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Une technique philosophiquement fondée

L'exemple constamment pris, pour nos mesures de vraisemblance, est celui de "Correspondances", le poème de Baudelaire -texte commode car presque tout le monde le connaît. Au-delà de l'exemple choisi, c'est de toute œuvre d'imagination longuement étudiée dont il est traité. La question de l'interprétation des textes littéraires est celle de la sûreté du sens que chacun prétend en dégager, donc il est nécessaire de mettre au point une méthode de détermination du degré de confiance que nous pouvons avoir dans ce domaine. Ecartant le vain sophisme selon lequel l'auteur n'a rien voulu, nous cherchons le sens original considéré comme une réalité certes impossible à déterminer précisément parlant, mais repérable au plan de la vraisemblance. Nous étudions toujours ce que l'auteur a voulu consciemment, parce que même si mille idées lui sont venues involontairement, il a dû en définitive en repérer grossièrement -à certains instants au moins- le résultat. Pour filtrer les meilleures interprétations, nous partons de l'idée que plus il y a de distance entre les mots employés, davantage la faiblesse de la mémoire empêche de les connecter de la manière la plus vive possible, sauf quand il en existe un rappel explicite. Nous mettons au point un calcul imitant celui des probabilités, fondé sur ce principe. Si la vraisemblance la plus grande est 1/1 = 1, nous plaçons une quantité, 2 par exemple, au dénominateur, pour telle distance entre les mots à connecter dans une interprétation. Puis, nous repérons d'autres obstacles que la distance, et ainsi nous garnissons le dénominateur des équivalents numériques des risques de mauvaise interprétation, comme dans 1/(2)(2)(2)(2), ce qui fait 1/16 de vraisemblance. De partie en partie, nous explorons de plus en plus de domaines où cette méthode technique s'applique.

Michel Magnen