L'essai — Partie II

Généralisation des mesures de vraisemblance pour les objets autres que les paradoxes

La deuxième partie étend la mesure de vraisemblance à des objets moins voyants que le paradoxe : observations neutres, gloses, et la cartographie des problèmes à l'intérieur du sonnet.

Légende des blocs

Théorie — l'exposé conceptuel Méthode — les remarques de mise en œuvre Baudelaire — l'application au sonnet Correspondances
§81
Théorie

Comme de nombreux textes ne contiennent aucun paradoxe, l'idée vient d'élargir le type de mesure présenté jusqu'ici dans le but d'évaluer numériquement certaines de leurs interprétations. Avec l'objectif d'arriver à cela nous devons généraliser presque toutes les conceptions avancées auparavant et reprendre l'examen de notions comme celle de support, abandonnées d'abord à cause des menaces que l'irrationalité faisait peser sur leur usage toujours ambigu. Déclarons, afin de poursuivre cet objectif, malgré de constantes difficultés, qu'une trace constitue un terme ou encore quelque sens d'un support extrêmement spécial: de ceux qui ne peuvent manquer de porter, à cette occasion, une idée. Un pivot est un tel sens, de sorte que termes et pivots forment l'ensemble des traces. Nous continuerons à utiliser la notion de terme, ici, mais de façon élargie, concernant chaque idée qui, empruntée au texte analysé, peut se mettre dans un arbitrage imaginable, alors même que justement, au moment où nous parlons de cette idée, nous l'employons dans une relation qui n'est pas un arbitrage. Quand il est entendu qu'un support effectivement possède un pivot, du fait qu'il apparaît avec évidence que le créateur a voulu indiquer un sens, il reste souvent à le trouver. D'un autre côté si un support ne dispose pas de manière sûre d'un sens, il s'avère incapable de représenter un pivot.

Méthode

Le vilain papier sur lequel est imprimé tel mauvais poème risque de n'être pas un support à pivot, car l'auteur ne l'a éventuellement pas lui-même choisi.

Application à Baudelaire

Le N de «Nature» bénéficie d'un pivot mais il demeure malaisé à saisir parce que les deux vues, touchant le surnaturel et un personnage, font hésiter, bien qu'une complémentarité dans les apports de réflexion puisse donner un genre d'approche de l'absolu, qui devrait convenir. Parler d'une “signification” ayant pour symbole N et pour contenu “l'absolu” nous paraîtrait abusif en tout état de cause, donc il reste à nommer la chose une “évocation” ou plus élémentairement un “sens”, comme nous affirmons qu'un tableau revêt un sens. Cela n'empêche nullement l'expression “le pivot de N” d'avoir une signification, car nous désignons alors nettement un objet de pensée au moyen d'une marque régulière.

§82
Théorie

Élargissons l'usage des majuscules de l'alphabet latin permettant de symboliser tout élément ou ensemble pris dans un texte. Une glose lie un commentaire avec une trace, ou forme une autre liaison, sans redite absolument, qui fédère des traces et chaque fois de manière que la critique ne puisse rejeter le contenu de manière décisive, parce qu'il ne s'oppose jamais à un quelconque butoir. La glose, fréquemment, se trouve ici représentée au moyen de b(A~E) ou d(A~E), avec A et E comme traces, (b) marquant l'affirmation tandis que (d) est le symbole de la négation. Concernant b(A~E) la glose possède comme signification “il vaut mieux pour tenter de comprendre le texte comme l'a fait lui-même à l'origine son créateur, unir A et E plutôt que de les opposer”. Avec d(A~E) le sens devient “il vaut mieux, pour essayer de comprendre le texte comme l'a fait son créateur à l'origine, opposer A et E plutôt que de les unir”. Il existe trois espèces de glose: de problème, d'atténuation et neutre. Le gradient est la vraisemblance numériquement située d'une glose neutre ou de problème, ainsi que d'un couple de gloses d'atténuation, éventuellement composé de la même deux fois donnée.

Méthode

Les heurts constituent des gloses fort spéciales dont la filière fait le gradient et dont les traces possèdent l'allure de termes avec un solide lien de tension ample facile à identifier.

Application à Baudelaire

Alors que b(Nature~temple), b(corrompus~encens) reçoivent une mesure appropriée à leur forme choquante, d'autres gloses comme b(longs~échos), b(Correspondances~répondent) n'offrent aucun aspect comparable puisque l'une semble décrire ce qui est pensable devant une réalité ordinaire dans les montagnes ou les vallées profondes et l'autre utiliser la ressource d'une communauté de radical unissant les idées que des mots doivent porter. La vraisemblance que ces rapprochements de sens viennent de l'auteur paraît si considérable qu'on serait étonné d'apprendre qu'elle s'éloigne beaucoup de 1. Il faut également reconnaître vis-à-vis de b(Correspondances ~répondent) que les finesses de l'étymologie ne sont aucunement dotées d'un système spécial de reprise dans la présente perspective, leur emploi y restant simplement possible. La perspective d'une illustration du titre donné au recueil "les Fleurs du mal" fait paraître de grand prix cette ressource de l'étymologie, car un choix de textes dans un domaine s'appelle une «"antho"logie» en ce qu'il doit en livrer la "fleur" [831].

§83
Théorie

Une glose de problème se voit chargée de fournir la description de quelque obstacle gênant l'intelligence d'une façon grave -quand il s'agit d'un heurt- mais également d'une manière bénigne d'autres fois. Cependant le vague très accentué n'est jamais, quant à lui, acceptable, de sorte que b(Vaste~unité) ne convient pas. En revanche l'expression «…le jour aux pieds rapides…» qu'utilise Pindare, pour parler avec ambiguïté du jour de l'épreuve où les coureurs opposent leurs forces à Olympie, sera décrite par b(jour~pieds) comme une difficulté, mais pas très ennuyeuse puisque d'après le reste du texte il apparaît que l'éloge d'un athlète constitue le motif du poème [720]. Les gloses possèdent ainsi l'avantage sur les heurts de s'appliquer aux plus minces problèmes autant qu'aux plus énormes. La pensée qu'un “dieu-jour” avance à longs pas, au moyen d'un corps plus grand que celui des hommes, reste discrète, si bien que l'effet de style se maintient comme tel, pouvant se représenter par une glose différente d'un heurt.

Méthode

Éventuellement la même idée servira en faveur d'une glose d'atténuation ou encore vis-à-vis d'une autre, cette fois neutre, mais le gradient le plus important doit revenir à celle des trois qui possède la plus grande vraisemblance intuitivement parlant.

Application à Baudelaire

Le recours artistique aux alliances de mots, comme «obscure clarté», se rend par un biais identique [212]-[432]. Le sonnet de Baudelaire autorise lui-même b(nuit~clarté) qui doit son allure de heurt au même genre de contraste. Une difficulté plus modeste se montre avec b(homme~temple) ce n'est pas un heurt car le rapprochement des notions a lieu sans mal; tout se complique, néanmoins, avec b(Nature~temple), qui invite à comprendre une chose nouvelle: que la relation des hommes à un temple n'a plus rien d'ordinaire quand il s'agit d'un édifice qu'eux-mêmes n'ont pas construit. Saint Augustin fait état d'œuvres hermétiques usant d'une image voisine [51]: «…notre terre, c'est le temple de l'univers!» Cicéron se réfère à une idée tout aussi prudemment rapportée [200]: «Je suis d'avis qu'il y ait des temples dans les villes, et ne me range pas au sentiment des Mages chez les Perses qui poussèrent, dit-on, Xercès à mettre le feu aux sanctuaires de la Grèce, parce que selon eux ils emprisonnaient entre des murs les dieux devant qui tous lieux doivent s'ouvrir librement et dont le temple et la demeure sont l'univers entier.»

§84
Théorie

Une glose d'atténuation doit commenter une glose de problème, hélas en frôlant parfois l'irrationnel. S'opposer au texte ou tomber dans un flou, qui n'apporterait plus aucun éclairage, ne saurait de ce fait lui convenir. Si deux gloses atténuantes se trouvent dans une même interprétation de l'ouvrage commenté, il faut exclure qu'elles paraissent durablement contradictoires. En revanche il est possible que l'une sorte l'autre du vague qui l'aurait menacée dans le cas où elle aurait été seule. On peut à côté de cela entrevoir qu'existe une certaine rivalité de contenu entre une atténuation et le problème qu'elle discute. La glose atténuante ne résout cependant jamais rien de façon définitive, se bornant à faire comprendre un aspect de la difficulté affrontée dans les problèmes qui ne sont pas des heurts et à éviter l'impression d'absurdité complète vis-à-vis de ces derniers. Le barrage constitue le modèle de l'atténuation, mais il ne s'avère pas nécessaire qu'elle se ramène toujours à lui. Néanmoins le joint formant le cadre typique de l'éclairage des problèmes venus des textes où l'imagination domine, on additionne les vraisemblances des barrages afin de trouver un gradient ou encore on double la vraisemblance d'une atténuation isolée, dans le but d'avoir son gradient. La mesure de vraisemblance de l'opération entière d'éclairage du sens consiste dans un produit de valeurs numériques: celui du gradient de problème avec le gradient d'atténuation. En effet une bonne idée commentant une difficulté à peine visible forme avec elle un ensemble d'intérêt douteux.

Méthode

La multiplication par le faible nombre de l'autre meilleur entraînera le tout vers le bas, donnant ainsi une perspective admissible quant au dispositif unissant les deux.

Application à Baudelaire

Interne au dessein d'atténuer l'impression d'arbitraire venue de b(corrompus~encens), le barrage b(encens~sens) offre un moyen suffisant, car l'autre partie de la pince, b(corrompus~sens), est facilement sous-entendue. On doublera donc la mesure de vraisemblance obtenue avec b(encens~sens) afin de connaître son gradient et il sera inutile de s'occuper de b(corrompus~sens). Devant b(répondent~parfums¹) au contraire l'abri b(parfums¹~ Doux) b(couleurs~Doux) exprime un rapprochement si laborieux qu'on a besoin du couple des barrages pour éclaircir le heurt en cause. Donc au lieu d'avoir une valeur concernant b(parfums¹~Doux) et une autre visant b(couleurs~Doux), on obtiendra dans la somme des vraisemblances de ces barrages un seul gradient caractérisant le joint entier.

§85
Théorie

Une glose neutre obtient un bon gradient lorsque les idées placées en elle ne permettent de former aisément ni une glose de problème ni une d'atténuation. Ainsi b(longs~échos), b(chairs~enfants) constituent de solides gloses neutres, proches en cela de ce qui est appelé couramment des constats.

Méthode

Comme les textes d'imagination procèdent fort peu à des inventaires ou à des preuves, une immense part de leur contenu vient des pics et pivots, non des butoirs, le sens demeurant interprétable de multiples façons malgré tous les efforts de la critique pour le cerner. La chose rend les constats de signification très difficiles à effectuer, car ce que l'interprète novice prend comme une description de tel point d'un ouvrage a vite l'allure d'un problème ou d'un éclairage aux yeux d'un commentateur plus aguerri.

Application à Baudelaire

Même b(frais~ parfums¹), qui semble décrire le neuvième vers, peut servir dans l'atténuation de b(répondent~parfums¹) au sein de l'abri b(frais~couleurs) b(frais~parfums¹). Dans l'optique de se protéger contre la surestimation du rôle des constats dans l'analyse des œuvres, il est donc utile d'opposer gloses de problème, gloses d'atténuation et gloses neutres, même si l'affaire à première vue paraît étrange puisque dans les textes démonstratifs le constat sert couramment à décrire ou à expliquer un problème.

§86
Théorie

Afin de rendre aisée l'identification des gloses, on pourra mettre un (r) devant les formules de celles à problème, un (v) devant celles d'atténuation et un (o) devant celles des neutres. Les renforcements des gloses les unes par les autres ne sauront être considérés que si elles appartiennent à un même type: celui en (r), celui en (v) ou celui en (o). De par un dispositif, le rivetage, aucun gradient ne sera compté dès lors qu'en lui-même, sans multiplication par une autre valeur, il se montrera inférieur à 0,062 ou 1/(2) (2)(2)(2). Malgré cette précaution, la présente analyse ne parvient nullement au plan d'un calcul des probabilités parce que les mesures peuvent y dépasser 1. Il faut donc, au moyen de ce qu'on appellera le nivellement, restaurer pratiquement cette valeur 1 vis-à-vis de n'importe quel résultat situé plus avant. Le calcul des probabilités demeurera néanmoins, au niveau théorique, largement au-dessus de tout le présent comptage des vraisemblances, même avec de pareils expédients.

Méthode

C'est en 53B qu'un tel calcul a été mené, avec la définition d'un épaulement 0,008. Les mathématiciens ont abandonné de nombreuses limitations dommageables pour leur savoir mais doivent aussi veiller à le défendre. Perçues de façon rétrospective comme ayant accompagné l'arpentage ou l'indexation des objets au moyen de cailloux manipulés, diverses inventions rigoureuses ont permis le comptage puis la démonstration et bien plus tard une certaine maîtrise des jeux, en sorte que demander aux nombres encore un service inquiétant au premier abord, cette fois dans le commentaire de texte, doit être vu, au fond, comme raisonnable, dès lors que la confusion des idées ne menace pas ce qu'ils font déjà [248]-[250]-[568]-[832]-[842].

Application à Baudelaire

Un heurt comme rb(corrompus~encens), de filière 1, une fois renforcé au moyen de rb(corrompus~temple) à cause du tandem constitué avec lui, devrait avoir un réseau supérieur à 1 même si aucune autre aide ne lui venait. La chose ne pouvant être correctement admise, on parle de la filière d'une part et de l'épaulement reçu par ailleurs, de manière indépendante: sans procéder à une addition qui aboutirait à dépasser 1.

§87
Théorie

Si une glose s'avère une tension ample, son gradient n'est pas exactement sa filière, sauf dans le cas où cette glose constitue un heurt. Le gradient d'une glose non-heurt permet d'éprouver davantage les faiblesses éventuelles de sa vraisemblance que la filière n'y parvient avec les heurts, lesquels offrent par leur netteté plus de garanties quant à l'existence d'une relation venue à l'esprit de l'auteur. Tout gradient contient sept quantités q, e, p, f, z, g, j: les composantes. Les quatre dernières forment de quoi généraliser l'idée utilisée avec les facteurs t, s, m, w du flottement. Les deux premières, (q), (e), mesurent la confiance à mettre dans les pivots éventuels. La troisième reçoit pour charge de remplacer le tri effectué vis-à-vis des heurts par leur exigeante définition.

Méthode

Parmi les tensions amples celles n'arrivant pas à se montrer comme heurts, à cause du flou qui les entoure, doivent subir le filtrage de la composante (p). Mais puisque leurs traces ont le statut de termes q=e=1 dans tous les cas, en ce qui les concerne. Au contraire les gloses non-arbitrages qui ont un pivot et quelquefois deux pourront se voir dotées non seulement de p=2, parce qu'elles ne sont pas des heurts, mais aussi de q=2 ou e=2.

Application à Baudelaire

Le paradoxe rb(vivants~piliers) recevra un gradient 1/qepfzgj=1/fzgj=1/tsmw car il s'agit d'un heurt. En revanche b(homme~parfums¹) bénéficiera des composantes q=e=1 mais devra faire l'objet d'un examen strict, relativement aux composantes p, f, z, g, j du gradient. Finalement b(n~parfums²), qui traite de cette nasalisation marquée du son qui, semble-t-il, caractérise les derniers vers, ne saurait obtenir mieux qu'une mesure par 1/qepfzgj où juste e=1 sera d'emblée acquis, du fait que «parfums» est un terme. L'importance de l'odorat pour la pensée de l'auteur ne change rien à ces principes, à cause de l'ambiguïté frappant souvent les pivots, la chose n'empêchant nullement de voir b(n~parfums²) comme très intéressant [669]. À propos du souvenir que laisse un ouvrage dans la suite des temps, Baudelaire a écrit ces vers, peut-être inspirés de Phèdre [573]-[[1039]]: «Quelquefois en ouvrant un coffre d'Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant,
Ou dans une maison déserte quelque armoire,
Sentant l'odeur d'un siècle, arachnéenne et noire,
On trouve un vieux flacon jauni qui se souvient,
D'où jaillit toute vive une âme qui revient.
»

§88
Théorie

Le circuit d'une glose consiste dans le gradient augmenté de toutes les valeurs obtenues grâce aux renforcements. Le manège se ramène, quant à lui, à n'importe quelle partie du circuit due au gradient et à une seule valeur de renforcement. Mais dans les deux cas le calcul ne peut, à cause du nécessaire nivellement, aller jusqu'au bout s'il menace de parvenir au-delà de 1. Le manège des gradients (h) et (h’) des gloses, renforcée d'une part, stimulante de l'autre, s'élève à h+(h’/k) avec la quantité (k), l'espacement extérieur, permettant d'apprécier le niveau de séparation entre les traces. Concernant celles des gloses d'atténuation qui sont prises en couple, circuit et manège suivent ce qui arrive au gradient et, ainsi, des couples de sommes doivent être considérés. Au lieu d'avoir h+(h’/k), il faut compter h+((i/k)+(i’/k’)).

Méthode

La grandeur (k) joue presque le rôle de (c), la quantité choisie pour l'épaulement des heurts. L'idée reste la même: celle d'une influence capitale de la distance des termes ou traces dans le domaine des œuvres dépourvues de force démonstrative.

Application à Baudelaire

Les ressources internes à un texte d'imagination comme „Correspondances“ viennent de la disposition du créateur à s'intéresser beaucoup à un jugement malgré l'absence de toute apparence décisive amenant de son côté. Mais fréquemment un tel jugement ne se trouve pas livré de façon explicite au sein de l'œuvre. Baudelaire dans le sonnet présente diffusément l'intuition de qualités complémentaires au point que l'une fait voir l'autre, la notion de corruption invitant à mieux saisir celle de fraîcheur. Le poète choisit parfois de suggérer cela de façon plus nette [[1078]]: «Dis-moi, ton cœur parfois s'envole-t-il, Agathe,
Loin du noir océan de l'immonde cité,
Vers un autre océan où la splendeur éclate,
Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité…
Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons mourant derrière les collines,
Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets…
L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine?
-Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs
Et l'animer encor d'une voix argentine…
»

§89
Théorie

Quand on prive une glose de l'affirmation comme de la négation, il en résulte une broche, laquelle se ramène à un bâti dès lors que la glose constitue un arbitrage.

Méthode

Les heurts forment des gloses mais lorsqu'on veut exprimer que les calculs à effectuer concernant leur vraisemblance ne sont pas ceux des gloses, on peut continuer d'employer le signe (–) pour ces chocs de sens, tout en les nommant des gloses par commodité. Renvoyer par un mot identique vers des choses ayant une réalité distincte, à un certain plan, gêne seulement parfois l'expression et il s'avère donc avantageux de pouvoir ou non s'en passer. Quand il faut signaler exactement les différences, une appellation commune devient rapidement une charge, ce qui fera éviter notamment d'appeler une broche un bâti, ou n'importe quelle glose un heurt.

Application à Baudelaire

De même que les visées touchant «hautbois» et «parfums» b(hautbois–parfums²), d(hautbois– parfums²) utilisent le bâti (hautbois–parfums²), les gloses b(hautbois~parfums²), d(hautbois~parfums²) possèdent en commun la broche (hautbois~parfums²). Néanmoins la ressemblance ne se poursuit aucunement, du fait que rb(N~Nature), rd(N~Nature), par exemple, peuvent bien partager la broche (N~ Nature) mais n'ont pas d'équivalent, à cause du N, parmi les arbitrages de quelque sorte qu'ils puissent être. L'évocation des hautbois par le dixième vers a souvent été commentée par ce passage de Balzac [12]-[84]: «Le hautbois n'a-t-il pas sur tous les esprits le pouvoir d'éveiller des images champêtres…» Pourtant le romancier fait précéder cette déclaration d'une bien différente, mise dans la bouche d'un personnage s'opposant à ce type de pensée: «…vous m'avez parlé souvent de la couleur de la musique, et de ce qu'elle peignait; mais en ma qualité d'analyste et de matérialiste, je vous avouerai que je suis toujours révolté par la prétention qu'ont certains enthousiastes de nous faire croire que la musique peint avec les sons. N'est-ce pas comme si les admirateurs de Raphaël prétendaient qu'il chante avec des couleurs?» Réflexion qui attire cette réplique: «Vous nous faites une querelle de mots, voilà tout.» Baudelaire lui-même ne manque pas de brouiller sa perspective puisqu'il écrit à propos des conceptions nourries par un de ses personnages [659]: «…ce matérialisme absolu n'était pas loin de l'idéalisme le plus pur.»

§90
Théorie

Pour une broche (A~E) le rayonnage se compose de six gloses formables dessus, car il faut compter ((2)(3)) éléments, deux options en (b) puis (d), avec trois espèces de glose distinguées comme (r), (v), (o): rb(A~E), rd(A~E), vb(A~E), vd(A~E), ob(A~E), od(A~E). La somme des gradients obtenue avec un rayonnage devrait aboutir à 1, cependant à cause de l'imperfection du calcul, elle arrive souvent plus haut ou plus bas. Le nivellement remédie au premier cas, mais l'autre situation reste dépourvue de palliatif.

Méthode

De pareilles défaillances ne sont point surprenantes, car les textes où les images ont plus de part que les preuves n'offrent guère la belle simplicité du carré ou du cercle, dont l'étude mathématique s'avère largement satisfaisante. Il ne convient donc nullement d'avancer que le calcul des vraisemblances d'interprétation est vain de par ce type d'échec. Souvent les doctrines tournées vers la prévision fournissent non l'aimable reflet d'un objet accessible à tous, mais la moins vilaine reconstitution d'un ensemble d'apparences, au cours d'une période historique formant une continuité intelligible avec les autres.

Application à Baudelaire

Le rayonnage vis-à-vis de (Nature~temple) totalise une somme de gradients qui sans nivellement dépasserait 1 puisque déjà celui de rb(Nature~temple), constituant une filière, s'élève à 1.

§91
Théorie

Un plateau se présente comme une interprétation formée de gloses uniquement. Sa mesure de vraisemblance, l'aune, se calcule d'après les gradients relatifs aux éléments qui le constituent. Si quelque glose de lui est d'atténuation, il faut celle du problème ainsi traité pour l'accompagner, afin d'obtenir une perspective plus complète que celle du gradient. L'addition des valeurs convient quelquefois, comme avec h+(h’/k): un tel manège peut à lui seul mesurer un plateau dès lors que les gloses restent de problème ou neutres. Mais en dehors de la situation du renforcement c'est la multiplication qui se justifie, comme avec deux gloses, une de problème, une d'atténuation, comme aussi avec deux gloses dépourvues de rapport spécial. De par le principe du nivellement l'aune se voit limitée à 1 pour ce qui est de l'appréciation de sa plus grande force. Néanmoins le rivetage ne s'applique nullement à elle puisqu'il concerne les gradients uniquement.

Méthode

Nous devrions alors chercher à définir le point au-dessous duquel aucune mesure de vraisemblance ne pourrait plus être prise au sérieux, mais nous manquons encore d'aperçus assez variés pour établir en toute certitude où un tel seuil apparaît. L'usage des trois décimales exprime au moins qu'en dessous de 0,001 les quantités rencontrées donnent peu confiance.

Application à Baudelaire

Lorsqu'à propos de nombreux cas nous aurons vu que telle interprétation meilleure au plan intuitif qu'une autre, concernant sa fidélité aux idées baudelairiennes, accompagne une aune moins élevée, nous conclurons de manière plus ferme que le type de sens que nous cherchons a disparu de ces valeurs. Pour l'instant de tels cas nets, hélas, font largement défaut.

§92
Théorie

Quand se présente une glose de problème ayant le gradient 1/qepfzgj et une glose d'atténuation essayée sur elle, de gradient 2(1/q’e’p’f’z’g’j’), l'espacement extérieur (k) mesure la distance de l'une à l'autre, dans 2(1/q’e’p’f’z’kg’j’). Pour le plateau comprenant juste les deux gloses concernées l'aune atteint (1/qepfzgj)(2(1/q’e’p’f’z’kg’j’)). Les distances, avec deux gloses atténuantes ayant un gradient à somme, livrent (1/q’e’p’f’z’kg’j’)+(1/q’’e’’p’’f’’z’’k’g’’j’’) et l'aune fournit (1/qepfzgj)((1/q’e’p’f’z’kg’j’)+(1/q’’e’’p’’f’’z’’k’g’’ j’’)).

Méthode

La nécessité de lier atténuation et distance n'a rien d'étonnant, car si un problème se trouve presque oublié quand surviennent les termes de son éclairage, ce dernier perd une bonne partie de sa force. Le même affaiblissement se produit quand la difficulté suit de loin ce qui dans le texte l'atténue, parce qu'on fait malaisément l'opération de relier un point à l'autre.

Application à Baudelaire

Si on veut commenter rb(corrompus~encens) par vb(Nature~temple), en arguant que l'encens est comme un fidèle du temple naturel qui, se conduisant mal, fait néanmoins partie de l'assemblée, il faut concéder que la séparation des termes, «Nature», «temple», d'un côté, «corrompus» et «encens» de l'autre, nuit à l'efficacité de ce dispositif. Baudelaire a pu aussi envisager la poésie comme jouant le rôle du parfum dans l'univers de la réflexion et puis également songer, partant de ses propres douleurs, éventuellement dues à Vénus, aux idées qu'inspire la souffrance comme à des parfums corrompus; mais il ne se cantonnait pas dans la tristesse puisque rêvant à lui-même dans le style des plus espiègles étudiants, il projeta l'épitaphe suivante [610]-[[1022]]: «Ci-gît qui, pour avoir par trop aimé les gaupes,
Descendit jeune encore au royaume des taupes.
»

§93
Théorie

Qu'un heurt s'avère capable de renforcer l'effet d'un autre n'empêche aucunement certaines idées contenues en lui d'atténuer ce même heurt voisin. Les crans par exemple servent à éclairer certains chocs de sens, mais un tel avantage ne les prive nullement de conduire l'attention vers eux, en les renforçant de la sorte. Afin de comprendre cela, il faut éviter de mêler dans les idées ce qui touche aux influences de surface, d'une part et le domaine des sous-entendus, par ailleurs. Une relation peut n'occuper l'esprit que de manière seconde, alors qu'une autre légèrement opposée à elle se montre de façon immédiate. La complication obtenue dans l'agencement du sens pousse donc à suivre parfois un étrange itinéraire: d'abord, nous pensons uniquement aux aspects choquants des heurts, mais ensuite admettons que l'un éclaire l'autre.

Méthode

Même si la chose n'a rien de constant elle mérite d'être notée, car elle risque de faire penser que les paradoxes et leurs éclairages portent en eux tellement de confusion, que rien à leur propos ne peut se comprendre.

Application à Baudelaire

Pour atténuer le choc rb(corrompus~temple) nous recourons à vb(encens~ temple) rvb(corrompus~encens) vb(sens~encens) vb(corrompus~sens), or deux suffisent pourtant à produire l'essentiel de l'éclairage: vb(temple~encens) vb(sens~encens). Dans ce cas nous évitons, avec l'embarras de la démarche, le très léger ennui d'avoir un paradoxe fournissant des relations atténuantes vis-à-vis d'un autre. Mais dans la perspective d'éclairer le choc rb(corrompus~encens), il est également possible de faire appel à vb(répondent~ parfums¹) qui utilise les termes de rb(répondent~parfums¹) avec l'idée qu'à l'office du monde tous les fidèles participent, y compris ceux qui s'éloignent le plus de la juste fraîcheur. Ils répondent ainsi aux éléments différents d'eux, pour célébrer un dieu, l'unité, ou le grand tout. Une autre illustration du texte possède autant de légitimité: le temple serait celui de la mémoire, mère des muses, que soutiendraient les vivantes façons d'œuvrer mises en place par les artistes, où mal et bien se répondraient au sein du beau. Songeons enfin au monde comme à un immense havre, où les phares guident les nouveaux artistes [103]-[490]-[608]-[[1096]]: «…Delacroix, -lac de sang hanté de mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber;
Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces "Te Deum",
Sont un écho redit par mille labyrinthes;
C'est pour les cœurs mortels un divin opium.
…C'est un phare allumé sur mille citadelles…
Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que ce long hurlement qui roule d'âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité!
»
Les deux poèmes „les Phares“ et „Correspondances“ auraient dans cette optique des contenus parallèles, donc imaginer que se répondent musiciens et peintres n'a rien de tout à fait gratuit. Les poètes, les femmes élégantes, les dandys pourraient avoir comme représentation les parfums, d'après cette clef très peu sûre. La signification “éloges” envisageable relativement à «encens», dans un arrière-plan inaccessible au sens le plus net, comme il a été vu en 53B, aurait de l'intérêt dans la présente illustration, Baudelaire voulant suggérer que l'éloge, si désirable qu'il soit, nuit aux efforts, d'une certaine façon.

§94
Théorie

De par un dispositif qu'on appellera le coupage, au lieu de compter à deux reprises dans un plateau un même gradient, à cause de l'usage double d'une atténuation, par exemple une fois avec tel problème, puis une seconde fois avec tel autre, on le considérera, quand les motifs de fixation des idées resteront les mêmes, comme une valeur n'ayant qu'un seul rôle dans le calcul de l'aune.

Méthode

Fréquemment l'espacement extérieur varie sans que change le gradient, parce que la glose restant identique, son emploi en des renforcements divers, ou en des atténuations différentes, fait varier la distance de ses termes à d'autres. Les deux espacements extérieurs peuvent en outre se modifier en même temps: celui pour l'atténuation, calculé d'après la distance aux termes de la glose atténuée; celui du renforcement, compté d'après la glose atténuante qui renforce l'autre glose atténuante.

Application à Baudelaire

Ainsi vb(répondent~parfums¹) servira pour atténuer rb(Nature~temple) et rb(corrompus~encens) car elle donne la notion des fidèles répondant liturgiquement à des appels dans les deux cas et, comme la distance de «Nature» à «répondent» et à «encens» diffère, l'espacement ne saura demeurer pareil. Maintenant imaginons comme nouvel éclairage de rb(corrompus~ encens) la glose vb(chantent~parfums¹): elle renforcera également vb(répondent~parfums¹) et il faudra distinguer k et k’, l'un pour l'atténuation de rb(corrompus~encens), l'autre pour le renforcement de vb(répondent~parfums¹). La notion de ce monde animé de toute part surprend! Balzac, souvent fort ambigu, fit quelques pas, ici ou là, vers une conception de ce genre [93]: «Mais alors le Monde est éternel, mais alors le Monde est Dieu!» Une voie moins difficile à suivre, par qui refuse que l'on change le sens ordinaire des mots, consiste à voir la grande Nature comme une œuvre faite par le divin. L'un des orateurs mis en scène par Cicéron tient pour cette opinion [198]: «…si tu vois une maison spacieuse et belle, tu ne seras pas porté à croire, même si tu ne peux voir le maître, qu'elle a été bâtie par les souris et les belettes…»

§95
Théorie

L'espacement extérieur (k) s'emploie uni avec les composantes, notamment pour la mesure d'un renforcement (1/qepfzgj)+(1/q’e’p’f’z’kg’j’) -en abrégé h+(h’/k)- ou encore pour celle d'un plateau contenant simplement une glose de problème avec une autre d'atténuation (1/qepfzgj)(2(1/q’e’p’f’z’kg’j’)), donc h(2(i/ k)) et finalement pour ces deux usages fondus en un h((2i/k)+2(i’/k’k’’)) ou (1/qepfzgj)((2(1/q’e’p’f’z’kg’j’)+ 2(1/q’’e’’p’’f’’z’’k’k’’g’’j’’))). Dans la dernière situation (k) vaut pour l'espacement extérieur entre une glose d'atténuation et une de problème. Par ailleurs k’ joue un rôle analogue, mais pour la seconde glose d'atténuation. Enfin k’’ donne la séparation entre cette fois les deux gloses atténuantes, l'une renforçant l'autre.

Méthode

La quantité de vraisemblance 2(i/k) ou 2(1/q’e’p’f’z’kg’j’) n'est plus un gradient à cause de (k) mais elle manque aussi le statut de l'aune qui suppose pour le moins h(2(i/k)) ou encore 1/qepfzgj(2(1/q’e’ p’f’z’kg’j’)). De la sorte 2(i/k) constitue seulement une mesure intermédiaire que le calcul de vraisemblance utilise pour un plateau.

Application à Baudelaire

Si rb(Nature~homme) reçoit l'éclairage de vb(homme~passe) son efficacité doit beaucoup à une faible distance des termes concernés. Quant à cette façon pour l'homme de traverser le réel, nous penserions facilement à un périple que tous effectuent sans comprendre sa portée, mais Claude Pichois nous invite à ne pas exclure la possibilité d'un autre sens moins évident: l'homme serait d'abord le poète ici [667].

§96
Théorie

Dans un même plateau on refuse d'accepter une contradiction et on en arrive ainsi à écarter de l'étude les textes porteurs d'une incohérence déclarée, ce qui au reste semble très rare dans le domaine où l'imagination domine, puisque les rapports entre significations y possèdent trop d'ambiguïté pour que les fautes logiques apparaissent là clairement. De surcroît on évitera toute opposition au texte, comme celle qui survient avec b(frais~autres). Également on rejettera le quasi-cercle qui menacerait de survenir, par exemple, si, voulant pallier quelque sentiment d'absurdité venu avec rb(vivants–piliers), on recourait à l'usage de vb(forêts–piliers) vb(vivants–forêts), afin d'obtenir ensuite une atténuation de rb(forêts–piliers) au moyen de vb(vivants–piliers) vb(forêts–vivants). Une fois (~) adopté dans les diverses formules employables ici, la série devient rb(vivants~piliers) vb(forêts~piliers) vb(vivants~forêts), puis rb(forêts~ piliers) vb(vivants~piliers) vb(forêts~vivants). Or, il est bien ennuyeux que le problème des vivants piliers trouve un éclairage dans la notion des "forêts-piliers", laquelle trouve un éclairage dans celle des vivants piliers. Ce n'est pourtant qu'au sein du même plateau qu'est banni un tel dispositif, mieux cerné dans rb(A~ E) vb(F~E) rb(F~E) vb(A~E) ou, plus généralement, avec rb(A~E) vb(F~H) rb(F~H) vb(A~E).

Méthode

Finalement l'objectif de telles précautions est de mieux décrire comment se développe le sens, mais on perçoit encore qu'il pourrait demeurer insaisissable, vu que toute analyse de la démarche intelligente se confronte au risque de se voir démentie par ses lecteurs, dès lors qu'ils tentent de faire ce qui paraît d'abord exclu de leurs agissements [524]. Les rochers ou les nuages ne peuvent au contraire pas lire ce qui s'écrit d'eux pour chercher à réaliser l'opposé. Il convient alors de ne pas s'étonner que d'excellents esprits aient inventé mille arguments destinés à montrer que l'approche soigneusement réfléchie des activités humaines a peu en commun avec la connaissance d'un phénomène [281]-[282].

Application à Baudelaire

Limiter l'impression étrange de rb(forêts~piliers) expose aussi à être menacé par vb(forêts~symboles) car le danger existe d'atténuer ensuite rb(forêts~symboles) par vb(piliers~symboles) vb(forêts~piliers). Il ne faut pas cependant nier ouvertement le rôle du terme «forêts» et il se pourrait qu'il fournisse, même, une importante illustration du poème. En 1853 un chêne fut consacré à Baudelaire par Denecourt, un amoureux de Fontainebleau. Selon Raymond Poggenburg [798]: «L'annonce paraît à cette date dans le Guide de la forêt, dont c'est la huitième édition.» Le bois où vivent les êtres de symbole serait éventuellement celui de la mémoire des grands hommes. Ces personnalités donneraient la vie aux pensées d'avenir et protégeraient les temps écoulés de l'oubli, ainsi que les colonnes d'un édifice. En soutenant les constructions qui persistent, elles auraient droit en retour à beaucoup de respect, comme les deux personnages qui accueillirent les dieux selon Ovide [562]: «…ils eurent la garde du temple aussi longtemps que la vie leur fut accordée. Un jour que, brisés par l'âge, ils se tenaient devant les saints degrés et racontaient l'histoire de ce lieu, Baucis vit Philémon se couvrir de feuilles, le vieux Philémon vit des feuilles couvrir Baucis. Déjà une cime s'élevait au-dessus de leurs deux visages…Voilà ce que m'ont raconté des vieillards dignes de foi qui n'avaient aucun motif pour chercher à me tromper. Quant à moi, j'ai vu des guirlandes suspendues aux branches et j'en ai offert de fraîches, en disant: "Que les mortels aimés des dieux soient des dieux eux-mêmes; à ceux qui furent pieux sont dus nos pieux hommages."» D'un autre côté Baudelaire, comme lecteur d'ouvrages américains, évoque peut-être ces mâts auxquels outre-Atlantique les Indiens recouraient pour exprimer leur sentiment d'adoration ou d'égard, envers ce qui excède les apparences [401¹].

§97
Théorie

Non seulement nous rejetons l'idée qu'un plateau puisse contenir en même temps rb(A~E) et rd(A~E), ou vb(A~E) et vd(A~E), ou ob(A~E) et od(A~E), mais il ne faut pas qu'il comprenne rb(A~E) et vd(A~E) par exemple ni généralement b(A~E) avec d(A~E), quels que soient les types de glose concernés, en r, v, ou o. En outre si ob(A~E) appartient à un plateau, les deux gloses rb(A~E) et vb(A~E) s'en trouvent exclues. Pareillement dès lors que od(A~E) est dedans, les gloses rd(A~E) et vd(A~E) restent hors du plateau.

Méthode

Pour vb(A~E) et rb(A~E) ou bien vd(A~E) et rd(A~E), nous les admettrons ensemble, puisque déjà les crans possèdent le statut de choc pouvant servir d'éclairage.

Application à Baudelaire

Ainsi b(vivants–piliers) sert d'intermédiaire pour chercher une atténuation de rb(Nature–piliers). Comme choc il s'écrit rb(vivants–piliers) ou rb(vivants~piliers), mais comme atténuation il convient de lui reconnaître la formule vb(vivants~ piliers). "L'arbre-pilier", qui fait penser tellement aux images de la sexualité, joue aussi le rôle de soutien, que la réflexion transpose alors en idée [135]: «La sagesse a bâti sa maison, elle a taillé ses sept piliers…»

§98
Théorie

La supposition d'après laquelle intuition et calcul de vraisemblance vont dans le même sens doit s'étendre au domaine des gloses dans toute son étendue, alors que jusqu'au paragraphe 80 elle avait rapport uniquement aux heurts. On acceptera donc l'idée que plus des gradients ou des aunes ont de l'importance, davantage l'intuition favorise la glose ou le plateau dont la mesure de vraisemblance a été ainsi réalisée. Afin d'éprouver la justesse d'une telle vue, sans mêler fautivement les idées, le vocabulaire des essais, eu égard aux réseaux et heurts, verra ses perspectives élargies par un autre, concernant l'étude nouvelle. Dans cette optique on déclare qu'une modification du texte constitue un portage si elle se restreint à ce qu'on entend mesurer. Le texte créé par l'auteur avec toutes les mesures afférentes donne la resserre, tandis que le portage confronté à elle plus tout ce qui l'intéresse comme degrés de vraisemblance forme le verseur. Pour écrire les formules valables d'un côté aussi bien que de l'autre, on use de crochets, en reprenant les parenthèses lorsqu'on revient soit au verseur uniquement, soit au domaine de la seule resserre. On se permettra en outre, dans certains cas, d'opposer deux textes modifiés, avec leurs calculs, chaque groupe s'appelant une bâche. On en écrira les formules entre crochets.

Méthode

De même que la représentation cartographique d'un pays n'est pas le simple reflet de sa zone, tout en restant fort utile, l'examen des gloses doit bénéficier aussi de la permission de ne pas demeurer en contact incessant, par le biais des notions, avec les apparences faisant son objet.

Application à Baudelaire

Néanmoins établir une paraphrase demande le soutien des connaissances historiques, lesquelles en particulier touchant „Correspondances“ dirigent l'attention vers les recherches qui à l'époque de Baudelaire amenaient à une compréhension renouvelée de la couleur. Si on avance d'après cela que les parfums opposés aux verts paraissent rouges, triomphants et riches, nulle idée gratuite n'est exprimée, vis-à-vis des conceptions envisageables de l'auteur, qui notait pour des tableaux d'ensemble de Catlin et à propos de ses portraits de deux Indiens [699]: «Quant à la couleur, elle a quelque chose de mystérieux qui me plaît plus que je ne saurais dire. Le rouge, la couleur du sang, la couleur de la vie, abondait tellement dans ce sombre musée, que c'était une ivresse; quant aux paysages, -montagnes boisées, savanes immenses, rivières désertes,- ils étaient monotonement, éternellement verts; le rouge, cette couleur si obscure, si épaisse…le vert, cette couleur calme et gaie et souriante de la nature, je les retrouve chantant leur antithèse mélodique jusque sur le visage de ces deux héros.» Plus généralement il méditait ainsi [692]: «…le vert est le fond de la nature…Ce qui me frappe d'abord, c'est que partout, -coquelicots dans les gazons, pavots, perroquets, etc.,- le rouge chante la gloire du vert…» Le poète a éventuellement songé aux remarques du chimiste Chevreul [506]-[507]: «…mettre de la couleur sur une toile, ce n'est pas seulement colorer de cette couleur la partie de la toile sur laquelle le pinceau est appliqué, c'est encore colorer de la complémentaire l'espace qui lui est contigu…La loi du contraste des couleurs est…bien inverse du mélange des couleurs…»

§99
Théorie

Les composantes (q) et (e), les taillants, (q) du côté gauche de la glose, (e) de l'autre, prennent le niveau 1 si leur trace de référence constitue un terme. Une tension ample ayant deux termes, donc pas un seul pivot, reçoit q=e=1 dans tous les cas. Quand un sens du texte jamais engagé dans un heurt s'acquitte bien de la fonction de pivot, en accord avec les exigences du contexte, le taillant qui se rapporte à lui arrive aussi à 1, ce qui par exemple ne concerne pas b(N~Nature), puisque «temple», qui ferait un sens très correct pour expliquer cette sorte d'absolu qu'évoque le N, appartient au heurt b(Nature~temple). Lorsqu'une trace n'est pas un terme, d'une part et ne possède aucun équivalent libre de tout heurt au sein du texte, par ailleurs, le taillant qui lui revient égale 2.

Méthode

Les pivots montrent souvent un flou tel que l'interprète risque de vouloir leur faire jouer quelque rôle abusif, aussi est-il nécessaire de noter comme une faiblesse à l'intérieur du niveau d'évidence des notions construites avec eux, n'importe quel manque de clarté ressenti à leur propos.

Application à Baudelaire

Le N de «Nature» dans un portage ayant comme début “L'absolu, la Nature, est un tout…” aurait du fait de b(tout~N) ou de b(Nature~N) un taillant e=1 puisque “absolu” fournirait une idée acceptable de pivot, sans participer à un heurt.

§100
Théorie

Une glose d'atténuation dépend beaucoup de la glose de problème dont elle a pour objet de traiter la difficulté. À cause de cela on voit les grandeurs p, k, g, j relatives à une même glose d'atténuation, varier avec les divers problèmes abordables par son entremise. Afin de clarifier une telle situation, il faut distinguer l'usage de plaque d'une atténuation, qui a lieu quand on examine seulement le meilleur effet ou les meilleurs effets, disponibles en même temps, de l'atténuation et l'usage de crible, lequel dépend cette fois de telle glose de problème bien précise. L'un et l'autre usages coïncident lorsqu'on désigne un problème tel qu'il se trouve le mieux traité, ou l'un des mieux traités, par cette glose d'atténuation à propos de laquelle on fait la mesure de vraisemblance. La difficulté que l'on rencontre parfois est que, pour l'usage de plaque, tel problème donne k=1 mais g=2 et tel autre l'inverse, de sorte qu'en tout, le produit qepfzkgj s'avère identique sans avoir été obtenu de la même façon. Il faut alors en examiner le détail.

Méthode

Fournir l'usage de plaque ne présente donc de l'intérêt que si l'éclairage le plus avantageux est livré d'une seule façon ou avec un seul problème.

Application à Baudelaire

Ainsi vb(encens~sens) donne un résultat fort gratifiant avec rb(corrompus~encens), chose qui fait paraître que c'est pour cette atténuation l'usage de plaque. Le rôle de l'encens, traditionnellement, est représenté de façons diverses d'après les mobiles de l'offrande, parfois justes et à d'autres moments douteux. D'un côté vient à Moïse un ordre clair [112]: «Tu feras l'Autel de fumigation d'encens…» David use de l'image [134]: «Iahvé, je t'invoque, hâte-toi vers moi, prête l'oreille à ma voix, quand je crie vers toi. Que ma prière devienne un encens devant toi, que l'élévation de mes mains soit comme l'oblation du soir!» Quand l'honnêteté disparaît le rite perd sa fonction [124]: «Ne continuez pas à amener des oblations vaines! L'encens est pour moi une abomination!» 40

§101
Théorie

La composante (p) ou perche tient la fonction d'éprouver vis-à-vis d'une glose non-heurt s'il existe un butoir vis-à-vis du caractère faisant son type: de problème, d'atténuation, ou neutre. En revanche dès lors qu'une glose constitue un heurt, (p) arrive à 1. Par ailleurs lorsque nous cherchons à décrire un problème trop mince pour obtenir le statut de heurt, mais qu'un butoir amène à regarder comme une difficulté, le niveau de (p) reste 1. Le texte lui-même peut faire le constat d'un obstacle de pensée, par une interrogation en particulier, dirigeant ainsi l'interprète vers p=1 relativement à une glose de problème. De la sorte “Divers échos peuvent-ils entièrement se confondre?” ouvrira sur p=1 avec rb(confondre~échos). Dans le cas d'une glose d'atténuation 1 n'est acquis, touchant (p), que si le texte pose nettement qu'existe un rapport d'atténuation entre les passages lui procurant une base de sens et le problème qu'elle traite. De cette façon “Divers échos peuvent-ils entièrement se confondre? De loin oui…” autorisera p=1 avec vb(loin~confondre) eu égard au problème rb(confondre~échos). Enfin si l'œuvre pose clairement qu'une idée ne saurait animer ni problème ni éclairage, p=1 concernant la glose neutre qui reprend cette idée. L'obstacle dans ce qu'un texte déclare vient de l'ironie accompagnant quelquefois le sens le plus élémentaire. Il faut alors, comme avec les gloses de problème qui ne sont pas des heurts, demander un butoir avant de conclure à p=1 quant à des gloses neutres et d'atténuation.

Méthode

Or trouver un butoir en autre chose que les règles de signification, dans un ouvrage poétique, semble aussi épineux qu'en cerner une illustration, les deux choses revenant au même quand le butoir fonde la compréhension détaillée.

Application à Baudelaire

Une référence aussi usuelle dans la recherche du sens de „Correspondances“ que celle à Dodone reste dépendante des choix de l'interprète [487]. Nul gain décisif, par exemple, ne vient à lui quand il pense à cette description d'un tableau antique [577]: «La colombe d'or encore sur le chêne…des bandelettes sont suspendues à l'arbre, car comme le trépied de Pytho, il rend des oracles. L'un vient pour l'interroger, l'autre pour faire un sacrifice. Il est entouré en ce moment par un chœur de Thébains…De ce côté, tu reconnais les prêtresses de Dodone à leur aspect sévère et vénérable; on dirait qu'elles respirent l'odeur des libations et des parfums. D'ailleurs le peintre a représenté la fumée de l'encens qui enveloppe tout ce lieu et jusqu'aux voix divines dont il retentit: voici une statue en airain de la nymphe Echo qui met, comme tu le vois, la main sur sa bouche…»

§102
Théorie

Le taquet (f) des tensions amples est fixé d'après le rang (t): si t=1 alors f=1; si t=2 alors f=2. Quant aux diverses gloses qui n'ont pas de filière, leur formule ayant le type b(A~E) ou d(A~E), le taquet parvient à 1 dans le cas en (b), s'il existe un butoir interne au texte qui empêche d'écrire la même broche accompagnée du signe (d); dans le cas en (d) si l'on dispose d'un butoir interdisant que la broche ait le signe (b) noté devant sa mention. En toute autre situation f=2.

Méthode

Parfois une glose avec un pivot se montre capable d'obtenir f=1 à cause de l'extrême force d'un rapport de sens.

Application à Baudelaire

Ainsi b(N~Nature) aura toujours f=1 avec (r), (v), ou (o), car il s'avère impossible de noter fidèlement le sens du sonnet par d(N~Nature). Pareillement si on avait “La Nature est un Dieu…” il faudrait accepter f=1 pour b(N~D); de même avec b(N~T) concernant “La Nature est un Temple…” Profondément on doit avouer que la question du panthéisme de Baudelaire se pose, mais on évitera d'y répondre hâtivement, car un dieu extérieur aux êtres visibles du monde a été considéré certaines fois comme architecte de son propre temple, ce dont Philostrate donne témoignage lorsqu'il décrit comment, alors qu'ils marchaient vers l'Inde, gravissant le mont Nysa, des voyageurs [578]«…rencontrèrent…le sanctuaire de Dionysos, fondé par le dieu lui-même en son propre honneur…» L'auteur antique écrit encore: «…il l'avait entouré d'une plantation de lauriers en cercle, enfermant un espace de terrain juste suffisant pour un temple de dimensions modestes; autour des lauriers, il avait disposé du lierre et des pieds de vigne et dressé, à l'intérieur de cet enclos, une statue de lui-même, sachant qu'avec le temps les arbres pousseraient et formeraient une sorte de toit; et c'est bien ce qui s'est produit maintenant, de telle sorte qu'il ne pleut pas dans ce sanctuaire, et que le vent n'y pénètre pas. Il y avait des serpes, des paniers à vendange, des pressoirs…Lorsque le dieu célèbre ses bacchanales et ébranle le Nysa, les villes, au pied de la plaine, l'entendent et répondent par des fêtes bruyantes.» 41

§103
Théorie

Les glissoirs (g), (j) d'une glose neutre sont égaux. Ils arrivent à 1 seulement quand le passage du texte servant de base pour la glose ne permet de montrer ni un problème ni une atténuation à gradient comptable. En dehors de cela g=j=2. Avec les tensions amples (g), (j) sont exactement (m), (w) dans le flottement: les oscillations. Dans le cas des autres espèces de glose décrivant un problème, voyons ce qui arrive touchant rb(A~E) ou rd(A~E): si, malgré le nom que porte la glose, la première strate de sens fait penser qu'il n'existe pas d'obstacle opposé à l'intelligence, au sein du contenu, c'est que nul problème sérieux ne se pose là. Ainsi les deux glissoirs atteignent 2; en toute autre situation g=1 et j=2 ou bien g=2 et j=1 mais toujours l'un des glissoirs demeure à 2 parce qu'il s'avère qu'aucune tension ample ne se forme, chose que le calcul doit exprimer.

Méthode

Les idées vagues en de nombreux pivots favorisent g=1 ou j=1 car l'ambiguïté invite à soupçonner un problème sans qu'un sens clair soit possible.

Application à Baudelaire

Vite nous percevons que rb(N~Nature) paraît envisageable. Cependant déclarer que nulle difficulté n'existe demeure sensé, Baudelaire ayant pu vouloir indiquer par le N que c'est l'univers entier, non juste la terre, qu'évoque le premier vers. La conséquence au plan de la glose rb(N~Nature) revient alors à une légère faiblesse. Puisqu'il faut de toute manière avoir g ou j à 2, autant choisir 1 quant au pivot, en conservant 2 vis-à-vis du terme: g=1, j=2.

§104
Théorie

Les glissoirs (g), (j) d'une glose d'atténuation se montrent égaux, les deux valant 1 ensemble ou bien, toujours en même temps, 2. Ils arrivent à 1 si l'atténuation possède au sein du texte quelque appui, même vague, ce qu'on appellera une assise. Cet indice favorable peut, certes, atteindre parfois le niveau d'un butoir, mais pas dans le cas de l'atténuation d'une tension ample, où il s'avère impossible qu'existe une très bonne assise, puisque toute bizarrerie serait alors exclue. L'absence d'assise pousse vers g=j=2 ce qui exprime un immense risque d'inventer l'atténuation espérée, au moment d'interpréter le problème lui-même.

Méthode

Comme avoir une assise paraît facile néanmoins, les textes présenteront de nombreux exemples de glissoirs 1 relevant d'atténuations.

Application à Baudelaire

Pour éclairer la glose de problème rb(corrompus~ encens) par vb(répondent~parfums¹), l'assise viendra de «chantent» et pour vb(chantent~parfums¹) éclairant rb(corrompus~encens), l'assise utilisée afin de garantir g=j=1 sera inversement «répondent». En dépit de cette coordination les deux perspectives montrent de l'imperfection, car «chantent» fait davantage penser au culte, mais concerne d'abord les parfums corrompus, tandis que «répondent», qui s'applique plus facilement à toute senteur, évoque moins la célébration. L'essentiel demeure la fidélité à l'auteur, or il semble avoir perçu comment se complètent les opposés. Bon lecteur d'écrivains américains, il ne méprisait nullement le point de vue des austères gardiens de la vertu, même s'il entretenait des rapports très prudents avec leur pensée. Il devait considérer favorablement les images ravissantes que les penseurs de la restriction des fastes, comme Calvin en Europe, avaient regardées avec ironie [3]-[42]-[170]: «C'est une grand'honte de le dire, mais il est vray que les paillardes d'un bordeau sont plus chastement et modestement parées, qu'on voit les images des vierges aux temples.» Pour Baudelaire les œuvres ambiguës renvoient à ce qui est complexe [[1060]]: «Tête-à-tête sombre et limpide
Qu'un cœur devenu son miroir…
Un phare ironique, infernal,
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
-La conscience dans le Mal!
»

§105
Théorie

L'espacement intérieur (z) suit, dans le cas des tensions amples, un des facteurs du flottement, l'éloignement intérieur (s), puisque tsmw est entièrement identique à fzgj, employé vis-à-vis de ces problèmes. Concernant les autres gloses, la situation reste assez voisine, seuls quelques détails de comptage venant s'ajouter aux principes déjà connus. Quand un butoir exprime qu'est justifiée l'interprétation d'après laquelle un créateur a établi, au sein du texte, un rapport clair, liant A et E, permettant de penser b(A~E) ou d(A~E), peu importe, alors z=1 eu égard aux diverses gloses de broche (A~E). Sinon (z) diffère de 1.

Méthode

Fréquemment pour deux idées c'est uniquement sur le choix de l'auteur que porte l'insistance: les a-t-il séparées ou unies? Mais la difficulté, dans la fixation de (s) et (z), touche le point de leur nette relation, car si tout, dans un texte, se trouve mis en rapport de par le vouloir du créateur, certaines liaisons demeurent vagues tandis que d'autres ont pour elles des liens très francs et, en particulier, pour déclarer que A s'oppose carrément à E, il faut avoir une représentation valable simultanément pour ces deux traces.

Application à Baudelaire

Nous le voyons bien avec une phrase dans le style des Lumières: “La Nature, qui n'est pas la nature, est un tourbillon, un vrombissement”. Certainement rd(Nature~nature) semble mieux décrire ce propos que rb(Nature~nature), mais de toute façon z=1 avec les deux formules.

§106
Théorie

Quand (z) diffère de 1 pour une broche à termes, il se fixe à 2+(1(n/10)) avec (n) qui est le nombre des fronts disposés dans le texte depuis l'un des termes jusqu'à l'autre. Si les traces ne revêtent pas cette forme de termes, on change très peu le comptage, alors même que pourtant l'une ou l'autre prend l'allure d'un pivot attaché à un élément verbal. Toute case qui participe d'une façon quelconque à un support avec pivot est déclarée une pliure, laquelle se voit prise comme un front. Obtenir 2+(1(n/10)) demande juste de compter soigneusement les (n) autres fronts placés entre les traces. Concernant “La Nature est un temple. De Vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles” et b(N~V) on doit éviter “Nature” ainsi que “Vivants”, ce qui fait 2+(1(2/10)), exactement comme 2+(1(2/10)) avec b(Nature~vivants) touchant “La Nature est un temple. De Vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles”. Eu égard au jeu de sonorités “La Nature tord mes tortures en m'affligeant de maux” et à b(ture tord~tortures), (z) donnera 2+(1(1/10)) car seront hors de cause “Nature”, “tord” et “tortures”. Un pivot non solidaire d'un élément verbal pousse à réaliser un comptage différent. Un papier vert employé dans l'impression du sonnet entier amènerait 2+(1(74/10)), à cause des 74 fronts du texte, vis-à-vis de b(couleur du papier~verts). En revanche avec une tache verte sur “verts” uniquement et la nouvelle glose b(couleur du papier~verts), (z) au lieu de valoir 2+(1(74/10))=9,4 s'établira modestement à 2+(1(0/10))=2.

Méthode

Le principe consiste à tenter d'attribuer un pivot à un très petit nombre de cases, puis, en cas d'impossibilité seulement, à compter un ensemble plus grand.

Application à Baudelaire

Certaines fois un butoir fait que tout décompte de fronts demeure inutile, comme dans la situation b(respond~répondent). Le pivot de l'élément pris à «Correspondances», le titre du sonnet, possède une liaison si grande avec le terme rapproché de lui, au sein de la glose, que z=1. Baudelaire n'a pu laisser la chose lui échapper; il avait suffisamment de culture pour éviter cela et on lui prête aussi l'avantage d'avoir tourné la notion en tout sens jusqu'à s'en amuser. Raymond Poggenburg signale que les connaisseurs lui attribuent souvent une caricature où se trouve représenté Courtois, célèbre alors par ses articles de journal sur la peinture, se penchant vers un tableau avec un cornet acoustique près de la toile [797].

§107
Théorie

L'espacement extérieur (k) sert au calcul des vraisemblances d'atténuation et de renforcement. Vis-à-vis des tensions amples (k) se ramène à (c). Puis nous recourons à une procédure voisine dans le cas des autres gloses. D'abord deux gloses de n'importe quelle sorte ont k=1 sitôt qu'existe pour chacune un espacement intérieur (z) valant 1 et, qu'entre toutes les traces d'elles, dont certaines éventuellement confondues, A, E, F, H, formant b(A~E) avec b(F~H) ou bien d(A~E) avec d(F~H), il y a continuité de propos garantie par un butoir. De la sorte rb(N~Nature) possède avec vb(temple~homme) une relation qui permet k=1. Le fond du passage, quant à lui, se comprendrait éventuellement par l'idée que l'homme, généralement ou comme poète, honorerait le temple suprême.

Méthode

L'interprète d'un auteur du passé, fort souvent, éprouve quelque difficulté à envisager profondément que son héros ait réfléchi très différemment de lui-même, or il se fait ainsi le plus grand tort et nuit également au souvenir du créateur admiré. Malgré ce danger connu de tous, la pente a tant de force que nous allons couramment chercher, au sein des illustrations imaginées, ce que pense tout de bon l'interprète.

Application à Baudelaire

Il convient, dans le but d'éviter ce péril, de ne pas enseigner comme sûr un sens irréligieux du sonnet, défendable certes, mais nullement nécessaire. En suivant peut-être Philon, grâce aux nombreux adaptateurs de sa méthode que les traditions de l'exégèse utilisent, Lamartine s'exprime ainsi [489]-[575]: «C'est Dieu, c'est ce grand tout, qui soi-même s'adore!» Il décrit ailleurs un personnage d'après ses paroles [493]-[575]: «Ô père, disait-il, de toute créature,
Dont le temple est partout où s'étend la nature…
»
Le doute n'assaille que passagèrement cet esprit méditatif [492]-[574]: «…Dieu n'est qu'un mot rêvé pour expliquer le monde…» Il combine ces idées [11]-[488]-[575]: «Dieu caché, disais-tu, la nature est ton temple!»

§108
Théorie

Quand l'espacement extérieur diffère de 1 et que les traces prennent l'allure de termes uniquement, il équivaut à 2+(1(n/10)), où (n) représente le nombre des fronts placés entre les termes les plus éloignés mutuellement, parmi ceux des gloses concernées. Eu égard aux renforcements aussi bien qu'aux atténuations, la procédure de comptage s'avère donc très voisine de celle utilisée pour (c), l'éloignement extérieur.

Méthode

Ce qui change vient du renoncement aux limitations précédentes de la mesure, puisque désormais vient à s'évanouir entièrement le besoin de considérer seulement des tensions amples. Ces dernières paraissent juste des gloses d'un type spécial, au milieu d'autres également disponibles.

Application à Baudelaire

L'espacement extérieur (k) entre vb(corrompus~encens) et rb(corrompus~temple) s'établit à 8,4 étant donné que les deux traces les plus distantes, «encens» et «temple», ont 64 fronts de séparation.

§109
Théorie

Un espacement extérieur distinct de 1, si l'on trouve un pivot, ou deux ou trois ou quatre, dans les gloses examinées, est parfois connu d'après un comptage borné par deux pliures, ou par une pliure accompagnée d'un autre front. Le dispositif employé avec (z) se trouve réutilisé vis-à-vis de la distance qui sépare quant aux traces (A~E) et (F~H): pour A et F, ou A et H, ou E et F, ou E et H.

Méthode

Nul changement décisif n'a lieu, si on cherche à comparer l’état des choses présent avec le cas où chacune des traces possède le caractère d'un terme, sauf quand les pivots ne sont liés à rien de verbal. Ainsi dans le cas de “Lalala navire a pris feu. Il fait beau. Elle fait belle”, vb(navire~belle) et rb(Lalala~navire) donnent un espacement extérieur 2,8 car on doit compter “navire”, “pris”, “feu”, “Il” (à cause de “Elle”), “fait¹”, “beau”, “Elle”, “fait²” comme fronts, huit en tout, ce qui donne le résultat 2+(1(8/10)). La combinaison entre interruptions et jeux verbaux empêchant de conclure à une continuité de propos entre “Lalala navire a pris feu” et “Elle fait belle” on exclut k=1. Si quelque indice amenait à penser que “Elle” représente “Lalala navire” alors en effet k=1 devrait s'imposer.

Application à Baudelaire

La surestimation des continuités caractérise fréquemment l'interprétation des amoureux d'un ouvrage, saisis de la peur d'en ignorer quelque trésor. À leur différence on se persuadera que l'examen reste nécessairement schématique pour les choses de l'intellect, autant que pour les physiques [[1133]]: «Et l'harmonie est trop exquise,
Qui gouverne tout son beau corps,
Pour que l'impuissante analyse
En note les nombreux accords.
»
L'enthousiasme suit une autre voie que l'étude, ressemblant davantage qu'elle à l'inspiration. Baudelaire, songeant à l'image de la chaîne des petits anneaux de fer aimantés, au moyen d'une pierre magnétique, dont Platon fait état, donne partiellement sa confiance à cette dynamique obscure, pour transmettre la beauté issue de lui, héritière peut-être de conceptions plus qu'antiques [736]-[737]-[738]-[739]-[[1067]]: «Je te donne ces vers afin que si mon nom
Aborde heureusement aux époques lointaines…
Ta mémoire, pareille aux fables incertaines,
Fatigue le lecteur ainsi qu'un tympanon,
Et par un fraternel et mystique chaînon
Reste comme pendue à mes rimes hautaines…
»

§110
Théorie

Si un cran sert dans une atténuation avec l'accompagnement d'une autre glose, certaines fois celle-ci est capable d'atténuer aussi le cran utilisé, faisant alors courir le risque de commettre une faute sur les divers espacements extérieurs. Ainsi dans l'éclairage de rb(corrompus~temple), est employé vb(corrompus ~encens) qui auparavant était appelé, comme cran, rvb(corrompus–encens). Avec le dispositif rb(corrompus~temple) vb(encens~temple) rvb(corrompus~encens) vb(sens~encens) vb(corrompus~sens), le mieux est de garder rb(corrompus~temple) vb(corrompus~encens) vb(encens~sens) pour mesurer un plateau d'atténuation, certes moins parfait que le heurt avec le canevas et la pince du cran, mais qui en fournit la substance, relativement aux deux atténuations dotées d'un gradient à somme, qui ne sont pas elles-mêmes renforcées ici comme atténuations. Une possible confusion de la glose de problème avec l'autre, d'atténuation, amènera le risque de considérer, au cours d'un calcul précipité, l'espacement visant vb(corrompus~encens) vb(encens~sens) comme celui propre à rb(corrompus~temple) vb(encens~sens). II faut noter que les deux espacements extérieurs, dans rb(corrompus~temple) vb(corrompus~encens) vb(encens~sens), vont des atténuations vers l'unique problème, sans concerner le rapport entre les atténuations.

Méthode

Le changement de notation allant avec l'usage des gloses reste partiel et il est loisible de revenir au précédent usage ici ou là. Cependant les gloses avec pivot, qui ne possèdent aucunement le caractère d'arbitrages, demeurent alors exclues de toute mention usant du signe (–).

Application à Baudelaire

Les termes «corrompus» et «temple», qui s'équilibrent, ne doivent pas faire croire que Baudelaire pensait deviner sous les apparences du monde un combat entre bien et mal comme la chose décisive. L'enchaînement paraît souvent plus difficile à saisir: la douleur surveille la corruption, limitant aussi fadeur et sommeil [[1007]]: «Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés,
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés!
»
Les vers ont une allure bien solennelle; pourtant l'auteur aimait à s'entourer de multiples précautions eu égard au ton du prédicateur [705]: «"Le Sage ne rit qu'en tremblant." De quelles lèvres pleines d'autorité, de quelle plume parfaitement orthodoxe est tombée cette étrange et saisissante maxime? Nous vient-elle du roi philosophe de la Judée? Faut-il l'attribuer à Joseph de Maistre, ce soldat animé de l'Esprit-Saint?» L'évocation des joies du corps décrites par des mots affectueux envers l'Antiquité grecque ou romaine occupe même sa réflexion amusée [[1064]]: «Alors l'homme et la femme en leur agilité
Jouissaient sans mensonge et sans anxiété,
Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine,
Exerçaient la santé de leur noble machine.
Cybèle alors, fertile en produits généreux,
Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux,
Mais, louve au cœur gonflé de tendresses communes,
Abreuvait l'univers à ses tétines brunes…
Nous avons, il est vrai, nations corrompues,
Aux peuples anciens des beautés inconnues…Mais ces inventions de nos muses tardives
N'empêcheront jamais les races maladives
De rendre à la jeunesse un hommage profond,
-À la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front,
À l'œil limpide et clair ainsi qu'une eau courante,
Et qui va répandant sur tout, insouciante
Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs,
Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs!
»
Il ne faut pas déclarer avec emphase ces vers comme totalement étrangers à „Correspondances“, en arguant que la pensée de Baudelaire aurait, entre les moments de rédaction des poèmes, beaucoup changé, car les deux pièces ont paru en 1857 pour la première fois et nul témoignage d'elles n'existe avant cette date, qui fait une borne aussi commode que logique touchant les œuvres à citer afin d'éclairer le fameux sonnet [7]-[662].

§111
Théorie

Calculons comme gradient de problème celui de rb(temple~Correspondances). Il ne s'agit pas d'une tension mais d'un léger problème d'interprétation. L'auteur paraît avoir uni les notions de sons, couleurs, parfums et celle donnée par le titre, mais il a pu ne pas rapporter principalement celle-ci à «temple». Demandons-nous, alors, quel degré de vraisemblance atteint l'idée qu'il a vu cette relation comme gênante. Avec 1/qepfzgj nous avons 1/(1)(1)(2)(2)(2,2)(2)(1)=0,056 ce qui représente une valeur négligeable. Ici les traces étant des termes q=e=1; le sonnet faisant silence à propos de la difficulté mentionnée p=2; le titre demeurant isolé vis-à-vis du premier vers, f=2; la distance parvenant à 2 fronts, «Nature» et «est», z=2+ (1(2/10))=2,2; enfin puisque rien dans le poème ne vient s'opposer au principe qu'existe là un obstacle, surtout pas «répondent», «symboles», «paroles», ((g)(j))=2 avec ((g)(j))=(2)(1)=2 si nous choisissons de mettre 1 pour le terme isolé «Correspondances».

Méthode

La relation d'un titre à ce qui le suit ne se laisse pas aisément analyser. D'un côté nous voyons que tout le texte obéit au titre, de par le vœu de l'auteur, mais par ailleurs le soupçon qu'il a pu ne pas toujours y penser aussi fortement est souvent justifié, au moins quant au détail de sens le plus fin.

Application à Baudelaire

La question du temple que serait le monde naturel conduit à celle de la divinité qui a été honorée par la construction du monument. Ce point nous amène vers cette notion d'un dieu sans nom qui avait peut être frappé l'ultime apôtre [153]: «Paul, donc, debout au milieu de l'Aréopage, dit: Athéniens, je vois qu'en tout vous êtes très soucieux de la divinité. Comme je passais, en effet, en regardant vos monuments religieux, j'ai même trouvé un autel avec cette inscription: "à un dieu inconnu". Ce que vous révérez sans savoir, c'est donc cela que je vous annonce.» Il poursuit ainsi [142]-[154]: «C'est en lui en effet que nous avons la vie, le mouvement et l'être, comme l'ont même dit certains de vos poètes: Nous sommes bien de sa race en effet. Si donc nous sommes de la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité ressemble à de l'or ou de l'argent ou de la pierre, à la marque de la technique et de la pensée de l'homme.»

§112
Théorie

En examinant le gradient obtenu par rb(N~Nature), glose de problème avec pivot, on se trouve devant e=1, vu que «Nature» est un terme. Par ailleurs, N manquant d'un sens évident représenté par quelque terme absent de tout heurt, le second taillant, (q), s'élève à 2. Le texte demeurant muet quant à une difficulté reprise au sein de rb(N~Nature), la perche (p) atteint 2. La composante (f) parvient à 1, étant donné que la relation “N-Nature” ne saurait éveiller la moindre objection. Pour (z) il arrive aussi à 1, du fait de ce lien très puissant. Puis ((g)(j))=2 car le problème se pose vraisemblablement, certes, mais ne possède pas la force d'un heurt. Comme de surcroît on a en N un point difficile, g=1, de sorte que le niveau j=2 devient inévitable dans ((g)(j))=2. Le gradient vaut alors 1/(2)(1)(2)(1)(1)(1)(2)=⅛ soit le double de 1/16, seuil du négligeable.

Méthode

Concernant un heurt, le gradient n'est autre que la filière 1/tsmw, or avec 2 en chacun des facteurs on obtient 1/(2)(2)(2)(2)=1/16=0,062. Il semble justifié de considérer cela comme presque rien, puisque zéro demeure impossible à former dans ce dispositif de mesure.

Application à Baudelaire

Le N de «Nature» doit aussi permettre une autre sorte de glose, vb(N~Nature), même si la notion d'un "personnage-monde" ne fait que déplacer chaque difficulté à traiter ici. L'aspect majestueux de la réalité naturelle a été chanté par de nombreux auteurs anciens, ceux tellement admirés par les maîtres de collège, à l'époque de Baudelaire. L'émotion de Pline se fait jour [770]: «…l'énormité des chênes de la forêt Hercynienne, respectés par le temps et contemporains de l'origine du monde, dépasse toute merveille, par leur condition presque immortelle.» Il prétend alors décrire, à propos de cette immensité du nord, les racines des arbres qui «…s'arc-boutent comme des lutteurs pour former des arcs jusqu'à hauteur des branches mêmes, ainsi que des portes béantes où peuvent passer des escadrons de cavalerie.»

§113
Théorie

La glose vb(encens~sens) atténuant rb(corrompus~encens) possède un gradient avec q=e=1, grâce aux deux termes; p=2, car aucune indication d'éclairage du sens de la corruption en cause n'est explicitement donnée au sein du texte; f=2, parce que la relation claire qui s'établit de «encens» à «transports» ne trouve pas d'équivalent de «encens» à «sens»; z=2,4 en raison des fronts «Qui», «chantent», «transports» et «esprit»; g=j=1, de par «transports» qui sert d'assise, fournissant la notion d'ivresse, donc également celle de sensualité. En tout 2(1/qepfzgj)=2(1/(1)(1)(2)(2)(2,4)(1)(1)=1/4,8=0,208 résultat qui paraît défendable.

Méthode

Les paragraphes 21, 34, 63, 105, 106 procurent les bases de la compréhension quant aux conditions à réunir pour s=1 et z=1.

Application à Baudelaire

Les gloses rb(corrompus~esprit), d'un côté, puis vb(encens~sens) de l'autre, livrent des cas voisins, qui s'approchent d'un bâti manifeste, mais le voient se dérober finalement. L'idée que le parfum des temples fait aller du côté de l'excès ne peut aisément s'isoler de celle concernant son coût. Pline indique ce que sont [767]«…les richesses de l'Arabie et les causes qui lui ont valu le surnom d'"Heureuse" et de "Fortunée".» Il précise aussitôt: «L'encens ne se trouve nulle part qu'en Arabie, et encore pas dans toute l'Arabie…Les forêts [d'encens] ont une longueur de vingt schènes -et une largeur de dix. Le schène, suivant le calcul d'Eratosthène, vaut 40 stades, c'est à dire cinq mille pas; selon d'autres, 32 stades. De hautes collines s'y élèvent, où poussent spontanément les arbres à encens, qui descendent jusque dans la plaine. On s'accorde à dire que le sol est argileux, avec de rares sources nitreuses…Ce sont les seuls Arabes qui voient l'arbre à encens, et encore ne le voient-ils pas tous; il n'y a pas plus de 3000 familles, dit-on, qui possèdent héréditairement le privilège de l'exploitation; c'est pour cela que les membres de ces familles sont appelés "sacrés"…La récolte se faisait jadis une fois par an, la vente en étant plus rare. Maintenant l'appât du gain fait procéder à une seconde vendange. La première et la seule naturelle se prépare vers le lever de la Canicule, au plus fort des chaleurs, par des incisions faites aux places où l'écorce, très mince et distendue, semble être la plus gonflée de sève. C'est là qu'on ouvre une plaie, sans rien enlever; il en jaillit une écume visqueuse. On la laisse s'épaissir et se coaguler, et on la recueille, si le terrain l'exige sur une natte de palmier, ailleurs, sur une aire battue alentour. Le premier procédé donne un encens plus pur, l'autre, un encens plus lourd. L'encens resté sur l'arbre est détaché avec un couteau: aussi est-il mêlé d'écorce. La forêt, divisée en lots déterminés, est protégée par l'honnêteté mutuelle: personne ne garde les arbres blessés, personne ne vole son voisin. Mais, sur ma foi, à Alexandrie, où l'on travaille l'encens, aucune précaution ne suffit à protéger les ateliers. On cachette les pagnes des ouvriers, on leur met sur la tête un masque ou un réticule serré; on ne les laisse sortir que nus. Tant il est vrai que chez nous le châtiment donne moins de sûreté qu'ils n'en ont là-bas dans leurs forêts! En automne on recueille le produit exsudé l'été; c'est l'encens le plus pur, il est blanc. La seconde récolte se fait au printemps, sur des incisions faites en hiver. L'encens, qui en sort, est roux, et ne vaut pas le précédent…L'encens resté suspendu en larmes rondes porte le nom d'encens mâle…Certains pensent qu'il doit ce nom à sa ressemblance avec les testicules… L'encens récolté est transporté à dos de chameau…» Sont brûlés aussi, pour les divinités, certains mélanges de parfums un peu moins dispendieux que le produit original.

§114
Théorie

Le gradient obtenu par vb(N~Nature), perçu dans le rapport à rb(répondent~Nature), semble mesurable. Les composantes initiales ont déjà été vues: q=2 et e=1. Pareillement f=z=1. Il reste alors (p), (g), (j) à définir. La notion de temple fournit une assise commode, justifiant les valeurs g=j=1. Enfin comme le texte ne déclare nulle part qu'il éclaire un quelconque point de lui-même, p=2. Le résultat est 2(1/qepfzgj) =2(1/(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1))=2(¼)=½=0,5.

Méthode

Le paragraphe 112 donne les explications relatives à (q), (e), (f) et (z) qui sont indépendantes du type de glose, en (r), (v) ou (o).

Application à Baudelaire

Le plateau rb(répondent~Nature) vb(N~Nature) possède une vraisemblance plus mince: ((1/tsmw)(0,5/k)). Cependant une telle valeur ne peut se voir comptée du fait que la filière citée s'avère plus petite que 0,062. À cause du manque de liaison entre «répondent» et «Nature», t=2 en effet; s=6,1 de par les 41 fronts entre les deux termes; m=2 parce que “répondre” peut avoir pour sens “équilibrer”; w=2 car le monde serait susceptible de contenir quelque réalité parlante, mais en étant dépourvu lui-même de tout langage. Ainsi tsmw=(2)(6,1)(2)(2)=48,8 ce qui mène à 1/tsmw=1/48,8=0,02. Un éclairage de grande force appliqué à un problème trop mince n'aboutit à rien d'appréciable, au plan des calculs.

§115
Théorie

Le gradient propre à ob(homme~parfums¹), avec «parfums» pris au huitième vers, demeure négligeable. Les taillants valent 1; nulle déclaration du texte sur un quelconque pur constat n'étant faite, p=2; le rapport des traces demeurant minimum, f=2; z=4,6 parce qu'on trouve 26 fronts entre les traces. Puisque le sens principal du poème concerne le monde naturel, rapprocher davantage «parfums» de «homme» que de «Nature» pose un problème, ce qui donne g=j=2; pour conclure à g=j=1 il aurait fallu obtenir une absence totale de caractère difficile ou éclairant de la glose: cela réellement aurait justifié sa neutralité. Le gradient est donc 1/qepfzgj=1/(1)(1)(2)(2)(4,6)(2)(2), plus petit que 1/(2)(2)(2)(2) et considéré de ce fait comme impossible à prendre sérieusement.

Méthode

De même qu'un texte principalement imaginatif peut contenir un raisonnement isolé, dans certains cas des inventaires auront leur place au sein d'œuvres poétiques; or les gloses neutres ont comme fonction éventuelle de traiter ce genre de passage.

Application à Baudelaire

L'abondance d'énigmes en „Correspondances“ fait paraître ces descriptions inutiles, mais là également quelque usage d'elles amène un gradient supérieur à 1/16; ainsi touchant ob(parfums²~ expansion), avec «parfums» prélevé dans le neuvième vers, on a 1/q(1)e(1)p(2)f(1)z(1)g(1)j(1) donc ½ ou 0,5. Certes Baudelaire livre, à côté du sens autorisant cette glose, une pensée dure à suivre, mais il existe des idées moins problématiques dans le sonnet. L'amour de la simplicité amène de quoi écrire b(verts~ prairies), comme la chose a été souvent remarquée [670]. Pline s'intéressant également aux bases du monde intellectuel, après avoir cité Homère, parle de la sorte [771]«Cicéron, autre lumière des lettres, a dit: "Meilleurs sont les parfums au goût de terre que les parfums au goût de safran". Il a en effet préféré "goût" à "odeur". Nous dirons aussi: "La meilleure terre est celle qui a un goût de parfums". S'il nous faut des indications sur l'odeur requise de la terre, elle se rencontre souvent, sans même que la terre soit remuée, au coucher du soleil, là où l'arc-en-ciel a placé ses extrémités, et quand, après une sécheresse continue, la pluie l'a mouillée. Elle exhale alors cette haleine divine caractéristique, conçue du soleil, à laquelle aucun arome n'est comparable.»

§116
Théorie

Cherchons le gradient propre à ob(N~Nature), puisque nous connaissons déjà celui ⅛ de rb(N~Nature) et que nous entrevoyons quelque utilité de vb(N~Nature) vis-à-vis de plusieurs problèmes. Le résultat est avec ob(N~Nature) de 1/qepfzgj=1/(2)(1)(2)(1)(1)(2)(2), car N livre q=2; «Nature», e=1; le silence du texte, p=2; la netteté du lien, f=z=1; la possibilité d'avoir quelque problème avec N, g=j=2. Comme le seuil du négligeable, 1/16, n'est aucunement surmonté ici, vb(N~Nature) paraît bien réserver quelque aspect intéressant.

Méthode

Observons que la pluralité dans les gradients, pour l'atténuation, devrait amener plus de six gloses dans un même rayonnage, étant donné que souvent plusieurs atténuations existent ayant la même formule, mais pas le même gradient. À cause de cela il faut limiter à six le nombre des gloses de tout rayonnage, avec seulement deux en (v), une quant à l'usage de (b), l'autre notée par (d).

Application à Baudelaire

L'intérêt de vb(N~Nature) serait d'aborder notamment rb(piliers~paroles) et rb(forêts~symboles). Intuitivement le contenu de la broche (N~Nature) nous guide vers deux chemins: celui de la question rb(N~Nature) et l'autre concernant l'idée qu'un "personnage-monde" parlerait ou donnerait une symbolique. Touchant vb(N~Nature), dont la vraisemblance reste à mesurer, cette notion nous rappelle que l'église possède ordinairement l'allure générale d'un homme qui étend les bras. L'apôtre des gentils écrivait [156]: «…nous sommes le sanctuaire du Dieu vivant…» et la symbolique de la croix fournit l'intuition majeure permettant de comprendre la forme de nombreuses constructions. Porphyre, indépendamment, écrit qu'au service de la divinité [809]«…chez les hommes a été consacré un temple, la pensée…» mais il ajoute «…celle surtout du sage, ou plutôt elle seule…» Le français, langue de Baudelaire, a connu longtemps cette particularité, nullement singulière au demeurant, que les tempes y étaient appelées "temples" [855].

§117
Théorie

Très fréquemment, pour qu'une glose neutre ou de problème fournisse à une autre quelque renforcement, il faut un dispositif qu'on appellera le croisillon, lequel vient de ce que les gloses appartiennent au même type, de symbole (r) ou bien (o); bénéficient de formules de même signe, avec le jugement (b) ou bien (d); possèdent une trace commune; finalement ne s'opposent aucunement par leur signification.

Méthode

Le moyen employé, quand on veut saisir le renforcement réciproque des heurts, paraît moins appauvrissant, cependant le tri auquel ils ont été soumis fait voir de grandes exigences, de sorte que là encore un vigoureux filtrage des vues a eu lieu. Simplement il s'est passé avant l'analyse de quelque relèvement ou épaulement que ce soit. Quant au renforcement d'un heurt par une glose de problème il a quelque chose de mixte nécessairement et, pourtant, il ne comporte aucune impossibilité puisque chaque heurt est une glose, si bien qu'on obtient là simplement une glose de problème qui en appuie une autre.

Application à Baudelaire

Ainsi ob(N~Nature) et ob(N~temple) jouissent d'un croisillon, alors que rb(riches~musc) et rb(triomphants~autres) en sont privées, par manque d'un terme commun; pareillement vb(corrompus~ autres) et vd(frais~autres) échappent au croisillon, à cause de la différence de signe dans les formules. Intuitivement rb(riches~musc) et rb(triomphants~autres) se renforcent et de même vb(corrompus~autres) vd(frais~autres), mais le calcul ne peut suivre tout le réel immédiatement.

§118
Théorie

Deux gloses atténuantes de gradient à multiplication par deux se renforcent dès lors qu'elles traitent de façon calculable quelque problème identique; méritent le même signe, (b) ou bien (d); montrent une trace commune; enfin n'ont pas d'opposition de sens ni mutuelle ni dans leur rapport avec le texte.

Méthode

Deux telles atténuations forment ensemble un sens qui ne se trouverait donné par aucune d'elles prise toute seule. Le plus fréquemment, aucun danger pour le texte, c'est heureux, ne sort de là.

Application à Baudelaire

Dans l'approche atténuante de rb(vivants~piliers) un renforcement se produit entre vb(piliers~forêts) d'une part, vb(piliers~symboles) de l'autre. Concernant rb(Nature~piliers) ces deux gloses à nouveau peuvent renforcer mutuellement leur atténuation et n'engendrent pas d'obstacle quant à l'intelligence du sonnet.

§119
Théorie

Dans le renforcement des gloses avec un gradient à somme, nulle répétition de broche n'est admise d'un couple à l'autre, de sorte que vb(parfums¹~Doux) vb(couleurs~Doux) ne profite d'aucun appui mesurable issu de vb(parfums¹~Doux) vb(sons~Doux), à cause de la répétition de (parfums¹~Doux). Sur chaque autre point les principes vis-à-vis des gloses ayant un gradient à multiplication par deux sont largement étendus. Par exemple vb(Nature~parfums¹), vb(parfums¹~temple), utiles dans le traitement de rb(Nature~temple), doivent l'atténuer de façon calculable, comme vb(Nature~couleurs), vb(couleurs~ temple) qui les renforcent. Les deux couples ne peuvent ni s'opposer au texte ni se porter atteinte mutuellement. Finalement il est besoin, eu égard aux gloses considérées deux à deux, ici vb(Nature~ parfums¹) vb(Nature~couleurs) de leur côté, ainsi que vb(parfums¹~temple) vb(couleurs~temple) du leur, qu'un renforcement ait lieu au plan intuitif et qu'existe une trace commune. Plus généralement on emploie "x" pour symbole de “b ou bien d, toujours le même”; puis "y" pour “b ou bien d, peu importe qu'il soit ou non identique à x, pourvu qu'il demeure fixe une fois utilisé”. Alors il faut de part et d'autre avec vx(A~E) vy(F~L), puis vx(A~H) vy(F~R), un sens permettant que vx(A~E), vx(A~H) se renforcent pendant que vy(F~L), vy(F~R) agissent de même.

Méthode

La présence d'aiguillages négatifs, vue au paragraphe 46, fait penser que certaines œuvres autoriseront l'usage de renforcements bénéficiant à des gloses en (d) avec un gradient à somme.

Application à Baudelaire

Le modèle restera très différent: vb(Nature~parfums¹) vb(parfums¹~temple), vb(Nature~couleurs) vb(couleurs~temple). L'idée que les impressions fusionnent, une fois soudée à l'explication d'ensemble, ne peut nuire, tant elle incite à réfléchir sur la poésie. Concernant les autres plans il en va peut-être différemment et Platon prenait, avec l'une des traditions véhiculant ce genre d'image, certaines précautions [762]: «…dans la musique il y a des figures et des modulations, puisque la musique est faite de rythme et d'harmonie, en sorte qu'on peut s'exprimer correctement en dépeignant un air ou une attitude comme rythmés ou harmonieux, mais non en les appelant d'une belle couleur, suivant l'expression imagée des maîtres de chœur…» D'un autre côté le charme de la notion permet d'en retirer un effet si émouvant que, malgré l'emploi trouble du verbe "voir", souvent présent au sein des textes les plus divers, on reste frappé, quand on suit un courant de méditation bien différent, par le passage visant la nuée où entre Moïse [111]: «Or tout le peuple voyait les tonnerres et les feux, le son du cor et la montagne fumante: le peuple le vit et ils tremblèrent et ils se tinrent au loin.»

§120
Théorie

Tentons de calculer deux renforcements eu égard aux deux gloses rb(riches~ambre), rb(triomphants ~ambre). Les gradients 1/qepfzgj et 1/q’e’p’f’z’g’j’ poussent vers des manèges (1/qepfzgj) +(1/q’e’p’f’z’kg’j’) et (1/q’e’p’ f’z’g’j’)+(1/qepfzkgj). Heureusement les deux gradients ont la même forme, avec q=q’=e=e’=1 de par les termes; p=p’=2, à cause du silence du texte concernant un quelconque problème; f=f’=z=z’=1 en raison des fortes liaisons grammaticales; finalement g=g’=j=j’=2 parce que nul problème ne semble se poser de façon décisive, «triomphants» et «riches» passant aisément pour des termes figurés au point de vue même du créateur. Les composantes (1), (1), (2), (1), (1), (2), (2) fournissent alors de quoi donner le même gradient pour les deux gloses: 1/(1)(1)(2)(1)(1)(2)(2)=⅛=0,125. L'espacement extérieur (k) égale 1 puisque la continuité du propos unissant les quatre termes paraît entière. Les manèges identiques ont le type suivant: 1/(1)(1)(2)(1)(1)(2)(2)+1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(2) (2)=⅛+⅛=¼.

Méthode

Les gloses neutres de mêmes broches auront visiblement les mêmes gradients et, dans la perspective du renforcement, des manèges identiques.

Application à Baudelaire

Une observation voisine doit porter sur ob(riches~musc) et ob(triomphants~musc). Pareillement rb(riches~musc) et rb(triomphants~musc) donneront ce genre de résultat. Nous parvenons à l'évocation des forces de l'attrait, en ayant recours aux derniers vers, puisque les parfums, chantant les transports, célèbrent l'amour. La culture de Baudelaire se montre partout fondée sur un savoir effectif. Âgé de dix-huit ans, il écrivait à son beau-père [633]: «Tu sais que je me suis pris de goût pour les langues anciennes…» Un prix de vers latins au Concours Général avait précédé, qui donnait quelque sérieux à cette déclaration [598]. Citons par conséquent Virgile sur les effets entraînants de la sensibilité [967]: «Oui, toute la race des êtres terrestres, hommes ou bêtes, et celle des bêtes marines, les troupeaux et les oiseaux multicolores, se jettent furieusement dans ces ardents transports: l'amour est le même pour tous…C'est surtout, à n'en pas douter, chez les cavales que la frénésie amoureuse est remarquable…elles se dressent toutes sur les hauts rochers, face au Zéphyr, elles se pénètrent des brises légères et souvent, sans aucun accouplement, fécondées par le vent, ô merveille! elles détalent à travers les rochers, les pics et les vallées encaissées…» Ainsi la puissance naturelle s'exerce adroitement sur les organes de la vie.

§121
Théorie

Quand on examine les renforcements de ob(N~Nature) et ob(N~temple), on voit que leurs gradients 1/q¹e¹p¹f¹z¹g¹j¹ et 1/q¹’e¹’p¹’f¹’z¹’g¹’j¹’ sont identiques: 1/(2)(1)(2)(1)(1)(2)(2). Or ces deux valeurs étant négligeables, de par le rivetage, il devient ennuyeux de poursuivre la discussion à leur propos bien longtemps. En cela q¹=q¹’=2 vient du pivot; e¹=e¹’=1 du terme; p¹=p¹’=2 du silence concernant l'affaire présente; f¹=f¹’=z¹=z¹’=1 du lien textuel; g¹=g¹’=j¹=j¹’=2 de la possibilité de gloses en (v) substantielles. Chacun des manèges aura une vraisemblance ((1/16)+(1/(16)(1)))=2(1/16)=⅛ avec une grandeur k¹=1. À présent, qu'on modifie le texte, pour accroître les quantités, en imaginant un début comme “Le réel ou la Nature est l'absolu, comprenant même, si l'on y pense bien, chaque temple où L'homme passe”. Le terme “absolu” permet de justifier le N et n'appartient aucunement à un heurt identifiable, ce qui amène les composantes q² et q²’ à 1. Le résultat est de faire passer le gradient commun aux deux expressions à ⅛, en multipliant 1/16 par 2. Les manèges n'éprouvent aucune gêne de (k²), puisqu'il se fixe à 1 en raison des impératifs grammaticaux, aussi parviennent-ils à ⅛+⅛=¼. De façon développée (1/q²e²p²f²z²g²j²) +(1/q²’e²’ p²’f²’z²’k²g²’j²’) et (1/q²’e²’p²’f²’z²’g²’j²’)+(1/q²e²p²f²z² k²g²j²) s'imposent, avec ici (1/(1)(1)(2)(1)(1)(2) (2))+(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(2)(2))=¼ relativement aux deux.

Méthode

Si l'espacement extérieur entre de pareilles atténuations reste le même, c'est qu'il ne dépend que des valeurs (z²) et (z²’), ainsi que de la continuité du propos unissant leurs traces -ou encore de la distance qui sépare les deux plus éloignées. Or de telles relations touchent simultanément les deux manèges.

Application à Baudelaire

Qu'elles partagent une trace, comme dans le renforcement ou que nulle ne se retrouve intérieure aux deux simultanément, comme dans certaines atténuations, deux gloses donnent un espacement de calcul aisé. Dans la situation vue à l'instant le même lien vaut pour “Nature-temple” d'un côté, puis “temple-Nature” de l'autre, s'il convient de parler comme cela. Vis-à-vis des atténuations l'affaire a encore plus de netteté, puisque l'espacement extérieur n'est compté qu'avec la glose d'atténuation, en h(2(i/k)) ou h((i/k)+(i’/k’)). Eu égard au cas de rb(répondent~parfums¹) vb(Doux~parfums¹) le calcul de h(i/k) dépend seulement de la distance parfums¹-Doux. L'atténuation rb(répondent~parfums¹) vb(Doux~couleurs) offre quatre termes, mais uniquement les deux moins vivement connectés, de part et d'autre, ont de l'importance pour k’, ce dernier affectant le résultat final dans h(i’/k’). Le contenu de fond est plus difficile à cerner. La combinaison d'une forme de panthéisme avec des vues parmi les plus anciennes, touchant les objets, montre quelque ambiguïté. Balzac, parlant d'un tout jeune personnage, tient des propos compatibles avec une perspective à ce point ouverte [90]: «Son œuvre portait les marques de la lutte que se livraient dans cette belle âme ces deux grands principes, le Spiritualisme, le Matérialisme, autour desquels ont tourné tant de beaux génies, sans qu'aucun d'eux ait osé les fondre en un seul.»

§122
Théorie

Le renforcement de vb(Nature~parfums¹) vb(parfums¹~temple) par vb(Nature~couleurs) vb(couleurs ~temple), eu égard au heurt rb(Nature~temple) qu'il s'agit d'atténuer, se compose de celui fourni à vb(Nature~parfums¹) au moyen de vb(Nature~couleurs), puis de l'aide octroyée à vb(parfums¹~temple) issue de vb(couleurs~temple). La vraisemblance de vb(Nature~parfums¹) arrive à 1/qepfzgj=1/(1)(1)(2)(2) (5,7)(1)(1)=0,043 avec q=e=1 en raison des termes; p=2 parce que le texte ne déclare strictement rien du commentaire; f=2 du fait d'un rapport trop lâche des termes; z=5,7 de par les 37 fronts intercalés entre «Nature» et “parfums¹”; g=j=1 à cause de «répondent» qui fait penser à des fidèles pour les parfums et garantit ainsi l'éclairage donné grâce au lien “parfums-répondent-Nature-temple”. Avec des justifications voisines pour vb(Nature~couleurs) la quantité 1/(1)(1)(2)(2)(5,8)(1) (1)=0,043 est obtenue. Très proche vient le résultat 1/(1)(1)(2)(2)(5,5)(1)(1)=0,045 en rapport avec vb(parfums¹~temple). Pareillement vb(couleurs~ temple) donne 1/(1)(1)(2)(2)(5,6)(1)(1) ou 0,044. Comme nous avons ici des gradients à somme, il faut pour les connaître, ajouter, par exemple, ce qui ressortit à vb(Nature~parfums¹) et ce qui est dû à vb(parfums¹~temple). Les deux gradients font alors (0,043+0,045) et (0,043+0,044) soit respectivement 0,088 et 0,087. Cependant lorsqu'il s'agit d'accéder à une mesure du renforcement, les deux espacements extérieurs s'avèrent indispensables. Le calcul est donc ((0,043+0,045)+(0,043/k)+(0,044/k’)) avec pour (k) ce qui sépare vb(Nature~couleurs) de vb(Nature~parfums¹), donc 5,8 et pour k’ ce qui écarte vb(couleurs~ temple) de vb(parfums¹~temple) soit 5,6. De cette façon vient à s'imposer ((0,043+0,045)+(0,043/5,8)+ (0,044/5,6))=((0,043+0,045)+(0,007+0,007))=(0,088+0,014)=0,102.

Méthode

Cela demeure loin de l'aune du plateau, comprenant la glose de problème avec l'atténuation quadruple. À nouveau il faudra, pour y arriver, savoir la hauteur d'espacements extérieurs: des atténuations au problème.

Application à Baudelaire

Chaque section aura son propre nombre caractéristique, touchant la distance à rb(Nature~temple): k° pour vb(Nature~parfums¹), k¹ pour vb(parfums¹~temple), k² avec vb(Nature~couleurs), enfin k³ avec vb(couleurs~temple). L'atmosphère chargée de parfums évoque les fumées d'orient et puis les feuilles mâchées lentement. L'extase nourrit souvent les plus forcenés espoirs, comme celui de maîtrise des âges futurs, combiné aux plaintes vis-à-vis de l'existence quotidienne au réveil. Épuisé nous ignorons ce à quoi nous tenons réellement et comment agir [[992]]: «Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.
»
La résolution dissipée n'amène pas toujours passivité, retrait et effacement calmes. Parfois au contraire suicide, violences, luxe des tyrans, animent la fantaisie. Le tableau ¨la Mort de Sardanapale¨, réalisé par Delacroix, livre ces images en abondance [166]-[392].

§123
Théorie

On cherchera ici à prolonger le calcul précédent, afin de trouver l'aune du plateau rb(Nature~ temple), I, vb(Nature~parfums¹), II, vb(parfums¹~temple), III, vb(Nature~couleurs), IV, vb(couleurs~temple), V, avec renforcement des gloses II et III par les IV et V. Les divers espacements extérieurs d'atténuation ressemblent beaucoup aux espacements intérieurs, car les distances portent sur les mêmes traces: «Nature», «temple», «parfums», «couleurs». En revanche ils tranchent avec les espacements extérieurs de renforcement. De par son principe, l'aune fait ici 1/tsmw((1/qepfzkgj+1/q’e’p’f’z’k’g’j’)+(1/q’’e’’p’’f’’z’’k’’k°g’’j’’+ 1/q’’’e’’’p’’’f’’’z’’’k’’’k¹g’’’j’’’)) et, en donnant cette fois les valeurs effectives, (1/(1)(1)(1)(1))((1/(1)(1)(2)(2)(5,7)(5,7)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(2)(5,5)(5,7)(1)(1))+(1/ (1)(1)(2)(2)(5,8)(1)(5,8)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(2)(5,6)(1)(5,8)(1) (1)))=((1/129,96)+(1/125,4)+(1/134,56)+(1/129,92))=(0,007+0,007+0,007+0,007) ou 0,03 en arrondissant le résultat, qui, bien que faible, paraît acceptable. Si on ajoutait encore un renforcement, celui avec «sons», le tout devrait aller vers 0,04.

Méthode

La difficulté de présentation demeurerait minime puisqu'en recourant aux symboles h, i, i’, i’’, i’’’, i’’’’, i’’’’’ pour les valeurs initiales et avec les notations k² et k³ pour les nouveaux espacements extérieurs de renforcement, puis k’’’’ et k’’’’’ concernant les nouveaux espacements extérieurs d'atténuation, le total ferait h(((i/k)+(i’/k’))+((i’’/k’’k°)+(i’’’/k’’’k¹))+((i’’’’/k’’’’k²)+ (i’’’’’/k’’’’’k³))).

Application à Baudelaire

En cela il faut prêter attention au point que les k°, k¹, k², k³ se rapportent à vb(Nature~parfums¹) vb(parfums¹~temple) et que les k, k’, k’’, k’’’, k’’’’, k’’’’’ touchent rb(Nature~temple). L'abondance des renforcements possibles dans certains ouvrages, quant à maints rapports entre idées, conduit à penser au nombre immense des liens effectifs qu'ils peuvent inviter à percevoir. Aussi l'étonnement est-il fréquent pour la critique. Certes le sens d'un texte a moins de flou que celui d'un tableau, mais la comparaison entre ces types d'œuvre ne s'avère pas complètement absurde, à cause de similarités partielles. Baudelaire signalait comment a surgi devant lui une perspective fort éloignée de ses conceptions les mieux enracinées [714]: «On raconte que Balzac (qui n'écouterait avec respect les anecdotes, si petites qu'elles soient, qui se rapportent à ce grand génie?) se trouvant un jour en face d'un beau tableau, un tableau d'hiver, tout mélancolique et chargé de frimas, clairsemé de cabanes et de paysans chétifs, -après avoir contemplé une maisonnette d'où montait une maigre fumée, s'écria: "Que c'est beau! Mais que font-ils dans cette cabane? à quoi pensent-ils, quels sont leurs chagrins? Les récoltes ont-elles été bonnes? ils ont sans doute des échéances à payer?"» Baudelaire ajoute: «Rira qui voudra de M. de Balzac. J'ignore quel est le peintre qui a eu l'honneur de faire vibrer, conjecturer et s'inquiéter l'âme du grand romancier, mais je pense qu'il nous a donné ainsi, avec son adorable naïveté, une excellente leçon de critique. Il m'arrivera souvent d'apprécier un tableau uniquement par la somme d'idées ou de rêveries qu'il apportera dans mon esprit.»

§124
Théorie

Il s'avère difficile d'obtenir une vue complète dans un plateau, concernant l'ouvrage qui se trouve analysé, car en supposant que vb(Nature~parfums¹) obtienne de vb(Nature~couleurs) un renforcement, la réciproque n'est plus commodément utilisable dans le même plateau. Il faudrait en effet recourir d'abord au nombre (h)+(h’/k), puis à cet autre: (h’)+(h/k). Le tout ferait (((h)+(h’/k))((h’)+(h/k)))=hh’+((h au carré)/k) +((h’ au carré)/k)+(h’h/(k au carré)) ce qui amènerait souvent un énorme affaiblissement numérique, avec un faible gain dans l'observation.

Méthode

Un créateur aperçoit presque toujours intuitivement ce qu'il engendre, aussi le sens principal cache-t-il fréquemment l'arrière-plan très lointain des idées. Dans une recherche fort simplificatrice, comme la nôtre, mieux vaut partir en quête de la signification la plus imposante, abandonnant au commentaire classique d'accompagnement les finesses presque impalpables.

Application à Baudelaire

Dès lors que dans un plateau vb(Nature~parfums¹) vb(parfums¹~temple) se trouve renforcé par vb(Nature~ couleurs) vb(couleurs~temple), il est ennuyeux de compter aussi la vraisemblance de la réciproque. Au lieu de h((i/k+i’/k’)+(i¹/k¹k¹’+i²/k²k²’)), il serait nécessaire d'avoir une valeur infime: h(((i/k+i’/k’)+(i¹/k¹k¹’+i²/k²k²’))((i¹/k¹’+i²/k²’)+(i/k¹k+i’/k²k’))). D'après le calcul mené au paragraphe précédent cela ferait ((0,03)(0,03)), dans ce cas extrêmement simple avec des valeurs k¹=k²=1, au lieu de 0,03. Ne cherchons donc nullement le plateau complet ayant les autres en lui, mais un schéma intéressant pour la critique, doté d'une valeur numérique substantielle.

§125
Théorie

Afin d'augmenter la vraisemblance d'un plateau, il est bon de profiter, si la chose a de l'intérêt quant aux significations, de certaines occasions de renforcement. Cela pousse vers 1 le résultat d'ensemble, lequel ordinairement souffre de faiblesse dès qu'on veut dépasser la simple banalité. Ainsi malgré quelque lourdeur il faut se déclarer en faveur d'un plateau avec par exemple rb(répondent~parfums¹), vb(parfums¹~ frais) vb(frais~couleurs), vb(parfums¹~Doux) vb(Doux~sons), vb(couleurs~triomphants) vb(triomphants~ sons).

Méthode

Il s'avère meilleur, qui plus est, dans le but de ne pas déséquilibrer la perspective, de mettre uniquement des pensées allant avec des ensembles à forte mesure, congédiant ainsi les autres de vraisemblance infime.

Application à Baudelaire

Il faudrait simultanément pouvoir suivre l'auteur dans les essais d'alliages entre mots, un peu comme avec les distances on tente de suivre le mouvement de sa pensée. On connaît cependant peu de chose sur les manières baudelairiennes. Le vin et puis l'opium, au départ employé pour vaincre le mal d'estomac, jouaient un rôle sans doute partiellement voulu, modifiant légèrement ses plus habituels repères d'existence [610]-[669]. Écrivant contre la notion de littérature décadente il comparait art et lumière, notant vis-à-vis d'Edgar Poe [682]«Dans les jeux de ce soleil agonisant, certains esprits poétiques trouveront des délices nouvelles: ils y découvriront des colonnades éblouissantes…tous les souvenirs de l'opium…» Il remarquait peu avant [680]: «…je crois que dans beaucoup de cas, non pas certainement dans tous, l'ivrognerie de Poe était un moyen mnémonique, une méthode de travail, méthode énergique et mortelle, mais appropriée à sa nature passionnée. Le poète avait appris à boire, comme un littérateur soigneux s'exerce à faire des cahiers de notes.» Outre qu'il subissait les fascinations individuelles, physiques, mouvant chacun avec tant de patiente force, il se trouvait attiré, pense Baudelaire, par un espoir d'artiste: «Il ne pouvait résister au désir de retrouver les visions merveilleuses ou effrayantes, les conceptions subtiles qu'il avait rencontrées dans une tempête précédente…»

§126
Théorie

L'analyse devant se montrer utilisable quelle que soit l'optique adoptée sur Baudelaire, pourvu que l'interprétation demeure acceptable, imaginons, afin d'en éprouver la souplesse, un éclairage ayant rapport à rb(Nature~temple) et faisant contraste vis-à-vis de ceux choisis le plus fréquemment. Voyons l'atténuation vb(corrompus~temple): d'après ce commentaire, le poète, apercevant un caractère négatif dans les temples, comprendrait le mal dans le monde comme adéquatement symbolisé par l'édifice religieux. Masquant sa pensée il fournirait quand même des indices pour que les meilleurs la retrouvent. Il reste fort douteux que l'auteur ait conçu de cette façon „Correspondances“, mais la description rb(Nature~temple) vb(corrompus~temple) fait un plateau.

Méthode

La diversité qui domine la critique peut donc s'exprimer dans le choix interprétatif, les appuis documentaires nourrissant le débat sur les conceptions de l'auteur, sans que la méthode utilisée favorise d'autres interprètes que ceux bénéficiant des plus appréciables témoignages.

Application à Baudelaire

Trouver un butoir empêchant d'accepter un sens du sonnet hostile aux religions ne semble pas une tâche aisée, car Baudelaire se met sans arrêt d'un côté puis de l'autre. Jugeant qu'une part du legs intellectuel était employée avec peu de finesse par ses propres défenseurs, il a multiplié, dans l'ouvrage qu'il construisait, les attaques à leur encontre, allant jusqu'à des prières adressées au démon [[1074]]: «Toi qui mets dans les yeux et dans le cœur des filles
Le culte de la plaie et l'amour des guenilles!
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère!
…Fais que mon âme un jour, sous l'Arbre de Science,
Près de toi se repose, à l'heure où sur ton front
Comme un Temple nouveau ses rameaux s'épandront!
»
L'idée que nous avons besoin de l'aspect sombre de l'humanité, à cause du contraste dont la réflexion fait son aliment, pousse à chercher, dans le bouillonnement des opposés, un refuge contre les fadeurs porteuses d'un savoir superficiel. Tenté par l'exploration des excès, l'auteur a pu être arrêté par son intérêt quotidien, malgré l'assurance de ne jamais pouvoir tomber dans la misère, de par ses revenus de provenance familiale. À cause de l'irritation d'avoir un pécule trop maigre pour son goût de la distinction, il partageait avec beaucoup le sentiment d'être dupé, mais dans le cas où il serait devenu réellement un adversaire des idées en place, au moins a-t-il, comme Don Juan alors, choisi l'ambiguïté, finalement [901]-[[1030]].

§127
Théorie

Mesurons la vraisemblance du plateau rb(Nature~temple) vb(corrompus~temple), extrêmement restreint mais contenant un problème avec une atténuation de lui, donc bénéficiant de la cohérence interne. L'aune se fixe à 1/tsmw(2(1/qepfzgj)), soit (1/(1)(1)(1)(1))(2(1/(1)(1)(2)(2)(7,3)(7,5)(1) (1)))=1/109,5=0,009. Les termes justifient q=e=1; le silence textuel sur l'éclairage donne la clef menant à l'intelligence de p=2; la relation distendue fait comprendre f=2; z=7,3 en raison des 53 fronts entre «corrompus» et «temple»; k=7,5 parce qu'il faut ajouter «est» et «temple» pour atteindre «Nature»; g=j=1 à cause des vers portant sur la corruption de l'encens.

Méthode

Malgré cette force des glissoirs le calcul ne peut être accepté que d'extrême justesse, le gradient 2(1/(1)(1)(2)(2)(7,3)(1)(1)) valant 1/14,6=0,068 tandis que le seuil du rivetage se place au niveau de 0,062=1/16.

Application à Baudelaire

Il convient, dans la perspective d'obtenir un plateau plus étendu, incluant celui vu à l'instant, mais ne souffrant pas d'une aune abusivement basse, de limiter le nombre des interprétations téméraires. Cependant observons qu'ici la faiblesse du résultat n'était aucunement la sanction de l'idée audacieuse: la distance des termes a seule joué. 53

§128
Théorie

Le calcul, pour le plateau rb(répondent~parfums¹) vb(parfums¹~frais) vb(frais~couleurs), amène 1/tsmw(1/qepfzkgj+1/q’e’p’f’z’k’g’j’) ou 1/(1)(1)(2)(1)((1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(2)(2,5)(2,6)(1) (1)))=½(½+1/26)=0,269. Des renforcements, avec vb(parfums¹~Doux) vb(couleurs~Doux) ou encore avec vb(parfums¹~triomphants) vb(sons~triomphants) amélioreront le résultat. L'autre genre d'espacement extérieur, celui employé au sein du renforcement, devra être maintenant compté. Cependant il s'avère utile de remarquer la présence de vb(parfums¹~frais) vb(parfums¹~Doux) vb(parfums¹~riches) vb(parfums¹~ triomphants). L'espacement extérieur entre ces gloses paraît limité, grâce aux puissants liens grammaticaux. Au lieu de faire le calcul entier, par conséquent, il suffit de voir ces points. Certes le dernier couple vient, dans les quatre dernières gloses citées, en décalage avec le premier, mais les parfums comme l'encens restent des parfums au sens du second quatrain, donc l'espacement extérieur de vb(parfums¹~riches) vis-à-vis de vb(parfums¹~frais) et de rb(répondent~parfums¹) est 1. Avec rb(répondent ~parfums¹) vb(parfums¹~frais) vb(parfums¹~Doux) vb(parfums¹~riches) vb(parfums¹~triomphants) se forme ainsi l'ensemble ayant comme valeur (1/(1)(1)(2)(1))(1/(1)(1)(2)(1)(1) (1)(1)(1)+1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)(1)+ 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)(1)+1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1) (1))=½(½+½+½+½)=(½)(2). Au bout du compte cela fait (½)(1)=½ par nivellement. Il n'est pas besoin de s'enquérir des autres quantités, puisque la convention, de toute manière, limitera le résultat complet à cette hauteur.

Méthode

Une somme aussi importante n'aurait pu être obtenue avec seulement des multiplications entre des valeurs basses, même plus ou moins, car dans un produit de quantités uniquement sous 1 une accumulation des faiblesses a lieu très vite: alors que d'une part 0,5(0,5+0,01+0,5+0,01+0,5+0,01) s'élève à (0,765), de l'autre côté 0,5((0,5)(0,01)(0,5)(0,01)(0,5)(0,01)) fournit le résultat 0,0000000625.

Application à Baudelaire

On voit aussi que -fort heureusement- le nombre attaché à vb(parfums¹~frais), par exemple, n'est pas lié dans un produit à celui valant pour vb(couleurs~frais), de sorte que si on désire à toute force l'employer, il est possible de simplement l'ajouter à (0,5+0,5) venu de vb(parfums¹~frais) vb(parfums¹~Doux) en particulier. On signalera enfin que les assises permettant les glissoirs 1 sont octroyées par le contexte. De cette façon la référence aux chairs d'enfants, qui ont une couleur et une senteur susceptibles de paraître, grâce au jeu de la mémoire, aller ensemble, appuie vb(parfums¹~frais) dans l'atténuation de rb(répondent~parfums¹).

§129
Théorie

Les aunes de rb(vivants~piliers) vb(piliers~forêts) et de rb(forêts~symboles) vb(symboles~piliers) sont voisines. Dans le premier cas nous avons (1/(1)(1)(1)(2))(2(1/(1)(1)(2)(2)(2,9)(1)(1) (1)))=½(2(1/11,6))= 0,086 avec «La Nature est un temple…» justifiant les glissoirs. L'autre situation donne 0,083=(1/(1)(1)(2)(1))(2(1/(1)(1)(2)(2)(3)(1)(1)(1))), avec la même assise. Le «y», au troisième vers, assure la continuité de propos qui autorise k=1 dans les deux calculs.

Méthode

Puisque les deux plateaux ont presque les mêmes bases intuitives, il serait gênant que leurs valeurs numériques aient une différence considérable.

Application à Baudelaire

Le réel que traverse “l'homme”, ainsi qu'un marcheur avance au sein d'une forêt, semble comme un livre à saisir en profondeur. Les «regards familiers» offrent l'occasion d'une réminiscence peut-être. En méditant l'homme accéderait éventuellement aux questions importantes, au lieu de simplement vivre. Tout en le rendant heureux, cette impression d'avoir dans le monde un frère dirigerait sa pensée vers la tentative d'en saisir les fondements. Claude Pichois, pourtant, nous met en garde contre cette idée que le poème irait plus avant que l'évocation d'un sens obscur des choses et donnerait, aux générations d'après, la mission de comprendre, par quelque déchiffrement imaginaire, la symbolique naturelle [667].

§130
Théorie

Le rivetage s'exerçant eu égard aux jugements peu substantiels, il est fréquemment utilisé, vu que l'extrême facilité de constitution des gloses conduit à ce que, pour la plupart, elles ne présentent rien de juste; donc en trouver beaucoup de significatives constitue certainement une tâche délicate. L'examen du rayonnage de la broche (corrompus~sens) permettra de voir combien de gloses en lui ont une valeur comptable. Le problème rb(corrompus~sens) possède un gradient 1/qepfzgj=1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(2)(2); les termes donnent q=e=1; le silence du texte concernant une difficulté pousse la décision vers p=2; la nette relation de «corrompus» avec «transports» ne permet aucunement de parler d'un rapport absolu entre «sens» et le premier terme cité, donc f=2; z=3,5 de par les 15 fronts entre les deux traces; la corruption vient d'une sensualité mal conduite selon un héritage moral fort ancien: g=j=2 par conséquent. Le gradient est alors négligeable avec sa hauteur de 0,017. Déclarer que rb(corrompus~sens) est un heurt s'avère impossible puisque nulle tension entre les termes n'existe. Dans les autres calculs q, e, p, f, z ne changent pas, aussi on s'intéressera uniquement à g, j. Avec rd(corrompus~sens) les glissoirs demeurent à 2 car le prétendu problème semble inventé. Innocenter le corps ne contient par exemple aucun aspect dérangeant: le débat moral ou théologique sur le corps, éventuellement saint au départ mais corrompu avec le péché, demeure possible sans provocation aucune, à propos de cette difficile affaire. Ainsi le rivetage fonctionne à nouveau. La glose vb(corrompus~sens) fournit un gradient 2(1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(1) (1))=0,142 en éclairant rb(corrompus~encens); l'assise vient ici de «transports» qui laisse penser à l'ivresse, donc aux plaisirs de la sensualité. En vd(corrompus~sens), vis-à-vis de rb(Nature~temple) encore une fois, on dépasse le négligeable. Il s'agit d'une tentative raisonnable, peu convaincante cependant: l'argument d'après lequel, au plan concret, le monde matériel garde toute son innocence, parce que la sensibilité n'est pas coupable, ne semble guère appartenir au type de propos que Baudelaire a pu entendre fréquemment. Les deux termes échappent sans obstacle pourtant à 2, au moyen de cette vue connaissable par l'auteur bien que peu courante à l'époque dans le milieu où il a pris les bases de sa pensée, l'assise venant ici des vers initiaux du premier tercet qui célèbrent la simplicité. Le gradient, comme celui de vb(corrompus~sens), atteint 0,142 avec qepfzgj=(1)(1)(2)(2)(3,5)(1)(1). Le rivetage, finalement, s'applique pour ob(corrompus~ sens) et od(corrompus~sens) en ce que des gloses d'atténuation passables existent et qu'ainsi g=j=2 dans les deux cas. Le total des gradients comptables, bien loin de 1, s'établit à 2(0,142)=0,284.

Méthode

Puisqu'un auteur utilise un très grand nombre d'occasions, au sein de l'ouvrage qu'il crée, dans la perspective de le justifier mentalement devant le tribunal de sa propre pensée, on doit accepter que, souvent, les gloses en (v) se hissent au-dessus de 0,062 quant à leur gradient, au moyen d'assises trouvables facilement.

Application à Baudelaire

On voit Baudelaire reprendre plusieurs fois le même type d'évocation, dans le sonnet, avec «paroles», «symboles», «répondent» et «chantent» en particulier; plus généralement il revient sur des idées chères à son esprit, en mille occasions, notamment lorsqu'il médite sur Balzac ou Edgar Poe -et même, le dispositif s'aperçoit encore, malgré la différence des arts, dans ce qu'il écrit des peintres [620].

§131
Théorie

Afin d'éprouver plus avant la correction des analyses, donc le parallélisme de chaque intuition et de la valeur numérique trouvée relativement à elle, recourons à diverses variations des composantes et de (k). Diminuons en premier lieu (q) de vb[en~encens] avec un portage se terminant par “…comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, qui d'une voix nasillarde chantent les transports de l'esprit et des sens.” Alors que, d'une part, dans la resserre, vb[en~encens] est de gradient 2(1/(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)), quant à l'éclairage de rb[corrompus~encens], le verseur, d'autre part, donne la quantité 2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)), puisque “nasillarde” ne rentre dans aucun heurt et fournit un sens convenable de “en”. Avec la resserre q=2, à cause de l'absence de terme autorisant un commentaire indubitable de “en”; e=1, par le terme; (p) vaut 2, en raison du complet silence touchant une quelconque atténuation; f=1, grâce au caractère interne de “en” au sein de «encens» qui garantit la certitude quant au rapport; z=1, par conséquent; g=j=1, car “en” procure, avec l'indication visant l'odorat, celle, tout aussi vague, regardant la sensibilité, la sensualité, finalement la corruption. Le portage vient doubler ainsi le résultat 2(¼)=½, amenant 2(½)=1 comme gradient.

Méthode

Ne regrettons pas que les glissoirs aient une influence qui se cantonne au passage de 1 à 4 dans le dénominateur du gradient car, en schématisant, la comparaison de 1/(2)(2) et de 1/(2)(2)(2)(2) (2)(2)(2) ne joue pas ici toute seule: de par le rivetage, 1/(2)(2) pèse déjà vis-à-vis de 1/(2)(2)(2)(2). Qui plus est, dans 1/qepfzgj, pour dépasser 1/(2)(2)(2)(2), avec ((g)(j))=4, il faut montrer de grandes qualités par ailleurs, en particulier avec un pivot.

Application à Baudelaire

Le raisonnement simplificateur sur “en”, qui autorise la pensée de choses corrompues, paraîtra sombrer dans l'abus, peut-être, mais rappelons-nous du contexte, avec son abondance de sonorités nasales: «…Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
»
Le rapprochement n'est donc guère plus menacé par l'irrationalité que celui employé avec vb(N~Nature) concernant rb(piliers~paroles), même si, d'une certaine façon, la démarche pour ce dernier cas prend son départ plus dans l'intellectuel et moins au plan physique. Que le monde soit un personnage, qui donc peut s'exprimer, fait que sa dénomination mérite une majuscule puisque c'est le signe distinctif des appellations appréciatives écrites. Une vive fantaisie nous conduit souvent à concevoir le fond absolu des choses par l'intermédiaire d'images empruntées au domaine humain, comme Ovide se plaît à le montrer [559]: «Il est dans l'empyrée une voie que l'on distingue aisément par un ciel serein; elle porte le nom de Voie lactée; sa blancheur éclatante la signale à tous les yeux. C'est par là que les dieux d'en haut se rendent à la demeure royale où réside le souverain maître du tonnerre. A droite et à gauche s'étendent, portes ouvertes, les atriums hantés par la noblesse céleste; la plèbe habite à part, dans d'autres lieux; sur le devant et sur les côtés, les dieux puissants ont établi leurs pénates. Tel est le séjour que j'oserai appeler, si on me permet un langage si audacieux, le Palatin du ciel.» Songeons également que les augures nommaient une partie des cieux ou du monde, découpée avec le secours de l'imagination, un “temple”, de sorte qu'avec un tel mot la forêt inextricable que forme le sens nous empêche de voir ses divers contenus en une seule fois [841]-[856].

§132
Théorie

On peut réduire des composantes pour vb[encens~sens] atténuant rb[corrompus~encens] avec un portage finissant ainsi: “…comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, qui chantent les transports de l'esprit et des sens, chose qui rend clair le paradoxe.” La resserre propre à vb[encens~sens] fournit q=e=1 de par les termes; p=2 à cause du silence vis-à-vis de l'atténuation; f=2 en raison du rapport distendu entre les mots porteurs de sens; z=2,4 parce qu'avec une relation floue 4 fronts viennent séparer «encens» de «sens»; g=j=1 avec l'assise portant sur l'ivresse au dernier vers. Le verseur change p, f, z qui deviennent alors 1, de sorte qu'au lieu de 2(1/(1)(1)(2)(2)(2,4)(1)(1))=0,208 on obtient 2(1/(1)(1)(1)(1) (1)(1)(1))=2 qui par nivellement redescend à 1. Si, outre la modification de la perche (p), on voit se produire un changement du taquet (f) et de l'espacement intérieur (z), c'est que dans les coordinations de sens, la présence d'un raisonnement, signalée par les mots ultimes du portage, remplace le flou par un fort lien. Tout devient dense, la précision livre la clef du processus. Tandis que la beauté se perd, se développe la rigueur, éclairant l'allusion au moyen de la nouvelle connexion entre “corrompus”, “encens” et “sens”. Ainsi z=1 et même f=1.

Méthode

Profondément si des mots demeurent identiques lorsque le texte se trouve modifié ailleurs qu'en eux, chaque terme se voit remplacé par un autre: voilà pourquoi les chaînes formées par les vocables ne peuvent qu'être affectées.

Application à Baudelaire

On doit penser que l'écrivain, essayant des rimes, permutant des mots en cherchant l'euphonie, avait à prêter attention au sens le plus fin de „Correspondances“. Mais cela n'en fait pas un ouvrage de raisonnement. Donc affirmer que certaines liaisons paraissent vagues ne comporte aucune attaque dirigée contre Baudelaire. Simplement le sous-entendu règne touchant le terme «corrompus», même si l'imperfection du réel a été plus vivement clamée par le poète dans telle autre pièce [[1104]]: «Les sanglots des martyrs et des suppliciés
Sont une symphonie enivrante sans doute,
Puisque, malgré le sang que leur volupté coûte,
Les Cieux ne s'en sont point encore rassasiés.
»
Mais l'auteur ne prétend aucunement avoir l'esprit serein quand il œuvre ou prononce de poignantes condamnations. Ailleurs il s'exprime douloureusement [[1052]]: «Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord?
…Je suis la plaie et le couteau!
Je suis le soufflet et la joue!
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau!
»
Un peu avant ces vers, il se peint en amoureux violent et emporté [[1051]]: «…Mon désir gonflé d'espérance
Sur tes pleurs salés nagera
Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon cœur qu'ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge!
»
56

§133
Théorie

Fournissons des composantes élevées eu égard au problème rb[Nature~temple], lequel est un heurt puisque le rapprochement des notions possède bâti manifeste plus tension ample. Même si le contexte favorise la question, elle dispose aussi en propre de l'opposition interne, si utile concernant bien des bizarreries. Choisissons un portage commençant de la sorte: “L'absolu est un temple/////où (de) vivants piliers laissent parfois sortir (de) confuses paroles. (La)/////Nature fait passer l'homme au travers de ses apparences, en des forêts de symboles…” Touchant rb[Nature~temple], la resserre donne 1/tsmw=1/(1)(1)(1)(1)=1 tandis qu'au verseur l'interruption de la pensée fournit le gradient 1/qepfzgj=1/(1) (1)(2)(2)(2,8)(1)(2)=0,044 qui se montre négligeable. Nous avons q=e=1, de par les traces-termes; p=2, en raison de la discrétion du texte; vis-à-vis de la filière, t=1, à cause du «est» de liaison dans l'original et f=2 dans le cas du portage où sont distingués deux plans du réel; s=1 et z=3, le (s) venant de l'unité, le (z) du clivage ainsi que des fronts qui sont 10 entre les termes; enfin m=1, g=1, w=1, j=2 parce que, dans les deux situations, l'intelligence du propos est difficile.

Méthode

La distinction entre glose de problème non-heurt et heurt s'avère décisive quant aux glissoirs, puisque jamais nous n'avons g=j=1 dans les problèmes qui ne sont pas des heurts, le cas ((g)(j))=2 étant alors le niveau minimum accessible. Cela compense la plus grande facilité à conclure qu'un problème se pose, l'absence de nécessité d'avoir un paradoxe net et la plus grande considération des termes alentour.

Application à Baudelaire

Le portage utilisé ici demande quelque justification, mais le connaisseur de Balzac et d'Edgar Poe devait pouvoir écrire quelque chose comme cela -et beaucoup mieux. Soutenu par l'audace dans les combinaisons d'idées, le discernement poétique l'amenait à croiser sans lourdeur plusieurs thèmes pour, à l'occasion, composer un texte nouveau avec deux précédents [671].

§134
Théorie

Touchant vb[encens~sens], dans l'atténuation de rb[corrompus~encens], la diminution de taquet ainsi que d'espacement doit accompagner une meilleure intuition. On utilisera un portage finissant par ces mots: “…l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens qui chantent les sens et l'esprit en ses transports.” Une liaison stricte apparaît désormais entre “sens” et “encens”, avec au contraire “transports” qui s'efface légèrement. Alors un gradient 2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1))=1 remplace 2(1/qepfzgj)=2(1/(1)(1)(2)(2)(2,4)(1) (1)) =0,208. L'écran de notions constitué par «transports» une fois disparu, il devient presque impossible d'arguer que, d'après les conceptions du poème, seulement par leurs transports et non dans leur fonction ordinaire, les organes ou les rapports de la sensibilité sont liés au jugement d'apparence négative porté sur les parfums de la deuxième sorte.

Méthode

Le vocabulaire de l'interprète ne peut que rarement suffire à décrire avec rapidité un texte, car on simplifie toujours les vues que l'on prétend servir, en choisissant la vitesse dans la représentation.

Application à Baudelaire

Ainsi qualifier de négatifs les parfums de l'ivresse risque de trahir la réflexion de l'auteur. Il savait discerner le mérite des troubles eux-mêmes, des plus ordinaires aux plus difficiles à provoquer. Il semble avoir justement apprécié un personnage fameux à l'époque dans le faubourg du Temple, un chiffonnier, souvent ivre sur les onze heures du soir, qui pensait diriger une armée, gesticulant et distribuant ses ordres, comme un chef ému par le feu en dépit de l'habitude [14]-[672]-[[1147]]. La corruption a tellement de proximité avec la force d'âme que l'une peut se convertir en l'autre. Dans un ouvrage connu dès le collège, à l'époque de Baudelaire, Plutarque décrit comment un héros transforme un genre de transport en un autre [449]-[596]-[790]: «…il donna la direction la plus heureuse à leur amour du luxe et de l'élégance. On ne pouvait les guérir tout à fait d'une maladie ancienne, la vaine et frivole émulation de la richesse: ils aimaient les beaux vêtements, les tapis de pourpre, luttaient de somptuosité à table, dans leurs repas…il leur mit au cœur la passion…de réserver toutes les recherches du luxe pour embellir leur tenue de soldats et de guerriers…le luxe des armes fortifie et grandit le courage, comme chez l'Achille d'Homère, qui, dès qu'il a sous les yeux son nouveau harnais de guerre, est exalté et enflammé à l'idée de s'en servir.»

§135
Théorie

L'augmentation, en vb[piliers~forêts], du taquet et de l'espacement, lorsque nous examinons rb[Nature~temple], peut se faire par le report, après les tercets, de la deuxième partie du premier quatrain -en fin de texte donc- et cette fois en conservant le “y” après “L'homme”. Ainsi le gradient passe de 2(1/qepfzgj)=2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1))=1 à 2(1/q’e’p’f’z’g’j’)=2(1/(1)(1)(2)(2)(7,9)(1)(1))=0,063 car il existe désormais 59 fronts entre “forêts” et “piliers”, or 2+(1(59/10))=2+5,9=7,9.

Méthode

La quantité obtenue dans le verseur frôle 0,062 le seuil du rivetage, ce qui fait penser qu'inévitablement, alors que 0,063 est ici admis, au contraire 0,061 se verra dans un autre cas rejeté. Un seuil numérique paraît souvent schématique à l'excès et, comme il s'avère difficile de le déclarer sans avantage, il ne reste qu'à reconnaître l'aspect légèrement conventionnel des entreprises de connaissance.

Application à Baudelaire

Pour les mêmes composantes q, e, p, f, g, j mais un espacement 8,4 cette fois, allant avec la distance “Nature-forêts”, le gradient aurait été 0,059 bien que “Nature” et “piliers” appartiennent au même premier vers. Les impressions baudelairiennes de contact presque physique avec le sens prêté au réel rappellent ces vers [[1087]]: «Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone…
»

§136
Théorie

En usant d'un portage commençant avec “La Nature est un temple; parfums, couleurs et sons se répondent”, il semble possible d'affaiblir l'espacement au sein de l'atténuation de rb[Nature~temple], qu'est vb[Nature~parfums¹] vb[parfums¹~temple] et de même quant à son renforcement de forme identique, ayant aussi un gradient à somme, vb[Nature~couleurs] vb[couleurs~temple]. Les vraisemblances partielles se hissent, depuis 1/(1)(1)(2)(2)(5,7)(1)(1)=0,043 jusqu'à 1/(1)(1)(2)(2)(2,2)(1)(1)=0,113 vis-à-vis de vb[Nature ~parfums¹]; de 1/(1)(1)(2)(2)(5,5)(1)(1) à 1/(1)(1)(2)(2)(2)(1)(1) ou de 0,045 à 0,125 touchant vb[parfums¹~ temple] et, en tout, de (0,043+0,045)=0,088 jusqu'à (0,113+0,125)=0,238 concernant vb[Nature~parfums¹] vb[parfums¹~temple]. Si on fait les calculs de la plus correcte manière, l'autre atténuation exige de compter l'espacement extérieur de renforcement. Hormis cette affaire, le changement est voisin. Dans le but d'obtenir l'aune du plateau le moindre, contenant l'atténuation plus le renforcement, on doit utiliser l'espacement extérieur à propos de la glose atténuée rb[Nature~temple]. Mais le passage d'un gradient à l'autre -de 0,088 à 0,238- donne pour l'atténuation elle-même, sans le renforcement ni l'espacement extérieur d'atténuation, une bonne saisie de l'avantage intuitif acquis par une distance moindre séparant les termes.

Méthode

Les renforcements peuvent se poursuivre avec deux nouvelles gloses de gradient à somme, puis deux encore, puis deux à nouveau, si le texte procure les moyens du processus.

Application à Baudelaire

Ainsi vb[Nature~parfums¹] vb[parfums¹~temple] se trouve renforcé par vb[Nature~couleurs] vb[couleurs~temple]. Mais ensuite dès qu'on le veut, le même premier couple se montre dans la situation d'obtenir le bénéfice, par exemple, de vb[Nature~sons] vb[sons~temple]. Chaque fois le gradient est à somme, chaque fois il s'ajoute, divisé par les espacements, aux valeurs du premier couple d'atténuation. Des pensées infimes construisent à l'occasion une impression moins ténue. Baudelaire avance par éparpillement des indices de sa pensée, afin d'éviter le système, tout en faisant apparaître ce qui dirige sa méditation dans un sens. Il fournit avec une pièce remarquable, au début de l'ouvrage puis en fin, les moyens de réaliser un paradoxe qu'on peut aussi ne pas apercevoir, puisque les deux éléments du poème gardent quelque distance [[1033]]: «Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
Par-delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité…Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
-Qui plane sur la vie, et comprend sans effort…
»
les beautés que la terre présente au plus bas et de la plus humble façon, dans les fleurs aux symboles parlants.

§137
Théorie

Imaginons un portage commençant par “Le fondement des êtres, la Nature, est une chose où de réelles entités laissent parfois sortir des activités vues par l'homme absolu, au travers de leurs apparences, comme des forêts de symboles qui l'observent avec des regards familiers.” Il va permettre, pour la glose rb[Nature~homme], le gradient 1/(1)(1)(2)(1)(1)(2)(2), au lieu de 1/qepfzgj=1/(1)(1)(2)(1)(1) (1)(2), avec par conséquent g’=2, alors que nous avons g=1. Dans la resserre l'idée que peut-être l'homme passe comme un étranger, au milieu du "temple-Nature" fait que la difficulté possède une certaine vigueur, bien qu'elle ne soit aucunement un paradoxe, une bizarrerie, un heurt. Dans le verseur les relations paraissent mises en ordre, de sorte que devient fort discutable qu'un problème se pose. Le passage de ¼ à ⅛ exprime donc adéquatement la différence intuitive.

Méthode

Savoir auquel des glissoirs, g ou bien j, faire porter le 2 en cas d'obstacle minimum à un accord touchant rb(A~E) n'est pas aisé, mais il suffit, quand nous hésitons durablement, d'examiner la tendance générale de l'ouvrage, puis de mettre 2 là où les obscurités ont le moins de poids. L'embarras, vis-à-vis de l'affirmation qu'il existe un problème, se trouve du côté où est repérée l'adversité la plus faible.

Application à Baudelaire

Certes, le contexte du poème autorise à inventer partout des motifs d'impossibilité de compréhension, mais «échos», «prairies» et «homme» sont, malgré cela, des termes particulièrement protégés de telles résistances opposées à l'intelligence nette.

§138
Théorie

La glose neutre ob[échos~confondent] peut voir ses glissoirs passer à 1 si le pont de sens répondent-confondent est brisé par un portage ayant comme deuxième strophe: “Certes de longs échos de loin se confondent; mais difficilement, car outrepassant les barrières des perceptions, dans une ténébreuse et profonde unité, vaste comme la nuit et comme la clarté, les parfums, les couleurs et les sons se répondent.” Alors vis-à-vis de rb[sons~répondent], rb[parfums¹~répondent], rb[couleurs~répondent] l'usage de vb[échos~confondent] est moins efficace. Donc le gradient obtenu avec ob[échos~confondent] en la resserre, 1/qepfzgj=1/(1)(1)(2)(1)(1)(2)(2)=⅛, se hisse au verseur à 1/q’e’p’f’z’g’j’=1/(1)(1) (2)(1)(1)(1)(1)=½. L'intuition change avec le portage autant que la mesure. On se trouve presque au niveau du constat, où n'a lieu ni description d'éclairage ni expression de problème. Il reste, dans l'arrière-plan, quelques difficultés, mais appeler cela une gêne pour la saisie du poème serait abusif. Ainsi les grands échos ne devraient-ils pas être pris comme des objets à comparer avec les reflets, plutôt qu'à titre d'apparences premières?

Méthode

Les questions mal cernées forment de cette façon un halo de flou qui entoure le sens le plus visible des œuvres où l'imagination l'emporte sur le contrôle des paroles. Au contraire quand la vérification des propos, grâce aux apparences, domine, les butoirs deviennent plus nombreux, les pics reculent et, de la sorte, maint exemple fidèle surgit en compagnie d'applications qu'indiquent les connaissances gagnées.

Application à Baudelaire

L'auteur savait l'avantage de combattre la sévérité accompagnant la raison: celui d'en arriver aux hasards de la poésie. Mais il était également conscient que pousser toujours plus avant la désorganisation de sa perspective conduit à des inconvénients. Afin d'accéder à ses lecteurs potentiels, il cherchait alors des cadres de pensée. Deux forgés par les traditions lui venaient à l'esprit, de sorte que parlant à son imagination, la muse intérieure, il exprime ce vœu [13]-[194]-[829]-[[1084]]: «Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rhythmiques
Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phœbus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.
»

§139
Théorie

Manèges et aunes doivent aussi être mis à l'épreuve des variations, afin que soit bien cerné ce que toutes les nouvelles mesures valent, puisque les gradients pourraient correctement faire leur office tandis que les autres degrés de vraisemblance n'iraient pas régulièrement avec les apparences intuitives du texte. Le renforcement de vb[N~paroles], atténuant le problème rb[piliers~paroles], permettra un premier essai. Un changement du taillant (q) devrait conduire à une modification intuitive, ainsi que provoquer un manège différent. Au départ nous avons 2(1/(2)(1)(2)(2)(2,9)(1)(1)) vis-à-vis de vb[N~paroles], tout en imaginant également que vb[N~Nature], capable de renforcer la première glose vb[N~paroles], subit le même changement pour son taillant relatif à N. Alors 2(1/(2)(1)(2)(2)(2,9)(1)(1)) et 2(1/(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)) sont les gradients respectifs de vb[N~paroles], vb[N~Nature], parce que dans ce cas le N livre q=q’=2; le terme, e=e’=1; le silence, p=p’=2; la relation insuffisante, f=2, z=2,9; l'autre, bonne quant à elle, f’=1=z’. Enfin la référence aux symboles qui regardent l'homme sert d'assise. Dans un portage mettons “L'être absolu, la Nature, est une immensité dont le réel entier fait le contenu, donc aussi tel temple où L'homme passe…” Alors “absolu” représente le sens du N sans appartenir à un heurt et q=q’=1 devient la mesure correcte des premiers taillants. Nous obtenons 1/(1)(1)(1)(1) comme filière de rb[piliers~paroles]; puis des espacements extérieurs k=2,9 et k’=1 quant au heurt et aux deux gloses d'atténuation; enfin, k’’=2,9 avec la distance de renforcement. Les aunes de part et d'autre sont de calcul aisé: 1/(1)(1)(1)(1)((2(1/(2)(1)(2) (2)(2,9)(2,9)(1)(1)))+(2(1/(2)(1)(2)(1)(1)(1)(2,9)(1)(1)))) dans la resserre, mais 1/(1)(1)(1)(1)((2(1/(1)(1)(2) (2)(2,9)(2,9)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(2,9)(1)(1)))) au verseur. Nous échangeons (1/33,6)+(1/5,8)=0,201 dans la resserre contre le double au verseur: (1/16,8)+(1/2,9)=0,403. Cela exprime l'avantage obtenu par le moyen de la référence au fond ultime des choses, pour qui veut atténuer l'affaire des paroles.

Méthode

Le contexte doit être soigneusement analysé au cours de la discussion des pivots, car, sans une pareille précaution, le calcul deviendrait faux.

Application à Baudelaire

Un portage commençant par “La grande Nature est un temple…” fournit avec “grande” un sens du N acceptable, même si, dans la compréhension du premier vers, ce mot n'apporte qu'un maigre secours. Un créateur élabore son ouvrage d'une façon qu'il faut souvent rechercher avec patience, dès lors qu'il s'agit d'en goûter quelques finesses et non uniquement de laisser l'enthousiasme de l'instant nous dominer ou le plus brillant aspect nous distraire. L'éclat, même pour les connaisseurs qui passent outre les modes, reste substantiel et masque le reste quelquefois très longtemps [421]-[[1048]]: «Maint joyau dort enseveli
Dans les ténèbres de l'oubli,
Bien loin des pioches et des sondes;
Mainte fleur épanche à regret
Son parfum doux comme un secret
Dans les solitudes profondes.
»

§140
Théorie

Il est loisible de poursuivre le but d'affaiblir une perche ainsi que d'autres composantes par l'imagination d'un couple de bâches où les quatrains viennent après les tercets, avec, dans la seconde, une grande modification au point de liaison des ensembles nouvellement disposés: “(La) question pour (d')autres parfums ayant (l')expansion (des) choses infinies, comme (l')ambre, (le) musc, (le) benjoin (et) (l')encens qui chantent (les) transports (de) (l')esprit (et) (des) sens, est (de) savoir s'ils (sont) corrompus, riches (et) triomphants. Or (la) Nature est (un) temple…” On examine alors une interprétation peu conforme aux traditions, d'après laquelle vb[corrompus~Nature] renforcerait vb[corrompus~sens] dans l'atténuation de rb[corrompus~encens]. La filière du heurt qui ne vient que de la seconde bâche descend à 1/(2)(1)(1)(1) parce que l'interrogation abaisse le degré de relation, ce qui pousse le rang vers 2. Les gradients 1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(1)(1) d'un côté, 1/(1)(1)(2)(2)(2,4)(1)(1) par ailleurs, avec l'assise de “transports” concernant les deux bâches, se montrent acceptables touchant vb[corrompus~sens]. L'autre atténuation prend le gradient 1/(1)(1)(2)(2)(3,6)(1)(1) avec la première bâche, ayant “confuses paroles” comme assise. Dans la seconde bâche l'interrogation et l'apparente réponse donnent le gradient 1/(1)(1) (1)(1)(1)(1)(1) de la même atténuation vb[corrompus~Nature], car les deux termes paraissent désormais fortement solidaires. L'espacement extérieur entre atténuations ne varie guère: 3,6 en la première bâche; 2,8 dans l'autre. Les deux espacements extérieurs, vis-à-vis du problème, diffèrent un peu davantage: si la première bâche, de vb[corrompus~sens] à rb[corrompus~encens], procure 3,5 l'autre fournit 2,9 en comptant deux fronts pour “s'ils” et pas du tout “sont”. Le rapport entre vb[corrompus~Nature] et rb[corrompus~encens] livre 3,6 sans le questionnement, mais 1 avec. En tout la première bâche ouvre sur un manège 2(1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(1)(1))+2(1/(1)(1)(2)(2)(3,6)(3,6)(1)(1)) et la seconde bâche sur 2(1/(1)(1) (2)(2)(2,4)(1)(1))+2(1/(1)(1)(1)(1)(1)(2,8)(1)(1)) donc (1/7)+(1/25,92)=0,18 sans le questionnement et (1/4,8)+(1/1,4)=0,922 avec lui. La supériorité intuitive du lien question-réponse paraît ici représentée. Cependant, au moment où l'aune doit être calculée, un affaiblissement a lieu, en ce que la filière de rb[corrompus~encens] a été quelque peu rognée dans la seconde bâche. On a donc d'une part 1/(1)(1)(1) (1)((2(1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(3,5)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(2)(3,6)(3,5)(3,6)(1)(1))))=1((1/24,5)+(1/90,72))=0,051 avec la première imitation, puis 1/(2)(1)(1)(1)((2(1/(1)(1)(2)(2)(2,4)(2,9)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(2,8) (1)(1))))=½((1/13,92)+(1/1,4))=½(0,785)=0,392 avec le texte imaginé contenant la question.

Méthode

Ce qui favorise la seconde bâche provient du remodelage qu'introduit le raisonnement, par les contacts intuitifs engendrés, donc par les distances abolies au plan des mesures.

Application à Baudelaire

Si Baudelaire ne pouvait, en poésie, avancer une difficulté comme celle de la dernière bâche, il savait, en examinant les œuvres des autres, écrits ou tableaux, élaborer ce type d'interrogation tout en laissant dominer l'imagination dans la pensée.

§141
Théorie

Augmentons un taquet ainsi qu'un espacement de ob[Vaste~unité] renforçant ob[ténébreuse~unité], par une transformation du second quatrain: “Dans la ténébreuse/////immensité de longs échos, (Les) parfums, (les) couleurs (et) (les) sons se répondent. Vaste/////unité, nuit et clarté se confondent!” Ainsi “ténébreuse”, vis-à-vis de ce qui était dans le texte original, maintient peu de liaison avec “unité”. En revanche “Vaste” conserve une relation puissante à “unité”. Cela demande, pour ob[Vaste~unité], un gradient 0,5 identique dans le verseur et la resserre: 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1). Cette vue manque tellement de précision qu'elle ne pose guère de problème substantiel et ne peut éclairer quoi que ce soit. L'autre description, de rapport neutre, ob[ténébreuse~unité], vaut dans la resserre 0,5=1/(1)(1)(2) (1)(1)(1)(1) car elle se trouve protégée de mauvais glissoirs par son excessif vague. Elle atteint seulement 1/(1)(1)(2)(2)(3)(1)(1)=0,083 dans le verseur. L'espacement extérieur est 1 avec le texte réel, mais grandit jusqu'à 2+(1(10/ 10))=3 avec le portage. Ainsi les manèges ont les forces qui suivent: (1/(1)(1)(2)(1)(1)(1) (1))+(1/(1)(1)(2)(1) (1)(1)(1)(1))=(0,5+0,5)=1 et (1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(2)(3)(3)(1) (1))=½+1/36=0,527. L'intuition qui perd le souvenir des termes choit également beaucoup et une perte de la moitié du résultat initial paraît défendable.

Méthode

La modestie de chacun des glissoirs confirme le principe qu'à force de largeur, le sens n'éclaire plus rien.

Application à Baudelaire

Baudelaire n'étend pas trop la signification des mots qu'il emploie, car il s'efforce de la détourner d'anciens chemins. Cependant il admire la pensée floue, d'abord sincèrement, mais aussi afin de ne pas engendrer de lassitude, car même le sel d'une réflexion énergique doit s'accompagner de tendresse florale quand le but est d'obtenir la beauté. Se croyant souvent épuisé, c'est en réorganisant doucement mille rêveries en quelque perception audacieuse dont il se détournera plus tard, qu'ému par l'élan nouveau qui vient, il crée [[1035]]: «Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?
»

§142
Théorie

On diminuera ici, concernant vb[répondent~parfums¹], un taquet, plus quelque distance, lorsque cette glose renforce vb[chantent~parfums¹], dans l'atténuation de rb[corrompus~encens]. Le portage utilisera dans le dernier vers “expriment” au lieu de «chantent» et emploiera “chantent” avec “répondent”: “…toutes les activités du réel spontané chantent, ainsi les parfums, les couleurs et les sons se répondent.” Les gradients de resserre, usant de «répondent» et de «chantent» comme assise, pour les gloses où ils ne figurent pas, conduisent à 2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)) touchant vb[répondent~parfums¹] et à 2(1/(1)(1)(2) (2)(5)(1)(1)) vis-à-vis de vb[chantent~parfums¹], usant de «parfums» pris au huitième vers. L'espacement extérieur du rapport à rb[corrompus~encens] se fixe à 4,8 dans le cas de chacune des atténuations et celui entre les deux gloses d'éclairage elles-mêmes à 5. De la sorte l'aune de resserre prend la hauteur de 1/(1)(1)(1)(1)((2(1/(1)(1)(2)(2)(5)(4,8)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(4,8)(5)(1)(1))))=0,02+0,041=0,061. Dans l 'autre situation, propre au verseur, vb[répondent~parfums¹] fournit le gradient inchangé 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1), tandis que vb[chantentparfums¹] accède à ce même niveau 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1). L'espacement extérieur entre atténuations est limité à 1, tandis que celui obtenu avec rb[corrompus~encens] vaut 4,8 là où est mis à contribution “répondent” et 5 pour l'autre glose, de par “chantent” plus éloigné de “encens” que “parfums”, dans le portage. En tout l'aune du verseur parvient à 1/(1)(1)(1)(1)((2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(5)(1)(1))) +(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(4,8)(1)(1)(1))))=1/5+1/4,8=0,2+0,208=0,408 presque sept fois l'aune trouvée dans la resserre, ce qui montre numériquement l'avantage intuitif allant avec le portage.

Méthode

Le jeu du couple, que forment les bases données par le texte aux espacements extérieurs, paraît étrange à première vue, car on a quelque peine à imaginer le créateur distinguant l'une de l'autre. Mais la pensée se trouve là exposée au risque de suivre la perspective d'après laquelle connaître suppose la constante adhésion au réel absolu.

Application à Baudelaire

On cherche ici le rapport aux apparences avec plus de modestie. En particulier il semble que les mesures d'espacement ont quelque grossière adéquation, puisque Baudelaire paraît écarter «chantent» de «répondent» dans le but d'éviter l'insistance. Il devait bien songer, comme fils de quelqu'un qui avait été prêtre, à «répondent» en écrivant plus bas «chantent» et ce de par le souvenir de maints répons liturgiques exprimés dans un temple. Son hésitation métaphysique ou son esprit de provocation, lié au rejet de la discipline sociale, n'empêche pas qu'il se tourne vers la divinité quand il tente de cerner par des mots chargés d'ambiguïté sa belle œuvre, née du mal de par un contraste [[1008]]: «Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers.
Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,
Les métaux inconnus, les perles de la mer,
Montés par votre main, ne pourraient pas suffire
A ce beau diadème éblouissant et clair;
Car il ne sera fait que de pure lumière,
Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs!
»

§143
Théorie

L'augmentation d'un taquet ainsi que de certaines distances, concernant ob[loin~échos], lorsque cette glose renforce ob[longs~échos], s'avère possible avec un portage ayant comme deuxième strophe: “Pour qui se trouve loin/////(d')un paysage, (Les) parfums, (les) couleurs (et) (les) sons se répondent. Dans (une) ténébreuse (et) profonde unité, Vaste comme (la) nuit et (comme) (la) clarté, (de) longs/////échos se confondent.” La glose renforcée mentionnant “longs” reste fidèle à 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1), son gradient initial, tandis que l'autre, où est écrit “loin” et qui renforce la première, adopte dans le verseur 1/(1)(1)(2)(2) (3,7)(1)(1), au lieu de 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1), qui relève du texte non modifié. Le manège de resserre s'établit, avec un espacement extérieur 1, à hauteur de 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)+1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)=1, mais au verseur l'espacement extérieur devient 3,7 et le gradient faiblit, arrivant à 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)+1/ (1)(1)(2)(2)(3,7)(3,7)(1)(1)=½+1/54,76=0,5+0,018=0,518. La diminution de la quantité, 0,518 au lieu de 1, exprime donc la récente difficulté de l'intuition.

Méthode

Les manèges dans le présent cas peuvent être appelés aussi des plateaux, alors que, parmi les gloses d'atténuation, un renforcement ferait une absence de plateau effectif, parce que la glose de problème ne serait pas comptée ni les deux espacements extérieurs la reliant aux atténuations.

Application à Baudelaire

Le passage utilisé ici en exemple invite à des rêveries touchant la montagne ou les forêts, les prairies également. S'il fallait rechercher un moyen de comprendre la symbolique des pâturages, nous viendraient en tête l'égalité d'humeur, les fruits de l'abondance reçue dans la tranquillité, hors de toute crainte. Zeus, d'après un mythe qu'utilise Platon, décide que les juges des morts [724]«…rendront leurs sentences dans la prairie…» Homère lui-même, que Baudelaire a tellement étudié sous la direction de ses maîtres, pourrait suggérer que le préjugé subalterne s'efface devant la mort, en un pareil endroit [455]-[595]: «…les âmes des seigneurs prétendants accouraient…Le dieu de la santé, Hermès, les conduisait par les routes humides; ils s'en allaient, suivant le cours de l'Océan: passé le Rocher Blanc, les portes du Soleil et le pays des Rêves, ils eurent vite atteint la Prairie d'Asphodèle, où les ombres habitent, fantômes des défunts…» Là ils racontent leur sort et le souvenir de l'ennemi d'avant, Ulysse, dont ils désiraient l'épouse autant que la succession et qui les a finalement décimés [456]«Il visait devant lui: nous tombions côte à côte! il était évident qu'un dieu guidait ses coups.» Platon varie les images autour d'une telle idée: «la Plaine de la Vérité» donne au cheval de l'esprit ce dont il a besoin. L'auteur antique avance que tout particulièrement [733]«…la pâture convenant à ce qu'il y a dans l'âme de meilleur se tire du pré qui s'y trouve…» Quant à l'interprète, abusif ou non, il verra les diverses références à l'étendue herbeuse ou au cheval, évocables en partant de là, se croiser de mille façons. Socrate conte le mythe, assis lui-même dans un endroit qu'il décrit ainsi [731]: «…le raffinement le plus exquis, c'est ce gazon, avec la douceur naturelle de sa pente qui permet, en s'y étendant, d'avoir la tête parfaitement à l'aise.» Bien après et dans un contexte différent „l'Apocalypse“ mentionnera de son côté un «cheval blanc» comme outil de la justice faite pour le règne [160]-[162].

§144
Théorie

Ne modifier nulle autre composante, lorsqu'on diminue des espacements, devient aisé avec un portage ayant comme début de premier tercet: “Existe-t-il des parfums frais? Comme les prairies? Il en est de frais comme des chairs d'enfants…” Au plan de la resserre, on trouve le manège 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1) (1)+ 1/(1)(1)(2)(2)(2,8)(2,8)(1)(1)=½+1/31,36=0,5+0,031=0,531 eu égard au renforcement de ob[frais~enfants] par ob[frais~prairies]. Le verseur fournit une quantité plus élevée: 1/(1)(1)(2)(1)(1)(1) (1)+1/(1)(1)(2)(2)(1)(1)(1)(1)=½+¼=¾=0,75. L'intuition est suivie par le calcul, apparemment, car le portage relie plus vigoureusement les traces “prairies” et “frais” que l'original.

Méthode

En dépit de l'absence d'une forme verbale spécialement faite pour désigner l'homologue du bâti manifeste, concernant les gloses, la relation entre (f) et (z) conserve tous les aspects décisifs de celle unissant (t) à (s).

Application à Baudelaire

Les interrogations du portage nuisent au rapport entre “prairies” et “frais”, poussant (f) à 2, mais le suivi du sens extrêmement net maintient (z) à 1. L'évocation de la fraîcheur des parfums amène l'idée que la rose, particulièrement, livre ce type de senteur. Pourtant se précipiter dans une pareille conclusion a quelque chose de périlleux. Émile Deschanel, comme le montre Claude Pichois, a su décrire les capacités de son ancien camarade, pour beaucoup l'étonnant créateur futur de „Correspondances“, d'une façon qui amène à réfléchir. Sur le thème de la mort infligée par les roses, il avait grandement outrepassé le talent des meilleurs, parmi les autres élèves [601]-[943]: «La matière prêtait, et il en avait tiré bon parti…Baudelaire, là-dessus, avait fait merveille, composé les vers latins les plus brillants, brodé des développements éblouissants.» Maint détail sur la composition à rendre se trouve aussi donné: «C'était le singulier supplice imaginé par un César romain pour se débarrasser de ceux qu'il redoutait: il les invite à souper, ils acceptent. Pendant le festin, quelques feuilles de roses tombent doucement des interstices du plafond. Oh! la jolie et gracieuse pluie…quelle galante idée! On est charmé, on applaudit…une pluie de roses sur les fronts, dans les coupes, sur les tables. Les convives couverts de roses, boivent à la santé de César… Et les roses pleuvaient toujours, et la pluie allait croissant…Peu à peu les roses accumulées forment sur le parquet un amas dont le niveau monte insensiblement: on mange, on boit, on rit, on cause; les roses envahissent les tables et les lits du festin…recouvrent déjà les convives…Ils commencent à s'étonner…Ils s'entre-regardent…César a disparu…Quelques-uns s'inquiètent, se lèvent, veulent sortir…les portes sont fermées! Le déluge de feuilles de roses continue de tomber toujours, dépasse enfin les têtes des convives…monte, monte…et les étouffe lentement: ils meurent sous le monceau de roses qui peu à peu rejoint le plafond.»

§145
Théorie

Conservons, dans un portage, le «y» de l'actuel premier quatrain, tout en plaçant juste avant les tercets le troisième vers comme le quatrième, afin d'augmenter quelques espacements eu égard au renforcement de vb[Nature~symboles] par vb[piliers~symboles], dans l'optique d'une atténuation de rb[forêts~symboles]. Le heurt conserve son gradient 1/tsmw=1/(1)(1)(2)(1)=½. La glose vb[Nature~ symboles] passe de 2(1/qepfzgj)=2(1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(1)(1)) à 2(1/(1)(1)(2)(2)(5,5)(1)(1)), car il faut ajouter aux fronts livrant 3,5 les vingt du second quatrain; or 15+20=35 et 2+(1(15/10))=3,5 alors que 2+(1(35/ 10))=5,5. L'autre glose d'atténuation, vb[piliers~symboles], qui renforce la précédente, obtient pour le calcul de l'aune un gradient modeste, 2(1/(1)(1)(2)(2)(3)(1)(1)), dans la resserre, puis 2(1/(1)(1)(2)(2)(5)(1) (1)) au verseur, avec les vingt fronts en plus effectuant le saut de 3 à 5 quant à (z). Toujours l'assise vient de la mention du temple naturel, puisque dans un sanctuaire les symboles n'étonnent guère. Les trois espacements extérieurs dans la resserre, deux concernant les rapports d'atténuation et un touchant le renforcement, sont 3,5 avec vb[Nature~symboles] rb[forêts~symboles]; 3 dans le cas vb[piliers~symboles] rb[forêts~symboles]; 3,5 encore, vis-à-vis de vb[Nature~symboles] vb[piliers~symboles]. Ainsi pour les homologues de ces relations, le verseur donne 5,5 puis 5 et enfin 5,5. L'aune de la resserre parvient à 1/ (1) (1)(2)(1)((2(1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(3,5)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(2)(3)(3)(3,5)(1) (1))))=½((1/24,5)+(1/63))=0,027. Le verseur fournit le tiers: 1/(1)(1)(2)(1)((2(1/(1)(1)(2)(2)(5,5)(5,5)(1)(1))) +(2(1/(1)(1)(2)(2)(5)(5)(5,5)(1)(1)))) soit ½((1/60,5)+(1/275)) ou 0,009. Ce calcul a donc transcrit l'affaiblissement des liens dû à un souvenir légèrement plus ténu des termes employés dans le premier vers, quand le moment vient de saisir les autres.

Méthode

L'égalité d'un espacement intérieur avec un extérieur, dans certains cas, ne doit aucunement nous conduire à nous contenter d'une seule valeur grossière, pour un calcul entier, car nous lui ferions perdre son intérêt.

Application à Baudelaire

Comme les distances comptées après «Nature» et «piliers» ont 5 fronts d'écart, le dénombrement laisse apparaître 3 et 3,5 ou 5 et 5,5. Le thème des "piliers-jambes", fréquemment utilisé dans les œuvres qui plaisantent de l'amour, incite à envisager une interprétation du sonnet comme blason du corps féminin [173]-[174]. Les quelques exemples où l'image s'emploie pour un homme nous arrêteront moins dans cette voie que son peu de vraisemblance, pour un auteur dont le ton vis-à-vis de celle qu'il désire ou révère dans l'instant, lors même que perce l'amusement, conserve fréquemment les marques de l'inquiétude [139]-[[1102]]«Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges:
Rien ne vaut la douceur de son autorité;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son œil nous revêt d'un habit de clarté.
»
L'aveu quasi permanent de la douleur permet à l'ensemble du recueil d'échapper aux facilités [[1043]]: «Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.
»
Le danger menaçant paralyse l'abandon aux remarques légères, de sorte que l'impression d'un fardeau s'exprime jusque dans les propos en rapport avec les caprices de l'aimée [[1058]]: «Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
»

§146
Théorie

En deux bâches usons d'espacements différents pour ob[Nature~clarté] renforçant ob[Nature~nuit]. Le début dans l'une des versions va donner: “La Nature/////est (un) temple où (de) vivants piliers, dans (une) ténébreuse (et) profonde unité vaste comme (la) nuit et (comme) (la)/////clarté, laissent parfois sortir de confuses paroles…” Le manège de la première bâche s'écrira (1/qepfzgj)+(1/q’e’p’f’z’kg’j’) ou ((1/(1)(1) (2)(2)(3,1)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(2)(3,3)(3,3)(1)(1)))=((1/12,4)+(1/43,56))=0,102. Dans l'autre bâche mettons “La Nature,/////Dans (une) clarté profonde où (les) vivants piliers (d')(un) temple font (une) ténébreuse unité Vaste comme (la)/////nuit, Laisse parfois sortir de confuses paroles…” Ainsi le manège parvient à ((1/ (1)(1) (2)(2)(3,2)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(1)(1)(3,2)(1)(1)))=((1/12,8)+(1/6,4))=0,234. Ce calcul accompagne l'intuition, à cause du moindre obstacle opposé au souvenir des termes, dans le cas de la seconde bâche.

Méthode

Le rivetage conduit à des impossibilités d'emploi vis-à-vis de termes éloignés, rendant alors précieux l'usage des bâches.

Application à Baudelaire

La distance “Nature-clarté” qui arrive à 36 fronts dans le texte réel conduit à 2+ (1(36/10))=5,6 donc beaucoup trop avec p=2=f, car (2)(2)(5,6)=22,4 est supérieur de 6,4 au niveau 16 dont l'inverse 0,062 sert de seuil au rivetage. L'atmosphère bucolique suscitée par quelques termes de „Correspondances“, évoquant des choses élémentaires -échos, prairies, clarté, nuit- évoque la mémoire d'un poème que Baudelaire, à dix-sept ans, avait ramené d'un voyage dans les Pyrénées [599]-[[1134]]: «…par-delà les coteaux,
Par-delà les forêts, les tapis de verdure,
Loin des derniers gazons foulés par les troupeaux,
On rencontre un lac sombre encaissé dans l'abîme
Que forment quelques pics désolés et neigeux…
»
Le jeune homme avait le sens du contraste, de la peine que l'apparence douce recèle, mais le cliquetis des mots reste absent et le défi aux idées reçues demeure loin. Il n'avait pas encore parlé ainsi à l'univers du plaisir [[1070]]: «Laisse du vieux Platon se froncer l'œil austère;
Tu tires ton pardon de l'excès des baisers…
»

§147
Théorie

Afin d'élever deux glissoirs, pour le renforcement de ob[longs~échos] par ob[loin~échos], un portage brisant l'évidence du lien s'avère indispensable. On peut le construire par le biais d'un second quatrain de ce type: “Dans une ténébreuse et profonde unité, vaste comme la nuit et comme la clarté, comme de longs échos par leur proximité font un chœur, les parfums, les couleurs et les sons se répondent et comme eux de loin se confondent.” Le manège de la resserre atteint le niveau (1/(1)(1)(2)(1) (1)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1))=1, la discrétion de l'auteur étant si grande que nul éclairage convaincant ne vient de là et qu'aucun problème non plus ne surgit. Le manège du verseur, de son côté, se fixe à (1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1))+(1/(1)(1) (2)(1)(1)(1)(2)(2))=½+⅛=0,625 en ce que surgissent de toute part les problèmes relatifs au sens de ob[loin~échos], avec les affaires troubles concernant le chœur et la confusion des voix. Une perte quantitative de 0,375 exprime donc l'obscurcissement des rapports nuisant à l'ensemble considéré.

Méthode

Le contexte revêt une importance qui se trouve à son minimum avec les heurts, puisqu'ils doivent contenir en propre une difficulté. Mais là-même il ne saurait être négligé. Pour les autres cas il exerce une pression énorme sur la hauteur des composantes.

Application à Baudelaire

Défaire l'évidence de ob[loin~échos], en mettant du flou dans le jeu des notions afférentes à l'une des traces, revient à montrer justement la force de l'entourage de chaque mot sur l'idée qu'il arrive à représenter.

§148
Théorie

Abaisser un glissoir, dans le calcul de vraisemblance de rb[riches~ambre], apportant un soutien à rb[riches~musc], se fait commodément par un ajout de portage comme “…et d'autres, corrompus, couverts de faste, riches et triomphants comme l'ambre…” Actuellement «corrompus» ne suffit pas, même avec la compagnie de «triomphants», à faire passer au second plan, définitivement, l'idée que les parfums en cause possèdent une senteur composée de nombreux éléments, donc recèlent de l'abondance non pas comme un homme ayant une immense fortune, mais comme un produit. En effet «riches» est ici au point où se rejoignent les deux sens, le figuré d'une part, le propre de l'autre. Il faut alors une accentuation pour modifier sa direction. En revanche les autres mots, «triomphants» et «corrompus», vont sans aide aucune vers l'idée touchant la comparaison avec les choses humaines. Le manège de la resserre, dans ces conditions, prend le niveau mérité, du fait que ni la première glose ni la seconde, rb[riches~ambre] et rb[riches~musc], ne sont des tensions: (1/(1)(1)(2)(1)(1)(2)(1))+(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(2)(1))=¼+¼=½. Le changement suscite davantage de trouble, justifiant donc mieux la notion d'une difficulté, ce qui donne: (1/ (1)(1)(2)(1)(1)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1))=½+½=1.

Méthode

Le dispositif du tandem nous permet de concevoir que les tensions amples deviennent des heurts par quelque rapport étroit avec un choc vif, comme dans un tourbillon de sens où les influences passeraient sans contrôle. Mais encore est-il besoin pour cela d'une série de paradoxes organisant une sorte de relais, à même de surmonter le sens acceptable de multiples passages.

Application à Baudelaire

Les termes «corrompus» et «encens» forment un contraste immédiat pour l'intelligence. Pourtant «riches» et «encens», à côté de cela, voient un autre lien s'établir entre leurs notions, parce que le parfum a un arôme complexe, outre son prestige. Les dangers de l'encens ont fourni une matière intéressante aux moralistes. Plutarque, tellement utilisé par l'humanisme au sein duquel Baudelaire a reçu les bases de sa culture, discutait peut-être avec lui-même ainsi [791]: «…nous sommes malades des oreilles et des yeux; par suite du dérèglement et de la mollesse de notre goût, nous sommes habitués à trouver et à proclamer beau ce qui nous agrée davantage. Bientôt sans doute nous reprocherons à la Pythie de ne pas faire entendre des sons plus harmonieux que Glaukè, la chanteuse à la cithare, de descendre dans le lieu prophétique sans s'être parfumée, sans avoir revêtu des étoffes de pourpre, et de ne brûler, au lieu de cannelle, de ladanum et d'encens, que du laurier et de la farine d'orge.»

§149
Théorie

Qu'on examine à présent des atténuations autant que des renforcements de glose. D'abord on situe à 1 le taillant du N au sein du gradient propre à vb[N~piliers], qu'on emploie pour atténuer le problème rb[piliers~paroles]. On met dans une bâche “l'être absolu” après “Nature”, puis “…offre de vivants piliers en un temple où L'homme passe…” Cela permet de représenter le N par une idée acceptable, isolée de tout heurt. On obtient le gradient d'atténuation 2(1/qepfzgj)=2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)). Qu'on favorise, au sein de la même bâche, ainsi qu'en une autre, un renforcement par T à l'initiale de “Temple”. On a, de ce fait, rb[piliers~paroles] qui est éclairé au moyen de vb[N~piliers], glose renforcée par vb[T~piliers]. Avec la première bâche, celle à deux changements, le tout produit l'aune 0,106=(1/tsmw) ((2(1/qepfzkgj))+(2(1/q’e’p’f’z’k’k’’g’j’)))=(1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(2)(2,4)(2,9)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(2) (2,2)(2,7)(2,4)(1)(1)))) tandis que la mesure de la seconde bâche, porteuse d'une seule modification, reste plus petite que la moitié de l'aune voisine, avec (1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(2)(1)(2)(2)(2,4)(2,9)(1)(1)))+(2(1/(2) (1)(2)(2)(2,2)(2,7)(2,4)(1)(1))))=0,052. L'absence de l'expression “l'être absolu” et du remaniement, qui l'accompagne, pousse vb[T~piliers] vers une vraisemblance moindre que celle acquise par son homologue de la première bâche, puisque T, comme N, s'éclaire valablement au moyen de cet ajout. L'assise, dans les atténuations, vient quant à elle du contexte immédiat, bien à même de suggérer que les caractères pensables, touchant “Nature” ou “Temple”, font sentir leurs conséquences vis-à-vis de “piliers”.

Méthode

L'extrême proximité amène (z) et (k) entre 2 et 3. De telles quantités expriment correctement l'aisance des associations entre mots voisins, dont le style insinuant aime à tirer de nombreux effets.

Application à Baudelaire

Le jeu sur les majuscules autorise ce type de tournure, notamment par un équilibre d'accentuations ne constituant pas un butoir. Quand on imagine le début “La Nature est un temple” avec une fin de ce genre “…les transports de l'esprit et des Sens” on voit que demeure la relation. Mais ce n'est pas pour autant qu'il devient possible de prouver que le créateur pensait aux “Sens” comme à une partie de la Nature ou comme à des pourvoyeurs de maléfices opposés au monde naturel.

§150
Théorie

Pour faire voir les diverses possibilités du présent calcul, examinons encore une fois, malgré le risque d'erreur, quelque interprétation peu courante. Mais il faut, là, deux bâches, vu que l'invraisemblance a comme suite des gradients négligeables, lorsque le poème réel se trouve utilisé. Les deux imitations verront les tercets écrits avant les quatrains et, dans l'une des deux uniquement, la fin du texte deviendra: “…comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, amis de ces colonnes formant l'âme du sanctuaire, qui chantent les transports de l'esprit et des sens.” Nous chercherons ainsi à diminuer la perche de l'un des gradients utilisés par le calcul d'aune, touchant rb[vivants~piliers] atténué par vb[transports~piliers], glose renforcée au moyen de vb[transports~sens]. La première bâche, celle ne comportant qu'un seul changement, donnera l'aune 0,102=(1/tsmw)((2(1/qepfzkgj))+(2(1/q’e’p’f’z’k’k’’g’j’)))=(1/(1)(1)(1)(2)) ((2(1/ (1)(1)(2)(2)(2,7)(2,7)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(2,7)(2,7)(1)(1)))). Dans la filière w=2 vient de “forêts”, qui fait penser à des "arbres-piliers", ce qui émousse le choc avec “vivants”. L'assise de tous les glissoirs est généreusement offerte par “corrompus” qui accompagne bien la signification audacieuse prêtée à “piliers”, de façon abusive sans doute. Le point après le dernier terme des tercets brise la pensée, fournissant alors k’=k’’=2,7 malgré s=z’=1. La seconde bâche, comprenant les plus grandes modifications, avec le mot de l'énigme sur les piliers, esquissé tout au plus, car leur identité n'est pas expressément signalée, permet l'aune quasi double 0,205=(1/(1)(1)(1)(2))((2(1/(1)(1)(1)(2)(2,7)(2,7)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(1)(1)(1)(2,7)(2,7)(1) (1)))), venue des perches, passées de 2 à 1. Les contrastes, numérique d'une part, intuitif de l'autre, demeurent fort modérés à cause du genre allusif de la nouveauté contenue dans la seconde bâche.

Méthode

L'exemple montre que les composantes p, f, z n'ont pas toujours le même sort. Elles peuvent échapper à cela quand l'indication de problème ou d'éclairage ou de neutralité reste si gommée qu'elle n'entraîne pas beaucoup de rigueur alentour. Au paragraphe 132, à l'inverse, nous avions observé un passage simultané à 1 de p, f et z en raison des contraintes de sens accrues.

Application à Baudelaire

Le calcul de vraisemblance pourra, en dépit de son imperfection, ressembler suffisamment à celui des probabilités pour donner prise au même genre d'idée fausse, dès lors que l'inattention menacera: nous voir manquer le niveau du calculable, du fait de la fantaisie des piliers vus avec la perspective d'Eros et être contraint à recourir à des bâches, dans le cadre d'un commentaire par détour -supposant un sens très fragile-n'implique aucunement que le créateur n'y pensait pas du tout. Simplement, nous considérons alors comme très peu vraisemblable qu'il ait voulu placer le public devant la notion en cause. Pareillement faire double-six en un coup aux dés est fort improbable, mais la chose arrive parfois.

§151
Théorie

L'augmentation de rang, au sein d'une filière de problème, devrait, avec également une distance accrue, nuire à l'aune d'une atténuation, elle-même renforcée. Le portage “Il existe une Nature/////où (de) vivants piliers laissent parfois sortir (de) confuses paroles. (L')homme passe (à) travers (le)/////temple…” permet que rb[Nature~temple] prenne la filière 1/(2)(3,1)(1)(1) contre 1/(1)(1)(1)(1) au départ. Comme un portage ne change que les aspects nécessaires aux épreuves que doit subir le calcul, on imagine les distances -à “sons”, “couleurs” et “parfums”- identiques dans le verseur, pour “Nature” et “temple”, à ce que donne la resserre. On examine alors comment se modifie l'aune, concernant rb[Nature~temple], atténué par vb[Nature~parfums¹] vb[parfums¹~temple], gloses avec gradient à somme, renforcées au moyen de vb[Nature~couleurs] vb[couleurs~temple], puis à nouveau par vb[Nature~sons] vb[sons~temple]. La resserre procure le total (1/(1)(1)(1)(1))(((1/(1)(1)(2)(2)(5,7)(5,7)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(2) (5,5)(5,7)(1)(1)))+((1/(1)(1)(2)(2)(5,8)(5,8)(5,8)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(2)(5,6)(5,8)(5,6)(1)(1)))+((1/(1)(1)(2)(2) (5,9)(5,9)(5,9)(1)(1))+(1/(1)(1)(2)(2)(5,7)(5,9)(5,7)(1) (1))))=1((0,007+0,007)+(0,001+0,001)+(0,001+0,001))=0,018. En raison de l'arrêt du comptage après trois décimales certains espacements varient fort peu, malgré la distance différente des termes utilisés, par exemple de “Nature” à “sons” et de “temple” à “sons”. Il faut également noter que la distance de renforcement avec vb[sons~temple] est dénombrée d'après vb[parfums¹~temple], alors que celle de vb[Nature~sons] s'établit en fonction de vb[Nature~parfums¹]. Dans le verseur l'aune se montre six fois inférieure, surtout à cause de la filière: ((1/(2)(3,1)(1)(1))(0,02))=0,003. Effectivement comme le problème à éclairer court le risque d'avoir été inventé par l'interprète, il est cohérent que l'ensemble du plateau voie diminuer la mesure de sa vraisemblance, même si les idées pour l'atténuation demeurent aussi bonnes qu'avant, prises en elles-mêmes.

Méthode

Fréquemment, le commentateur suppose, vis-à-vis d'un texte, non pas juste quelque méthode nouvelle, ce qui est légitime, puisque les montagnes ont été analysées par un savoir qui n'est pas un de leurs éboulements, mais des contenus de pensée que jamais le créateur n'a eus à l'esprit. Or il importe, quand il s'agit de caractériser avec justesse les gloses intéressantes, de cerner ce qu'il pensait à l'origine de son ouvrage, dans le but de pouvoir distinguer sa démarche de celles fameuses rattachées à ses conceptions, aussi méritoire qu'ait pu être chacun des pas franchis par d'autres, de façon individuelle ou collective, avant lui, après lui et même à son époque.

Application à Baudelaire

Les aperçus théologiques de „Correspondances“ autorisent à penser que Baudelaire unissait la prudence au plaisir de la spéculation, à propos des temples et de la corruption, usant de l'intelligence raisonneuse comme des images bouleversantes, un peu Celse, un peu Tertullien. Nettement le premier se moque des visionnaires qui surestiment leurs capacités à décrire, au sein de l'inconnu, des choses précises [183]: «Partout ils mêlent l'arbre de la vie et la résurrection de la chair par le bois…» Devant les railleries, le second auteur faisait appel à un paradoxe méditatif, jouant peut-être sur l'idée qu'une fois l'existence de la divinité admise, parler dans l'absolu de choses irréalisables n'est plus guère qu'une attitude sociale [953]: «Le Fils de Dieu a été crucifié? Je n'ai pas honte puisqu'il faut avoir honte. Le Fils de Dieu est mort? Il faut y croire puisque c'est absurde. Il a été enseveli, il est ressuscité: cela est certain puisque c'est impossible.»

§152
Théorie

Augmenter certaines distances, pour vb[répondent~parfums¹] atténuant rb[Nature~temple], avec renforcement par vb[chantent~parfums¹], se pratique facilement lorsque nous usons d'un portage ayant au sein du onzième vers “Des éléments corrompus”. Le verseur, au moyen de “répondent” et “chantent”, qui servent d'assise concernant les gloses où ils ne sont pas, livre une aune (1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2) (1)(1)(6,1)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(2)(5)(8,8)(5)(1)(1))))=(1/1)((1/6,1)+(1/(2)(5)(8,8)(5)))=(1) (0,163+0,002)=0,165 et le point de vue fourni, là, est que si les parfums, couleurs et sons prennent l'aspect de fidèles, alors “La Nature est un temple”. La resserre donne (1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(1)(1) (6,1)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(8,8)(1)(1)(1))))=(1)(0,163+0,113)=0,276.

Méthode

Une ambiguïté, dans un éclairage, ne rebondit aucunement sur le problème traité. Pareillement si un terme de heurt pousse jusqu'à 2 une oscillation (m), cela ne ricoche pas en livrant w=2: il faut deux motifs bien différents, un par terme, pour m=w=2. La puissance du contexte ne doit nullement amener l'interprète à tout confondre.

Application à Baudelaire

Il est sûr que «répondent» est ambigu dans vb(répondent~parfums¹), mais «chantent» sert d'assise. D'un autre côté rb(répondent~ parfums¹) obtient m=2 justement à cause du flou de «répondent», mais cela ne conduit pas vers w=2, faute d'un autre point équivoque. Certes les illustrations peuvent en procurer de nombreux, cependant nous les rejetons dans l'arrière-plan des notions, quand les apparences évitent soigneusement de les avantager. Il reste loisible, néanmoins, d'imaginer, en dehors de toute garantie interprétative, que les parfums corrompus équilibrent, selon Baudelaire, les frais ou qu'ils forment avec eux un ensemble dominant l'univers du sentiment, comme dans les fêtes que Lucrèce décrivait [513]: «Ce ne sont que banquets où la chère et le décor rivalisent de raffinements, jeux, coupes sans cesse remplies, parfums, couronnes, guirlandes: vains efforts! De la source même des plaisirs surgit je ne sais quelle amertume, qui jusque dans les fleurs prend l'amant à la gorge.» Pourtant, la chute appartient au monde comme la naissance [512]: «…surgissent les moissons dorées, verdissent les branches des arbres, et les arbres eux-mêmes grandissent et se chargent de fruits. De là tirent leur nourriture et l'espèce humaine et les espèces sauvages; de là vient que nous voyons les villes prospères toutes florissantes d'enfants, et que grâce aux jeunes couvées les forêts feuillues ne sont plus qu'une chanson…Rien donc n'est détruit tout à fait de ce qui semble périr, puisque la nature reforme les corps les uns à l'aide des autres, et n'en laisse se créer aucun sans l'aide fournie par la mort d'un autre.» L'auteur de „Correspondances“ montre une réflexion très variée quant aux forces animant les choses qui émeuvent chacun et il avait également le moyen de les percevoir par le biais de Plotin [786]: «Demander d'où viennent ces animaux, c'est demander d'où vient ce ciel, c'est à dire d'où vient l'animal, ou encore d'où viennent la vie, la vie universelle, l'âme universelle et l'intelligence universelle, en un endroit où il n'y a ni pauvreté ni dénuement, mais où toutes choses sont pleines et bouillonnent de vie. C'est comme un courant venu d'une source unique; il n'est pas comparable à un souffle ou à une chaleur mais plutôt à une qualité unique qui possède et conserve en elle toutes les autres, à une douceur qui serait en même temps odeur, en qui la saveur du vin s'unirait avec toutes les autres saveurs, et toutes les couleurs; elle a toutes les qualités perçues par le tact, et aussi toutes celles qui sont perçues par l'oreille, parce qu'elle est tout harmonie et tout rythme.»

§153
Théorie

Par une distance plus courte, il s'avère possible d'amoindrir le taquet, relativement à rb[corrompus~ piliers], ayant l'éclairage de vb[corrompus~transports], glose obtenant le renfort vb[corrompus~sens]. Pour ce faire, on supprime «Laissent…autres». La resserre donne (1/qepfzgj) ((2(1/q’e’p’f’z’kg’j’))+(2(1/q’’e’’p’’f’’z’’ k’k’’g’’j’’)))=(1/(1)(1)(2)(2)(7)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(2)(3,3)(8,4)(1)(1))) +(2(1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(8,6)(3,5)(1)(1))))= ((1/28)((1/55,44)+(1/210,7))), l'assise venant de «musc» pour les deux atténuations. Avec le verseur l'aune diffère beaucoup: (1/(1)(1)(1)(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(2)(3,3) (3,4)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(2)(3,5)(3,6)(3,5)(1)(1))))=((1/22,44)+(1/88,2))=0,055 soit bien davantage que l'autre quantité, parce que l'obstacle traité possède une capacité plus grande à être vu.

Méthode

Combiner de plusieurs façons les termes employés par un artiste, cherchant l'euphonie autant que l'intérêt, conduit éventuellement à retomber sur un état initial de sa pensée.

Application à Baudelaire

Il est envisageable que le poète, d'abord, ait eu à l'esprit de longs échos de loin se répondant et par ailleurs les parfums, couleurs et sons allant vers le stade où ils confondent leurs effets: “Comme de longs échos qui de loin se répondent…les parfums, les couleurs et les sons se confondent.” Il aurait alors aperçu le piquant d'une possible transposition, gardant le nombre de syllabes autant que la rime: «Comme de longs échos qui de loin se confondent…Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.» Un de ses amis, Asselineau, fournit cette intéressante remarque [39]: «Son procédé était la concentration; ce qui explique l'intensité d'effet qu'il obtenait dans des proportions restreintes, dans une demi-page de prose, ou dans un sonnet. Ainsi s'explique encore son goût passionné des méthodes de composition, son amour du plan et de la construction dans les ouvrages de l'esprit, son étude constante des combinaisons et des procédés.» Il écrit aussi [41]-[542]: «La vérité est que Baudelaire travaillait lentement et inégalement, repassant vingt fois sur les mêmes endroits, se querellant lui-même pendant des heures sur un mot, et s'arrêtant au milieu d'une page pour aller…"cuire" sa pensée au four de la flânerie et de la conversation.»

§154
Théorie

Diminuons deux espacements extérieurs du plateau où rb[répondent~parfums¹] reçoit une atténuation de vb[N~Nature], glose renforcée par vb[Nature~temple]. Employons un portage ayant comme début: “La Nature est un temple où parfums, couleurs et sons se répondent.” La resserre procure l'aune (1/tsmw)((2(1/qepfzkgj))+(2(1/q’e’p’f’z’k’k’’g’j’)))=(1/(1)(1)(2)(1))((2(1/(2)(1)(2)(1)(1)(6,1)(1)(1)))+(2(1/(1)(1) (2)(1)(1)(6,1)(1)(1)(1))))=½((1/(2)(6,1))+(1/6,1))=0,122 avec le passage sur les «paroles» comme assise. Le verseur fait de son côté apparaître une aune conforme à l'intuition améliorée, (1/(1)(1)(2)(1))((2(1/(2)(1) (2)(1)(1)(1)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)(1)))), nivelée à ½.

Méthode

Comme à nul stade les valeurs ne sauraient dépasser 1, il ne faut pas laisser en place ½(½+1) pour aboutir à ¾, mais au contraire déclarer que, par convention, 1,5 passe au plan de 1 et qu'ensuite ½(1)=½.

Application à Baudelaire

Le taquet, déjà fixé à 1 concernant la resserre, de par le N qui possède un contact indéniable avec «Nature» et puis en raison du lien inévitable “Nature-temple”, permet de modifier deux espacements extérieurs, tout en laissant demeurer le maximum de choses du calcul initial.

§155
Théorie

On cherchera ici à augmenter deux espacements, vis-à-vis de rb[Nature~temple], atténué par vb[parfums¹~symboles], que renforce vb[couleurs~symboles]. Le portage fournira tout d'abord les deux premiers vers, ensuite les tercets, enfin le reste des quatrains. La resserre donnait auparavant une aune (1/tsmw)((2(1/qepfzkgj))+(2(1/q’e’p’f’z’k’k’’g’j’)))=(1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(2)(4,1)(5,7)(1)(1)))+(2(1/(1) (1)(2)(2)(4,2)(5,8)(4,2)(1)(1))))=1((1/46,74)+(1/204,624))=0,025. Au verseur les deux espacements extérieurs d'atténuation deviennent 8,7 et 8,8 à cause des 30 fronts présents au sein des tercets, maintenant ajoutés aux 37 plus 38 du texte initial, situés entre «Nature» et «parfums», puis entre «Nature» et «couleurs»: au départ 2+(1(37/10))=5,7 et 2+(1(38/10))=5,8 mais après changement 2+(1((37+30)/10))=8,7 et 2+(1((38+ 30)/10))=8,8. L'aune de verseur est donc encore plus mince que celle de resserre: (1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(2)(4,1)(8,7)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(2)(4,2)(8,8)(4,2)(1) (1))))=1((1/71,34)+(1/310,464))=0,017. Ainsi la diminution en cause suit l'affaiblissement de la mémoire, devenu patent avec l'interposition des tercets.

Méthode

Il faut noter que l'essentiel de la perte a lieu dans l'opération qui substitue (1/71,34)=0,014 à (1/46,74)= 0,021.

Application à Baudelaire

L'assise, dans tous les cas, vient à s'offrir grâce aux termes relatifs à ces confuses paroles que les colonnes du sanctuaire délivrent. Le huitième vers, ou ce qu'il devient, servira éventuellement cette idée, lui aussi. Baudelaire peut songer aux éléments naturels comme renvoyant l'un à l'autre, mais également à l'univers humain de l'amour, dont la symbolique reprend celle dirigée vers le monde matériel. Il éprouve parfois, devant l'une de ses maîtresses, le sentiment de sortir de la réflexion démunie, afin de s'approcher du climat dangereux de quelque Soudan [[1109]]: «Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits,
…Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.
»
Lorsque naquit, en lui, d'une conversation, un projet de titre adéquat pour le recueil de ses poèmes, il conçut probablement le choc d'idées animant l'expression “les fleurs du mal” comme le moyen de bien représenter sa méditation touchant la beauté qui fait vivre mais qui torture [621]. À un tel jeu des opposés convient une ironie qu'on retrouve, transposée cependant, au sein de la strophe suivante [[995]]: «Quand chez les débauchés l'aube blanche et vermeille
Entre en société de l'Idéal rongeur,
Par l'opération d'un mystère vengeur
Dans la brute assoupie un ange se réveille…
»

§156
Théorie

Dans un cas présentant un pivot, abaissons deux espacements extérieurs. L'aune de resserre (1/tsmw)((2(1/qepfzkgj))+(2(1/q’e’p’f’z’k’k’’g’j’))) offrira des grandeurs (k’) et (k’’) très élevées, tandis que leurs homologues de verseur diminueront. Employons un portage comprenant, au lieu de la fin actuelle, “…et d'autres, parfums du temple, l'encens, l'ambre, le benjoin, le musc, corrompus, riches et triomphants, ayant l'expansion des choses infinies…” Le plateau de rb[corrompus~encens] vb[en~encens], avec renforcement de la dernière glose par vb[en~temple], devrait avoir l'aune de resserre (1/(1)(1)(1)(1))((2(1/ (2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)))+(2(1/(2)(1)(2)(2)(8,4)(8,4)(8,4)(1)(1)))), valeur hélas de compte impossible, à cause du gradient négligeable 2(1/(2)(1)(2)(2)(8,4)(1)(1)) de vb(en~temple), avec “en” pris à «encens». L'assise vient, pour les deux atténuations, de «sens» qui fait penser à l'odorat, sans pouvoir néanmoins justifier q=q’=1. Le verseur nous procure l'aune (1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)))+(2(1/(2)(1)(2) (1)(1)(1)(1)(1)(1))))=1 et le contraste intuitif ne surprend guère dans ces conditions.

Méthode

Notons que très fréquemment, quelqu'un, ayant décelé une assise pour l'atténuation d'un obstacle au sein de l'ouvrage qu'il écrit, aura chance d'annuler ce problème par un soulignement de l'assise. Mais l'opération, il faut le concéder, sera moins aisée que celle d'agir sur les divers espacements.

Application à Baudelaire

Nous imaginerons aisément une imitation qui donnerait en sa fin “Nature” et “temple”, fort généralement avec des nasalisations très nombreuses dans les quatre derniers vers et uniquement là, pour suggérer la relation entre la corruption et le sens olfactif. Dans le texte actuel au contraire le vocable «temple», bien éloigné de «corrompus» et mis au contact de «Nature», fait penser aux deux grandes formes de panthéisme: celle d'après laquelle ce que les hommes appellent "Dieu" est en profondeur le monde, puis celle qui envisage une âme du réel [928].

§157
Théorie

La diminution de glissoirs et d'espacements obtenue par le moyen d'une assise fournie à une idée très difficile à défendre, vis-à-vis du texte réel, peut sauver sa mesure de vraisemblance du négligeable. Pour le plateau de rb[corrompus~encens] vb[esprit~encens], avec la dernière glose aidée par le renfort de vb[sens~encens], un portage livrera une fin de texte fort changée: “…l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens sont-ils corrompus, riches et triomphants, à cause de l'esprit et des sens qui détourneraient les effets de ce qui dépend trop d'eux?” L'aune de resserre utilise 2(1/(1)(1)(2)(2)(2,3)(2)(2)) et 2(1/(1)(1)(2)(2) (2,4)(2)(2)) dans (1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(2)(2,3)(3,4)(2)(2)))+(2(1/(1)(1)(2)(2)(2,4)(3,5)(2,4)(2)(2)))). Elle montre ces gradients inférieurs à 0,062 car le manque d'assise fait que g=g’=j=j’=2 pour (1/tsmw) ((2(1/ qepfzkgj))+(2(1/q’e’p’f’z’k’k’’g’j’))) et par conséquent le tout demeure inutilisable. Le verseur améliore la hauteur des vraisemblances: (1/(2)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(2)(1)(1)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(2)(1)(1)(1)(1) (1)))) =½.

Méthode

Les mesures voient leur portée restreinte quand on aborde la zone du nivellement ou celle du rivetage; le présent cas en témoigne, puisque t=2 et f=f’=1 n'auraient pas changé le résultat final du calcul: (1/(2)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)(1))))=½(2), devenant ½(1) par nivellement. Comme un rang constitue un taquet spécial pour les heurts, il faut ajouter que tous les taquets au plan de 1 donneraient l'aune (1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(1) (1)(1)(1)(1) (1))))=((1)(2)) et finalement 1 par convention justifiée.

Application à Baudelaire

Un portage rendant cela envisageable utiliserait la fin de texte proposée plus haut, mais privée de sa forme interrogative comme de sa tournure conditionnelle: “…l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens sont corrompus, riches et triomphants à cause de l'esprit et des sens qui détournent les effets de ce qui dépend trop d'eux.”

§158
Théorie

Il faudrait pouvoir amener une situation grossièrement équivalente à l'initiale, au moyen de quelque portage imaginé dans le but de favoriser l'intuition d'une idée, par un côté, tout en la gênant par un autre. Affaiblir les notions d'encens corrompu et de parfums qui répondent ou chantent est une manœuvre permettant des taquets égaux à 2, pour l'aune de rb[corrompus~encens] vb[répondent~parfums¹], avec renforcement de la glose d'atténuation, par le biais de vb[chantent~parfums¹]. Le même portage aura comme tâche de rapprocher toutes ces idées: “…les parfums, les couleurs, les sons, se répondent-ils et chantent-ils, en particulier l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, corrompus, riches et triomphants?” Le dispositif abaissera les trois espacements extérieurs. Le résultat d'ensemble, avec des quantités caractéristiques diminuées, mais d'autres aussi importantes augmentées, devrait nous montrer intuitions et valeurs numériques peu dissemblables. La resserre procure la grandeur (1/tsmw)((2(1/qepfzkgj)) +(2(1/q’e’ p’f’z’k’k’’g’j’)))=(1/(1)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(4,8)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(4,8)(1)(1) (1))))=1((1/(4,8))+(1/(4,8)))=(2/4,8) ou (1/2,4)=0,416 avec le premier vers pour assise. Le verseur fournit un résultat voisin: (1/(2)(1)(1)(1))((2(1/(1)(1)(2)(2)(1)(1)(1)(1)))+(2(1/(1)(1)(2)(2)(1)(1)(1)(1)(1)))) ou ½(½+½)=½=0,5.

Méthode

Certes la modification du rang conduisant à ce que ½ multiplie l'addition mentionnée après, donne au calcul un tour différent, mais les effets, en tout, reviennent presque au même.

Application à Baudelaire

Les intuitions, de leur côté, malgré leur caractère apparemment étranger, aboutissent à des choses également de force voisine.

§159
Théorie

Afin de constituer un large plateau, on essaiera de rassembler quelques idées touchant des atténuations avec des gradients à somme, ainsi que les problèmes éclairés par elles et d'abord vb(Nature~ parfums¹) vb(parfums¹~temple), couple renforcé par vb(Nature~couleurs) vb(couleurs~temple), vb(Nature~ sons) vb(sons~temple). Bien qu'en apparence trop vagues pour servir d'éclairages, vis-à-vis de rb(Nature~ temple), les gloses d'atténuation expriment à elles toutes assez de sens pour être vues comme intéressantes. Cependant le scrupule à leur égard, au plan intuitif, s'accompagne de la perspective redoutable de ces forts espacements qui marquent leur mesure: le paragraphe 151 a montré qu'un plateau avec de telles atténuations, plus la difficulté qu'elles abordent, rb(Nature~temple), possède une aune d'environ 0,02. Or dans une aune générale, pour un plateau suffisamment nombreux, il faut multiplier maintes valeurs pour lesquelles nul coupage n'existe. Donc l'ensemble serait entraîné vers le bas en raison du poids de 0,02. C'est pourquoi on doit finalement éviter une pareille suite, qui amuse cependant par son caractère ordonné. Au contraire le paragraphe 128 faisait entrevoir comment la séquence rb(répondent ~parfums¹) vb(parfums¹~frais) vb(frais~couleurs), vb(parfums¹~Doux) vb(Doux~couleurs), vb(parfums¹~ triomphants) vb(triomphants~couleurs), vb(parfums¹~riches) vb(riches~couleurs) atteint facilement ½ grâce aux seuls éléments rb(répondent~parfums¹) vb(parfums¹~frais) vb(parfums¹~Doux) vb(parfums¹~ triomphants) vb(parfums¹~riches). Des gloses de ce genre peuvent, sans grave conséquence, venir dans un plateau en compagnie de celles qui, plus captivantes, ont éventuellement une valeur numérique moins haute.

Méthode

Fournir une aide, pour opérer cette distinction de l'essentiel, constitue précisément le but de la présente méthode, même si le risque demeure, malgré toute précaution, de contribuer aux croyances plus qu'au savoir.

Application à Baudelaire

Les passions aident à trouver dans un beau texte les idées possibles, mais la force du commentaire devant acquérir l'avantage sur elles, quand on élabore un plateau, on doit se persuader que les meilleures possèdent en elles de quoi devenir communes, chose dont rend conscient le devenir des cent directions personnelles choisies par les interprètes majeurs de „Correspondances“, depuis la publication du sonnet.

§160
Théorie

Usons en un même plateau de rb(répondent~parfums¹) vb(parfums¹~frais) vb(frais~couleurs), vb(parfums¹~Doux) vb(Doux~sons), vb(couleurs~triomphants) vb(triomphants~sons); puis de rb(piliers~ paroles) vb(N~Nature); rb(Nature~temple) vb(N~Nature); rb(regards~symboles) vb(N~Nature); rb(observent~symboles) vb(N~Nature); rb(corrompus~encens) vb(transports~sens); rb(chantent~parfums¹) vb(parfums¹~hautbois). Pour ne pas descendre jusqu'à des valeurs numériques faibles, il s'avère utile de réemployer quelque atténuation vigoureuse -ainsi vb(N~Nature)- et de chercher un espacement chaque fois très mince. Les premières gloses, au nombre de sept, valent ½ grâce au heurt de filière ½, rb(répondent~parfums¹) et aux deux atténuations vb(parfums¹~frais), vb(parfums¹~Doux), qui, l'une renforçant l'autre, donnent 1, niveau impossible à dépasser. Cela fait donc ½(1)=½. Les quatre heurts mentionnés après obtiennent une filière 1 qui ne peut nuire au plateau car vb(N~Nature), la même atténuation, sert partout et n'est comptée qu'une seule fois pour son gradient ½, de par le dispositif du coupage. Cette quantité, sans arrêt placée à 2(1/(2)(1)(2)(1)(1)(1)(1)), possède avec obstination des glissoirs amenés par une seule assise: le huitième vers. D'un autre côté l'espacement extérieur dans les cas examinés demeure à 1, notamment de par le «y» du troisième vers qui assure la continuité de propos dans le premier quatrain. Le produit, jusque-là, s'établit donc à ((½)(½))=¼. Vient alors le couple rb(corrompus~encens) vb(transports~sens). Il a moins belle allure que rb(corrompus~encens) vb(encens~ sens) mais présente l'avantage d'un espacement intérieur 1 pour vb(transports~sens) et d'un espacement extérieur 1 quant au rapport avec le heurt, ce qui donne (1/(1)(1) (1)(1))(2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)(1)))=1 concernant ce petit plateau mis à contribution au sein du grand. L'assise vient, facilement, de «sens», terme fort utile bien qu'évincé de la zone capitale de cet éclairage. Le produit général se maintient à ¼ puisque ¼(1)=¼. Il reste donc rb(chantent~parfums¹) vb(parfums¹~hautbois). Le heurt montre une filière 1/(1)(1)(2)(1) à cause de «chantent» abordable au sens figuré. La glose d'atténuation prend le gradient 2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1)), l'assise du huitième vers étant de nouveau commode. L'espacement extérieur ne saurait aller en dessous de 1 étant donné que la pensée par les contrastes, menée à l'intérieur des tercets, unit les termes et que les deux quantités relatives aux distances internes conservent la hauteur 1. Le total pour l'aune parvient à (¼)((1/(1)(1)(2)(1)) (2(1/(1)(1)(2)(1)(1)(1)(1))))=(¼)(½)(1)=⅛=0,125.

Méthode

De cette manière les commentaires dépourvus de risques très grands échappent à des aunes ridiculement faibles mais n'apportent guère de lumière sur les œuvres depuis longtemps étudiées avec les moyens de l'érudition.

Application à Baudelaire

Dès que nous en venons aux plus téméraires façons de comprendre la poésie de Baudelaire, le résultat s'effondre, ce qui justement constitue un avertissement vis-à-vis de toute inclination menant à présenter comme sûre quelque trouvaille qu'une gageure prétend fonder.