dit dans les ténèbres, on l'entendra dans la lumière et ce que vous avez dit à l'oreille, dans les resserres, sera proclamé sur les terrasses.» L'implicite négation de la divinité paraît voisine de la rivalité avec elle [129]-[132]«L'insensé a dit en son cœur: "Il n'y a pas de Dieu!"»

§201
Théorie

On étudiera maintenant le coin rugueux de (triomphants-µrd(corrompus~encens)). Un examen rapide amène à l'idée que défavoriser la dissociation des traces «corrompus» et «encens» revient à seconder leur association. Le calcul fait voir que les choses ne possèdent pas cette simplicité, mais cela est utile pour obtenir transitoirement une intuition où -µb se trouve comparé avec -#b. Elle montre que (riches-#rb(corrompus~encens)) étant moins vraisemblable que (triomphants-#rb(corrompus~encens)), pareillement la doublure (riches-µrd(corrompus~encens)) ne vaut pas (triomphants-µrd(corrompus~ encens)). Comme nulle doublure ne surpasse la clenche (triomphants-µrd(corrompus~encens)), l'intuition lui accorde le coin rugueux s*=1.

Méthode

Ce laborieux montage où le calcul ne recouvre pas continûment l'intuition ne peut que décevoir l'appétit d'absolue finesse instantanée, qui reste fréquemment inassouvi devant la connaissance. Le caractère paradoxal du savoir permet cependant que le maladroit calcul qui schématise l'apparence, lorsqu'il succède à une longue série d'autres, encore plus infidèles, parvient à conduire l'esprit vers des observations qui éclipsent par leur minutie tout ce qui était envisagé d'abord.

Application à Baudelaire

Si l'arpent de (triomphants-µrd(corrompus~encens)) valait celui de (triomphants-#rb(corrompus~ encens)), la pensée immédiate serait comblée, mais cela empêcherait de sanctionner fermement le refus des associations voulues par l'auteur: “corrompus-encens”, “vivants-piliers”, “Nature-temple”, “répondent-parfums¹”. Toutes ces images fondues ensemble rappellent un texte de Maturin [528]-[603]-[853¹]-[853²]: «Le tamarin, le cocotier, le palmier éparpillaient leurs fleurs, exhalaient leurs parfums et balançaient leurs rameaux sur la tête de la jeune femme tremblante et pieuse, à mesure qu'elle approchait des ruines de la pagode. Ce temple avait été jadis un édifice massif et carré, construit au milieu des rochers qui, par un caprice de la nature assez ordinaire dans les mers des Indes, occupaient le centre de l'île et paraissaient être le résultat d'une éruption volcanique. Le tremblement de terre, qui avait renversé le temple, avait mêlé les rochers et les ruines, de manière qu'ils ne formaient plus qu'une masse informe semblant attester à la fois l'impuissance de la nature et de l'art, abattus par cette puissance qui les a créés et qui peut les anéantir l'un et l'autre. D'un côté, l'on voyait des colonnes chargées de caractères hiéroglyphiques; de l'autre, des pierres qui portaient les marques d'un pouvoir irrésistible. Mortels, disait ce pouvoir, vous tracez avec le ciseau, je n'écris qu'avec le feu. Ici, les restes du monument offraient la représentation des serpents hideux sur lesquels Shiva avait été assise; et là, la rose croissait entre les fentes des rochers, comme si la nature avait voulu envoyer la plus charmante de ses enfants pour prêcher aux humains sa douce théologie.»

§202
Théorie

Un texte commençant par les mots “L'immense et petite Nature est un temple…” permet un taillant gauche q=2 avec rb(N~Nature). Si nous enlevons “et petite”, il nous faut, à l'inverse, passer à q’=1. De la sorte (et petite-#rb(N~Nature)) montre un taillant étoile q*=2. Le terme “immense” sert en effet de garant au pivot N, dès qu'on ôte du rail “et petite”. D'un côté le résultat de ce vrac était d'annuler tout le sens explicatif de N. Par ailleurs le choc rb(immense~petite) aurait empêché le commentaire salvateur de tenir son rôle, puisqu'un garant de pivot ne saurait se compromettre dans un heurt.

Méthode

Le jugement d'après lequel, en dehors des cas où un butoir unit les termes, c'est leur distance qui fournit de quoi mesurer leur lien, possède un rapport avec la manière dont Hume, de façon imaginative autant qu'amusante, avait métaphysiquement spéculé sur le fonctionnement de l'esprit, malgré son extrême défiance à cet égard [251]-[465]. Newton ayant montré que, dans l'espace, l'attirance des masses diminue avec le carré de leur distance, le philosophe fit la tentative de transposer analogiquement cela concernant les pensées [262]-[464]-[555]-[556]: «Il est certain que la distance diminue la force de toute idée, et cela pour notre approche de n'importe quel objet…» Hume parlait des choses comme une maison ou un arbre en premier lieu et nous avons retouché ce point, afin de viser le sens de mots pris dans certaines circonstances. Il ajoutait [464]: «La pensée de n'importe quel objet transporte facilement l'esprit vers ce qui est contigu; mais c'est uniquement la présence effective d'un objet qui le transporte avec une très grande vivacité.»

Application à Baudelaire

Le N étant une majuscule, il porte facilement la notion d'immensité.

§203
Théorie

Imaginons que se lise verticalement à gauche, pour qui regarde le poème, “COULEURFAITSON”, en ce que les quatorze vers égrènent à eux tous la série de lettres C, O, U, L, E, U, R, F, A, I, T, S, O, N. Le pivot issu de ce jeu littéraire se retrouvera dans la glose rb(C…O…U…L…E…U…R…F…A…I…T… S…O…N~nuit) et l'artifice obtiendra un résumé acceptable dans «Correspondances», «confuses», «forêts de symboles», «confondent», «profonde unité» ou «répondent». Ainsi rb(C…O…U…L…E…U…R… F…A…I…T…S…O…N~nuit) bénéficiera d'un taillant q=1. Le vrac de (Correspondances…confuses… forêts de symboles…confondent…profonde unité…répondent-µrb(C…O…U…L…E…U…R…F…A…I… T… S…O…N~nuit)), une fois ôté, le taillant q’ prendra le niveau 2, de sorte que s'imposera le taillant étoile gauche q*=2.

Méthode

L'optique (-µ) étant celle de la recherche sur les moyens de nuire au cric, l'influence ouvertement favorable du vrac mène à conclure que s'exerce une influence défavorable de piètre qualité, ce qui justifie un taillant étoile 2.

Application à Baudelaire

Diderot écrivait d'une aveugle [277]: «Quand elle entendait chanter, elle distinguait des voix "brunes" et des voix "blondes".» Plus badin à l'occasion, il aborde le même problème avec une audace voisine [274]: «Madame se rappellerait-elle un certain brame noir, fort original, moitié sensé, moitié fou? -Oui, je me le rappelle…un jour je lui proposai de me traduire dans un menuet de couleurs, un menuet de son; et il s'en tira fort bien.» Ce genre d'instrument n'accepte pas que des mains religieusement consacrées [275]: «Votre grande sœur va au bal; mais vous, n'allez-vous pas au temple…-Précisément; et c'est par cette raison que je veux que tu me touches quelque chose de fort coquet. -Eh bien! répondit la suivante, prenez votre robe de gaze couleur de feu, et je vais chercher le reste de l'accompagnement…Voyez, mademoiselle…cela fera merveille avec vos boucles d'oreilles de topaze de Bohême…»

§204
Théorie

La perche étoile p* obtient le niveau 2 pour le cas (-#) si, une fois le vrac éliminé, le cric reçoit une perche p’ de valeur 1, alors qu'on obtenait au début p=2. Avec un rail donnant “…la question-blême se pose des parfums qui rendent la chair pâle dans le triomphe…” on trouve (-blême-#rb(pâle~triomphe), admettant p*=2. La hauteur p=2 se justifie avec le rail original parce que la moquerie paralyse le sens de “question”. Ce terme, au contraire, une fois le vrac enlevé, se meut en véritable indice d'une glose de problème, ce qui aboutit à p’=1.

Méthode

Seul un statut de heurt procure l'avantage d'une perche 1 sans garantie spéciale fournie par le texte.

Application à Baudelaire

Le triomphe de la chair, qui désire, paraît fournir une clef possible du vocable «triomphants» utilisé par Baudelaire, dans la fin du premier tercet. Pourtant deux notions envisageables proviennent de cette idée, car les victoires peuvent se gagner sur soi ou vis-à-vis d'autrui. Dans les deux cas on pensera aux proximités entre le parfum et le philtre d'amour. Un axe voisin de l'interprétation aura pour objet la débauche qui unit les pensées autour des chefs, dans le pire quelquefois [67]: «Doués d'un immense pouvoir sur les âmes tendres, ils les attirent et les broient. C'est grand, c'est beau dans son genre. C'est la plante vénéneuse aux riches couleurs qui fascine les enfants dans les bois. C'est la poésie du mal.»

§205
Théorie

Quand nous mesurons l'arpent de la clenche (et l'encens-µrb(corrompus~temple)), nous devons supprimer l'ancien canevas rb(corrompus~temple) vb(encens~temple) rvb(corrompus~encens) vb(sens~ encens) vb(corrompus~sens), qui reposait sur «encens». Lorsque le vrac est enlevé, le tout se lézarde, puisque le cric perd le statut de heurt. Il en suit que la perche de rb(corrompus~temple) passe de 1 à 2. Comme p’=2 au lieu de p=1, la perche étoile vaudrait 1 pour une clenche de joug (-#). Cependant, avec l'optique donnée par (-µ), il convient de noter à l'inverse p*=2.

Méthode

Si nulle tension ample n'existe au départ, aucun heurt ne saurait venir par un canevas.

Application à Baudelaire

La glose rb(parfums²~chairs) n'avance rien de paradoxal, donc elle reste un problème secondaire, malgré la possibilité apparente de rb(parfums²~chairs) vb(couleurs~chairs) rvb(parfums²~couleurs) vb(Doux~couleurs) vb(parfums²~Doux). Par ailleurs la tension rb(corrompus~esprit) bénéficie de l'ampleur, mais l'esquisse de canevas rb(corrompus~esprit) vb(encens~ esprit) rvb(corrompus~encens) vb(sens~encens) vb(corrompus~sens) ne semble pas bonne, car vb(encens~esprit) vb(sens~encens) fait penser à une contradiction. Le grand corrupteur fascine par l'intelligence mise à poursuivre une finalité d'exception. Baudelaire, qui admire en Don Juan le calme triomphe intérieur de l'obstination, plutôt que l'incroyance, imagine le téméraire libertin aux enfers [228]-[229]-[231]-[[1030]]: «Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,
Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant
Montrait à tous les morts errants sur le rivage
Le fils audacieux qui railla son front blanc.
Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,
Près de l'époux perfide et qui fut son amant,
Semblait lui réclamer un suprême sourire
Où brillât la douceur de son premier serment.
Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre
Se tenait à la barre et coupait le flot noir;
Mais le calme héros courbé sur sa rapière
Regardait le sillage et ne daignait rien voir.
»

§206
Théorie

Avec la clenche (-Et d'autres,-#rd(verts~corrompus)), si on enlève le vrac, il reste “…verts comme les prairies, corrompus…” ce qui change le sens. Ainsi le taquet (f’) prend le niveau 2, car une solidarité "verts-corrompus" devient envisageable. Le passage de f=1 à f’=2 justifie f*=1, pour le joug (-#).

Méthode

Le taquet 1 signifie qu'en ce qui touche la fidélité au texte, la broche d'une glose ne supporte d'être affectée que par (b), ou bien à l'inverse par (d), aucunement par les deux au choix.

Application à Baudelaire

Le rail initial n'autorise que (d), par les mots «…verts comme les prairies,
-Et d'autres, corrompus…
»
Privé du vrac, le second texte fournit le moyen d'imaginer une complète liaison, ou au contraire une inflexion dans les parfums énumérés. Baudelaire attache un grand soin à ne pas reprendre une pensée usée par d'autres, mais, de ce programme il paie l'ambition énorme, n'héritant pas d'un style fait d'avance, au sein des milliers d'exemples publiés à l'époque. S'en voulant de la difficulté, il pense identifier là un aspect de la corruption [[1076]]: «Ô moine fainéant! quand saurai-je donc faire
Du spectacle vivant de ma triste misère
Le travail de mes mains et l'amour de mes yeux!
»

§207
Théorie

Quand le retrait de «y», au troisième vers, détend la relation entre «homme» et «temple», la glose rb(homme~temple) souffre d'une cohésion de sens moindre et f’=2 vient remplacer f=1. Au sein de la clenche (y-µrb(homme~temple)) la modification procure le témoignage que le vrac «y» favorise le cric. Le joug étant (-µ), avec la perspective du caractère défavorable de «y», l'échec s'avère indéniable. Le taquet étoile, qui mesure le caractère néfaste de ce vrac dans l'original, prend le niveau f*=2.

Méthode

Il est vite perceptible que l'espacement intérieur change aussi, par élimination du vrac. Le maniement de nombreux exemples doit permettre cette facilité dans l'attente sûre des effets. Comme le manque de rigueur empêche ici de procurer une telle aisance, il faut pallier ce défaut par le biais de l'exercice répété. Nous restons, à contrecœur, dans le sensible, infiniment plus que les premiers mathématiciens, éprouvant la sûreté de leur théorie, que décrit ainsi Platon importuné [750]: «…c'est toujours en praticiens et en vue de la pratique qu'ils s'expriment…»

Application à Baudelaire

Une fois le vrac «y» supprimé, apparaît le texte nouveau: “La Nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles; l'homme passe à travers des forêts de symboles…” La nette coupure des propositions grammaticales engendre un effet de juxtaposition simple ne garantissant plus aucune liaison du rail, donc (z’) se fixe par un comptage des fronts, allant de “temple” à “homme”. Le cadre du poème rappelle celui de l'Eden où s'accomplirent le mal de la fleur et la faiblesse virile [104]: «Iahvé Elohim fit germer du sol tout arbre agréable à voir et bon à manger, ainsi que l'arbre de vie au milieu du jardin et l'arbre de la science du bien et du mal…Iahvé Elohim prit l'homme et l'installa dans le jardin d'Eden pour le cultiver et pour le garder. Puis Iahvé Elohim donna un ordre à l'homme, en disant: De tout arbre du jardin tu pourras manger, mais de l'arbre de la science du bien et du mal tu n'en mangeras pas, car du jour où tu en mangerais, tu mourrais…La femme vit que l'arbre était bon à manger et qu'il était agréable aux yeux et que l'arbre était plaisant à contempler. Elle prit de son fruit et en mangea, elle en donna aussi à son mari qui était avec elle et il en mangea.»

§208
Théorie

La clenche (.-#rb(couleurs~chairs)) suppose qu'on enlève le point final du huitième vers. On le fera pour déterminer (z’) en usant de la griffe “:”. L'espacement intérieur se fixait à z=2+(1(7/10))=2,7 et il descend au niveau de z’=1 si le vrac «.» est soustrait du rail. Le point final empêche, dans le texte dénué de changement, le plein contact des notions de «chairs» et de «couleurs». La diminution de l'espacement, après élimination du vrac, montre cette influence, de sorte que s'impose la mesure z*=2,7.

Méthode

Il est possible d'affirmer que la griffe ajoutée modifie le rail, jusqu'au point de rendre parfaitement vaine l'épreuve fournie par le retrait du vrac. De par son ajout de sens l'apport nouveau rendrait nécessaire l'abandon de tout essai. Mieux vaut se contenter pourtant de restreindre les griffes au niveau le plus élémentaire, sans renoncer pour cela aux comparaisons de cas, puisque rien de mieux ne vient aider à sonder l'apparence.

Application à Baudelaire

Le rail qui était «…Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants…
»
devient “…les parfums, les couleurs et les sons se répondent: il est des parfums frais comme des chairs d'enfants…” et on pense davantage à comparer la peau lumineuse avec le parfum. En plusieurs langues la jeune fille, dans les propos amoureux, est nommée au moyen des appellations que l'on utilise ordinairement pour l'enfant. Un éclair entrevu exerce d'autant mieux son pouvoir que la surprise joue son rôle, processus conduisant Baudelaire à glorifier de façon libertine une mendiante [[986]]«…aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté…
»

§209
Théorie

Quand nous enlevons «y» au troisième vers, la glose rb(homme~Nature) perd l'espacement intérieur z=1 pour un autre: z’=2+(1(10/10))=3. La disposition initiale des termes favorise le contact “homme-Nature”, donc la recherche d'influence nuisible connaît là une difficulté. La clenche (y-µrb(homme~Nature)) adopte par conséquent l'espacement intérieur étoile z*=3.

Méthode

Comme le poinçon utilisé pour le monitorat de la distance reçoit le privilège d'aller plus haut que 2, il s'avère capable de pousser à lui seul un arpent au niveau du rivetage. Sans difficulté, dans un texte fort étendu et pour des traces éloignées, nous arrivons à z*=2+(1(141/10))=16,1.

Application à Baudelaire

En partant de z=1, concernant rb(homme~ temple), le retrait de «y» mène le calcul de z=1 jusqu'au résultat z’=2+(1(8/10))=2,8 puisque les fronts «est» et «temple», qui étaient comptés avec rb(homme~Nature), ne le sont plus désormais. L'être humain pourrait choisir une vie de savoir ou d'ignorance, eu égard aux symboles que lui offre le monde naturel. Platon représente au moyen du mythe quelque chose comme cela [752]: «Proclamation de la vierge Lachésis, fille de la Nécessité. Ames éphémères, vous allez commencer une nouvelle carrière et renaître à la condition mortelle. Ce n'est pas un génie qui vous tirera au sort, c'est vous qui allez choisir votre génie. Le premier que le sort aura désigné choisira le premier la vie à laquelle il sera lié de par la nécessité. Pour la vertu, elle n'a point de maître; chacun en aura plus ou moins, suivant qu'il l'honorera ou la négligera. Chacun est responsable de son choix, la divinité est hors de cause.» Ainsi, nous aurions depuis toujours connu, par nos idées, le détail des tendances qui apportent l'événement. Baudelaire imagine la situation de son esprit en ces vers [[1145]]: «C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des flots et des splendeurs,
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,
Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.
»
Bohémien fictif, le poète comprend ceux qui voient partout un reflet des mythes. La déesse ne manque jamais de préparer le jour prochain [[1012]]«…Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L'empire familier des ténèbres futures.
»

§210
Théorie

Le cric de (temple-#rb(corrompus~encens)) ne subit aucun changement de glissoir, lorsque le vrac se retire. Comme l'identité de cette composante, avec et sans le vrac, donne toujours un pré-glissoir étoile 1, le niveau G*=1 est avéré. La conclusion vaut également pour J*=1 procuré au moyen de j’=j. Dans le cas présent le heurt fortement vraisemblable rb(corrompus~encens) permet g=g’=1=j=j’, ce qui se traduit par G*=1=J*. Afin d'obtenir g*, j*, la multiplication par les deux coins t*, s* des valeurs préparatoires G*, J* devra s'effectuer au cours de la seconde phase du calcul.

Méthode

Ce dernier est connu sans démonstration, mais les bases de la plus hautaine logique semblent avoir été aussi des enquêtes [580]. On imaginera de pénibles repérages initiaux ayant des contenus élémentaires: “ces cailloux ressemblent à de minces disques; ces minces disques ressemblent à des galets; ces cailloux ressemblent à des galets”. Aristote avance que [29]: «…si l'on n'avait aucune sensation, on ne pourrait non plus rien apprendre ni comprendre…»

Application à Baudelaire

Avec la clenche (encens-#rb(corrompus~temple)), on trouverait un résultat fort différent, pour le glissoir étoile du terme noté à droite, car la relation entre «corrompus» et «temple» se romprait avec la suppression du vrac. Le terme «encens» est requis pour que rb(corrompus~temple) soit une description envisageable des idées baudelairiennes, mais, à l'opposé, «temple» n'est guère utile pour octroyer sa vraisemblance à rb(corrompus~encens). Quand on prête attention aux condamnations frappant les parfums, on observe différents types de sévérité à leur égard. Socrate ne s'en permet pas l'usage [980]. Pline adopte la plus énergique morale [769]: «Et maintenant, justes dieux! il se trouve des citoyens pour en mêler à leurs boissons, et l'on fait tant de cas de leur amertume qu'à l'intérieur comme à l'extérieur le corps jouit de l'odeur ainsi répandue. On sait que Lucius Plotius, frère de Lucius Plancus deux fois consul et censeur, proscrit par les triumvirs, fut trahi dans sa cachette de Salerne par l'odeur de son parfum, dépravation qui suffit à absoudre toute la proscription. Qui pourrait en effet trouver imméritée la mort de pareilles gens?»

§211
Théorie

Abordons le calcul entier d'arpent, afin de gagner une perspective d'ensemble. Un rail ayant pour début “La Nature est un temple corrompu…” autorise à étudier la vraisemblance de (corrompu-µrb(Nature~temple)). L'influence ne donne aucune difficulté pour qui veut la saisir, donc t*=1. Les doublures paraissent bien faibles à côté, donc s*=1. Les traces ont le caractère de termes et par conséquent q*=e*=1, nul changement ne pouvant éviter ce point. Le cric s'avérant un heurt, comme le retrait du vrac ne le supprime aucunement, p*=1. La relation interne au cric se montrant absolue autant qu'inchangée, en cas d'élimination du vrac, f*=1=z*. Nous obtenons provisoirement 1=t*=s*=q*=e*=p* =f*=z* et donc également ((t*)(s*)(q*)(e*)(p*)(f*)(z*))=1.

Méthode

Le cas relève de l'amalgame obtenu en comprimant des enseignes modifiées, venant d'un couple de heurts atteignant le gradient 1 et sans terme commun.

Application à Baudelaire

Ces manipulations et l'emploi d'un calcul, tout pauvre qu'il soit, concernant maintes apparences glanées dans un poème, nous rendraient suspect de quelque utilitarisme naïvement défendu, si était négligé le but lointain de mieux comprendre le fonctionnement de l'esprit humain. Le malicieux Gautier protestait ainsi [403]: «Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu'aux roses, et je crois qu'il n'y a qu'un utilitaire au monde capable d'arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux.»

§212
Théorie

Pour le rail “La Nature est un temple corrompu…” le reste du calcul de l'arpent obtenu par (corrompu -µrb(Nature~temple)) consiste à fixer la quantité acquise par les glissoirs étoile. Puisque (t*s*)=(1)(1)=1, il suit que g*=G*, dans ce cas précis. En effet g*=G*t*s* donc g*=G*(1)(1)=G*. Seul, par conséquent, G* doit être déterminé pour le glissoir étoile gauche. Le terme “corrompu” ne saurait nuire au caractère absolu de “Nature”. Le retrait du vrac, pris comme témoin, ne change rien à cet élément du cric, donc pour g’=g nous devons accepter G*=1=g*.

Méthode

Les manœuvres pénibles de modification du texte n'empêchent pas de nommer "littéraire" le présent calcul, en ce qu'il porte sur des ouvrages d'imagination, même si l'étude concerne, de surcroît, les œuvres demeurées non-écrites. Hors d'un absolu sérieux, on célèbre aussi, par cette dénomination, les nombres utilisés comme des moyens, imitant le physicien par ce biais.

Application à Baudelaire

La transformation du poème durcit encore sa perspective, même si Baudelaire, déjà, semble fréquemment ressentir comme appartenant à ses devoirs l'approche du paradoxe [678]: «Les illuminés ont été les plus grands des hommes. Pourquoi faut-il qu'ils soient châtiés de leur grandeur? Leur ambition n'était-elle pas la plus noble? L'homme sera-t-il éternellement si limité qu'une de ses facultés ne puisse s'agrandir qu'au détriment des autres? Si vouloir à tout prix connaître la vérité est un grand crime, ou au moins peut conduire à de grandes fautes, si la niaiserie et l'insouciance sont une vertu et une garantie d'équilibre, je crois que nous devons être très indulgents pour ces illustres coupables, car, enfants du XVIIIe et du XIXe siècle, ce même vice nous est à tous imputable. Je le dis sans honte, parce que je sens que cela part d'un profond sentiment de pitié et de tendresse, Edgar Poe, ivrogne, pauvre, persécuté, paria, me plaît plus que calme et "vertueux", un Gœthe ou un W. Scott. Je dirais volontiers de lui et d'une classe particulière d'hommes, ce que le catéchisme dit de notre Dieu: "Il a beaucoup souffert pour nous." On pourrait écrire sur son tombeau: "Vous tous qui avez ardemment cherché à découvrir les lois de votre être, qui avez aspiré à l'infini, et dont les sentiments refoulés ont dû chercher un affreux soulagement dans le vin de la débauche, priez pour lui. Maintenant, son être corporel purifié nage au milieu des êtres dont il entrevoyait l'existence, priez pour lui qui voit et qui sait, il intercédera pour vous."»

§213
Théorie

Pour définir l'arpent de (corrompu-µrb(Nature~temple)), nous devons encore trouver le poinçon j*. Puisque (t*s*)=(1)(1)=1, nous écrivons j*=J*(1)(1) et par conséquent j*=J*. Le cric rb(Nature~temple) admet le glissoir j=2, parce qu'au moyen du vrac, l'échappatoire se présente, qui autorise à fuir le choc de sens. Un temple corrompu est beaucoup moins temple, au point de vue qui domine le commencement du sonnet. Au moment où “corrompu” se retire, la situation fournit le glissoir j’=1. Cela montre que le vrac nuisait à son cric. La perspective donnée par (-µ) étant celle qui fait rechercher un mauvais gradient amené par le vrac, il convient d'accepter J*=1=j*.

Méthode

Le calcul emploie ((t*)(s*)(q*)(e*)(p*)(f*)(z*))=1 avec g*=1=j* et, par ces divers moyens, il accède au niveau ((t*)(s*)(q*)(e*)(p*)(f*)(z*)(g*)(j*))=1.

Application à Baudelaire

La clenche (corrompu-µrb (Nature~temple)) possède ainsi le fret 1/1 pour le rail débutant avec “La Nature est un temple corrompu…” L'émoi dans la corruption plaît fort à Baudelaire, parce qu'il nous oblige à rencontrer l'aspect importun de notre sentiment, qu'a évoqué bien avant lui -et autrement- Sapho, jalouse d'un garçon [2]-[660]-[899]-[[1068]]: «Celui-là me paraît être l'égal des dieux, l'homme qui, assis en face de toi, de tout près, écoute ta voix si douce
Et ce rire enchanteur qui, je le jure, a fait fondre mon cœur dans ma poitrine; car, dès que je t'aperçois un instant, il ne m'est plus possible d'articuler une parole;
Mais ma langue se brise, et, sous ma peau, soudain se glisse un feu subtil; mes yeux sont sans regard, mes oreilles bourdonnent,
La sueur ruisselle de mon corps, un frisson me saisit toute; je deviens plus verte que l'herbe, et, peu s'en faut, je me sens mourir…
»
Baudelaire, expert en ardeurs troubles, a su également se tourner vers la cruauté froide [[1004]]: «Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
»

§214
Théorie

Afin de suivre numériquement l'apparence, on doit introduire, à présent, la notion d'un calcul différent pour l'arpent, selon que les clenches possèdent un joug (-#) ou (-µ). Dans les deux cas le gradient multiplié par le fret provient du cric, mais en présence du vrac pour (-#) et en son absence concernant (-µ). Vis-à-vis de (corrompus-#rb(Nature~temple)), nous avons besoin du gradient que fournit à ce heurt le texte de Baudelaire «La Nature est un temple où de vivants piliers…» La glose rb(Nature~temple) mérite alors le gradient 1, comme rb(Nature~temple), relativement à (corrompu-µrb(Nature~temple)), conçu avec “La Nature est un temple corrompu…”

Méthode

Éventuellement les deux aspects de la multiplication, ((fret)(gradient pour le cric avec vrac)) d'une part et ((fret)(gradient pour le cric sans vrac)) à l'opposé, acceptent une clarification, faisant valoir que, relativement à (-#), le produit numérique du fret par autre chose traite une liaison favorable au réel obtenu et qu'ainsi l'appliquer à un élément subissant une activité nuisible, dans l'optique de (-µ), nous force au contraire à utiliser la référence aux apparences ôtées. Ordinairement, lors d'un processus analogue, on divise: ainsi, pour cinq pains à répartir entre dix hommes, cela fait (5/10)=½ pour chacun. Ici faute de pouvoir opérer de la sorte, car le danger serait trop grand vu que par exemple (0,5/0,005)=100, on inverse le rapport et on multiplie par le gradient fictif.

Application à Baudelaire

On a beaucoup employé, ici, le début et la fin du sonnet, bien qu'il soit principalement célébré eu égard au huitième vers «…Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.» Pourtant, il ne faut pas en conclure que nous avons un quelconque désaccord avec la perspective généralement adoptée. Simplement, les heurts ayant ici été l'objet principal de recherche, ceux de gradient 1, procuraient davantage de facilité pour l'exposé que les autres, comme rb(répondent~ parfums¹), qui offre une vraisemblance ½ seulement.

§215
Théorie

Tournons maintenant les yeux vers la comparaison des arpents obtenus par les clenches (riches-#rb (corrompus~encens)) et (triomphants-#rb(corrompus~encens)). Pour les coins plats, aucun obstacle n'apparaît dans la saisie d'éventuelles influences de «riches» et «triomphants», qui affecteraient rb(corrompus~encens). Le créateur a nuancé volontairement «corrompus» en usant d'autres images. Ainsi nous écrirons t¹*=1=t²* en signalant par (¹) et (²) le rapport aux clenches, de vrac «riches» et «triomphants» respectivement.

Méthode

La mesure de vraisemblance requiert une décision, que souvent le bon goût prend soin d'éviter, de sorte qu'elle procure l'occasion d'un examen soigneux. Elle offre de surcroît plusieurs étages de certitude, 1, ½, ¼, ⅛ notamment et incite donc à méditer sereinement, avec effet de garantir que la témérité de jugement n'a rien de nécessaire.

Application à Baudelaire

Sauf en cas d'arpent égal pour les deux clenches nous trancherons en affirmant l'une davantage vraisemblable que l'autre, mais en plaçant leurs idées au long de l'échelle du possible. Baudelaire a équilibré avec soin les deux notions, «riches» et «triomphants», l'une par l'autre. Au départ le plus énorme danger paraît la cupidité, mais profondément l'appétit du triomphe semble plus général. Nous pensons au choix d'Achille, puisque ce fils d'une immortelle dut élire une seule vie pour lui, en départageant celle tissée de longueur et d'obscurité, de l'autre qui, d'exploit en exploit, se consume rapidement [443]. Balzac envisage un feu passionnel menant le héros qui en est porteur à une catastrophe, où le personnage se désagrège comme un récipient abritant quelque formidable réaction, lui prenant constamment des matériaux [57]-[78]-[91]. L'énergie dont il est animé fait son transport et sa joie, en se dissipant au cours d'un processus qui dévore son enveloppe. 94

§216
Théorie

Relativement aux mêmes clenches (riches-#rb(corrompus~encens)), (triomphants-#rb(corrompus~ encens)), on cherchera une appréciation du coin rugueux. Avec «triomphants» l'image d'une corruption morale semble accroître sa netteté, ce qui renforce le heurt et l'aide à obtenir un gradient élevé. De façon opposée, «riches» accompagne aussi bien la notion d'encens aux nombreuses fragrances que celle d'un homme corrompu. Il prend ainsi le rôle de quelque intermédiaire unissant les traces du problème. Le heurt atteint donc le gradient 1 malgré ce terme «riches», non en vertu de son effet. Son action favorable s'avère par conséquent inférieure à celle de «triomphants». Le coin rugueux fournit, de la sorte, une première distinction, pour les influences, avec s¹*=2 et s²*=1.

Méthode

Le détour fastidieux, introduit avec les coins, représente peu de chose, si on le compare à ce que donnerait l'usage de trois valeurs, vrai, faux, possible, dans le cas où on les emploierait à saisir le niveau de chaque influence [582]-[584]. La conception du possible, remplaçant des valeurs comme ½, ¼, ⅛, introduit une série d'énigmes, parce qu'on distingue aisément vrai et possible mais pas aussi bien, faux et impossible.

Application à Baudelaire

On a, ici, préféré l'aisance d'un calcul employant juste vrai et faux, mais en étant contraint ensuite de s'écarter du modèle, pour l'adapter aux situations rencontrées dans „Correspondances“.

§217
Théorie

L'existence de termes, dans le cric rb(corrompus~encens), sur lequel portent les deux influences, conduit les taillants à montrer le même niveau: q¹=q¹’=q²=q²’=1=e¹=e¹’=e²=e²’. Cette identité numérique fait écrire q¹*=e¹*=1=q²*=e²*.

Méthode

Chaque détermination possède tant de simplicité apparente, que l'idée risque de naître d'y inviter un enfant. Mais la chose doit être déconseillée, parce que de temps à autre la décision se fonde sur la critique, dont la fréquentation réclame auparavant une vision générale.

Application à Baudelaire

Une pensée avertie des filiations entre les diverses époques prendra une meilleure connaissance des ouvrages étudiant Baudelaire, ou tel autre créateur et mesurera, ensuite, les composantes ou poinçons, avec davantage de clarté. Rousseau écrivait [876]: «Dans ce temple délicieux
Où ma dévotion m'entraîne,
Quelle agitation soudaine
Me rend tous mes sens précieux?
Illumination brillante,
Peintures d'une main savante,
Parfums destinés pour les Dieux…
»

§218
Théorie

La suppression de «riches» et de «triomphants» ne change rien au caractère de heurt acquis par le cric rb(corrompus~encens). Il en suit des perches p¹=p¹’=1=p²=p²’, qui autorisent à leur tour des perches étoile p¹*=1=p²*, concernant les clenches (riches-#rb(corrompus~encens)), (triomphants-#rb(corrompus~ encens)).

Méthode

Les relations à suivre ne paralysent guère plus qu'un bref moment la rêverie autour des vers illustres, les calculs restant simples et propres à effrayer uniquement ceux qui ne les ont pas tentés.

Application à Baudelaire

Intuition et habitude secondent vite l'esprit, quand il faut distinguer une glose de problème des plus ordinaires et un heurt, dont la perche vaut nécessairement 1, comme rb(corrompus~encens), lequel, accompagné de «triomphants», admet de surcroît le gradient 1. Ce terme suffit à évoquer, par ailleurs, l'audace que procure la domination, en accroissant les perspectives de jouissance. Plus rarement, la situation pousse au défi envers les mœurs et donne à quelques imprudents la fierté de surgir au milieu d'autrui comme des personnages d'exception, réputés corrupteurs du lien social [[1071]]: «Que nous veulent les lois du juste et de l'injuste?»

§219
Théorie

Afin de poursuivre la comparaison entre l'arpent auquel accède (riches-#rb(corrompus~encens)) et celui revenant à (triomphants-#rb(corrompus~encens)), on doit examiner taquets et espacements intérieurs. Le retrait du vrac ne saurait, pour aucune des clenches, délier grammaticalement les termes du cric. Ainsi la continuité de propos "corrompus-encens" demeure totale, du fait que, sans arrêt, “encens” reçoit l'épithète “corrompus”. Il en résulte z¹=z¹’=1=z²=z²’. D'un autre côté, il existe un bâti manifeste (corrompus~encens), parce que d(corrompus~encens) contrevient au rail en chacun des cas pouvant surgir, avec ou sans «riches», avec ou sans «triomphants». Il suit de là f¹=f¹’=1=f²=f²’. Cette stabilité, deux fois avérée, procure de quoi écrire z¹*=z²*=1=f¹*=f²*.

Méthode

Pour une interrogation dans un texte, le sort de (z) peut différer de celui encouru par (f).

Application à Baudelaire

“L'encens est-il corrompu?” fournit z=1 accompagné de f=2, touchant rb(corrompu~encens), car d(corrompu~encens) reste possible. Baudelaire a été souvent accusé de vouloir surprendre, comme dans un jeu, mais par une description excessive des puissances corruptrices de l'âme. Ayant vu trop de merveilles, la pensée du lecteur demanderait sans arrêt un nouvel aiguillon. Sainte-Beuve, méditant sur la réception d'un auteur célèbre, se tourne vers les affections de ses contemporains [888]: «En un temps où on est las de toutes les sensations et où il semble qu'on ait épuisé les manières les plus ordinaires de peindre et d'émouvoir, en un temps où les larges sentiers de la nature et de la vie sont battus, et où les troupeaux d'imitateurs qui se précipitent sur les traces des maîtres ne savent que soulever des flots de poussière suffocante, lorsqu'on avait tout lieu de croire que le tour du monde était achevé dans l'art, et qu'il restait beaucoup à transformer et à remanier sans doute, mais rien de bien nouveau à découvrir, Hoffmann s'en est venu qui, aux limites des choses visibles et sur la lisière de l'univers réel, a trouvé je ne sais quel coin obscur, mystérieux et jusque-là inaperçu, dans lequel il nous a appris à discerner des reflets particuliers de la lumière d'ici-bas, des ombres étranges projetées et des rouages subtils, et tout un revers imprévu des perspectives naturelles et des destinées humaines auxquelles nous étions le plus accoutumés. Dans ses meilleurs contes, là où il se montre réellement inventeur et original, il sait, par les rapprochements fortuits les plus saisissants, par une combinaison presque surnaturelle de circonstances à la rigueur possibles, exciter et caresser tous les penchants superstitieux de notre esprit, sans choquer trop violemment notre bon sens obstiné; ce qu'il nous raconte alors peut sans doute s'expliquer par des moyens humains, et n'exige pas à toute force l'intervention d'un principe supérieur; mais bien que notre bon sens ne soit pas évidemment réduit au silence, et qu'il puisse toujours se flatter de trouver au bout du compte le mot de l'énigme, il y a quelque chose en nous qui rejette involontairement cette explication pénible et vulgaire, et qui s'attache de préférence à la solution mystérieuse dont le leurre nous est de loin offert comme derrière un nuage.»

§220
Théorie

Concernant (riches-#rb(corrompus~encens)) et (triomphants-#rb(corrompus~encens)), déterminons les glissoirs étoile g¹*, g²*. D'un côté, «riches» une fois enlevé du texte, rien dans le glissoir (g¹’) de rb(corrompus~encens) ne diffère vis-à-vis de (g¹), ce qui entraîne G¹*=1. Par ailleurs «triomphants» une fois ôté, le sens moral de «corrompus», qui sert de marche, doit accepter un palier “chimiquement dégradé”, donnant ainsi le glissoir g²’=2, ce qui procure G²*=1, puisque cela montre un vrac très en faveur du cric, au départ. Ainsi pour des raisons différentes, G¹*=1=G²*. Comme g¹*=G¹*t¹*s¹* et que t¹*s¹*=(1)(2), nous obtenons g¹*=(1)(1)(2)=2. D'autre part g²*=G²*t²*s²*, ce qui, avec t²*s²*=(1)(1), débouche sur g²*=(1)(1)(1)=1. En tout les valeurs cherchées atteignent les niveaux g¹*=2, g²*=1.

Méthode

Deux enseignes très voisines d'une glose paraissent départagées au moyen des coins, en fonction de leur capacité à modeler une signification paradoxale.

Application à Baudelaire

Sans «triomphants», rb(corrompus~encens) aurait un gradient inférieur à rb(Nature~temple), effet qui amène à réfléchir sur la netteté de la force qu'exerce le terme concerné. Pour ce qui est du fond, les manœuvres du corps importent autant au créateur que celles des armes [[1009]]: «…Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit…
»
L'éclat de la peau suffit quelquefois au stratagème [[1000]]: «Je veux te raconter, ô molle enchanteresse,
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l'enfance s'allie à la maturité.
»

§221
Théorie

Dans la glose rb(corrompus~encens) qu'affectent les deux influences comparées ici, le terme figurant sur la droite reste à première vue inaccessible aux forces que chacune des enseignes, «riches» et «triomphants», fait peser sur le voisinage. Ce caractère assure j¹=1=j¹’, de même que j²=1=j²’. Le sens “parfum végétal d'orient à usage traditionnel sacré” ne supporte guère les interprétations multiples dans les rails à étudier, employant ou non les vracs et une pareille constance autorise à noter J¹*=J²*=1; j¹*=J¹*t¹*s¹* =(1)(1)(2)=2 et j²*=J²*t²*s²*=(1)(1)(1)=1.

Méthode

Tel mot, qui s'impose comme départ de la compréhension, dans un ouvrage, change de rôle dans un autre discours. Une véritable doctrine du contexte devrait éclairer un jour cette apparence mille fois rebelle aux études.

Application à Baudelaire

Le public, se repérant d'après «encens», voit le poète bouleverser la hiérarchie des parfums, comme il s'oppose ailleurs au sens ordinaire de l'amour [[1053]]: «Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme,
C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d'Eschyle éclos au climat des autans;
Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnés aux bouches des Titans.
»

§222
Théorie

Le fret s'établit d'après t¹*=1=t²*, q¹*=1=q²*, e¹*=1=e²*, p¹*=1=p²*, f¹*=1=f²*, z¹*=1=z²*, G¹*=G²*=1= J¹*=J²*, avec les cas d'exception s¹*=2, s²*=1. Le bilan de (riches-#rb(corrompus~encens)) atteint donc le niveau 1/(s¹*)(G¹*s¹*)(J¹*s¹*)=1/(2)(2)(2)=⅛, les poinçons autres que s¹*, g¹*, j¹* valant 1 pour cette clenche. Quant au fret de (triomphants-#rb(corrompus~encens)), il s'élève à 1, avec seulement des quantités 1 figurant au dénominateur. On écrira plus rapidement 1/t¹*s¹*q¹*e¹*p¹*f¹*z¹*g¹*j¹*=1/(1)(2)(1)(1) (1)(1)(1)(2)(2) =⅛ et 1/t²*s²*q²*e²*p²*f²*z²*g²*j²*=1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)=1.

Méthode

Les glissoirs étant ceux des poinçons ressortissant le plus aux significations et le moins aux formes extérieures, il est cohérent de réintroduire, à leur propos, les coins, deux poinçons qui doivent uniquement leur fondement au sens.

Application à Baudelaire

Le terme «riches» atténuant l'opposition, par mélange des images morales et physiques, relativement à rb(corrompus~encens), il montre une influence que disqualifie le gradient 1, alors que «triomphants» déplace nettement les notions, vers le conflit des scrupules et de l'immoralité. La force des paroles jetées avec l'encens rappelle un triomphe sur la mort, qui provient de ressources développées en deux traditions que Nerval réussit à utiliser ensemble [552]: «…J'ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…
Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron:
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.
»

§223
Théorie

Il faut maintenant se tourner vers le gradient, pour ensuite obtenir l'arpent, qui est le résultat de sa multiplication par le fret. Les deux clenches usant du même cric, rb(corrompus~encens), un seul calcul du gradient, qui vaut 1, se montre nécessaire.

Méthode

Divers entretiens, guidant la présente déformation du calcul probabiliste, firent estimer justes ces manœuvres, différant la pleine justification, tout en conservant sa perspective. Archimède a défini, en ces mots adressés à Eratosthène, la poursuite de l'idée au moyen du concret [18]-[765]: «M'apercevant, comme je l'ai déjà dit, que tu es studieux, que tu domines d'une manière remarquable les questions de philosophie et que tu sais apprécier à sa valeur l'enquête mathématique sur des problèmes nouveaux qui se présentent, j'ai jugé à propos de te décrire…les propriétés caractéristiques d'une méthode qui te permettra d'aborder certaines propositions mathématiques par le biais de la mécanique. Mais je suis persuadé que cet outillage peut servir même pour la démonstration des théorèmes…car il est plus aisé d'édifier la démonstration après avoir acquis préalablement quelque connaissance des objets de la recherche au moyen de cette méthode que de chercher sans la moindre connaissance.»

Application à Baudelaire

Au paragraphe 53 cette valeur 1 a été longuement expliquée. Le choc de sens rb(corrompus~encens) constituant un des paradoxes du texte les moins facilement niables, nous avons employé son modèle pour l'étalonnage des autres mesures.

§224
Théorie

L'obtention de l'arpent exige la multiplication entre fret et gradient. Pour la clenche (riches-#rb(corrompus~encens)), le résultat de l'opération vaut ((gradient¹)(fret¹)), soit ((1)(⅛))=⅛; et avec (triomphants-#rb(corrompus~encens)), il s'agit de ((gradient²)(fret²))=((1)(1))=1. La vraisemblance, que le créateur ait volontairement poussé «triomphants» à une accentuation de rb(corrompus~encens), s'avère huit fois plus grande que l'homologue, concernant «riches».

Méthode

L'auteur, souvent, ne perçoit l'équivalent intuitif de cela que dans le flou, par instants, ou au moment d'achever le texte. Un processus involontaire fournit auparavant de nombreuses images, mais la chose ne constitue pas de quoi fonder une objection au présent calcul. En effet le créateur brasse, dans une volonté ultime, tous les matériaux issus de lui ou des autres.

Application à Baudelaire

La clairvoyance fugitive adhère au brouillage des notions, comme il arrive dans le plaisir [[1110]]: «Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!
»
Une réflexion vive anime cent idées [[996]]: «Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche, on croirait qu'elle danse,
Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.
»

§225
Théorie

Calculons pour (-Et d'autres,-µrb(corrompus~frais)) l'arpent obtenu. Le vrac s'oppose avec la vivacité d'un butoir au cric, et, puisqu'elle représente l'influence nuisible à cette glose, la clenche se comprend aisément, de sorte que le coin plat se fixe à t*=1. En outre nulle doublure n'ayant un vrac pouvant rivaliser en efficacité avec «-Et d'autres,» nous devons encore accepter s*=1.

Méthode

Afin de conserver nette la définition de s*, les doublures ont à montrer une forte différence, avec par conséquent des vracs bien distincts.

Application à Baudelaire

«-Et d'autres,» n'est alors aucunement un vrac séparé de «autres» et la clenche (autres-µrb(corrompus~frais)) ne constitue pas une doublure de (-Et d'autres,-µrb(corrompus~ frais)). Pour le contraste marqué par «autres», imaginons qu'il ne soit pas dépourvu de nuance. Le réel unique, "Nature-temple", ouvrirait sur la naissance des parfums élémentaires. Puis, au cours d'une complication croissante de leurs effets, qui se croiseraient, ces derniers engendreraient les fragrances corrompues. Le concret, ou le mal, ne serait que ce développement qui sortirait lointainement du simple ou du bien, et comme une image où il se perdrait. L'absolu s'épuiserait en sa périphérie, ayant là une zone d'extrêmes opposés, mais également de nombreuses entités qui se tiendraient dans la région moyenne de l'être. Plotin écrit de l'Un [788]-[789]: «…lorsque nous regardons vers lui, c'est là notre fin et notre repos; notre voix ne détone plus et nous dansons vraiment autour de lui une danse inspirée.» Platon, ayant à craindre pour ses conceptions de métaphysique ou d'astronomie, se confiait ainsi [763]: «Je dois donc t'en parler, mais par énigmes, afin que s'il arrive à cette lettre quelque accident sur terre ou sur mer, en la lisant, on ne puisse comprendre. Voici ce qui en est: autour du Roi de l'Univers gravitent tous les êtres; il est la fin de toute chose, et la cause de toute beauté…»

§226
Théorie

Concernant (-Et d'autres,-µrb(corrompus~frais)), s'impose q=q’=1=e=e’, du fait que les traces, avec ou sans vrac, possèdent le caractère de termes. Il en résulte q*=1=e*. Le texte ne signale aucun problème du genre de celui constitué par le cric, et le retrait du vrac ne change rien sur ce point. La conséquence paraît dans p=2=p’, ce dont suit p*=1. Comme b(corrompus~frais) contrevient au texte, f=2 se montre adéquat. Une fois «-Et d'autres,» enlevé, “Il est des parfums frais…verts comme les prairies(…)corrompus, riches et triomphants…” admet aussi bien rb(corrompus~frais) que rd(corrompus~frais), et donc f’=2 se trouve correct. Cette constance amène finalement f*=1.

Méthode

Si b(A~E) s'avère largement supérieur à d(A~E), pour la fidélité au rail, f=1 touchant b(A~E). Quand il faut déterminer le taquet de b(A~E), mais que seul vaut d(A~E), il convient d'exclure f=1, et donc la seule possibilité reste f=2.

Application à Baudelaire

Entre corruption et fraîcheur, Baudelaire varie le style de ses pièces, adoptant l'appui de tel souvenir ou incident. Le ton naïf tient son rôle dans cet ensemble [[1117]]: «Je suis comme le roi d'un pays pluvieux…» Éventuellement il parvient à des mots pareils à ceux d'un enfant choyé, attentivement recueillis, mais toute gravité n'est pas délaissée [[1113]]: «La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse
-Dort-elle son sommeil sous une humble pelouse?-
Nous aurions déjà dû lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts ont de grandes douleurs;
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
À dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps…
»

§227
Théorie

Pour l'espacement intérieur du cric revenant à (-Et d'autres,-µrb(corrompus~frais)), nous acceptons z=1 parce que la continuité de propos “frais-corrompus” ne souffre aucun doute: «Il est des parfums frais… Et d'autres, corrompus…» Quand le vrac «-Et d'autres,» est supprimé, nous lisons “…frais…verts comme les prairies…corrompus, riches et triomphants…” Les adjectifs “frais” et “corrompus” ont ici une liaison qui autorise z’=1. Il existe, dans les deux cas, un butoir, et cependant pas le même, garantissant une relation énergique. Le moniteur z*=1 suit de l'identité numérique z=1=z’. Dans l'optique du vrac les glissoirs (g), (j) s'avèrent désastreux pour le cric rb(corrompus~frais), ce qui procure g=2=j dans ((g)(j))=4. Sans «-Et d'autres,» la glose de problème se fait plus nette. Le statut de heurt n'est pas obtenu, le rail fournissant non un paradoxe mais une sorte d'inventaire: “…des parfums frais…Doux…verts…corrompus, riches…” A côté de cela, un tandem, profitant à rb(corrompus~frais), paraît difficile à construire, sur le rapport avec rb(corrompus~encens), parce que l'encens ne porte guère la réputation d'une senteur fraîche. Le cric prend ainsi l'allure d'un problème ordinaire, qui admet ((g’)(j’))=2. Le terme “corrompus”, venant déranger une liste jusque-là tranquille, g’=1 se justifie, de sorte que j’=2 ne peut que l'accompagner. Par j=2 et j’=2 nous atteignons J*=1. De l'autre côté, il faut écrire g=2 et g’=1, ce qui montre un vrac défavorable au cric. Pareille situation accompagnant le joug (-µ) de la clenche, celui des influences nuisibles, donne alors G*=1.

Méthode

Le retrait du vrac peut aboutir à un grave changement de la pensée du créateur, mais un parallèle avec l'état initial demeure loisible.

Application à Baudelaire

Même une parodie reste dépendante de ce dont elle se moque, tout comme une interprétation téméraire s'arrime à un aspect du texte. Nous imaginerons ainsi que le sonnet peint une promenade forestière, devenant pastorale finalement, et dont l'amour porte au sommet le plaisir. Ou, très différemment, nous rêverons aux fidèles, engendrant une ivresse, au milieu des prairies en vitraux, dans l'église unissant carillons et cantiques. Chateaubriand notait [193]: «L'architecte chrétien…au moyen de l'orgue et du bronze suspendu…a attaché au temple gothique jusqu'au bruit des vents et des tonnerres, qui roule dans la profondeur des bois.»

§228
Théorie

Le fret s'élève à 1, concernant la clenche (-Et d'autres,-µrb(corrompus~frais)), de par (1/t*(1)s*(1) q*(1)e*(1)p*(1)f*(1)z*(1)G*(1)t*(1)s*(1)J*(1)t*(1)s*(1))=(1/t*(1)s*(1)q*(1)e*(1)p*(1)f*(1)z*(1)g*(1)j*(1)). Un tel résultat ne surprend guère, parce que le vrac semble justifié comme outil pour attaquer le contenu de la glose rb(corrompus~frais). Le gradient de ce cric doit être calculé, à son tour, comme l'inverse de la multiplication générale des composantes, obtenues pour le cas de l'absence du vrac. Elles prennent les hauteurs q’=1=e’; p’=2=f’; z’=1=g’; j’=2. Leur produit ((q’)(e’)(p’)(f’)(z’)(g’)(j’)) atteint donc ((1)(1)(2)(2)(1)(1) (2))=8, ce qui procure un gradient h’=⅛, lequel parvient à fonder une conséquence (((fret)(gradient))=((1) (⅛))=⅛=arpent), qui échappe de peu au négligeable.

Méthode

Les choses auraient été différentes, pour une clenche de forme -#rd, avec (h) multiplié par le fret. Ici au contraire, l'influence doit être mesurée d'après un texte refondu.

Application à Baudelaire

C'est, maintenant, hors de toute marque nette d'opposition, que la corruption est citée après la fraîcheur. L'infidélité au poète demeure partielle, car il suppose un mal s'accompagnant d'une finesse d'appréciation poussant à rechercher aussitôt l'esprit de naïveté perdu [[1107]]: «Ange plein de gaîté, connaissez-vous l'angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse?
»
L'envie ouvre là un domaine à l'illusion, ce que Balzac dépeint en ces mots [59]: «…elle lui avait paru svelte, fine comme une hirondelle. L'enivrante douceur de ses yeux, le tissu délicat et soyeux de sa peau sous laquelle il avait cru voir couler le sang…il se rappelait tout…»

§229
Théorie

On se donne un rail commençant ainsi: “La grande Nature est un temple…” Partant de lui, on tente une comparaison de (grande-µrb(N~temple)) avec (corrompus-µrb(frais~parfums²)), usant de “parfums” que donne le premier vers des tercets. Comme les deux clenches paraissent absurdes, elles fournissent de quoi écrire t¹*=2=t²*. D'un côté, “grande” ne saurait nuire au problème théologique du lien “N-temple”, qui n'aurait pas eu la même importance relativement à rb(N~Nature). D'autre part “corrompus” ne remet aucunement le rapport frais-parfums en cause, puisque les deux types de senteur, corrompu et frais, ne s'excluent pas mutuellement.

Méthode

Les coins permettent le filtrage des conceptions ridicules. L'affaire semble voisine de celle des pivots, où, par le moyen des taillants, on éprouve chaque fantaisie de rapprochement.

Application à Baudelaire

A cet égard, il faut noter que les traditions possèdent une telle variété que tout poète n'a que le choix pour difficulté. On entendra que «Nature» désigne une femme, de par le N et le genre du mot. Puis, que son parfum corrompt. Finalement, que cela montre une conclusion évidente. Hésiode témoigne d'un courant de pensée important ici [435]: «Avec de la terre, l'illustre Boiteux modela un être tout pareil à une chaste vierge, par le vouloir du Cronide…Et quand, en place d'un bien, Zeus eut créé ce mal si beau, il l'amena où étaient dieux et hommes, superbement paré par la Vierge aux yeux pers, la fille du dieu fort; et les dieux immortels et les hommes mortels allaient s'émerveillant à la vue de ce piège, profond et sans issue, destiné aux humains.»

§230
Théorie

Pour le coin rugueux de (grande-µrb(N~temple)) il semble que “La” défavorise plus rb(N~temple) que grande”, ce qui entraîne s¹*=2. En effet l'appellation d'une déesse Nature, honorée dans un temple, ne devrait nullement admettre un article. Concernant la seconde clenche, (corrompus-µrb(frais~parfums²)), il convient d'écrire s²*=1, parce la doublure (autres-µrb(frais~parfums²)) ne fait pas mieux que l'influence analysée.

Méthode

Alors que traces et enseignes ne sont pas identiques, le maniement des vracs autorise, de manière surprenante, une comparaison de la vraisemblance des clenches.

Application à Baudelaire

Le créateur, pressant les mille ressorts que son imagination lui a donnés, peut agencer très vite l'équilibre des images de son texte, mais le commentaire, victime, hélas, de l'ignorance où chacun se trouve de l'esprit original, possède le très léger avantage de l'insistance méthodique, lorsqu'il veut dégager nombre de possibilités. De surcroît pour Baudelaire l'effort de la critique bénéficie, quand il faut orienter la recherche, de la connaissance de son goût avéré pour le paradoxe. Nous mettrons cela en parallèle avec un souvenir, venant d'un ancien camarade, qui écrivait, usant de cette cruauté de mémoire que parfois l'aigreur exacerbe [913]: «Pour moi, et pour beaucoup de nos compagnons d'études, c'était une cervelle à l'envers!» Claude Pichois montre à son lecteur comment saisir la réalité changeante de l'homme participant au mouvement révolutionnaire de 1848 et combattant la notion ordinaire de progrès, résultat éventuel d'une corruption plus réelle que celle de la sensualité [276]-[627]-[néo]: «Plus que quiconque ou tout autant que Nerval, Baudelaire est Polyphile. Il caresse les idées puis les récuse.» Barbey, dont il s'estima proche, redoutait un temps qui [95]«…a pour prétention de faire disparaître toute espèce de friche et de broussailles aussi bien du globe que de l'âme humaine.» Cependant la dégradation lutte contre une force interne aux volontés [97]: «…l'imagination continuera d'être, d'ici longtemps, la plus puissante réalité qu'il y ait dans la vie des hommes.»

§231
Théorie

Les taillants étoile gauches de (grande-µrb(N~temple)) et (corrompus-µrb(frais~parfums²)) reçoivent les noms q¹*, q²*. Le N obtenant de par “grande” un sens judicieux et mêlé à nul heurt, q¹=1 ne peut que s'imposer. Une fois le vrac retiré, on trouve q¹’=2, ce qui, avec le joug (-µ), rend q¹*=2 inévitable, puisque la hausse montre combien “grande” favorise le cric, mais qu'on cherche une influence nuisible. Pour l'autre clenche “corrompus” ayant une allure de terme, la suppression du vrac ne saurait amener le niveau du taillant à changer, ce dont q²=1=q²’ résulte, avec finalement q²*=1.

Méthode

La difficulté de comprendre ce qu'est s'opposer au caractère de problème, quand on examine l'action du vrac, s'éteint presque dans le cas de q*, e*, f*, z*, car les formes retiennent plus que le fond.

Application à Baudelaire

Interroger, au contraire, l'idée baudelairienne, pour saisir le rapport de signification entre les affections olfactives, visuelles et sonores, garde un aspect de risque. L'établissement intuitif de la pensée moyenne du public fournit la meilleure clef, puisque le créateur se glisse dans l'esprit de ceux qu'il veut rendre plus fins. Les auteurs de la même période historique apprennent au commentateur à se familiariser avec une telle approche. Murger écrit ainsi deux lignes d'invitation à une petite fête [544]: «A 8 heures ½, M. Alexandre Schaunard, virtuose distingué, exécutera sur le piano "l'Influence du bleu dans les arts", symphonie imitative.» L'autre dialogue, celui du temple, retenait Stendhal [941]: «La haute vertu de madame de Bonnivet était au-dessus de la calomnie. Son imagination ne s'occupait que de Dieu et des anges, ou tout au plus de certains êtres intermédiaires entre Dieu et l'homme, et qui…voltigent à quelques pieds au-dessus de nos têtes. C'est de ce poste élevé, quoique rapproché, qu'ils "magnétisent nos âmes"…» 100

§232
Théorie

Les taillants étoile droits e¹*, e²* ont en vue «temple» pour (grande-µrb(N~temple)) et «parfums», relativement à (corrompus-µrb(frais~parfums²)). Immanquablement, e¹=1=e¹’, de même que e²=1=e²’, car les termes en cause ne perdent aucunement leur caractère quand le vrac est enlevé. Les composantes restant identiques avec et sans vrac, les taillants étoile prennent le niveau e¹*=1 et e²*=1.

Méthode

Seuls, g*, j*, parmi les moniteurs, ne se conforment pas à cette maxime qui donne une valeur 1, dans le cas d'une pleine stabilité de la grandeur suivie. La chose vient de ce que les coins t*, s* troublent parfois cette régularité, au moment où leur introduction dans le calcul se produit. En revanche G*, J* atteignent 1 pour g’=g, j’=j respectivement. Mais avec g*=G*t*s* et j*=J*t*s*, une complication a lieu, quand t*s*=2 ou t*s*=4.

Application à Baudelaire

Cet artifice, destiné à ne pas outrageusement trahir les apparences, ne se justifie pas entièrement, il faut le concéder. Une seconde incommodité, cette fois pour le spécialiste de littérature, fin érudit, connaisseur, naîtra de voir un amateur sans expérience des manuscrits, user de „Correspondances“ hors de toute consultation des pièces originales. Mais il appartient à une souhaitable division des efforts que l'un se courbe intelligemment sur les feuillets vénérables des bibliothèques, afin de mettre au point son édition, et que l'autre se fie aux notes ainsi présentées, dans le but de mener quelque nouvelle analyse.

§233
Théorie

La perche étoile de chacune des clenches adopte une hauteur 1, faute de modification des composantes p¹, p², quand le vrac est ôté pour aboutir à p¹’, p²’. Aucun des problèmes n'obtient le statut de heurt et nul n'est signalé, ce qui donne p¹=2=p¹’ ainsi que p²=2=p²’, ces deux résultats débouchant sur p¹*=1=p²*. Dans rb(N~temple) le rapport “N-Nature” ne soulève aucun doute, ce qui amène à f¹=1=f¹’, vu que “Nature” conserve l'initiale N, que “grande” reste ou non. Pareille stabilité autorise f¹*=1 avec (grande-µrb(N~temple)). La situation demeure voisine touchant (corrompus-µrb(frais~parfums²)), puisque vrac ou pas, entre les deux traces existe un vigoureux lien, ce qui entraîne f²=1=f²’, et par suite f²*=1. Les espacements intérieurs étoile bénéficient des relations intenses vues à l'instant pour les termes, car 1=z¹= z¹’=z²=z²’ suit de 1=f¹=f¹’=f²=f²’, de sorte que z¹*=1=z²*.

Méthode

La continuité de propos requise par z=1 s'avère moins exigeante que le serrage logique demandé par f=1. Donc, si f=1 alors z=1. L'inverse ne convient pas, en ce que “a-t-il dormi” fonde z=1 avec b(il~dormi), mais seulement f=2 étant donné que d(il~dormi), b(il~dormi) se montrent simultanément valides. L'attache de sens “il-dormi”, suffisante pour la continuité, manque de force quand il s'agit de procurer une raison d'impossibilité affectant d(il~dormi).

Application à Baudelaire

Comme le sens du N appartient au terme “Nature”, d(N~Nature) serait une description entièrement infidèle vis-à-vis de “La grande Nature est un temple…” Il faut alors b(N~temple), et cela permet f¹=1. De façon analogue, «Il est des parfums frais…» condamne d(frais~parfums²), ce qui rend f²=1 nécessaire. Le réel, dangereux autant que saint, absorbant la contribution humaine, rappelle ces lignes de Chateaubriand [189]: «L'ancienne et riante Italie m'offrit la foule de ses chefs-d'œuvre. Avec quelle sainte et poétique horreur j'errais dans ces vastes édifices consacrés par les arts à la religion! Quel labyrinthe de colonnes! Quelle succession d'arches et de voûtes…Un jour, j'étais monté au sommet de l'Etna, volcan qui brûle au milieu d'une île. Je vis le soleil se lever dans l'immensité de l'horizon au-dessous de moi, la Sicile resserrée comme un point à mes pieds, et la mer déroulée au loin dans les espaces. Dans cette vue perpendiculaire du tableau, les fleuves ne me semblaient plus que des lignes géographiques tracées sur une carte; mais tandis que d'un côté mon œil apercevait ces objets, de l'autre il plongeait dans le cratère de l'Etna, dont je découvrais les entrailles brûlantes, entre les bouffées d'une noire vapeur…c'est ainsi que toute ma vie j'ai eu devant les yeux une création à la fois immense et imperceptible, et un abîme ouvert à mes côtés.»

§234
Théorie

On doit maintenant définir les glissoirs étoile g¹*, j¹*, g²*, j²* des clenches (grande-µrb(N~temple)) et (corrompus-µrb(frais~parfums²)). Les crics manquant des caractères qui font l'existence des heurts, les produits ((g¹)(j¹)), ((g²)(j²)) égalent 2 ou 4. On ignore la raison du N, et donc il justifie solidement une glose de problème. De là suivent, relativement à rb(N~temple), des glissoirs ((g¹)(j¹))=2. On se décidera pour la hauteur 1, affectant le N qui propose la difficulté, chose menant à écrire ((g¹)(j¹))=((1)(2))=2. Le retrait de “grande” ne modifie aucunement ce point, et donc ((g¹’)(j¹’))=((g¹)(j¹))=((1)(2))=2. Il en découle G¹*=1=J¹*. Comme t¹*=2=s¹*, on atteint le niveau G¹*t¹*s¹*J¹*t¹*s¹*=(1)(2)(2)(1)(2)(2)=(4)(4)=16=g¹*j¹*. Quant à (g²), (j²), concernant rb(frais~parfums²), ils portent les conséquences de l'extrême faiblesse de cette glose. On est embarrassé pour voir ce qui pourrait inquiéter dans l'idée qu'un type de parfum dégage de la fraîcheur, même si un autre conduit vers le mal. Numériquement, il en résulte ((g²)(j²))=((2)(2))=4. La disparition du vrac ne saurait fournir un obstacle, ce qui procure ((g²’)(j²’))=((g²)(j²))=((2)(2))=4. Pareille constance apporte G²*=1=J²*. Il convient alors de multiplier chacun de ces deux pré-glissoirs étoile par t²*s²*, entraînant vis-à-vis de la seconde clenche, avec t²*s²*=(2)(1), la mesure G²*t²*s²*J²*t²*s²*=(1)(2)(1)(1)(2) (1)=(2)(2)=4=g²*j²*.

Méthode

De par le rivetage, il faut exclure de la zone du sérieux uniquement les valeurs plus basses que 1/16.

Application à Baudelaire

L'éventuelle personnification de la Nature, qu'indiquerait le N, fait penser à ce qui la résume, comme l'animal, étrange, doux, calme, terrible. Toussenel ayant offert à Baudelaire un de ses ouvrages, le poète répondit quelque temps après [640]: «Il y a des mots qui ressemblent aux mots des grands maîtres…tels que: "Chaque animal est un sphinx"…» Madame de Staël notait [939]: «Comment peut-on considérer les animaux sans se plonger dans l'étonnement que fait naître leur mystérieuse existence? Un poète les a nommés "les rêves de la nature, dont l'homme est le réveil." Dans quel but ont-ils été créés? Que signifient ces regards qui semblent couverts d'un nuage obscur, derrière lequel une idée voudrait se faire jour? Quels rapports ont-ils avec nous?» Baudelaire, admirant un corps féminin, use de la démarche opposée [[1111]]: «Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant…
»
Il écrit en d'autres circonstances [[1003]]: «Tes bras qui se joueraient des précoces hercules
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l'imprimer dans ton cœur, ton amant.
»

§235
Théorie

Relativement à (grande-µrb(N~temple)), les mesures aboutissent au produit entre coins et moniteurs t¹*s¹*q¹*e¹*p¹*f¹*z¹*g¹*j¹*=(2)(2)(2)(1)(1)(1)(1)(4)(4)=128 et ce nombre mène au fret 1/128. De l'autre côté pour (corrompus-µrb(frais~parfums²)) le fret montre une hauteur 1/t²*s²*q²*e²*p²*f²*z²*g²*j²*=1/ (2)(1)(1)(1)(1) (1)(1)(2)(2)=⅛. Tout calcul, vis-à-vis du gradient (h¹’) de rb(N~temple), serait vain, puisque 1/128 est situé plus bas que le seuil du rivetage. Mais les choses diffèrent avec rb(frais~parfums²), car ⅛ ne s'avère pas négligeable. Le gradient 1/q²’e²’p²’f²’z²’g²’j²’ ne vaut malheureusement que ⅛ de par ((p²’) (g²’)(j²’)), tant le problème semble illusoire au sein du rail. La présence ou l'absence de vrac ne joue aucun rôle ici, et h²=h²’. Les termes donnent q²’=1=e²’; le mutisme du texte, sur le problème abordé, garantit p²’=2; la vivacité de la relation grammaticale fournit f²’=1=z²’. Ce gradient ⅛ autorise un arpent ((⅛) (⅛))=1/64, valeur inférieure à 1/16. Nul des arpents ne peut donc attirer l'estime.

Méthode

Les coins et le gradient fournissent l'essentiel du raisonnement pour un cas de ce genre.

Application à Baudelaire

L'intuition initiale accompagnée du calcul fait prêter attention aux détails internes au poème fréquemment négligés. Utiliser une loupe procure le moyen de voir dans les insectes ou végétaux diverses choses inaccessibles d'abord, mais également un pareil exercice apprend à regarder mieux en l'absence de cet instrument.

§236
Théorie

Examinons la clenche (comme des-µrb(parfums²~chairs)). La compréhension intuitive de l'action exercée par «comme des» va de soi, en ce qu'il s'agit d'un gommage de contraste, chose permettant d'écrire t*=1. Le coin rugueux montre un degré de certitude analogue, car nous chercherions en vain les enseignes davantage susceptibles de nuire au cric, en conséquence de quoi s*=1. Les taillants demeurent égaux, une fois le vrac supprimé, parce que les traces ont le caractère de termes et ne sauraient le perdre si «comme des» s'en allait, ce dont q*=1=e* résulte.

Méthode

La clenche analysée ressemble à l'une de celles étudiées auparavant. Il s'avère bénéfique, dans l'imitation du calcul probabiliste, de visiter sans relâche les enseignes déjà traitées. Le hasard, ou disposition d'événements ne montrant leur détermination qu'une fois présentés en nombre important, est plus ou moins grand, puisque la tendance générale se laisse apercevoir au bout d'une quantité variable de cas. Dans la présente situation où le nuage des causes minuscules cache lourdement sa direction majeure, il convient de revenir sur toute ligne marquée de façon énergique. Mauvaises ou bonnes, les idées ayant le texte pour objet constituent les faits qui pourraient dépasser le commentateur. Parmi cette abondance les meilleures vues atteignant l'esprit forment le sens principal, celui rejoignant les intentions d'origine. Les fantaisies dépourvues de mérite, à l'opposé, tiennent le rôle des irrégularités qu'il faut exclure [217]. Nous varions le sens, afin de ne pas manquer l'intuition autorisant à coordonner maintes valeurs numériques attribuées aux liaisons entre images. L'apparence tenace, portée ici et là dans les avis touchant le sonnet, revient fidèlement à propos des influences voisines. Elle permet d'étalonner la mesure, au cours d'un processus qui doit écarter au contraire l'opinion vite congédiable.

Application à Baudelaire

La tendresse du plaisir olfactif évoque ce "jardin-femme" où le poète a cru souffrir d'une ambiance de moquerie, tramée autour de lui par le réel [[984]]: «Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon cœur
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la nature.
Ainsi, je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne
Comme un lâche ramper sans bruit…
»
L'auteur élaborant son imagination reste fixé à une optique largement stable. Profond, il garde maint souvenir de l'écolier ou du poète débutant, pour s'exploiter comme une carrière ayant des niveaux de plusieurs types [619]-[636]-[649]-[650].

§237
Théorie

Un profond changement se réalise quand on ôte du texte «comme des», le vrac de la clenche (comme des-µrb(parfums²~chairs)). Un heurt arrive dans l'instant, pour évincer la glose de problème ordinaire. Le rail devient “Il est des parfums frais: chairs d'enfants…” avec une griffe ne comprenant que “:” ou encore “Il est des parfums frais, chairs d'enfants…” cette fois au moyen d'une griffe constituée d'une virgule, ou même “Il est des parfums frais chairs d'enfants…” si nous refusons d'employer une quelconque griffe. Dans ces trois états du rail p’=1 concernant rb(parfums²~chairs), puisque tout heurt accède à une perche de ce genre. Au départ une hauteur p=2 s'avère valide, avec une glose de problème de statut modeste, rb(parfums²~chairs), qui, de surcroît, ne bénéficie d'aucun propos voisin, capable de faire prêter attention à l'obstacle qu'elle opposerait à une signification claire. Nous devons alors penser que le vrac défavorise le cric, étant donné que p=2 se mue, aussitôt que s'absentent les termes «comme des», en p’= 1. Mais le joug ayant le caractère (-µ), cette influence nuisible offre l'aspect que nous recherchons, de sorte que p*=1.

Méthode

La perche suffit à reléguer une filière de tension ample qui manque du caractère de heurt, au niveau de résultat intermédiaire du calcul, et donc elle se montre capitale pour l'accès au gradient.

Application à Baudelaire

Le rail imaginé ci-dessus étonne l'esprit, avec la bizarrerie de concevoir un "parfum-chair", alors que Baudelaire dans le texte initial ne fait que s'approcher de ce parallèle. Madame de Staël écrivait [934]: «Chaque plante, chaque fleur contient le système entier de l'univers; un instant de vie recèle en son sein l'éternité, le plus faible atome est un monde, et le monde peut-être n'est qu'un atome. Chaque portion de l'univers semble un miroir où la création tout entière est représentée, et l'on ne sait ce qui inspire le plus d'admiration, ou de la pensée, toujours la même, ou de la forme, toujours diverse.»

§238
Théorie

Déterminons les poinçons f*, z* de (comme des-µrb(parfums²~chairs)). Nous avons besoin, pour commencer, d'un taquet 2, en ce que b(parfums²~chairs), d(parfums²~chairs) ont une valeur égale. En effet «parfums» est séparé de «chairs» par «frais comme des», qui s'interprète de façons opposées. D'abord “…les parfums et les chairs doivent être associés…” et par ailleurs “…les parfums et les chairs doivent être dissociés…” Lorsque nous parlons d'une fleur artificielle, nous affirmons bien qu'elle se présente “comme” une fleur, avec le rapprochement et la distinction que cela suppose. Donc, il n'existe aucun butoir empêchant d(parfums²~chairs) ou b(parfums²~chairs), et de là suit f=2. Quand nous enlevons «comme des», au huitième vers, b(parfums²~chairs) est la seule possibilité qui survive à ce bouleversement, de sorte que f’=1. Nous passons de f=2 au plan f’=1, montrant ainsi le vrac «comme des» capable de nuire à rb(parfums²~chairs), parce que la perspective devient plus faste pour la vraisemblance de la glose, à l'instant où il se retire. Néanmoins le joug (-µ) conduit précisément à examiner l'allure défavorable du vrac, et donc il s'impose d'admettre un taquet étoile f*=1. L'espacement intérieur de rb(parfums²~chairs) exige une hauteur à 1, car les deux termes paraissent entièrement soudés en un pont. Ce départ, livrant z=1, se prolonge dans z’=1, une fois ôté le segment «comme des», puisqu'un genre de fusion entre idées remplace désormais l'état de choses précédent. Le résultat de cette persistance ne peut alors être que z*=1.

Méthode

Surtout quand les composantes ne changent pas énormément, il s'avère utile de parler en vitesse du "même" cric avec et sans vrac, donnant z=1 puis z’=1. Mais en toute rigueur, le rail étant modifié, il serait correct de signaler qu'une glose nouvelle demande maintenant à être décrite.

Application à Baudelaire

Le rapport, entre parfum et couleur des chairs, appartient aux “synesthésies”, ou “correspondances horizontales”, pour formuler cette idée sans précaution [666]. Il s'agit des fusionnements de sensation ayant lieu ici-bas, dans le niveau simplement humain, tandis que les “correspondances verticales” ont un rôle plus éminent, puisqu'elles «…orientent l'homme vers Dieu…» note Claude Pichois, résumant, pour son lecteur, une tradition [666]. Cette dernière, cependant, mérite un complément, qu'il faut abandonner à Louis Ménard, un de ceux qui ont, fort jeunes, partagé avec Baudelaire des conversations [624]: «La science moderne, […] qui explique la vie minérale par l'affinité, comme si ce mot expliquait un fait, sourit dédaigneusement des Grecs qui rêvaient une Dryade dans chacun des chênes de Dodone, et une Océanide dans chaque flot de la mer; pourtant les conceptions antiques renferment une notion plus juste de la vie universelle que toutes nos abstractions mortes, et ont de plus l'avantage de fournir des types à la peinture et à la statuaire. Là où nous voyons des forces et des principes, les anciens voyaient des dieux; nous appelons l'attraction ce qu'ils appelaient Vénus; c'est une question de mots, et l'un n'est pas plus clair que l'autre. Selon la différence des formes données aux mêmes idées, on formule des lois physiques et on crée des œuvres d'art. Il est permis, je pense, d'être à la fois de l'avis de Newton et de l'avis de Phidias.» Une réflexion apparentée mène ce personnage singulier à écrire [625]: «Le temple idéal où vont mes prières
Renferme tous les Dieux que le monde a connus.
»

§239
Théorie

Cherchons les valeurs g*, j* de (comme des-µrb(parfums²~chairs)). Il faut commencer par G*, J*, le couple de pré-glissoirs étoile, puis obtenir le produit de chacun d'eux avec t*s*. Dans le texte rb(parfums²~ chairs) ne mérite pas le statut de heurt, ce qui exclut ((g)(j))=1. Le niveau moyen de la difficulté contraint ((g)(j))=4 d'aller fautivement vers une sous-estimation. Enfin «chairs» propose un plus grand obstacle à l'intelligence que «parfums», donc j=1 se défend. Il en suit ((g)(j))=((2)(1))=2. Ôter le vrac du neuvième vers pousse le cric à se transformer en heurt, de sorte que ((g’)(j’))=1 pourrait montrer sa nécessité. La situation “Il est des parfums frais, chairs d'enfants…” choque ouvertement, et, par conséquent, les glissoirs occupent bien les plans g’=1=j’. L'opposition g=2, g’=1 fournit le résultat G*=1, car le joug (-µ) concerne l'influence défavorable, celle justement exercée par «comme des» au vu de g=2 contrastant avec g’=1. Quant à l'autre glissoir étoile, la grandeur J*=1 lui convient, étant donné le caractère stable de j=1=j’. Les coins t*=1=s* conservent pour g*, j* les quantités acquises par G*, J*, en ce que g*=G*t*s*=((1) (1)(1))=1=J*t*s*=j*.

Méthode

L'usage de t*, s*, et la reprise de ces quantités, à l'occasion de g*, j*, revient à employer dans le fret 1/t*t*t*s*s*s*. La justification pourrait venir de ce que deux groupes de forces, un avec t*t*t*, un second avec s*s*s*, abriteraient chacun trois puissances toujours développées identiquement, pour augmenter ou diminuer la vraisemblance. Il serait nécessaire d'admettre, quand l'influence paraîtrait non absurde, t*=1; non ridicule, t*=1; non suspecte, t*=1. Les divers motifs ayant une liaison absolue, on aboutirait à t*t*t*=1. Leurs pendants, absurdité, ridicule, caractère douteux, possédant la même communauté d'existence, il faudrait reconnaître dans le cas de leur présence t*t*t*=8. Une clenche qui semblerait insurpassable dans la précision, eu égard aux coins rugueux, maintenant, donnerait s*=1; dans la correction, s*=1; dans la netteté, s*=1. L'absence de ces attributs entièrement soudés vaudrait s*s*s*=8.

Application à Baudelaire

L'image des chairs, qui autorise un parallèle vision-odorat, permet secondairement celui avec le toucher. Notons que les mots «frais» et «Doux» se prononcent en une syllabe unique. On imagine alors Baudelaire hésitant à mettre “doux” au neuvième vers et “Frais” au dixième, afin d'établir de façon plus marquée la succession toucher-ouïe-vue par les relations doux-chairs, Frais-hautbois, verts-prairies.

§240
Théorie

Le fret vaut l'inverse du produit général des grandeurs t*, s*, q*, e*, p*, f*, z*, g*, j*, ce qui amène un rapport (1/t*s*q*e*p*f*z*g*j*)=(1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1))=1/1. Le gradient (h’) de rb(parfums²~chairs) se fonde sur les composantes q’, e’, p’, f’, z’, g’, j’, déjà connues par le biais de la discussion relative aux poinçons. Elles tiennent en 1=q’=e’=p’=f’=z’=g’=j’. La synthèse livre (q’e’p’f’z’g’j’)=((1)(1)(1)(1)(1)(1)(1))=1 puis un gradient (1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1))=1/1 lequel débouche sur un arpent ((fret)(gradient))=((1/1)(1/1))= ((1)(1))=1 pour (comme des-µrb(parfums²~chairs)), cette vraisemblance 1 se montrant au niveau de l'intuition.

Méthode

Avec (h) au lieu de (h’) multiplié par le fret, le résultat n'aurait atteint que ((1/1)(1/(1)(1)(2) (2)(1)(2)(1)))=((1/1)(1/(2)(2)(2)))=⅛, valeur qui aurait sous-estimé la volonté apparente du créateur. Il faut donc, une fois admise la nécessité du joug (-µ), apprécier toute clenche de ce genre par le procédé ((fret) (gradient obtenu sans vrac)), alors même que la vraisemblance des autres clenches, de type (-#), se détermine grâce au moyen ((fret)(gradient acquis par maintien du vrac)).

Application à Baudelaire

La clenche (corrompu-µrb (Nature~temple)), dont l'arpent avait été calculé au paragraphe 214, possède une vraisemblance ((fret) (gradient de rb(Nature~temple) sans le vrac))=1. Si au contraire pour cette influence nous avions employé le calcul ((fret)(gradient de rb(Nature~temple) avec le vrac)) elle aurait juste bénéficié de la quantité ((1) (½)) =½.