Théorie
Déterminons les poinçons f*, z* de (comme des-µrb(parfums²~chairs)). Nous avons besoin, pour commencer, d'un taquet 2, en ce que b(parfums²~chairs), d(parfums²~chairs) ont une valeur égale. En effet «parfums» est séparé de «chairs» par «frais comme des», qui s'interprète de façons opposées. D'abord “…les parfums et les chairs doivent être associés…” et par ailleurs “…les parfums et les chairs doivent être dissociés…” Lorsque nous parlons d'une fleur artificielle, nous affirmons bien qu'elle se présente “comme” une fleur, avec le rapprochement et la distinction que cela suppose. Donc, il n'existe aucun butoir empêchant d(parfums²~chairs) ou b(parfums²~chairs), et de là suit f=2. Quand nous enlevons «comme des», au huitième vers, b(parfums²~chairs) est la seule possibilité qui survive à ce bouleversement, de sorte que f’=1. Nous passons de f=2 au plan f’=1, montrant ainsi le vrac «comme des» capable de nuire à rb(parfums²~chairs), parce que la perspective devient plus faste pour la vraisemblance de la glose, à l'instant où il se retire. Néanmoins le joug (-µ) conduit précisément à examiner l'allure défavorable du vrac, et donc il s'impose d'admettre un taquet étoile f*=1. L'espacement intérieur de rb(parfums²~chairs) exige une hauteur à 1, car les deux termes paraissent entièrement soudés en un pont. Ce départ, livrant z=1, se prolonge dans z’=1, une fois ôté le segment «comme des», puisqu'un genre de fusion entre idées remplace désormais l'état de choses précédent. Le résultat de cette persistance ne peut alors être que z*=1.
Méthode
Surtout quand les composantes ne changent pas énormément, il s'avère utile de parler en vitesse du "même" cric avec et sans vrac, donnant z=1 puis z’=1. Mais en toute rigueur, le rail étant modifié, il serait correct de signaler qu'une glose nouvelle demande maintenant à être décrite.
Application à Baudelaire
Le rapport, entre parfum et couleur des chairs, appartient aux “synesthésies”, ou “correspondances horizontales”, pour formuler cette idée sans précaution [666]. Il s'agit des fusionnements de sensation ayant lieu ici-bas, dans le niveau simplement humain, tandis que les “correspondances verticales” ont un rôle plus éminent, puisqu'elles «…orientent l'homme vers Dieu…» note Claude Pichois, résumant, pour son lecteur, une tradition [666]. Cette dernière, cependant, mérite un complément, qu'il faut abandonner à Louis Ménard, un de ceux qui ont, fort jeunes, partagé avec Baudelaire des conversations [624]: «La science moderne, […] qui explique la vie minérale par l'affinité, comme si ce mot expliquait un fait, sourit dédaigneusement des Grecs qui rêvaient une Dryade dans chacun des chênes de Dodone, et une Océanide dans chaque flot de la mer; pourtant les conceptions antiques renferment une notion plus juste de la vie universelle que toutes nos abstractions mortes, et ont de plus l'avantage de fournir des types à la peinture et à la statuaire. Là où nous voyons des forces et des principes, les anciens voyaient des dieux; nous appelons l'attraction ce qu'ils appelaient Vénus; c'est une question de mots, et l'un n'est pas plus clair que l'autre. Selon la différence des formes données aux mêmes idées, on formule des lois physiques et on crée des œuvres d'art. Il est permis, je pense, d'être à la fois de l'avis de Newton et de l'avis de Phidias.» Une réflexion apparentée mène ce personnage singulier à écrire [625]: «Le temple idéal où vont mes prières
Renferme tous les Dieux que le monde a connus.»